‹ Clarisse HarlowChapitre 18 sur 62 · LETTRE CXCVI · texte numérisé non relu

LETTRE CXCVI

■• LOTBLACB, ▲ H. BXLFOKT.

La lettre suivante est d'ane nature, j'ose ]edire, qui a dû faire souhaiter aax deux insolentes beautés qu'elle ne tombât jamais entre mes mains. Elle m*apprend d'où est venu le mécontentement de miss Harloye par rapport à mes articles. Je n'ai pas mis, dans la conclusion, autant d^ar^ deor qu'elle s'y était attendue. Dorcas, à qui cette lettre est tombée à transcrire, n'en a pas omis une seule ligne. Aussi l'auras-tu presque entière, à l'aide de mes abréviations.

Le petit démon, «'tmaytne, dit-elle, que les hommeê de noire tempe ne peuvent renefUir le$ mém£$ ardeurs que les honnêtes gens.

Que penses-tu de cette idée, Belford? Miss Howe doit s^imaginer de jolies choses. La charmante fille 1 Plût au ciel que je pusse découvrir si ma belle lui répond dans des termes aussi libres! Quisait^ ajoute-t-elle, n je n'ai pas à rompre avec une demi-douzaine de créatures, avani fU9 de prendre un engagement pour la vie ? Mais de peur que cela n*ait l'air d'un compliment, qui pourrait faire juger que je pense à la réformatioD , elle se hflle d*assurcr qu'il ne faut pas s'attendre de mê voir hon^ néi€f avani ma grande année elimatérique. Elle doit avoir une hante opinion de son sexe, pour s'imaginer qu'un homme qui connaît si bien 1» femmes puisse les aimer si long-temps.

Luif dit-elle, chercher un prétexte pour des délais^ dans le con^li^ wtent qu'il doit à milord il... / Oui, moi, cher petit démon. Parce qu'un homme n'est pas accoutumé à faire ce qu'il doit, faut-il qu'il ne le fasse jamais? Le cas n'est-il pas assez important? Toute la famille n'y est-elle pas assez intéressée? H est bien vrai, dit-elle à miss Harlove, que vouê ettsriez eu besoin de l'entremise éPun ami. Mais à votre place j'aurais arraché les yeux au monstre, et j'aurais laissé à son propre ccsur le soin de lui en apprendre les raisons. Eh bien, Belford t les bras ne te tombent-ils pas d'étonnement? On m'appelle ensuite misérable et tu» /âme personnage ; pourquoi? parce que j'ai désiré que le lendemain fût le jour heureux, et parce que j'ai marqué du respect pour mon plus proche parent!

Cest le plus cruel de tous les sorts pour une femme, continue- t-elle» d^étre forcée de prendre un homme que son ccsur méprise. Voilà de quoi je souhaiterais d'être sûr. Je craignais que ma charmante ne connût trop aes perfections, sa supériorité. Je tremblais qu'elle n'eût effectivement dn mépris pour moi. Je suis éclairci, et je ne le puis supporter. Biais mon intention, Belford, n*est pas de réduire ma charmante à un sort si cmel. Que je sois abîmé, si je deviens le mari d*une femme qui a donné snjet à son amie intime de dire qu*eUe me méprise! Lovelaoe méprisé, qu'en dis-tu?

Son poing qu^il a tenu fermé sur son ftùni, lorsque vous vous êtes r»iMs en colère (c'est dans une occasion où la belle n'a point été satisfiûte de mes ardeurs et de tout ce que tu voudras. Je me souviens du mouvement que je fis, mais elle avait alors le dos tourné vers moi : ces vigilantes personnes sont toutes composées d'yeux. Remarque le souhait, ) son poing, quen'était'U une hache, entre tes mains de son plus mortsi

116 CLABISSE BABtOVE.

€nnemi! PatioDce, patience, Bclford. Mon jour n^est pas élo'gné. Je me rappellerai toutes ces circon^tdnces po\ir K'iVHcJhircir le cœur.

Mais on promet de méditer un plan qui pourra servir h délivrer ma

^' conquête de mes mains, H je lui éènhe quêtât rêlson de me soupçon^

fier. Au fondy ce projet m*alarme; le combat devient sérieux.Tu ne seras

pfl(è 'sûVpHs si Jd lèche la bride à fties i^teniidns; fé Hôris taie revtenl %

ré§6Vit, Belterd. Je fte Vc6x {joint qu'on remporte sur fnoi par la Miéë.

Éheoi-e UfibfoOè, i'it-die, rien ne la pMe A cYoife 4ue je puisse ou çiiè 'jî)iè atiù^èr soh hànfteur. Mai§ son hùrHntè est un fou ; c'est td^ ci ^*èf/e en pè^tpènsel^. Je StrJîs un fou, coitimè elle le dit; si je jpen- 88l§ àù rt^ariagfé. mi§fé cetâ, tàùàui-eW^, fàiteè votre mon Ûe èé fîm à la première occasion ; et, quoique f appréhendé qù^il ne soit ttn fou itttl'a^i'abié, coràthe Hùnl tM les fbus qui IM de i^èsprit et de la vàMlé, prenez-le comib uWè )pufitiioh, puh^Uè ^ôu's né sauriez le prénÉré ei^rhéMM iHMpcnïe, Crois-iU, BilloTrd, que cefâ soit supportable t

iisfîs dafis là lettre que je me suis procurée aujourd'hui, pendant que lakhè était à Tégtisè, tout le plan de ii^iss Howe est à découvert. (Test . uAtà às'sei ttaaudlie lettre, fo l^a'ssurè.

If% Jbavélace transcrit ici toute la partie de la lettre de miss Hovre^ (|M4 oentieBi le defsein qu'elle a d'engager madame Townsend à donner une retraite à son amie jusqu'à [^arrivée de M. Morden. Ul.r^le la sermeni de se venger, surtout a l'occasion de ces termes : S'il entré- . j^rériâù quelque chose qui le soumit à la riaueur âes lois^ vous eii seriez heureusement délivfée^ soit par la fuite, ioil }>a^ là eàfâe^ ttVmp^/^ hifiieî êes \Mtac. h «|oVi<e s

te HkQ fais une gloire de terrasser deux filles qui en savent trop pour douter de leur savoir, et de les convaincre qu^elles n'en savent point assez pour se garantir des inconvéniens d'en savoir trop. Que la passion esl iéconde \ j'ai fait, comme tu vois, en fort peu de temps, une lettre d*une prodigieuse longueur. À présent que mes ressentimens sont échauffés, je veux voir, et peut-èire punir, celte beauté iQère et Qoublemeai afmèè. Je lui ai lait dèinnnder la permission de souper avec elle, (tous n'avons dtné nil^ûn ni Tautre; el!e a refueè de 'prendre lé thé cet aprSâmidi, et je crois qu^elle et moi lîous n^aurons pas beaucduj[» d'appétit 4 souper.

LETTRE CXCVfl;

iSB fMJÊOaSB HâBLOVBi A WÉBS ÉOWli

bimancbe, 21 mai, à 7 heures du Datia.

i'MM Iner à la comédie avec M. Lovclace et miss Horton. GetlK p^d*^ oAnfiia TOUS nyoz^ ost eltiidmement touchante à la sbuie lecture, l/^oa • ne «erei pas surpHfo que la reftést^ation itous ait fort émneOf misa Horton et moi, si je vous dis, et môme avec quelque plaisif, qyev dwte qiiak|tiOè WM8 ttes piineipèles s€ène8^ tf* LoTolaoa n'a ^ cacitief Mrmâina ^R émotion. C'est t'élnge de IVnivrage qa^ je (retends faire ik^>

^ car îo regarda M. Lovelaee tomme im cœwr deo ploséurs. rBa Véritéi Éia .

/; chèra^ a*esl l'opinion que j'ai de lai.

