SCÈNE IX
Le Duc arrive avec les chefs de famille du vil-
lage qu’il a rassemblés. Il a rencontré Clari et la ramène à la ferme. Simeone, à la vue du suborneur de sa fille , révolté de son audace , n’écoutant que la vengeance , saisit son fusil : on s’oppose à sa fureur. Clari se jette devant le Duc, pour le garantir. Le Duc la prend et la remet évanouie entre les bras de sa mère , fortement frappée de cette scène ; il veut s’expliquer. Simeone, dans sa colère, sans vouloir l’écouter, lui adresse : Cruel , vous qui m’avez ravi ma fille et V honneur , que venez-vous me mvir encore ? mes propriétés ? je vous les,abandonne , et sort précipitamment de la ferme. Tout le monde court après lui; on le ramène, ou plutôt on l’entraîne malgré lui pour le faire rentrer. Affaibli par de si violentes secousses, Matturino le fait asseoir. Sa femme et Clari volent à son secours ; il repousse Clari, qui s’éloigne en versant un torrent de larmes. Betti et Gcrmano amènent le notaire du lieu. Simeone , la tête appuyée dans .ses deux mains , répand des pleurs. Le Duc , pénétré de remords h la vue de ce tableau déchirant, s’accuse d’être l’auteur des malheurs de cette famille ; il lève les mains vers le ciel , et se détermine , comme par inspiration , à remplir les devoirs que l’honneur et la probité prescrivent. En s’adressant h Simeone, il exprime : Respectable vieillard , je suis l’auteur de tous vos maux , je viens les réparer ; votre fille n’est point aussi cou-
pable que vous le pensez ; je lui avais fait serment de l’épouser : en même tems il lui donne à lire la promesse de mariage. Simeone peut k peine en croire ses yeux. Le Duc prend le contrat des mains du notaire, le présente a Simeone qui le signe, puis relève sa fille, la presse contre son sein, en exprimant : Tu m’ds rendu l’honneur ; tu es encore digne de ton père. Elle reçoit les caresses de sa mère , tandis que Simeone , touché de l’action du Duc, s’excuse de l’avoir si mal jugé. Le Duc lui tend les brfas j Simeone conduit sa fille dans ceux de son époux. Le Duc ajoute k ses bienfaits en se chargeant de la dot de Paolo et de Giuglietta. Clari unit Germano k Betti. Tous les chefs de famille témoignent au Duc leur reconnaissance et leur admiration , en invoquant le ciel en sa faveur et pour sa félicité. Le Duc fait asseoir Simeone k côté de lui, et invite tout le monde k se livrer k la joie. Une fête villageoise termine le ballet.