‹ Clarisse HarlowChapitre 17 sur 62 · LETTRE CXCIV · texte numérisé non relu

LETTRE CXCIV

ms HOWBy ▲ inss claussb hablovb.

Samedi,» Mi.

Je ne savais pas, ma chère, que, pour répondre aux articles de M. Lovelace, vous attendissiez mon avis. Comme je serais fâchée que cette

OAIISSB HAILOTI. 109

ndson causât quelque délai, je profite d'une oocasioiieitraordiDaiie pour faire porter celle lettre chez Wiison.

Jamais je n'ai douté de la justice et de la générosité de votre personnage sur ce qui concerne les articles, et tous ses parens n'ont pas les aentimens moins nobles que leur naissance. Mais, à présent, je crois que ▼oos ne ferez pas mal d'attendre quelle sera la réponse de milord à sa lettre d'invitation.

Voici le plan que j'ai médité pour tous. Ne vous souvenez-yous pas d'ayoir tu, avec moi, une femme nommée madame Townsend, qui (ait on grand commerce d'étoffes des Indes, de Cambrai, et de dentelles de Flandre, qu'elle trouve le moyen de receToir sans payer d'entrée et de débiter secrètement dans toutes les bonnes maisons de notre voisinage? Elle est quelquefois à Londres, dans une chambre qu'elle y loue à l'extrémité du faubourg de Southwark, cù elle a des échantillons de ses marchandises, pour la commodité de ses pratiques de ville ; mais sa Térilable résidence et son magasin sont à Depford. Je dois sa connaissance à ma mère, à qui elle avait été recommandée dans la supposition de mon mariage, et qui me dit, en me le présentant, qu'avec le secours de cette femme je pourrais être magnifique à peu de frais.

Au fond, ma chère, je n'ai pas trop de penchant h favoriser la contrebande. Il me semble que c'est braver les lois de notre pays, nuire aux honnêtes marchands et dérober à notre prince un revenu légitime, dont la diminution peut l'obliger à faire de nouvelles levées sur le public. Mais, quoique je n'aie encore rien pris de madame Townsend, nous ne sommes pas mal ensemble. C'est une femme entendue et d'un fort bon caractère. Elle a vu les puys étrangers, par rapport à son commerce, et je trouve beaucoup de plaisir à l'entendre. Comme elle cherche à se faire ooonaître de toutes les jeunes personnes qui ne sont pas éloignées de changer d'état, elle m*a priée de la recommander à vous; et je suis sûre que je l'engagerais sans peine à vous accorder une retraite dans sa maison de Depford. C'est un tourg qu'elle représente fort peuplé, et peutêtre un des lieux du monde où l'on penserait le moins à vous chercher. Il est vrai que la nature de son commerce ne lui permet pas d'y être long-temps; mais on ne saurait douter qu'elle n'y ait quelque personne de confiance. Vous y seriez en sûreté jusqu'au retour de M. Morden. Il me semble que vous feriez fort bien d'écrire d'avance à cet honnête cou- »n. Ce n'est point à moi de vous prescrire ce que vous devez lui marquer. Je me repose sur votre discrétion ; car vous comprenez sans doute ce qu'il y aurait à craindre du moindre démêlé entre deux hommes de cœur.

J'apporterai de nouveaux soins à digérer ce pbn, si tous l'approuTez, ou plutôt si vous le jugez nécessaire. Uais il faut espérer que vous n'aurez pas besoin de cette ressource, puisque la perspective est changée, et que tous avez connu vingi-quatrê heura qui tia piuvmU pat être momméêê malheureu9e$. Que je me sens indignée de voir une fille telle que TOUS réduite à cette misérable consolation*