Cependant loote sa eOndtiite, pendant la pièce comme à notre re(a«ri

' ctt vnrépndHèlA, Hoepté %\ï11 a'tsi obstiné à tailloît q[iiai*aia aoii|ié 'm

€LÂÊâÊt6 BALCyVB. 119 |

^ Bas avec les femmes der Tar maison, et qiril m'a retenue josqu^k minuit )

\ passé. J'étais résolue d'avoir aujourd'hui raou tour, et je ne suis pas fâchée f

^ qa*il m'dit donné cê préiefle. Tai toujeius aimé h passer le dimanche ^

"^ dans la solitude. \

le sais déj'a prôte h sortir pour aller à f église. Mon dessein n*est pas

d*ea chercher une phis éloignée que Sainl-James. Je rais prendre une

chaise à porteurs pour m'tourer si je puis sortir et rentrer libremenli

sans le trouver dans mon chemin, comme il m'est arrifé deux fois.

rai reçu votre obligeante lettre d'hier: il sait que je l'ai reçue, et je m'attends, lorsque je le verrai^ de lui troifrer beaucoup de curiosité pour savoir ce que vous pensez de ses articles. Je n*ai pas douté de votre ap^ probalion, et, dans ceitô idée, j'avais déjà fait une recense que je tiens pt{He pour lui. S'il arrive quelque nouvel incident qui fasse natlre entré nous d'autres démêlés, je serai forcée de croire qu'il cherche des occasions pour le délai, et que son intention n*est pas de m*oblîg(>r.

It fait demander h me voir avec beaucoup dlmportunilé ; il veut m'accompagner à Téglise ; il est fâché que j*aie refusé do déjeûner av^c lui. Si je m'étais rendue à ses instances, il est certain que jo n'aunds pas été libre. Je lui ai fait répondre par Doreas que je souhaitais de Tôtre tout le jour, et que je le verrai demain d^aussi bonne heure qu'il lui plaira. E.le me dit qu'elle ne sait ce qui le chagrine, et qu'il querelle tout le monde.

Il a recommencé ses demandes, et d'tm ton plus sérieux : — Suis-je rassurée contre Singleton? m*ft»t-il fait dire, l'ai répond» que si je n'a^ vais p3S redouté Singleton hier au soir à la comédie, je ne devais pas (tre aujourd'hui plus timtdo à l'égiise , surtout lorsqu'il j a tant d'églises h Londres, pour um ou deux comédies. Fax consenti à me hm suivre par un de ses gens. Mais il me semble qu'il est de fort mauvaise humeur. C'est de quoi je nrlnquiète peu : je ne veux pas être assujétie continuellement à ses insolentes lins. Adieu, ma chère, jusqu'à mon re^ tour ; les porteurs m'attendent. Je me flatte qu'il n'aura pas la hardiesse de m'arrôter au passage.

le ne l'ai pas vu en sortant. Doreas m'assure qu'il paraît fort chagrni. BQe ne croit pas que ce soit contre moi ; mais il paraît qu'il est arrivé quelque chose qui l'irrite. Peut-être joue-t-il ce rôle pour m'engager à dtneravec lui. Je n'y consentirai pas, si je puis m'en défendre : ce serait m'exposera n'être pas hbre on moment pendant le reste du jour.

Ses instances ont été fort vives pour dîner avec moi. Mais j'étais déterminée Il no pas céder sur ce seul petit point, et j'ai pris le parti de me priver de dîner. A la vérité, j'étais à faire une lettre pour M. Morden, que j'ai recommencée trois fois sans être contente de moi-même, tant je trouve d'incertitude et de désagrément dans ma situation. Doreas m'a dit qu'il n'avait pas cessé non plus d'écrire, et qu'il avait refusé de âîoer, parce que je lui avais refusé ma compagnie.

H m\i fait deiuander ensuite d*êlré reçu du moins à rheure du thé, en appelant, par la bouche de Doreas, à la conduite qu'il tint hier au soir; comme si c'était un mériio ponr lui de n'avoir pas mérité de reproche : t'est ce que te hiî 81 fiitt lépondre. Cependant j'ai renouvelé la promesse

120 GLAMSSB BAELOVB.

de le voir demain aussitôt qu'il le souhaiteray ou do déjeûner même avec lui.

Dorcds dit qu'il est furieux. Je l'ai entendu parler fort haut, et gronder tous les domestiques. Vous m'ayez dit, ma chère, dans une de tos lettres, que lorsque votre mère vous chagrine, vous avez besoin de quelqu'un que vous puissiez quereller. Je serais bien fâchée de faire une mauvaise comparaison, mais Feffet des passions auxquelles on ne résiste point est le même dans les deux sexes.

Il m'envoie dire, à ce moment, qu'il compte de souper avec moi. Gomme nous avons passé plusieurs jours en assez bonne intelligence, je crois qu'il ne serait pas prudent de rompre pour une bagatelle. Cependant il est bien dur de se voir comme forcée sans cesse de renoncer à ses résolutions.

Pendant que j'étais à délibérer, il est monté , et, frappant à ma porte» il m'a dit d'un ton chagrin qu'il me verrait absolument le soir, etqu*il ne me laisserait pas en repos jusqu'à ce qu'il sût de moi ce qu'il avait fait pour mériier ce traitement.

Il faut que je le satisfasse. Peut-être n'a-t-il rien de nouveau à me dire : je serai de fort mauvaise humeur avec lui.

Mifls Clarisse ne pouvant savoir quel était le dessein de M. Lovelaoe, ni la cause de ce chagrin, c'est de lui-même qu'il faut l'apprendre, c'estàniire de ses propres lettres. Après avoir décrit l'air brusque avec lequel il était monté à la porte de sa chambre pour lui demander sa compagnie à souper, il continue son récit :

« Il m'est bien mortifiant, m'a répondu la perverse, de me voir si peu maîtresse de moi-môme. Je descendrai dans une demi-h»iure.»

Il a fallu revenir sur mes pas, et passer celte demi-heure à l'attendre. Toutes les femmes m'ont excité vivement à lui donner sujet de me traiter avec cette rigueur. Elles m'ont prouvé, par la nature de leur sexe et par celle des circonstances, que je ne devais rien espérer de ma soumission, el que je n'avais rien à craindre de pis en me rendant coupable de la dernière offense. Elles m'ont pressé d'essayer du moins quelques familiarités plus hardies , pour voir quel en serait l'effet ; et leurs raisons étant fortifiées par le ressentiment de mes découveTtes, j'étais résolu de prendre quelques libertés, d'aller plus loin, suivant la manière dont elles seraient reçues, et de rejeler toute la faute sur sa tyrannie. Après m'être affermi dans cette résolulion, je me suis mis à me promener dans -la salle à manger pour observer son arrivée : mais j'ai senti de l'embarras dans les jambes : jamais paralytique n'eut si peu d'empire sur ses mouvemens.

Elle est entrée avec cet air de noblesse que tu lui connais , la tête haute, mais le visage un peu tourné; son sein dans une charmante agitation, que cette altitude même rendait plus sensible. Beiford , comment se fait-il que l'humeur chagrine et l'air de réserve donnent de nouveaux charmes à cette fille hautaine? Mais la beauté perd-elle jamais son empire ? J'ai remarqué tout d'un coup que cette chère insolente était disposée à se fâcher. L'air sombre que j'ai affecté lorsque ma main trembknte a saisi la sienne lui a fait craindre aussi que je ne fusse capable de quelque violence. Mais je n'ai pas plus tût attaché ma vue sur elle, que je me suis senti le cœur pénétré d'amour et de respect. Assurément, Beiford,

GIARI88B BARLOVB. 121

\ cette flUeest un ange. Cependant, si Ton n*aTait pas été sûr que c'est '] une femme , on ne lui aurait pas fait prendre Thabit de ce sexe depuis I son enfance. Elle-même, sans celte conîiction, aurait-elle continué de le * porter?

— De grâce , mademoiselle ) je tous demande , je tous prie de m'apprendre ce que j'ai (ail pour mériter votre colère?

