SCÈNE VIII
Simeone s’assied près d’une table , et s’abandonne a ses tristes réflexions. Sa femme est vivement émue , elle tremble de lui annoncer l’arrivée de Clari. Clari, dans une cruelle anxiété , sort de la chaumière. A travers les arbustes du bosquet elle regarde sa mère et la supplie de parler pour elle. Au moment où Simonetta, à cet effet, aborde son mari , il se lève tout-à-coup dans l’intention de sortir pour se distraire. Simoûetta voyant qu’il s’essuie les yeux , saisit cet instant d’attendrissement, le rappelle , veut lui communiquer quelque chose. Elle le presse entré ses bras, ... elle veut partager sou affliction : elle exprime qu’il ne faut jamais désespérer de la Providence. Pûen ne peut le persuader; il témoigne de l’impatience, et se lève pour s’en aller, lorsque Clari vient se
jctter à ses pieds. Saisi d’indignation et d’horreur, Simeone de ses deux mains se couvre la figure. |1 lance des regards de colère sur sa femme qui l’a trompé, et s’adressant à Clari : Malheureuse, oses-tu te présenter devant ton père que tu as déshonoré.! Monstre, fuis 'mon juste courroux! Clari tout en larmes le supplie de vouloir bien l’entendre ; sa mère y joint ses prières. Simeone , inexorable , la chasse, en lui prescrivant de ne jamais reparaître dans le village. Simonetla lui exprime : Que veuxtu que cette malheureuse devienne? Il lui jette une bourse , et lui ordonne de partir sur-le-champ. Il veut rentrer ; sa femme le relient et le presse de l’amitié la plus tendre. Ses larmes et le pardon que Clari demande avec instance, ne font qu’irriter Simeone, qui, tout tremblant de colère, prend Clari par le bras , la conduit a la porte de la ferme , et lui signifie de ne jamais reparaître devant lui. Clari, d’un air sinistre, semble faire son dernier adieu à ses parens, et sort dans le plus grand désespoir. Simonetta tout en larmes , allant de l’un a l’autre , fait signe à sa fille de ne point s’éloigner. Elle supplie son mari, qui n’a égard nia ses prières ni à ses larmes.