Je me souviens que madame Townsend a deux frères, qui commandent diacun un Taisseau marchand. Comme ils ne peuTont manquer d'être liée d'intérêt avec elle, qui sait si tous ne pourriez pas aTOir, au besoin, tout l'équipage d'un Taisseau à Totre service? Supposez que Lovelace TOUS donne sujet de le quitter, ne tous occupez point de tos craintes

pour les Harlove. Qu'ils prennent soin l'un de Tautre;. ils y sont assez portés. Les lois scronlleur défrase. Voîre homme n'est pas un assassin ni un meurlrier de nuit. C'est un ennemi ouvert, parce qu'il est intr^ pide ; et s'il^ enti^prenait quelque chose qui le soumit à la ligueur dès loiSi vous seriez heureusement délivrée de lui par la fuite ou par la* corde, n'importe lequel des deux.

Si^ vous n'étier pas entrée dans un si grand détail de toutes les drcoDStances qui regardent la conversation que vous avez entenduo entre 11. Lovelace et les deux femmes, je les foupçunneFais40 n'avoir tenu cette conférence que pour vous.

Tai fait voir les propositions de M. Lovelace à M. HICkman, qui avait été destiné pour ia robe avant la mort de son frère atné. Il en a pris un, air si grave, si Ûcr et si important; il m'a dit, d'un ton si mystérieux»^ qu'il voulait les prendre en considéraiion ; qu'il les emporterait, si je le. trouvais bon; qu'il les i^èstrait, et d'autres affectations d.) cette nature, qne la patience m'a manqué. Je lui ai arraché le papier avec colète : «Eh quoi! le traiter si mal pour son zèlel » Oui, pour un zèle sans lumières, tel que la plupart des autres zèles. S'il n'a point été frappé, tout d'un coup de quelque objection, c'est qu'il n'y en a point h faire.

— - Si prompte, ma très chère demoiselle.

•— Si lent! très peu cher monsieur, aurais-je pu répondre; mais je me suis contenté de lui dire : Assurément, avec un regard qui signiûAit^ OâerieX''Vous faire le rebelle?

— Il ma demandé pardon : — A la vérité, il ne voyait aucune objection; mais il avait cru qu'une seconde lecture...

— N'importe, n'importe, ai-je répondu, je les ferais voir à ma mèt'e, qui, sans avoir pensé à porter la robe, en sait plus au premier coqp d'cetl que tous vos lamlnns de conseillers, si jo ne craignais de l'irriter par l'aveu de ma correspondance.

Mais ne balancez pas, ma chère, à faire dresser les articles en bonne .forme. Que la célébration les suive de près, et qu'il n'en soit plus parlé:

Je ne dois pas oublier que le matelot a beaucoup tourné autour de ma femme de chambre, et qu'il a tenté de la corrompre par un gros présent, peur savoir d'elle le lieu do votre retraite. La première fois qu'il aura, l'audace de paraître, je le ferai jeter dans le plus profond do nos étangs, si je ne puis rien tirer de sa bouche. L'enirepriso de corrompre un demestiquede la oaisoir jusiiHera mes ordres.

Aknb Rowb.

LETTRE GXCV«

DHoanehe» 81 mai»

iW I!e9ppit.tiffV{)|eiAidaiiMa roesûatiniMia. peur m'occaper. d'aiilie cbpw qp» de.fOfi veogeaiMe» sans quoi je 0i'étais.pn)pO6é de le aownMai' quer les observations de niiss. Harlove sur la tragédie d'QiwjTi.lUHl' Harleiveil pourquoi lui donner. ce nom? Parce que je LokhAi^; el.qti&je.fl«is exUteieoiW< irrité con^r^ elle^ contre, sop ioiperiiaente.amie.