— Je vous demande aussi, monsieur Lovelace, pourquoi j'ai si peu de liberté daos ma retraite? Qu'avez-vous à me dire depuis hier au soir, que j^allai avec vous à la comédie, et que je passai malgré moi une partie de la nuit à vous entendre?

— J'ai à dire, mademoiselle , que je ne puis supporter la distance où vous me tenez, sous le même toit. J'ai mille choses à dire sur nos interdis présens et futurs. Mais lorsque je pense à vous ouvrir toute mon âme, vous ne pensez qu'à m'écarter de vous. Vous me jetez dans des incartades qui me désolent; vous cherchez des délais : il faut que vous ayez des vues dont vous ne voulez pas convenir. Dites-moi , mademoiselle, je vous conjure de me dire à ce moment , sans détour et sans réserre, dans quel jour je dois paraître à l'avenir devant vous. Je ne puis soutenir cet éloignement : Tincertitude où vous me tenez m'est absolument insupporlable.

— Dans quel jour , monsieur Lovelace? J'espère que ce ne sera pas dans un mauvais jour... Je vous prie, monsieur, de ne me pas tant serrer les mains. ( Elle s'efforçait de les retirer des miennes.) Ayez la bonté de me laisser libre.

— Vous me haïssez, mademoiselle.

— Je ne hais personne , monsieur.

—Vous me haïssez , mademoiselle! ai-je répété.

Tout animé, tout déterminé que j'étais venu, j'avais besoin de quelque nouvel aiguillon. Satan sortait de mon cœur à la vue d'un ange ennemi; mais il avait laissé la porte ouverte , et je sentais qu'il n'était pas loin.

— Vous ne me paraissez pas bien disposé, monsieur Lovelace. Je vois une agitation extraordinaire dans vos yeux. Mais, de grâce, point d'emportement. Je ne vous ai fait aucun mal. Faites-moi la grâce de ne pas vous emporter.

— Cher objet de mes transports! ( En passant le bras autour d'elle , et tenant le sien de l'autre main. ) Vous ne m'avez fait aucun mal! Ah! quel mal ne m'avez-vous pas fait? Par où ai-je mérité l'éloignement où vous me tenez?...

Je ne savais ce que je devais dire.

Elle s*efforçait de se dégager.

—Je vous supplie, monsieur Lovelace, de me laisser sortir. Je ne comprends point ce qui vous agite. Je n'ai rien fait qui puisse vous offenser. Vous n'êtes venu apparemment que dans le dessein de me quereller. Si vous ne voulez pas m'effrayer par la mauvaise humeur où je vous vois, laissez-moi sortir. J'entendrai une autre fois tout ce que vous avez & me dire. Je vous ferai avertir demain au matin. Mais, en vérité, vous m'effrayez. Je vous conjure , si vous avez pour moi quelque sentiment d'estime , de permettre que je sorte.

La nuit, la nuit, Belford, est absolument nécessaire. Il faut que la surprise , la terreur , fassent leur rôle dans la dernière épreuve. Je n'ai pu

tenir m«s téèdltdlôns. Ccr n'est pas la première ibis que Je m*Mai» pt9^ pdsé d'essayer si celte divine fllle est capable de pardooDer.

i*ai baisd sd main avec ane ardetnrl...

— Sortez donc , chère , trop chère Clarisse I Oui , je sui» Tenu âsmi ullë humeui' (rèd chagrine. Je ne puis soutenir la distance e& votî me tenez sans raison. Sortez néanmoins, mrden oiselle, puisque voire vch* bn(é est de sortir $ mars jugez-moi généreosemml. Jugcz-inoi eomme jcf mérite de l*éire, et laissez-moi l'espérance de vous trouver, demaîr^atl malitt , dans les sentimens qui conviennent k notre situation. En paalan^ je la conduisais vers la porte, et jo Ty ai laissée. Mais , au lien de* rt« /oindre les fômmes, je me suis retiré dans mon propre appariemeDt, o& le me suis enfermé sous clé, honteux de m*étre laissé comme époutiii» M par la ntdjesi^ de ^oû visage et par les alarmes de sfl vertu.

Ge qu*oii vient do lire n'ékint q^u'une addition > (iréa d'une lettre db il. Lovelflce, réditeur nous ramené à la suite du lécit de missCtarisse, qui dcGiit sa terreur dans la même occasion.

A moû entrée dan» la chambre , il a pris ma main avec ud moove- MdniM Irrusque^ que j'ai vu clairement un dessein formé de meqiie^ relier. Et quel sujet , ma chère? De ma vie , je n*ai connu un esprit. si fier et si impeliectt. L'effroi m'a saisie. Au lieu de paraître (èchée, cvmme je me Tétais proposé^ je suis devenue la douceur même. J'aurais ftoiiie à me rappeter ses premiers mots, tant ma frayeur était vivo. Mais j'ai fort bien entendu : Vous me haïssez^ mademoiselle, vous me haines! Et son air était si terrible, que j'aurais souhaité d'être à cent lieues de lui. — le ne hais personne, lui ai-je répondu ; grâces au ciel , je ne hais personne. Vous m'effrayez, monsieur LoveUce; permettez que je me retire. Il m'a paru d'une laideur extiême. Je n'ai jamais vu d^hommesi iaid qu'il me l'a paru dans sa colère. El quel sujet , ma chère 9 II me pressait la main! l'impétueux personnage I il nie serrait la main avec une farce I En un mot , il semblait , par ses regards et par ses expressions , passant même une fois le bras autour de moi , qu'il voulût me donner Tocra^ion de l'irriter. De sorte que je n'ai pas eu d'autre parti k prendre que de le prier, comme j'ai fait plusieurs fois, de me laisser lit liberté de sortir, et de lui promettre que je reviendrais le matin, h Theure 4u^il choi irait lui-même.

C'est d'assez mauvaise grâce quil s^est rendu h Cette condition. Bh iûe làisisaîil partir , il m'ii baisé la main avec tant de rudesse , que la marque de rougeur y est encore.

Achevez, ma très chère miss Howo, achever, je vous en conjure, votre négociatiun avec madame Townsend. Je quitterai alors mori tyran. Ne Toyez-voùs pas comment il j^agnedu terrain par degrés t Je tremble de Jeter les yeux sur ses usurpations ; et ne me donne^t-il pas sujet ic! d*^n-

fréhender de lui plus de mal que mon indignation ne me p(^rmei dé exprimer t 0 ma chère t achevé! vôtre ptàn , et lalsseî-moi quitter tm iomme si étrange. En me querellant Comme il a fdit , il d(Ai atoir ^ des vues qu'il n'o?erail atouer. Quèited peavent-elfés Atrsf

l'étais si âégotltéè de fui , et tout à la tois si effrayée , qu^en rentrant dans ma chambre un mouvement de Chagrin et dû dlàespoir m^afalt M^ âiîrèr lài^ponséque f avals faîte à ses articteâ. Jô le ferrai dêmdû àù matin » parte que |e tA ptottb; ittâii je

donne pas quelque explication supjportable à ce chaAg^tifielit de oûAdiiilé^ je ^^VcAél^ai lili lë^enim ^tèviiict ébez i)ne1qDes bon^êlee genriiot je neremelirai plu5 ici le pied. Telle est lùa téso\éi\oH présente. Là j'alU^ft»^ diti qûv votre ^aif ^t Uni ; on t^ue ibui me t^^ndtes le semoe d'éerlke TMrs-méme à celteotstr^goant personnage pour faire mes ooiidiii«iisaYee M4 pvifl^uerotts jugez ^le je dots être sa femme, et ptti^qie je ri*ai pas plm de seeburs à tiner de moi-même. Ou pefot-étre prenérai-je le parti de ne jt^ter tout d'un eoup soU^ la pfeteotion de milady LaMmince^ el cette dématche arrêtera Tinsolente yMIe f^a^il ilMDaeede iaiiedu ofaft» teM d'Hat l^TOi

(L'édftèulr supprimé uho autre lettre de miss Clârîâse, qui contient té rédt dd ce qui pia sa le lendemain entré elle et M. Lovelace , et les traitt^^ ^i IVtftpéchek-eftt d! sortir , (^ymme elle se l'était propèsë. La lett^ wiv«|]tet ^«i esi de M. Lève Itee^ el de In même date, renferme ampk^ me&t les mêmes détails. Cependant, Tédiieur fait observer que raïas Clarisse 9 plus mécontente que jamais de ceiie nouveHe scène, presse encore son amie de unir avec madame Townâend { et que s*éiendanl

Îussi sur 1j propbâilion de mariage que son oncle Aûiunin âvaii fait madame Hon^e, ètle cbndatnn) les raiiteries exce^sités de ébn amie^ k Foccasioa de ce bizarre incident.)

