‹ Clarisse Arbois; comédie en trois actesChapitre 8 sur 72 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME BÉDOUIN, MADAME DE CANTIGNY, dans le grand salon. JEANNE, dam le pria salon,

ml toute i ranger des bibelots de cotillon.

MADAMK DE CAMK.W. >'/ /IKIthltUC llédolli/l.

Qu'est-ce qu'il j

MADAME BÉDOI IN

Ton neveu ne pourrait pas B'occuper de la chose? Lui »iu' osl député !

MADAMK Mi C.AM I

.Mais lu sais bîeil <|ii'il esl mal BT6C le mi-

ni stère, voyons ! Lui et tout son groupe cherchent à le dévisser.

MADAME HÉDOUIN

Alors, je vais faire la démarche que je pensais !

MADAME DE CA.NTKiNY

Laquelle ?

MADAME HÉDOUIN

Auprès de Jacques Fortier.

MADAME DE CANTMiNY. SOUvinilt.

De Ion .) arques?

MADAME BÉDOUIN, chogilée.

Il n'a jamais été mon Jacques, Adeline !

MADAME DE CAMIi.W

Mais je dis ça...

MADAME HÉDOUIN

J'en ai assez souffert, du reste!... Car

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enfin, j'avais aussi du cœur, moi, du tempe* rament, et tout!...

MADAME DE CANTIGN1

Pauvre Estelle !

MADAME BEDOUIN, SOUpî ' ru lit .

J'étais veuve!... Mais lui n'était pas libre...

MADAME l>K CANTIGN1

Ohl C'était tout comme...

lADAME BÉDOUIN 11 était marié !

MADAME DE CANTIGKY, /l'ill.ssdlit

lés épaules.

11 était cocu!... C'est vrai <|u";ilors il n'y avait pas le divorce, et que toi, en plus, tu tiens au mariage à L'église

MADAME HEDOUIN

Naturellement ! Et du jour où il m'a demandé d'être sa maîtresse, je n'ai plus voulu le voir... Cependant, va!...

.MADAME DECANTKiNY

Pauvre Estelle!

MADAME HÉDOUIN

Enlin, Fortier s'est toujours intéressé à Jeanne. Le lendemain du jour où je lui ai fermé ma porte, il m'a écrit une lettre très noble. « J'aurais été si bien pour votre fille! disait-il. Je l'adorais, moi, cette enfant! Si jamais, elle ou vous, vous avez besoin de quelque chose, ma fortune est à votre disposition. »

MADAME DE CANTIGM

Pauvre Jacques !

22 QLAMSSE ÀRKOIS

MADAME IIKDOllN

Voilà Georges qui va peut-être avoir besoin d'une commandite ! Je me demande si je n'irai pas le voir !

MADAME DE CANTIGN1

Vas-y !

MADAME HÉD01 |\

Il habite à Bois-Colombes. J'irai peut-être demain. Je n'en ai pas parlé a Georges ni à Jeanne, naturellement...

■ADAM1 m CANTIGN1

Vas-y donc! El bonne chance!... J< bien, Bans doute... si je pouvais plutôt vous

procurer la place par mon neveu! (Soupirant.) Mais ce pauvre enfant le sera-i-il jamais, ministre !

I \i>ami: iii.noi i\ 11 mène toujours une vie impossible !

MADAME DE CANTIGNY

\'a\ ce moment, heureusement, il a l'air plus calme. Il doit être avec une femme mariée quelconque. (Moue de madame Hédouin.) Que veux-tu? Je vois les choses comme une mère, moi! Quand mon pauvre frère est mort, je l'ai presque adopté, Paul 1 Je l'ai élevé ! Je l'ai fait entrer dans la politique, où je connais tout le monde... Il est 1res intelligent, mon Dieu !... Il a du cœur...

MADAME HÉDOUIN

Mais il aime les femmes !

madame DE CANTIGNY, soupira ni .

Ah !... Et un homme qui aime les femmes, vois-tu, c'est encore plus terrible qu'une Femme qui aime les hommes!

MADAME IIÉDOIIN

Tu n'as rien fuit, pour ça ?

MADAME DE ÇANTIGNI

Je l'ai Fait voyager. Il connall bien l( lonies françaises, va! Il peu! être ministre* C'est le premier qui les aura vueï

MADAME BEDOUIN

Tu ne lui as rien «lit V

Il a trente-six ans! Je ne peux plus lui parler comme à un gamin !

MADAME BÉDOUIN

Kl lu ne sais rien de ses mattressi

MADAME DE CANTIGN1

Il est très discret... Je ne l'en blâme pas, Scoute ! Ces! >i rare !

MADAME Il l':i>n| |\

Tu h '.'is pas rss.i\ é de !<• marier?

MADAME DE CANTIGNY

Je lui ai trouvé une jeune fille millionnaire, peut-être un peu pauvre de cheveux, mais distinguée, bachelière ès-arts, hors ligne ! Une femme qui chante tout le temps du Debussy ! Je lui en ai parlé hier encore !

MADAME HÉDOUIN

Et il ne veut pas l'épouser?

MADAME DE CANTIGNY, soupirail! .

Il me répond : « Nous verrons plus tard ! »

MADAME BÉDOUIN

C'est le bon Dieu qui te punit, Adeline.

MADAME DE CANTIGNY

Tu crois? Tu as peut-être raison!... Ali ! J'iii joliment réfléchi, va, depuis mon accès de goutte! Je me suis dit qu'en elïet, jusqu'ici, j'ai dû vivre dans l'inconscience ! J'ai peut-être eu trop de bons moments !

2(i CLARISSE MtBOiS

MAKAMF. III.DOIIN

Tu n'as jia.s connu la solitude, toi, — ni donné des Jetons de piano à la sueur de Ion front !... Enfin, je suis toujours là pourt'ofl'rir in.m amitié, mes avis, le fruit de mon expérience. Si jamais j'y peux quelque chose, je te promets que je m'en mêlerai... (Lui tendant la main.) Je vais chez ma corsetière.

.MADAME 1)1 i WIH.W. (11/ (lo/tirstif/UC f/)li t'/lt/'r

par la droite.

Qu'est-ce que c'est ?

l.K D0ME8TIQ0B

On apporte la malle de costumes de mademoiselle Arliois.

M\l)\MK DE CAN nGNl

>li'tle/.-la dans le \eslil.ule. Le dam tiauesort.) Tiens! Ta cousine va venir, I

lel le. Tu ne veux pas la voir? Elle est si charmante, si tu savais ! Et elle a un talent, comme chanteuse !...

MADAME HÉDOUIN

Oh! si .je la rencontrais, mon Dieu, je serais courtoise. Il n'y a pas eu de brouille entre nous depuis qu'elle a quitté Rouen pour entrer au théâtre. Seulement, aussi bien, puisque nous nous sommes perdues de vue...

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