DlaqvK>i,doiHHrni9^BtaAdes-tu7 Le sujet en vaut assola peiner A»Qp*> dam^UQi DQu»,é4ioo9 kh oomé4'^ Qoccas» qjyâ Jiv^t a^toodres et la; <M

clahissb harlovb. fil

de la chambre de sa maîtresse; aussi bien que le passe-partout du coffto d'ébène^do oabinetret dft tous les- liroins, a trouvé le mejreii de parvenir «os decnières loUreade misâ Howe.La rigilanie soubrette araitrcoiarqiié. qiWM matlreese en avait tiré une du son mn, et qu'elle Tarait jointd amcatiires, avanique de partir avec moi pour la comédie, donsrla ciainta; apptraronient, comme les femmes d'en bas mo l'ont reproché» que je net la trouvasse sous son mouchoir de cou.

Diffcas ne' s*e9t pas plus tût vue en poseession du, trésor, qu'ayant appelé SaUpep trois autres iilles qui ne paraissent point, elles se sont employées ensemble, avec la dernière diligence, à transcrire ces maudites lettres, suivant' la méthode que je leur avais tracée. Je puis Lien les nommer intttdites; ce sont des injures, une malignilé. Quelle petite fuhe qua celie'miss^Howet Je ne m'étonne plus que son impertinente amie, qui ne ma pas mieux traité sans doute, puisqu'elle doit avoir donné occa&idn anr Utwrlés de l'autre^ ait marqué tant d'i'mporioment luraque j*ai tenté de me saisir, d'une de ses lettres.

Aussi me paraissait-il impossible que la belle, dans cette fleur de jeur

«se, aveo une &i bonue constitution, une santé si ferme et tant de feu dans les- yeux, pût trouver dans elle-même ce fund> de vigilance et de crainte qui no l'abandonne jamais. Des yeux brillans,. Bvlford, malgré tout' le bien que les poètes en peuvent diiOi sont le signe infaillible d*.un cœar fripon ou qui peut le devenir.

Tu peux continuer tes prédications, et milord M-., n'est pas moins lilMre de déployer sa sagesse en proverbes ; mais compte que je suis plua sûr d'elle que jamais. A présent que ma vengeance est allumée et se joint dans mon cœur à famour, il faut que toute résistance fléehisae. Je le jure solennellement que miss Howe portera la peine de sa trahison.

On apporte à ce moment une autre lettre de ce virulent petit démon. J*iBspère qu'elle ^era bionidl transcrite aussi, du moins si l'on prend le parti de la joindre au recueil. L'impertinente déesse est résolue d'«tler ce matin à Téglise, moins, comme j'ai raison de le croire, par esprit de dévotion que pour essayer si elle peut sortir sans opposition on sans plainte, ou sans être accompagnée de moi.

Elle m'a refusé Thonneur de déjeûner avec elle;* il es4 vrai qu'hier aa soir elle fut un peu mécontente de ce qu'à notre retour do la comédie^ je Tobligeai de passer le reste de la soirée dans le parloir commun, et do demeurer avec nous jusque après minuit. En se retirant, elle me déclara qu'elle comptait d'être libre tout le jour suivant. Comme je n'avais pas encore lu les extraits, je ne témoignai que du respect et- de la 80umi»*> stbn ; car je m'étais déterminé à commencer, s'il était possible, une nour relle méthode, et à bannir do son coaar toutes sortes de soupçons et da jalousies. Cependant je n'avais pas trop de sujet d'être alarmé de ses soupçons passés. Lorsqu'une femme, qui peut ou qui cnut pouvoir quitter. un homme qu'elle soupçonne, continue de demeurer avec lui, je suis sÛTi Belfod, que ce n'est pas un mauvais signe.

Elle est partia ; elle s'est glissée avant que j aie pu m'en défler. C'est, une chaise à porteurs qu'elle s'était lait amener, dans )a vue de m*êter le pouvoir de l'accompagner. Mats i'arais pns des précautions convena^ blés» Will, mon valet de chambre, la suivie de son consentement , et: Pètter, domestiquede la maisoni était à portée de>roœvair IdaandrMde Wfll.