LÈTÏRË CXCVBÎ,

%. tdMLklÈfey k Ik. atHoîttn

Lundi matlo, 9Ê mêL

Celle teiU personne né co)inah point la gênërosi'^. Non ë^^àt une Tertti quVlle ne connilC pas. K*aurai£-tu pas cru qu'opfèà avoir obtenu htef la 1 heurté de sereliVer, èi l'avoir échappé si belle, elfe mé rejoindrait de bonfiO heure ce malin avec uti soultife dvëc des grâces, etqu*eDe M teht'ii une ^ ses ptûs âgft^àblc!^ tiévérentest

J'étais dans la salle h manger avant six ttéUnés. felle fiM point btttm 8l fôtié. Jô ^ùis monrô; je suis dèscoftdu ; j*ai touî^ié ; fai appelé VVih, jli àp()eté bordas^ j'ui p6us§é les porlëà nnt a^eie de Violence. Elle n^ell a])a^ p\{^^ tât ouvert là sieVrne. TtA jperdu ainsi tntfn feW^i^ ju^u'à huit heures et demie ; et le d(^j&ûnct étàAl |irêt adél^ , je lui ai lait detnander fèH iMtA^ \*hwm}t de ^ i^ompa^nîe*.

Ha surprise n*a pas é!é médiocre, lorsque suivant cette fille à là pré* ïàfÊ^ ÏAVliatioh «Ite ëA ëliti^è icm hM\\ëei^f^ ses gmu «l {»« éteta* tail k la main, donnant ordre en mêibe tetifipi à Dèrcîaè de CaireoppcM

-»<!yâèTre mié , bHê dit ^ hidl-Mêmè , éè m'éxpôsër «Veèsi |«M êb ména^meHt àùi railreftes des fèrtm^es de la Adiàon I

^ S^as voue dfapi^z h sdi-Hf*, ttiftdaMef

^ Oèi, mèftsleyf.

il'MjIartI (m «ot, fèto %m liûf.

— J'espère, madame, que vèM lie MiHrèi ^ «Mi '«*i8if dt^jéArté , (TM Wî (èrt MnfiMe); mais je fné ^eAlats fe Otetir percé de Mille t)em- . «v & i à^àb eu le wfoindrd {M^esâtentiiâmii de 9éè ifitenttônsv je me aetaii ^ ^INil^lteteMiMi%fi»lètod«Éj'«lèH8kiv«ilK

124 GLABI8SB HiBU>yi.

yengeance. Tous les furieux extraits des lettres de miss Howe a*ont pas manqué de me revenir à l'esprit.

— Je prendrai une tasse de thé, m*a-t-elle répondu. Elle a mis son érentail et ses gants sur la fenêtre.

rétais parfaitement déconcerté. J'ai toassé, j'ai hésité, j'ai ouvert plusieurs fois la bouche pour parler, sans avoir la force de prononcer une parole. Qui de nous deux est le modeste , disais*je en moi-même. De quel côté est à présent l'insolencet Combien la tyrannie d*une femme est capable de confondre un homme timiâe! J'ai pensé qu'elle faisait le rôle de miss Howe, et moi celui d'Hickman.

— La force de parler me reviendra, ai-je continué en moi-même. Elle a pris sa tasse, moi la mienne : elle, en tenant les yeux fixés sur sa liqueur, comme une souveraine altière, impérieuse, qui sent sa dignité et doot chaque regard est une faveur; moi, comme son fassal, les lèvres et les mains tremblantes, sentant à peine ce que je tenais et ce que je portais à ma bouche.

— J*avais... j'avais... ai-je commencé en goûtant au thé, quoique si chaud qu'il me brûlait les lèvres, j'avais quelque espérance, madame...

Dorcas est revenue. -» Eh bienl Dorcas, lui a-t-elle dit, m'appelle-t-on des porteurs?

— Maudite impertinence I ai-je pensé. Est-ce ainsi qu'on interrompt les gens? Il a fallu nécessairement attendre la réponse de la servante è la question de l'insolente maîtresse.

— Will vient de partir, madame, a répondu Dorcas.

Il m'en a coûté une minute de silence , avant que j'aie pu reprendre mon discours.

Enfin, j'ai recommencé : — J'avais quelque espérance... quelque espérance, madame, d'être admis un peu plus matin...

— Quel temps fait-il, Dorcas? a-t-elle demandé à sa servante, sans faire plus d'attention à moi que si je n'eusse pas été présent.

— Un temps incertain, madame. Le soleil s'est caché, quoiqu'il fit très beau il n'y a qu'une demi-heure.

Ma foi, la patience m'a manqué. Je me suis levé brusquement. La tassé, la soucoupe ont volé dans l'air. — Au diable le temps, le soleil et la ridicule servante I ai-je dit, qui a l'audace de m'interrompre lorsque je parle à sa maltresse, et que j'en ai si rarement l'occasion.

La belle s'est levée aussi, d'un air effrayé. Elle s'est hfttée de reprendre ses gants et son éventail.

J*ai saisi sa main. ^ Vous n'aurez pas la cruauté de sortir, madame; non, vous n'aurez pas celte cruauté.

— Je sortirai, monsieur. Vos imprécations contre cette fille peuvent continuer dans mon absence, comme si j'étais présente ; à moins... à moins que ce que vous lui avez adressé ne me regarde moi-même.

— Très chère Clarisse I vous ne sortirez point! Non, non, vous n'aurez pas la cruauté de me quitter. Un dédain si marqué! un mépris de œtto force ! des questions redoublées à votre servante, dans la seule vue do m'interrompre! qui pourrait le supporter?

— Ne me retenez pas, m'a-t-elle dit, en se débattant pour m'arracher sa main. Vos amères me déplaisent beaucoup. Vous cherchâtes hier à me quereller, sans que j'en puisse imaginer d'autre raison que l'excès

GLAB18SB BABLOVB. t25

de ma complaisance. Ycos êtes un iDgraU Je vous hais du fond du cœur, monsieur Lovelace I

— Vous me mettez au désespoir, madame. Permeltez-rooi de le dire, TOUS ne me quitterez point dans Thumeur où vous ôtes. Je tous suivrai, dans quelque lieu que vous alliez. Si miss Howe était de mes amies, vous ne m'auriez pas traité si mal. Je vois clairement d*où viennent tous mes obstacles. J'observe , depuis long-temps , que chaque lettre que vous recevez d'elle altère pour moi votre conduite et vos sentimens. Elle voudrait apparemment que vous me traitassiez comme elle traite son Hickman; mais il ne convient, ni à voire admirable caractère de tenter ce traitement, ni à moi de le recevoir.

Ce reproche a paru l'embarrasser. Elle n'était pas bien aise, m'a-t-elle répondu d'abord, d'entendre parler mal de miss Howe. Ensuite, se remettant un peu, elle m'a dit que miss Howe était amie de la vertu et des hommes vertueux ; et que si elle n'était pas des miennes, c'est qu'apparemment je n'étais pas de ce nombre.

— Oui, madame ; et c'est apparemment la môme raison qui lui fait traiter M. Hickman, commo il est sûr qu'elle ne traiterait pas un Lovelace. Do tant de lettres que vous avez reçues d'elle, je vous déûe , madame, de me montrer une de celles où elle vous parle de moi.

