‹ Clarisse Arbois; comédie en trois actesChapitre 72 sur 72 · CH&BON · texte numérisé non relu

CH&BON

Alors qu'est-ce <jui t'arrête?

.Mais tu m'en rerais plus lard le reproche, voyons!... Maintenant même, si j'ai fait tout ça, j»' ne sais ce (jue lu peux le dire !...

CHÉRON

,1c vais penser <|ue tu es une intrigante '.... C'esl ça !...

CLARISSI.

Enfin, c'est impossible ! Quand <•<■ ne serait que pour ta tante !

CHEItoN

Ma tante i|ui esl si bonne qui t'adore. (|ui ne peut plus se passer de toi !...

CLARISSE ARBOJS 247

Mais que dirait-elle pour ton avenir, si tu me sacrifies ton ministère?

CHÉRON

Mais, bon Dieu ! où s'en agit-il, de ce sacrifice ? Tu ne vois pas au contraire que toutes ces infamies cessent, sitôt que tu deviens ma femme ! Mais celui qui voudrait te manquer de respect, maintenant que nous nous marions, que je leur dis à tous que je t'aime, mais celui-là tomberait sous le mépris !

Enfin!...

CHÉRON

ttnlin, uneseuleclmse m'inquiète, voyons ! Si je te dis que je l'adore, si je le dis que

c'est mon bonheur, et situ nie réponds non, c'esl que tu ne m'aimes pus !

CLARISSK

Moi!

CHKItON

Pourquoi est-ce. alors, que tu hésit<

Mais...

CHÉRON

Pourquoi .'

CLARISSK

Mais si tout ce que tu me «lis me rend bien heureuse., lu «lois bien comprendre aussi que j'en sois troublée, voyons! Je n'étais pas faite à cette idée-là, moi ! Tu devras bien me mener dans les soirées officielles tout ce monde politique! Toutes ces femmes

de ministres ! Si elles allaient trouver que je manque de distinction !

chéron., souriant.

Ah ! Celle-là, écoute ! Embrasse-moi ! Tu ne trouveras pas mieux ! (Ils s'embrassent.) Comme la vie se moque de nous tout de même, hein !

Pourquoi ?

CHÉRON

Eh bien ! On s'aime ! On ne se le dit pas comme il fallait se le dire ! Un jour on s'aperçoit qu'on a été stupide !... Moi, d'abord!... Et peut-être toi aussi, tu sais!...

Moi !

CIIKRON

Dam! Pourquoi ne me l'avais tu pas dit,

que tu m'aimais cl que tu souffrais tant que ça?

Oh! Comme si je pouvais m'y attendre, hein !

pHÉROIS

A (juoi .'

a. ai,

A être madame Chéron.

l. III 11. IN

Qu'estrce que ça a de si drùle :'

Mais enfin . c'esl ce qu'ils nomment un mariage réparateur, ça! Et qu'est-ce qu'ils vont en dire, dans 1<- Tout-Paris 7

CHÉRON

Ehbienl Ils (liront que nous ne Bommes pas les seuls !

Tu crois ça?

Mais si tous les ménages comme nous entraient pour rien au vernissage, voyons, on ne ferait plus que des recettes de trois francs !

Bote!

CHÉRON

Nous vois-tu dans quinze jours, hein ?

arrivant à la mairie du dix-septième, et avec Masson pour premier témoin !... Ou plutôt non, au fait ! Le premier, je veux que ça soit Desrosiers !

lais il sera retourné à son ambassade !

Eh bien ! Il en reviendra! Il fera bien ça

pour nous !

jkan.nk, f/ui à ce moment entr 'ouvre le rideau du fond et aperçoit Chéron et Clarisse assis côte à côte sur le enta/»'-. — poussant un petit cri.

Ah ! (Elle referme la porh

chéron. se retournant.

(Jui est-ce qui était là ?

.Ma cousine Jeanne.

CHÉRON, souriant .

.le pensais à sa mère !

CLAR1SSK

Non!

CHÉRON

Si. vois-tu! VA en même temps aux

tors, aux abeilles, à tous les animaux attendrissants ! Chez les petits êtres, chez les intelligences inférieures, il y a une lueur divine, celle de l'instinct. La mère Hédouin avait raison, en somme. Elle nous a menés au mariage, — en gaffant t. .. Je vais lui caser son gendre !

Oh ! Cette pauvre Jeanne, hein ! Dans une colonie où on n'attrape pas de fièvres !

CHÉRON

Ah ! Ne t'inquiète donc pas, va ! Je vois bien ce qui va en advenir ! J'entre au ministère en homme qui va tout réformer, tout casser! Et la première chose que je vais faire, mon Dieu ! ça sera de mettre encore un imbécile dans les bureaux ! (Bruit d'applaudissements et brouhaha, ((uns le fond du théâtre. )

CLARISSE, Se le ru itt rire /uni I .

Qu'est-ce qu'il y a? Le quatuor vient dé Unir?... Eh bieri, dis donc, il faut que je (•liante, moi! El toi, il faut te montrer aussi !

CHBBON

i vrai, bon Dieu! Moi qui dois encore chambrer Màrgaill&fi !...

SGÈNE Ml

Lia MAhA.Mi: DE CANTIGNY, JEANNE,

MAlîCAII.I.AV pÛii FOI GERAI SIEF ' par te fond.

m\i>ami: te càntigny, surprisèet ravit

de roi)- CJirron.

Paul ! Ces! toi '

chéron, à voix basse, souriant.

C'est moi, ma bonne tante. Et j'aurai à vous dire quelque chose demain !

jeanne, allant à Clarisse.

Tu n'es plus fâchée, Clarisse?

CLAHISSE

Non, non, va, je ne suis plus fâchée!... Je te garantis même que ton fiancé sera nommé; si seulement M. Chéron est ministre...

jeanne, avec inquiétude.

Comment ! Ce n'est donc pas sûr?

chéron, à Mar;/ai//ii/i . q*ài ment <V entrer par le fond.

Enfin, voyons, vous nous soutenez, tout de même ?

maroaillan, hésitant encore.

Mais, mon cher, voyons !... Et mon groupe '

CHKRON

Eh bien ! Vous le convaincrez,

groupe !

margaimav se résignant.

Ce sera peut-être une infamie!

OIIKRON

Mais non !... (A //nul rejoindre madame dr Cantigny, qui cause avec Clark Allons! Nous serons h {'Officiel demain ! (Fougeray n rejoint Jeanne qui, radieu lui annonce à voix basse la bonne nouvi Desrosiers est venu offrir son / n Clarisse et traverse avec elle la foule des invités, au milieu d'un murmure sympathique^

billLa COLIN, IMFKIMtKlK DE LAONV O.-tT-M.;

DinUlliSCi OLOI . / LD ^^ ia#v

PQ Boniface, Maurice 2603 Clarisse Arbois 04.7C 53

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