113 CLARISSE IIAlLOini.

Je lui avais fait représenter, par Dorcas, ce qa'elle avait è redouter de SîDgleton, pour lui ôter la pensée de sortir sans moi ; nais elle a répondu que, s*il n'y avait pas de danger à la comédie, quoiqu'il n'y ait que deux spectacles à Londres, il devait y en avoir beaucoup moins à Téglise» lorsque les églises sont en si grand nombre. Les porleuis ont reçu ordre de la conduire à l'église Saint-James.

Elle ne se serait pas souciée si peu de m'obliger, si elle savait à quoi je suis déjà parvenu, et combien je suis pressé par nos femmes, qui se plaignent continuellement de la contrainte où je les tiens, dans leur conduite, dans leurs compagnies, et de la nécessité où elles sont de ne recevoir personne dans le joli bâtiment de derrière, pour ne faire naître aucun soupçon. Elles ne doutent pas de ma générosité, disent-^lles; mais, pour mon propre intérêt, elles me reprochent, dans le style de milord M..., de tirer H peu de blé d'une ti longue moi$ê(m. Il me semble qu'elles raisonnent bien. Je crois que je commencerai mes opérations à son retour.

Je me suis procuré la lettre qu'elle a reçue aujourd'hui de miss Howe. Les complots, l'artiflce, la magie noire,* vont leur train. Il me sera difficile de revoir tranquillement celte miss Harlo?e. Quelle néc^site , comme disent nos nymphes , d'attendre le temps de la nuit T Sally et Poily me rappellent, avec beaucoup de reproches, la méthode que j'ai employée la première fois avec elles. Mais la force répondrait mal à mes vues. Cependant elle pourrait fort bien y répondre aussi ; du moins s'il y a quelque vérité dans cette partie du symbole des libertins , qu'tin« femme une foie subjuguée , l'est pour toujours. On n'en voit guère qui disent oui à la premièie question.

Elle est revenue; mais elle refuse de n)e ?oir. Elle veut être seule tout le jour. Dorcas attribue son refus à des mollis de piété. De par tous les diables, Belford , estnl vrai qu'il y ail de rimpiéié a me voir ? Sa dévotion peut-elle mieux s'employer qu'à me convenir? et croit-elle avancer Tour rage en refusant de me voir dans ses accès de piété ? Mais je la hais , je la hais de tout mon cœur. Elle est vieille , laide , difforme. Horrible blasphème I C'est du moins uneHarlove, et je la hais à ce titre.

Puisqu'il faut renoncer à la voir , qu'elle soit donc maliresse de ses volontés et de l'emplui qu'elle va faire de son temps. Mais il faut, pour remplir aussi le mien , que je te rende compte de mes découvertes.

La plus ancienne lettre qu'on ait trouvée porte pour date le 27 d'avriL Où peut-elle avoir mis les précédentes? Hicknian est regardé , entre elles , comme leur agent. Il ferait mieux de prendre garde à lui-même. Miss Uowe dit à la belle : J'espère que vous ne serez pas exposée à vous repentir de m' avoir renvoyée mon Norris, En tout casait reprendra le même chemin au premier mot. Que diable cela veui-ii dire ? Son Noms retourner au premier mot 1 Que je sois damné si j'y comprends rien. Ces innocentes se permettent donc l'mtrigue? Je me crois autorisé par l'exemple.

Elle est fâchée qiïHannah ne puisse venir. Eh bien I supposons qu^elle le pût, de quel secours lui serait Hannah, dans une maison telle que celle-ci?

Les femmes de la maison peuveni être pénétrées dans V espace d^u% déjeuner. Ce trait les rend furieuses contre les deux correspondantes.

CLABlflBB BARLOVI. fiS

Elfes me pressent plus que jamais d'acberer ma victoire. Je suis tenté de kor abandonner miss Howe en pleine propriété. Tu n'as qu'un mot à dire, Belford, et je te promets que l'effet suivra la menace.