— Où cetie idée doit-elle nous conduire? a-t-elle répliqué. Miss Howe est juste. Miss Howe est bonne. Elle écrit, elle parle de chacun comme ^cun le mérite. Si vous pouvez me nommer une seule occasion, dans laquelle vous avez marqué de la bonté, de la justice ou mémo de la générosité, je chercherai celle de ses lettres qui a rapport à cette occasion, supposé que j'aie pris soin de l'en informer ; et j'engage ma parole que cette lettre vous sera favorable.

Maudite sévérité! ne trouves-tu pas même une sorte de générosité, Belford, à mettre un honnête homme dans le cas de jeter les yeux derrière lui, pour se rappeler le souvenir de ses bonnes actions?

Elle s'est efforcée do me quitter. — Je veux sortir, m*a*>t-elle dit; je le veux absolument. Vous ne me retiendrez pas malgré moi.

— En vérité, madame, vous ne devez pas penser à sortir, dans Thumeur où vous êtes. Je me suis placé entre elle et la porte. Alors elle s'est jetée sur une chaise, le visage enflammé et se servant de son éventail avec beaucoup d'action.

Je me suis mis à ses pieds. — Retirez*vous, m'a-t-elle dit, avec un mouvement de rebut, de la main dont elle tenait son éventail ouvert. Pour votre propre intérêt, laissez-moi 1 Et me repoussant des deux mains :

— Apprends, homme ! que mon âme est au dessus de toi. Ne me presse pas de te dire avec qu'elle siDcérilé je crois mon Ame supérieure à toi. Ta as un cœur fier, dur, impitoyable. Mais ta fierté m'en impose peu. Laisse-moi, laisse-moi pour jamais.

Blalgré la rigueur de ce langage, ses regards, son air, le ton de sa voix étaient d'une merveilleuse noblesse.

— Tadore un ange, me suis-je écrié en penchant la tête vers ses genoux ! Ce n'est point une femme, c'est un ange que j'admire et que j'adore ! Pardon, divine Clarisse ! Si vous êtes de l'espèce humaine, pardonnez mes inadvertances, pardonnez mes inégalités» pardonnez l'infirmité de la nature t qui sera jamais égal à ma Clarisse?

Je tremblais d'admiration et d'amour» Dam le transport de oes deux

186 ÇitARissq «AKI^QV^.

ççutimens, f ai passé les deu^ bras autour (j'elle^ assise QOfQme çlle ét^t encore. Elle s*est efforcée aussitôt de se lever ; majs^ r^ cessant point de la tenir entre mes bras, je Tai faite retopnber sur sa chaise, jamais femme ne fut plus effrayée. Cependant ^ (}ue|(}ue libr^ que rnon action pût paraître à son cœur alarmé, je n*av4is pas^ dans cçt irj^t;int, ui^o seule idée qui ne me lût inspirée par le respect, oi, jusqu^à son départ, tous les mouvemens de mon cœur n*ontpas été moins purs que les siei;is. 4près lui avoir fait promettre qu'elle me reverrait bien ôt , qu'elle renverrait les porteurs, je lui ai laissé la liberté de se retirer.

Mais elle n'a pas tenu parole. J*ai atleudu plus d'une heure avant qifp de lui rappeler sa promesse. Elle m'a fait dire qu'il lui était encore incippssiblp de me voir, et qu'elle me verrait aussitôt qu'elle serait en ptat de descendre.

Dorcas m'assure qu'elle a tremblé excessivement et qu'elle s'esf fait apporter de l'eau fraîche et des sels. Je ne comprends rien à cette limidi^. H y a de rexcès pour Toceasion. La craintje grossit toutes sortes de m^ux. N*as-tu jamais observé que les terreurs d'un oiseau pris, qu'on tient ac'uellement dans la main, sont plus grandes sans comparâispp qu'on n'aurait cru qu'elles pussent Têire, si Ton avait jugé de J'aqinj^ par son petit air d'as-urancc, avant qu'il fût tombé dans le piège?

Chère personne I N'a-t-elle donc jamais joué , depuis sou enfance, à ce qu'on appelé de petits jeux? les innocentes libertés qu'on s'accorde d^ns ces occasions Tauraieni lamiliarisée avec de plus grandes. C'e^tun sacrilège de toucher sa robe. Quel excès de délicatesse! comment peut-elle penser à devenir femme ? Mais qurjl rao/en de savoir, avant l'eurcuvOt s'il n'y a pas de succès à se promettre par des voies moins capables d(e l'alarmer 1 Résistera-i-elle aux surprises nocturnes? pour celles de jour* U n'y faut plus penser. Le refrain de ma chanson, c'est que je puis ^'épouser quand je le voudrai ; et si je prpnds ce parti après avoir irioi^ phé d'elle, soit par surprise ou par un consentement à demi foicé, à^ui aurai 'je fait injure qu'à moi-même?

Il est déjà prcs de onze heurc's.Elle me verra lo plus tôt qu'il )ul serift po^ible, a-t-clie dit à Pplly Horion, qui lui a fait une tendre visite^ et po^r laquelle elle a moins de réserve que pour toute aurc... Son émotion, a-t-elle ajouté, n'est pas venue d'un çxcès de délicatesse, ni d^ mauvaise humeur, mais de /aiblesse de ccBur. E le n'a point, dit-elle, assez de force d'esjril pour soqtenir sa eilualicn et ses C)ramtes, soi^sle poids d^ Ia malédiciivn 4*ufi pçrc i 4pQ^ ^^ .tremble que Tefiet ne spit déjà commçi)cé.

Çep.ndaQ;, auelle cpn^adictioQ ! Faiblesse <|o cçeur, ^t-ellç; avec tapt de force dans la vo'oniél Âh ! Belford^ c'est un ççeur de lion q}^ cette mie, dans toutes )es occa^ioqs ok le ,point d'hoonieur ani.me ,sqn courage. J'ai observé plus d'une fois que le$ passions A^ano femn^ dpuçe^ fuoiqqp plus leates à s'4mpuvc|ir que dans un tepfipérament vif^ sont plus ardentes et plus invincitiles^ lor^u'elles sont bien etifl.4r^-* iOQej5 1 m^')p le wps cbArmanl 49 Clarisse q'pç.l pas prçaçisp siir le ton d9 son âme^ U dWipiié gui hobUe -Qe bj^çiu tegiplo fo^|?i|0 «n Iç^ejiï^t trop faibje ppwr J^lle, S^ U njôipe âmç s'était 4rpv.vj^ <}^ 4^, çqrps

a*hp,xn»n,j4ûrô.p« n*f^^m\ tu (te piw y^tibUt kéWf

CLABI8SB HMILOVE. (27

lia déesse n*est point «encore visible. Sa sanlô n*^i poi Ia nlei11eull^ damonde. Qu*a-t-eIIe dooc pu craindre de mes iransporls d*odmiralion ? Ae là rudesse » pluiôi que de la veogeaQce. Grand sujet d'oliéralion peiv aa Fanié 1 Cependant le désir do me venger n'est pas éteinte J*ai bcsoîM de quelque coup de matire , pour faire repentir roi^s Hjweet madame Tovrisend de leur maudit projet « qui sera toujours june épéi suspemlae aar na tête, si je ne trouve |mis le moyen de le faire avoriex» Le rooiadue méconteuiemcnt donnera des ailes à ma charmante ; et i^utes le^ peines que j ai prises pour la priver de toute autre protection et la rendre pHi.5 dépendante de moi, deviendront inutiles. Uais jj si^urai trouYAT OD Contrebandier^ pour Topposer à madame Townsend»

Tu le souviens delà dispute du soleil et du Fenl de iiord dans b fable, n était question de savoir qui des deux fiJircerait» le premier^ un Japa«flBte vo/4)geur de quitter son lubit.

