TESTAMENÎ DE CLARISSE, COMTESSE DE ROM
Dieu que j'aime et que j'adore, cclaircz-moi dans cet acte de mes dernières volontés.
Sl4 CLARISSE DE RONI.
Bien que je croie le terme de ma vie très éloigné encore par malheur, je fais cependant aujourd'hui les dispositions suivantes :
Je reconnais pour ma légataire universelle ma chère et bien -aimée Louise d'Avaray.
Je lui lègue en toute propriété mon hôtel de Paris, ma terre de Moronval , le château et ses dépendances ; mes terres de Bourgogne , mes terres et mes forêts d'Allemagne; tous les immeubles qui composent ma fortune , à la réserve de ma maison de ^Jampagne située sur les bords delà Seine, au territoire de Melun.
Je lègue cette maison de campagne et
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le domaine qui en dépend à M. le comte de Roni.
Tous mes meubles, capitaux, argenterie, hardes et bijoux, appartiendront de droit, et immédiatement après ma mort, à ma bien-aimée Louise d'Avaray.
Louise d'Avaray distribuera en mémoire de moi, et de ses nobles mains, à de pauvres familles indigentes, à Paris, et selon son choix, une somme de vingt-cinq mille francs à prendre sur mes capitaux.
Pareille somme sera distribuée par Louise aux pauvres du canton de Moronval.
Je lègue à Dauphin, mon valet de
•nfî CLARISSE DE RONI.
chambre, une somme de cinquante mille francs pour reconnaître ses bons services et son rare et touchant dévouement à ma personne.
Je lègue une somme de trente mille francs à Anette, ma femme de chambre.
Je lègue une somme de cinquante mille francs aux autres domestiques de ma maison, et pour être distribuée entre eux à parts égales.
Je désire que Louise d'Avaray fonde, dans un des bâtiments attenant au château de Moronval, une infirmerie pour les pauvres du canton et pour les pauvres voyageurs.
La fortune que je laisse étant très con-
sidérable, ces différents legs ne seront point onéreux h mon héritière.
Je prie le vicomte Roger de Montléry d'accepter en souvenir de moi, son amie, une bague ornée d'un rubis que j'ai souvent portée.
Je lègue à madame d'Arthevell un livre intitulé V Évangile expliqué j ce livre est dans mon oratoire.
Je lègue à M. l'abbé Les Tournelies 1'/mitation de Jésus-Christ ; ce livre est également dans mon oratoire.
Je prie M. le baron de Tournefort, dont j'apprécie l'esprit et dont j'estime le caractère, de vouloir bien choisir dans ma
bibliothèque vingt volumes en souvenir de moi.
Je fais la même prière à M. de Benserade.
Je prie M. le marquis Albert de Frémicourt de choisir dans ma galerie tel objet d'art qui lui sera agréable et en souvenir de moi.
Il est un dernier legs que je prie Louise d'Avaray d'acquitter par les soins de M. de Montléry; je laisse une pension viagère de six mille francs, à prendre sur mes biens , à une femme nommée Olivia, afin de lui donner un moyen de vivre dans l'indépendance et la retraite.
Dieu étant notre père à tous et nous aimant tous d'une tendresse infinie, je le supplie de répandre ses bénédictions sur ceux que j'ai nommés et sur moimême.
Fait au château de Moronval, le lo octobre 183....