EUe est bien aise que mite Barlove ait pensé à me prendre au mot, EUe ^éUmne que je ne lui aie pas renouvelé mes offres. Si je ne le fais IMS bientôt , elle lui conseille de ne pas demeurer avec moi. Elle l'exhorte à me tenir dans Véloignement , à ne pas souffrir la moindre familiarité. Vois, Belford, me suis-je trompé? La vigilance qui méfait enrager vient d'une amie, qui est assise tranquillement pour écrire, et tpd donne fort à son aise un conseil qu'elle serait incapable de suivre dans le même cas. Elle lui dit que c'est mon intérêt d'être honnête. Mon intérêt , petites folles 1 j*avais cru ces deux filles persuadées que mon intérêt est toujours subordonné à mes plaisirs.

Que ne donnerais-je pas pour obtenir une copie des lettres auxquelles miss Howe répond par les siennes.

La sea>nde est du 3 mai. Dans celle-ci, la petite effrontée s'étonne beaucoup que sa mère ait écrit à miss Harlofe pour lui interdire toute correspondance avec sa fille. M. Hickman, dit-elle, est d'avis qu'elle ne diOfU point obéir à sa mère. Que ce plat visage est rampant entre deux filles I Je crains d*être obligé de le punir, aussi bien que sa virago^ el j'ai déjà le moyen , dans ma tèto , un plan qui ne demande qu'une heure de méditation pour recevoir sa dernière forme. Je ne puis souffrir que l'autorité maternelle soit ainsi méprisée , ainsi foulée aux pieds. Mais écoute l'imperlinenle : R est heureux pour lui de penser si tien ; car sa mère l'ayant mise en mauvaise humeur, elle a besoin de quelqu'un qu'elle puisse quereller. Un Lovelace s'en permeitrait-il davantage ? Cette ÛUe est un libertin déterminé au fond du coeur. Si la nature en avait fait un homme, ne doute pas qu'elle n'eût été pire que nous.

. Elle n'a pas besoin, dit-elle, qu'on l'irrite beaucoup plus pour lui faire prendre le parti de s'enfuir secrètement à Londres ; et , dans cette supposition, elle ne quittera point son amie qu'elle ne l'aie vue hoDorablement mariée, ou quitte de son misérable. Ici, Belford , Sally a joint une prière en transcrivant : « Au nom de Dieu , cher monsieur Lovelace 9 amenez-nous cette furie à Londres. » Je t'assure, cher ami , que son sort serait bientôt décidé.

. Je trouve , dans la môme lettre , que ma belle captive a tiré ton portrait et celui de nos amis. Je ne suis pas épargné. Cet homme est un foUf dit-on de moi. Que je meure, si l'une et l'autre ne me trouvent tel. Cest du moins un franc imbécile. Maudite et méprisable créature ! Je wds^ ajoute-t-elle, qtie c'est une race infernale : voilà pour toi , Belford ; et qu'U est le B^ébuth : voilà pour toi , Lovelace. C'est à ce SeUébuth^ néanmoins, qu'elle voudrait voir son amie mariée. Qu'avons- Dous donc fait, aux yeux do inîss Harlove, pour mériter qu'elle ait tracé de nous une peinture qui nous attire ce traitement de miss Howe? Mais c'est sur quoi je remets à délibérer.

Elle blâme son amie d'avoir refusé de partager son lit avec miss Par*-

tington : Vigilante comme vous êtes , qu'en pouvait-U arriver? SU peti*

sait à la violence , U n'attendrait pas le temps de la nuit. Sally écrit en

forme de noie : «Voyez, voyes» monsieur, ce qu'on attend de vousL

Vous iFoiisl^Tons répété cent fois. » Elles «M T^âit« en'eM; tnans f a- #18, -êe leur part, B*avaii pes la moitié tant delacce qw de œlla de «M Howe.