Borée commença. Il se mit à souffler de toutes ses forces , et la glao^ de 3on soiifflv) cjusa beaucoup de mal au pauvre diable » mais sans auljsp 4eflel que do lui tiire boutonner son manteau , pour s*enveIopper plo$ soigneusement. Phœbus, lorsque son tour fut venu, lit jouer si vivemenjt lea TBjons sur le pèlerin , qu*il l'obligea d*abord de se déboutonner ; 0t bientôt de se dépouiller tout h falL II no quitta prise qu'après Tavoir fois dans h nécessité de chercher de l'ombre sous des feuillages épaû(» ob s*étendaoi sur son habit qu'il avait quitté» il rétablit ses forées par Quelques heures de sommeil. Le vainqueur ayant beaucoup ri de Porte et du voyageur^ continua sa courte brillante, répaniiaAt ^on éc\^^ sa chaleur sur tous les objets qui s'offrirent j^ lui ; le soir, après avoir dételé fies fiers cguriiers, il amusa sa Thétis par le cécU de SQ0i»vaaigre.

Voilà mon modèle. Je veux., Belford, xenoncer h toute? mes inyeQtiojQ9 orageuses ; et si je puis obliger ma chère pilerii^ de quitter un momenl le manteau do sa rigide vertu, je n*aurai, comme le soleil,, que des bénédictions coniinuelles à répandre par mes rayons. Mes heures de repos et deiiiUoiio , oomme les siennes, seront celles que je passerai avec ma dteasa.

A prés<?nt, Belford, pour suivre mon nouveau système, je «crois f «fp OBite maison de madame Freichyill est un embarras pour jcnoi. Je ;i^uz inTen délivrer, pour quelijiue temps du moins, Meonell tprendra le mpm^uiit oit jaserai sorti, pour rendre ime visite à ma déesse^ en &'ig^ai)jt d!9*viûf dbmandé d'Abord. à me voir^ Pourquoi ? dans quelle vue? JN*est-ce pa? Jit question que tu me fais? Pourquoil Tu ne sais donc pas ce ypi é^M^ mé à jceite pauvre madame FrexhviU ? Je vais jle l'apprendre.

4D[ne de ^siemmes fut attaquée, il y a huit ioui:^ de la petite v^rqHi^ l^oiutces cachèseat ces accidens à leur maltresse jusfulii vendi;edi^ qu'elle en fut informée par hasard. La plus graade partie des.fléauic.d^ noire j)auvce condition BU)rtdle vient de nos domestique^, igue uousj)reiwn^jBoitié par osveatation , moiUé paurnour^ usajge el dat^ila vue4p diminuer nos peines*

fette nouvelle a i^iusé tant d'épouvante à la veure^ qu*iclle est prise elle-même de tous ces .^mptômes gui annoncent une attaque de ^ette ennemie des beaux visages. Elle ne peut plus penser par conséquent k

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quitter sa maison. Maïs elle ne doit pas espérer» non plus, que nous attendions éternellement pour l'amour d'elle.

Elle regrette à présent de tout son cœur yden'a?oir pas mieux connu ce qu'elle déirait, et de n'être pas partie pour sa campagne lors» que j'ai commencé à traiter pour sa maison. Ce fatal accident ne lui serait point arrivée ; mais n'est-il pas bien fâcheux pour nous? Hélas 1 hélas I cette yie mortelle n'est composée que de malheurs. Il n'est pas besoin de nous les attirer nous-mêmes, par notre propre pétulance.

Ainsi l'affoire de cette maison est finie, du moins pour un temps. Mais ce contre-temps m'oblige d'imaginer quelque expédient qui puisse le réparer. Puisque je suis réduit à marcher lentement, pour rendre ma marche sûre, j'ai dans la tête deux ou trois inventions charmantes , qui seraient capables même de ramener ma belle , quand elle trouverait le moyen de m'échapper.

Qu'est devenu milordM... qui ne m'écrit pas pour répondre à mon invitation? Si je recevais de lui une lettre que je pusse montrer, ce serait le moyen d'avancer beaucoup ma réconciliation. J'ai pris le parti d'en écrire deux mots à Charlotte. S'il ne se hâto pas de me répondre, il aura bientôt de mes nouvelles, et par des voies qui ne lui seront point agréables. Tu sais qu'il m'a quelquefois menacé de me déshériter : mais si je le renonçais pour mon oncle, je ne ferais que lui rendre justice ; et je lui causerais plus de chagrin que tout ce qu'il peut faire de pis contre moi ne m'en causera jamais. Sa négligence diffère nécessairement la conclusion des articles. Comment puis-je supporter ce délai I moi qui pour l'exercice de mes volontés, pour l'impatience, et pour bien d'autres choses, suis une véritable femme ; et qui ne peux souffrir, plus que la meilieura de ce sexe, qu'on me manque ou qu'on me contredise.

Autre lettre de miss Howe. Je suppose que c*est celle qui était annoncée dans sa dernière, et qui regarde les propositions do mariage du vieil oncle Antonin à madame Howe. Il ne sera plus question, j'espère, du complot de contrebande. On m'apprend que ma charmante l'a mise dans sa poche ; mais je me flatte que je ne serai pas long-temps sans la trouver au dépôt, avec toutes les autres.

Lundi ao foir.

Mes instances redoublées l'ont fait consentir b me voir dansla salle ordinaire ; à l'heure du thé, et pas plus tôt.

Elle est entrée avec un air d'embarras, si j'en ai bien jugé ; et comme un peu confuse , d'avoir porté trop loin ses alarmes. Elle s'est avancée lentement et les yeux baissés, vers la table, Dorcas présente, et s'employant aux préparatifs du thé. J'ai pris sa main, qu'elle s'est efforcée de retirer , et la pressant de mes lèvres :

— Cher objet de mes adorations t pourquoi cette distance, lui ai-je dit ; pourquoi ces marques de chagrin? Quel plaisir prenez-vous à tourmenter si cruellement le plus fidèle de tous les cœurs ? Elle a dégagé sa main. J'ai voulu la reprendre.

— LaissoMnoi, fit-elle, en la retirant avec dépit. Elle s'est assise. Une douce palpitation , que j'ai remarquée au trarers de tous ses charmes^ m'a fait pénétrer ce qui se passait dansson âme. Le moudioir fui cachait son sein se levait et se baissait avec un mouvement précipité. Sea joues charmantes étaient couvertes d'une aimable rougeur.

cunissB haulovi. tSÊ

— Âo nom de Dieu t modame... Et pour la troisième fois, j'ai youIo fCindre sa main qui a repoussé la mienne.

— Au nom de Dieu I monsieur, cessez vous-même de me tourmenter. Dorcas s*est retirée. J'ai poussé ma chaise plus près de la sienne. J*ai

pris sa main arec la plus respectueuse tendresse, et je lui ai dit que,^ dans la cruelle distance oi!i elle me tenait, il m'éiait impossible de ne pas lui exprimer avec une mortelle inquiétude la crainte où j'é(ais que, s'il j avait quelque homme au monde qui lui fût plus indiUérent, pour ne pas dire plus odieux qu'un autre, ce ne fût le malheureux qu*eiie voyail devant elle.

Bile m'a regardé un moment d'un ceil flxe; et, sans retirer sa maint qoe j^avais dans les miennes, elle a tiré de l'autre son mouchoir de sa poclH). Elle a tourné la tête du mémo côté, pour essuyer une larme on deux qui demandaient un passage ; mais elle ne m'a répondu que par un profond soupir.

Je l'ai prisée de parler, de jeter les yeux sur moi, de me rendre bonleux par un regard plus faTorable.

— -J'avais raison, m'a-t^lle dit, de me plaindre de son indifférence. Elle ne connaissait rien de généreux dans mon cardctère. Je n'étais pas un homme qu'on pût obliger ni traiter avec la moindre faveur. Mon étrange eondnite, depuis samedi au soir, l'en avait convaincue. Toutes les espérances qu'elle avait conçues de moi s'étaient évanouies. Elle ne voyait plus rien dans mes manières qui no lui causAt du dégoût.

