‹ Clarisse Arbois; comédie en trois actesChapitre 7 sur 72 · MADAME DE CANTH.NY · texte numérisé non relu

MADAME DE CANTH.NY

('/••si bien ça! Il esl très intelligent, ee pauvre homme, mais il a des Tuiles! Trop

d'Opéra à la clef! Trop de foyer de la danse !

madame hédouin, toussant et lui montrant Jeanne.

Hem!...

MADAME DE CAÏSTIf.NY

Ah! oui!... Enfin, vous lui avez tout de même rappelé ma lettre?...

FOUCERAY

Oh ! Oui, oui. Il a fini par comprendre. Alors, je lui ai dit ce que je voulais être — administrateur des colonies de seconde classe. Je lui ai exposé mes titres : mon premier voyage, chez les Hetsiléos, il y a quatre ans, mon exploration dans l'Oubanghi, celle dont je reviens. Je lui ai expliqué comment d'abord j'avais fait tout <; a à mes irais, sans aucune subvention, — comment depuis, frappé de revers de fortune, sans ressources, sur le point de me

marier, j'étais amené à solliciter ce p»> J'ai l'ail valoir ma connaissance des langues africaines, de l'arabe, dn peulh, du malgache...

MADAME DE CANTIGNÏ

Kl qu'est-ce qu'il a dit, le grand chef?

FOLCERAY

Il m'a demande si j'avais l'ait mon droit. Je lui ai avoué que BOB, <|uc mes i-liides avaieni porté sur l'agronomie, tes questions ommerce... Ce qui semblait l'étonner.

aus>i .c'est ijue je lusse explorateur sans èl ce militaire...

MMtAMI. DE CAMTl

Pourquoi, au l'ait ?

IOI ». F.RAY

J'ai été réformé.

MADAME DE CANTIGNY

Un beau gars comme vous !

FOUGERAY

A cause de mes pieds, madame. Le major prétendait que je ne pourrais jamais supporter les longues marches.

madame de cantkiny, au domestique gui entre par la droite.

Qu'est-ce que c'est?

LE DOMESTIQUE

Le courrier, madame.

madame de cantigny, lui montrant la table.

Posez ça là. ( Le domestique obéit et sort.) Knfin, en somme, avait-il l'air bien disposé, Sarloupin ?

FOlCKIt A Y

Eh bien!... Dam!... Quand il m'a parlé de mon histoire avec Wntrjoux...

MADAME DE CANTIGNÏ

Ventéjoux?... 11 y a un journaliste de ce nom-là...

FOOGERAY

Mais c'est lai-même ! .!»' n<- 1»' connais pas »lu tout, moi! .Mais il m'attendait sur le quai de Marseille. 11 m'interviewe, il me félicite, il m'entraîne avec un tas <le messieurs, — des gens charmants, «les patriotes ! Ils m'offrent le punch. <m cause. Politique, ma foi! (Souriant.) On remaniait la carte d'Europe...

MAI) AMi: DE CANTIGNÏ

C'est tout ?

FOI GERAI

Sauf <jue le lendemain arrive à mon hôtel un autre journaliste. 11 me parle de Ventéjoux, il se met à m'en dire «lu mal.

Moi, n'est-ce pas? ce Ventéjoux s'était conduit avec moi comme un très gentil garçon. Je lui réponds : « Vous n'êtes qu'un serin ! » Il se fâche. Mon pied quelque part ! L'escalier sans compter les marches ! Le lendemain son journal m'attaque...

Ah ça ! Mais vous le prenez donc au sérieux, Ventéjoux?

FOUGERAY

Il parlait de la barbarie allemande avec une verve !

MADAME DE CANTIGNY

Mais, mon pauvre monsieur, ce n'est qu'un iarceur !

FOUGERAY

Lui!

1 i CLARISSE ARB0I8

MADAMI. DE CANTIGCTI

Tau'! Entretenu par les femmes 1 Vous àvei eu affaire à un...

MADAME BÉDOUIN, tOUSSant et lui montrant

Jeanne.

Bem!

MADAMI. DE UANTIGN1

El puis, le pis de tout., c'est un réactionnaire!... Sacristi! Ya\ effet, ça oe senf pas bon, ça !... Qu'est-ce (ju'iJ \ ous a dit . Sarloupin ?

FOI QEBA.1

Il m'a dit : « Je prends bonne note de

votre demande. A l'honneur de nous revoir!... » Alors, je nae buis le

M\l>\MEI>E pANTlGNY, réfléchissant.

Il m "a peut-dtre écrit, au fail !... [Elle cherche parmi les lettres que h' domestique

vient de déposer.) Oui... C'est ça... « Ministère des Colonies... » (Parcourant la lettre) Ah ! Mon pauvre garçon !

FOUGERAY

Qu'est-ce qu'il vous a écrit ?

MADAME DE CANTKiNY

« Je dois vous avouer, tout confidentiellement qu'à moins d'une intervention venue de très haut lieu... »

FOLCERAY

Eh bien ! Elle est raid©, par exemple ! Moi qui ai fait dix fois le coup de feu. . . et deux fois la dysenterie !...

madame de cantignt, fui a réfléchi de nouveau.

Enlin, y tenez-vous, monsieur, à être fonctionnaire ?

P0UGERA1

Moi? Pas du tout! Je ne demande qu'à travailler... J'ai déjà pensé à m'établir colon ; mais sans capitaux...

MADAME DE I WTH.w

Je vais vous envoyer à Dalzons, le directeur de la Compagnie d'Afrique... Allez-y

tout de suite, tenez! Il esl à son bureau jusqu'à cinq heures...

FOUGERAÏ

Je rie sais comment vous remercier, madame...

MADAME DE CANTIGNY, ÇUl s'est mise à la table

et a écrit quelques mots sur une carte.

Mais du tout, «lu tout ! D'abord, tironsnous d'affaire!... {Lui tendant ta carte.) Tenez! El à demain, n'est-ce pas.' Voua

viendrez à ma soirée'.'

FOUGSBAt

Je vous suis excessivement reconnaissant...

MADAME DE CANTKi.NY

Au revoir, cher monsieur !

fou<;eray, à madame Hédouin.

Au revoir, madame!... Au revoir, Jeanne !

JEANNE

Au revoir, Georges !

MADAME DE CANTIGNY, à Fougeray.

Bon courage!... {Fougeray sort par le fond. — A Jeanne.) Venez donc par ici, ma petite Jeanne. Je n ai pas déjeune fille, moi. Vous allez faire la besogne de la demoiselle de la maison, m'arranger mes accessoires de cotillon, mes programmes... (Elle l'emmène dans le petit salon, où ton a vu />■ domestique, pendant les dernières répliques, apporter un tas de boites en carton.) Vous voulez bien, n'est-ce pas ?

18 CLARISSE A.RBOIS

JEANNE

Mais, madame !...

MADAME BÉDOUIN, faisant redescendre

madame de Cantigny en sertie.

J'aurais encore deux mots à te dire, Ade-

line...

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