elle approQfe mes propositions poor^la m^mm detnadaine Fretdnill. Elle rexliorie à penser aux arides et h nommer «m jour. Enfin, eile\la presse de lui écrire nurlgro la 4éfense de sa mèie , sans quoi elle lut é^ Itere qo^elie doit se charger des conséquenoes. Malheureusos petilasra* beMesl

Ta diras en toi-même : Cette fière et fascftante illle eBt-«lle donc tnlle miss Howe, qui a soupiré pour notre hontéte ami, le chevalier Gahnai;! et qui , sans les conseils de sa Clarisae Ibrlove, Taorart peui-^ire saif?4« dans le désordre de sa fortune, lorsqu'il fut obligié de qaitter leTO^aumal

Oui, c'est la même ; et j*ai toujours rcnaR|iié, par rexpéfioBce d'aa» Irai comme par la mienne, qu* une première passion subjuguée fait un corsaire du vainqueur, ou un lyran si c'est une femme.

Dans une autre lettre « elle approuve le dessein que son anm a daane quitter, si sa famille consent h la recevoir. EUe vient d'apprendre sur mai compte quelques étronges aventures qui doivent mefiiire regarder oamma 4e plus méchant do tous les hommes. Si j'avais une douzaine dévies^ î*a«rais dû les perdre, il y a vinf,t crimes. » Plaisante façon de comptée, Bdford I

Miss Betterton et miss Lockyer sont nommées. Voire hûwme (c'est le nom qu'elle me donne irrespeciueusement) esl vn infâme^ dit-elleu Je •veux être confondu , si jo me laisse traiter û*infàme sans le mériter4 Elle fera sonder les dispositions de M. Jules Harlove. ti Elle lui GODScille d'attacher Dorcas à ses intérêts, et de sie procurer quelqu'une cte tnea lettres par ruse ou par surprise. » Vois, Belford, « elle est alarmée «de mon entreprise pour me saisir d'une des siennes, i»

S^il arrivait^ dit-elle, que je fusse jamais informé de la manière étmU aile me traite^ elle n*oserait sortir sans une escorte. Je conseille à l'effrontée de tenir ^on escorte prête.

Je suis le chef (tune bande de scélérats (elle te nomme , toi et mes autres subalternes ), qui sont associés pour tromper d'innocentes erUor tures^ et pour se prêter la main dans leurs infâmes entreprises.

Qu'a«-lu è répondre, B.lfotd?

Elle n'est pas sur;prise des mélancoliques réflexions de son onde tttr le malheur qu'elle a eu de me voir à la porte du jardin , d'être tromr fie par mes artifices. J'«îS(.ère qAi'après cela^ Belford, tu finiras tes prédications.

Hais cllo lui représente, pour la consoler, qu'elle servira d'exemple tt ifaoertiesemenl à son sexe, 11 est clair que son sexe m'en aura i'ofoli- ^tion.

Mes copbtes n'ont pas eu le temps disent-dles , de transcrîre tant ce foi mérite mon ressentiment dans cette leitra; 11 faudra que je cfaerdhe l'occasion de la lire moi-mcme. Elle contient, à leur avis, des rrflexions lartinoblcs. Mais j*j suis un séducteur^ et mille folsttn misérable. Miss Howe croit que le diable a pris possession de mon eosur elde celui de 4ttus tes Harlove à la même lieure , pour exdler son amie à la fatale êâlrevwe. Elle ajoute : qu'il y a du destin dans an» erreur. Pourquoi donc s^ affliger ? L'adversité est sa saison-hritlante ; et je ne sais com-

itS

£maâwm ^m^os. Bftis |mis un mot de FeBMreieBMnt fqiaw Khommo à ^«yfl doit IViftcasicm de briller.

puni la leitfse suivante, elle craint que, leiil méekani que fe eufs, «on ^mt^ 90 *oU forcée de mê prenérg pour «en sêign$ur el son maUr^. Vé- ^Ubltfoienl c*esi mon espérance.