Go langage m'a piqué jusqu^au vif. Je crois que les coupables se révoK tent plus contre la vérité qui les montre à découvert, que les innocentes contre la calomnie qui ose les travestir. J'ai prié ma charmante d'écouter avec patience l'explication que je devais à ce changement. J'ai lait un nouvel aveu de la fierté de mon cœur, qui ne pouvait soutenir, dans une femme, à qui je me flattais d'appartenir un jour, ce défaut de préférence qu'elle m'avait toujours donné raison de lui reprocher. Le mariage, ai-je dit, était un état dans lequel on ne devait point entrer, de part et d'autrOf avec une froide indifférence.

^U n'y a qu'une insolente présomption, a-t-elle interrompu vivement, qui puisse faire attendre des marques d'estime à ceux qui ne font rien pour les mériter. Vous jugez mal de moi, monsieur Lovelace, si vous croyez que de vils motifs puissent m*iuspirer de Tamour pour ce qui n'en est pas digne. Miss Howe vous apprendra, monsieur, que je n'ai jamais aimé les fautes de mon amie, et que je n'ai jamais souhaité qu'elle aimât les miennes. C'est une règle, entre elle et moi, de ne pas nous épargner. Pourquoi donc un homme qui n'offre que des fautes (car, dites-moi| monsieur, quelles sont vos vertus), se croirait-il en droit d'exiger mon estime? Je ne mériterais pas même la sienne, si j'étais capable de cette •aveugle bassesse. Il ne me devrait que du mépris.

— 11 est vrai, madame, que vous avez soutenu parfaitement cette noble manière de penser. Vous n'êtes point en fianger d'être méprisée; pour des marques de tendresse ou de faveur que vous piyez accordées k l'homme qui est devant vous. 11 paraît que tous vos soins se sont tournés à faire naître ou à saisir les occasions de déclarer, que si vous avez eu quelques pensées en ma faveur, ce n'est rien moins que par votre propre choix. Mon Ame entièroi madamei dans toutes ses erreursi dans tous ses

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désirs et dans toutes ses vues, aurait été ouverte et nue devant vou8« si Carrais éià encnaragé par uae part osseï libre h votre oonflanct «I « votre estime, pour me rassucer contre les Iflcheases inter^iatiyK qm j'bi tremblé de vous voir donner k tout ce que j*aiiniis pu to«s ëirr ou foiis proposer. Jamais un coeur n'eut plus de irânchiae. Janaais peranne ne lut plus disposé è feeoBoaltre ses fautes. (C'est la vérité, Bc^iii} Mais vous savez, madame, combieir nous avons été ioin de ces ^«'ma termes. La détianœ, la réserva d« Toire part ont produit de la npieDMa la dente et la crainte. Nulle confiance nuiueMa ; coaune si nous «ôans aopposé de part ei d'auisa plus de dissimulation que d*amouff. GomlnsQ ai-je redouté chaque lettre que je vous ai vue recevoir par la mil du WilsonY et œ s*cat pas sans raiaon ; puisque la dernière^ 4a«t conçu tant d'«pèranee, à l'occasion dei ariidei que je vous ai prtrptMdn par écrit, a*a point eu d*a«ire effets ai j*en dois juger par le itCus qm uam liles hier de me voir (quoique vous lussiez en état de sortir^ ei même dans une chaise, pour m*ôterla satisfaction devons f rrffwpffi^wi ), que de vous kiitev ptos fne iemaia conlre mot.

— Je suis coupable, apparemment,, m'a répandu la belle iadigoée^ d*avoîr été è FégUse, et sans être accompagnée d'un honiae que sen^inciiuation n'y portetaii guère, s'il ne m'y voyait atter. Je suis coupaMi d'avoir été me recueillir un peu le dimaochep après avoir eu la aanoe d'aller avec vous k la cooiédie, et de passer avec vous une de la nuit. Voilà mes crimei : voilà ce qui m'a Lit mériler d'éUre peniei ce qui vous a mis en droit* sans doule, de me lorcer de vous voir, eide m'eCCrayer, Lorsque je vous ai vu, par les manières les plus choquantes qu'en aii jamais prises avec une lemme» que rien n'oblige à 'es aouffirir. L'humeur de mon père n'a point échappé à votre censure, monsieui Lovelace; mais ce qu'il a montré de pis, après le mariage, n'est pas oom^ pnrable è ce que vous avex montré vingt fois d'avance. Que doisrje air tendre de vous à l'avenir^ en vous conâd^rani du côté le piiks lavocaUet Mon indignation s'échaulfe au moment oà je vous parle, lorsque je qm leppeUe vingt traits de votie conduite, aussi contraires à la géeérasatt qu'à la politesse, pour une personne que vous avez jjatée dans les dîa^ grâces dont elle gémiu fia védié» j^èi peine à voua souttrir devant mes feux.

Elle s'est levée ici^ en étendant ks bras ; et toumapt la téie pouc ce» (hev ses larmes : •

— Omon cher papa! s'est écriée l'inioiitaUe fille,, voua aunes |e vousépargner une malédiction terrible* si vous aviez su comment J0.0e tiouve punie, depuis l'instant que mes pieds égarés m'ont conduite bois das portes de votre jardin, pour joindre M. Lovelaoel

Bnauitd se laiasani retomber sur sa cheise» elle s'y eat.Koyée daasaaf pleurs.

— Ma très chère viel lui ai-je dit, en prenant ses mains, qu'elle ta^. naît encore étendues, qui pourrait soutenir une invocation si touchante, quoique si passionnée t (Comme j'espère de vivre, Belford, p me senteii tremblant, quelques larmes se sont présentées sous mes paupières,, et j'osais à peine exposer mon visage au sien.^ Qu'ai-je donc lait pour mé* liter cette iei{(atieiite exclamation T Vous aA-je donné sijjel, en aucun temps, par mes discours, par mes actions, par mes regaîids, de douter de mou bonseur^ de mou reaBeçt^ de mou edoratioAÎ Je puis donner ce

nom à 009 seniîmeost pour vos célestes vertijs. Do. part et d*aufrc, le mal * Yîeot (fe no j^afc fions entendre. Da-gnez m*cclatrcir Vos idées, comme je Tais TOUS expliquer ios miennes, et nous serons aussitôt heureux. PiAt an dçl que je ^usse Taimcr comme fo vous aime, et si j» doiHais néanmoli» ' d^n retuur dQ scniiment, que je périsse, si je sais comment je poiirraîa BouhaHrr de vous voir â molt Laissez-moi penser, très clièie Clarisse, laissez-mpi seulement penser que je suis votre choix de | reft^encef - Sçufire^ que je me flattq (}b n*être point haï, de n'être pas méprise f...

— ^h\ monsieur Loveldce, nous avons vécu ensemble assez long- ' lemp^ pour être fatigués do Tbumeur et des manières Tun de Taulrç, - E^ se conviennent si peu^ que vous devez vous sentir peut-être aussr dégoOté de moi que je fe suis de vous. Je crois... je cit)is qu*i{ ne n/esl • paepossibhs d^accorder le retour que vous demandez aux sent firent doat TOUS faites profes;>iQn pour moi. Mgp car^ciçre naturel est tout à fart aN * téré.,Voas m'avez donné une fort mauvai^^e opinion de tout votre sexq, efc'particulièreayent de vous. Vous m'en avez fait prendre en mémo temps^ une SI factieuse de noi-même, qu*ayant petdu pour jamais cotie sat^ faction, ce témoignage intérieur de mes propres scntimens, qji est n^cessaire h uno femme pour se toutenir avec dignité pendant le cours de cette vie» je ue serai jamais capable de lever h tète u\iq air assuréw

Site s*est ariêlée. J'ai gard^ le silence.

-•- Sur mon Dieu* ai-je pensé co çioi-ruêmcj^ <<etle divînç fille ef t ç^r p4do à la lin de me pej;dre eiiijcreaient.