Blie rétracte tout ce qu'elle a dit contre moi dans sa dcrnièso lettre. Ma IMeduito à regard de mon bouton de rose ; le dessein d'établir son amie 4m la naid*?n de madame Preichvill , tandis que je coniiouerai do 4eeiieiirer chez madame Sinclair ; l'éiabilssemeai que j*ai dans mi province, mes réversions, mon économie, ma personne, mes taleus , tout est V9H^ f i| ^^ Civeur pour lui faire perdre la pecsée de me quitter. Que j^ime è jeter dans iVmbarras ces filles pénétrantes I

^ti^« Lu pêngfonce éUrnelle me poursuivre ( heureusement qu'dle 00 (tii pas m'alUinifre ), si ;> lui éonne lieu de douler de mon konneus t i^feniraes ne ^vent pas jurer, B^llord. Les douces créaiureâ ! elles qo ^ve^t q^e maudire.

fille lui apprend le mauvais succès de sa négociation da côté de ronde iylea- C'est sans doute Uickman qu'elles ont employé. Il faut quej'aie lespreiiles de ce ))enei*là d^inà ma poche ; et bientôt, crois-moi.

Bile est furieuse, dit-elle , contre toute la famille» Le crédit de «Ml- 4am0 Nortonn'a pas eu plus d* effet sur madame Harlove, Jamais il %'y eut dans le moii^e des brutes si déterminées. Son oncle Anlonin ^ çrpit^éjà perdue. N'esl-ce pas tout à 1^ fois un reproche et une ejkhortf- (jon foiir moi? ils s'aUendai^nl à la voirrpvçnir 4 eu:p dam l'affliction; mai§ Us ne fcrçiient pop un pas pour lui sauver la vie. Ils l'accusent de préméditation et d'artifice. MiSi Howo est inquiçie^ dil-clle, ^e f^ vengeqnce à Ijquelle fnon orgueil peut me porter, pour la distança où l'on me tient. tLc a raison. // ne reste à présent qu'un choix à son amie^ ç^r ^n cousin puraU déclare contre elle avec tous les auii e^ ; cl ce chojoi, ^estde se donner à moi, La nécessite , la convenance lui eu fupt une loi presque égale. Ton ami | cher Bellord , déjà choisi d'une femme par des raisons de convenance! Un Loveiace est-il capable de soutenir cet^ idée^

J'ai de grands usages à faire do cette lettre. Les ouvertures de m^s Howo sur ce qiâ s'eat passé entre Toncle Jules ei Hickman (ce ne peut être un auiiequ*H.ckman] me donnironi lieu de dép oyer mon invention. Bile lui dit qu'elle ne peut lui révéler tout. Il faut absolument que je parvienne à lire moi-mêuje celte lettre, il faut que j'en voie les propres ierroes : des extraits ne me sufQsinl pas. Si je Fai une fois entre les iDoiiiSy ce sera la boussole de toute ma conduite.

Le feu de ramitié éclate ei pétille ici. Je n'aurais jamais cru qu'une amkié si chaude pût subsister cuti-e deux beautés; mais elle est peutêtre enflammée par les obstacles, et par cette sorte de contradiction qui aeioie des esprits femelles, lors(|u'ils ont le tour romanesque.

Wle exlra?ague, en parlant de son départ; si cette démarche, dit-elle^ pmÊKoaiU épargner des bassesses à une àme si noble, ou la sauver de sa miiM. C'est un roseau qui entreprend d'en soutenir un autre. Ces jeunes ^féatures sont un peu frénétiques dans leurs amitiés : elles no savent pas ce que c*est qu^un f^'u dur ble.

Mds oomment se fati-il que Tardeur de cette virago ne laisse pas de me plaire, quoique j'en aie beaucoup à souffrir? Si je la' tenais ici» j'engage-

ai

116 GLARI8SB HARLOVB.

rais ma vie que, dans Te^ce d'uoe semaine, je lui apprendrais la «mmission sans réserve. Quel plaisir, de réduire un esprit de celte trempe ! Je suppose qu'elle soutiendraii mes désirs Tespace d'un mois, et pas plus long-temps. Elle serait ensuite trop facile et trop apprivoisée pour moi. Quel doux spectacle, de voir les deux charmantes amies, humiliées de leur sort commun, assises dans le coin d'une chambre, les bras Tune sous celui de l'autre, pleurer et soupirer de leur situation I et moi, leur monarque reconnu, reposant sur un sofa de la même chambre, comme le Grand-Seigneur, incertain à laquelle des deux je ferais l'honneur de jeter le mouchoir!

Observe, je te prie, cette plaisante fille. Elle e$t furieuse eonire lt$ Harlove^ irrilée contre sa mère, indignée contre la folie et la basée t>a^ nilé de Lovelace,,. Petite folle ! et tout d'un coup, aidons le misérable à sortir de la fange, quand nous devrions nous salir un peu les doigts ; il ne s'est rendu coupable à votre égard d'aucune indécence directe. C'est ce qui paraît extraordinaire à miss Howe. Il n'oserait ; elle en est sûre. Si ces idées passent par la tête des femmes, pourquoi ne trouve* raient-elles pas place daus mon cœur ? Il n'est point encore à cet infernal excès. De si infâmes desseins se seraient déjà trahis^ s'il les avait conçus. Que le ciel ait pitié de ces deux folles 1 • Elle revient ensuite à presser son amie de penser aux articles, à la permission ecclésiastique, et à d'autres soins. La délicatesse^ dit-elle, n'est pas de saison. Elle va jusqu'à lui dicter les termes qu'elle doit employer avec moi. Peux- tu croire, Belford, que la victoire ne fût pas à moi depuis long-temps, si je n'avais eu ce démon de plus à combattre. Elle lui fait un reproche d'avoir perdu, par un excès de modestie, plus d'une occasion dont elle aurait dû profiler. Ainsi, tu vois que la plus noble de ce sexe n'a pas d'autre vue au monde, par sa froideur et ses affectations, que de retenir un pauvre amant pour lequel elle n'a pas de dégoût , lorsqu'il est une fois tombé dans ses filets. *

Une autre lettre est sans contredit le plus insolent libelle qu'une fille fait jiimais écrit contre sa mère. Elle contient des réflexions si libres sur les veuves et les vieux garçons, que j'ai peine à comprendre où miss Howe peut avoir puisé son savoir. Lq chevalier Golmar devait être plus sot que ton ami, s'il lui a donné gratuitement de si belles leçons.

fille apprend à miss Harlove, dans celte lettre, que l'oncle Antonin a ait des propositions de mariage à sa mère. Ce vieux marin doit avoir le cœur à l'épreuve, s'il obtient ce qu'il désire, sans quoi, madame Howe, qui a fait mourir de chagrin un premier mari qui valait beaucoup mieux, sera bientôt quitte du second. Iilais quel que soit le succès de celte proposition, tous les autres Harlove en sont plus irrités que jamais contrôleur divine fille. Ainsi, je me vois plus sûr de ma conquête que je ne l'étais auparavant, puisqu'à la rigueur des termes il ne lui reste plus qu'un seul choix. Mon orgueil en est un peu blessé. Cependant je crois qu*à la fin un cœur aussi tendre que le mien se laissera toucher en sa faveur. Réellement, je ne souhaite point que toute sa vie se passe dans le cba* grin et la persécution. Mais pourquoi conserve-t^Ue tant d'affection pour des brutes^ comme miss Hove a raison de les nommer, et pourquoi n'en a-t-elle pas plus pour moi? J'ai d'autres copies et d'autres extraits de lettres, que tu trouveras bien plus offensans.

CLARISSE DAULOVB. 117

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