-I- Que me rosle-l-il k dj^r^j: , s^-i-elle repris. 9 ^iopo 1 9^0 You^ i)W, d|éctorie:( libre de U)m(^ obl^g^tj/^a par rappori a vous » Qt ^iao XPtV? ](||) , mi'cmj^êcbie^ pas de cuivre ^ cours 4*^ ma destio^-et

Elle s'est airêt^.a9(çore v^e fois. Mon silence a continue. Je ni^ii^ si je Q^ dsvaiff pas leuQQit^^ tous mes projets sur elle \ si je u^avai^ p^ a^jE 4^ preuxe^ d*v^ liertH et d'une g^andcuif 4'^u supé^ieu^^/^ teMs lee soup^ionsp.

Bile a sepcie eseorei

«««Voue ftileoce ■l'en^l ftiwable, monsieiir Lovdaœt Dites'-nioi fie je suis libre de toute obligaliea à voire égard. Vous &i vez que je ne vooe . ai jamais lail de promeuve. Vous savez que vous ii'élcs pas lié par hm vâtKs. ie ne n'tœbanesse peini du mauvais état do ma fortune...

Bte aHail coaiiuee».

—Ma très chère vie ! 9i-je interrompu, quoîquo vous me bissiez doue msi cruel d<mie d^ votre affection, je me &uis employé pendant ces defnieis jours aux préparations nuptiales. Je suis actuelk meoieu traité pour des é<^uipages.

— Des éq^uipageS; monteur! deTéclatt du clinquant! QtiVsl-ce quNin équipage? q^uVst-ce que la vie et tout ce qu'elle peut offrir, pour «ne ntalbeureu^ fitlç ^uiest tombée si bas dans sa piepre opinion, qui gémil sous la malédiction d'un ^re; t^ui ne peut tourne^ lus yeux ^ur elleniÀne sans reproçbOi^ ni le^ jeter devant elle sans tvrreùr t confirmée dens ces fataji^ idées p^r Topposition qu'elle trouve à tous ses désirai obUgjie io reoQOçer k ses plus chères ineljnatiutisî privéo do loutee sortes 4® plai$i<;f'el 4*^Fé^ces! Ne mo rcftiçez pas la liberté de cher^ cheç un ^aite d^9$ (melque (^ip obscu^, ignoré^ où ni Ic^ ennemis q^ue TOUS m*i^TM tijffi^ j^jfi peu 4*^inis q}\o vous fo'avez laissé^ ne puissém

132 GLARI88B BABLOVB.

jamais entendre parler de celle qu'ils supposent coupable , jusqu'il rheiireux moment de sa mort , qui fera revivre peut-éirè leur tendresse et leur compassion, en expiant tuules ses fautes.

11 ne m*est pas venu un mot à répondre pour moi-même. Jamais une guerre de cette espèce ne s'était élevée dans mon âme ; la reconnaissance et Tadmiraiion combattant de misérables habitudes, des résolutions préméditées el des vues dont tu sais combien je me suis glorifié I Cent nouvelles inventions, que j*ai roulées dans ma tête et dans mon cœur, y làisaient face à la tentation d'être honnête ; les injures de miss Howe se présentaient pour les seconder , et je ne leur trouvais pas a^sez de force pour me défendre. J*étais un homme perdu, si Dorcas n'avait paru fort à propos avec une lettre. L'adresse portait : Ouvres iur-le- champ, MOimeur.

Je me suis approché d*une fenêtre. J*aî ouvert cette lettre mystérieuse. Elle était de Dorcas même, qui me pressait, en deux mois, a d'arrêter madame, pour lui donner le temps de transcrire un papier d'importance.» Elle me promettait de tousser loisqu'elle aurait fini.

J*ai mis la lettre dans ma poche, et je suis retourné vers ma charmante, moins déconcerté ; comme elle avait eu le temps de se remettre an peu pendant ma lecture : — Une grâce, lui ai-je dit, très chère Clarisse: que j'apprenne seulement si miss Howe approuve me3 proportions. Je sais qu'elle est mon ennemie. Mon intention était de vous rendre compte du changement que vous m'avez reproché dans ma conduite, mais vous m'en ave£ fait perdre l'idée par votre petit emportement. En vérité, ma chère Clarisse, vous vous êtes emportée avec beaucoup de dialeur. Croyez-vous qull ne soit pas bien chagrinant pour moi de voir mes désirs si long-temps remis ou rejetés en faveur de vos vues prédominantes pour une réconciliation avec votre famille, qui ne souhaite rien moins que de se réconcilier? De là vient le délai que vous avez apporté à la célébration, avant notre arrivée à Londres , malgré mes pressantes instances, et quoique outrageusement traitée par votre sœur et par UMite votre famille ; de là cette facilité que vous avez eue à vous prévenir contre mes quatre amis, et à vous offenser de la hardiesse que j'ai eue de me saisir d'une lettre égarée; me figurant peu que, dans le commerce de deux dames telles que vous et votre amie, ma curiosité pût trouver le sujet d'une mortelle injure. De là Teloignement où vous m'avez tenu pendant une semaine entière, pour attendre le succès d'une autre négociation. Mais, après avoir reconnu qu'elle était inutile ; après avoir envoyé mes articles à miss Howe, pour lui en demander son opinion, comme je vous l'ai conseillé moi-même ; après m'avoir honoré de votre compagnie samedi au soir à b comédie, et me devant le témoignage que jusqu'au dernier moment ma conduite n*a pas cessé d'être irréprochable, le changement, mademoiselle, que j'ai remarqué dès le jour suivant dans la vôtre n'a-t-il pas dû me causer autant de surprise que de douleur? Et lorsque je vous y ai vue persister, après avoir reçu ù réponse que vous attendiez impatiemment de miss Howe , n'ai-je pas dû conclure qu'il venait uniquement de son influence? N'ai-je pas dû juger qu'il se formait quelque nouvelle négociation, quelque nouveau projet, qui vous mettait dans la nécessité de nae tenir éloigné de vous pour en attendre le succès, et dont le but était de vous arracher pour jamais à moi? Car ce sacrifice n*a-t-il pas été constamment votre article

CLAEISSB BAaLOVB. 133

préUminaire T Sais-je donc coupable , mademoiselle , d*élre devenu fu* rieui de celle craiote» et o'ai-je pas eu droit de vous reprocher que vous n'aviez pour moi que delà haine? Aujourd'hui, très chère Clarisse, qu'il me soit permis de vous demander encore une fois ce que miss Howe pense de mes propositions T

» Si j*ëiais d'humeur à disputer avec vous, monsieur Lovelace, il me serait fort aisé de répondre à votre belle harangue. Mais je me contenterai de vous dire, à présent, que vos procédés m'ont toujours paru inexplicables. Si vous n'avez eu que de justes intentions, il me semble que vous vous êtes fort étudié à les rendre obscures. Je ne puis décider, si c'est faute d'une tête claire, ou d'un cœur net; mais je suis réellemeul persuadée que la plus grande partie de votre étrange conduite doit être attribuée à l'un ou l'autre de ces deuxdéfauts.

— Malédiction, me suis-je écrié, sur le petit diaUe qui tous excite à penser si mal du cœur le plus Ûdèlo du monde I

—Comment osez-vous, monsieur?... Elle s'est arrêtée Ik, dans la crainte apparemment de s'expliquer trop , comme j'avais dessein de l'y engager.

— Comment j'ose... quoi donc, mademoiselle? en la regardant d'un air qui signifiait beaucoup. Qu'ai-je osé?

— Dangereux esprit! osez-vous... L'expression a paru lui manquer encore une fois.

— J'ose... qu'ai-je donc osé, mademoiselle , et pourquoi tfoii^erMui êtpriif

---Gomment osez-vous maudire quelqu'un en ma présence?

Celait revenir doucement sur ses pas : mais on n'échappe pas si facUement à Lovelace.

—Quoi donc? chère Garisse, y a-t-il çuWçtt^cn, en effet, qui vous excite? Si qu^qu^un fait ce réle contre moi, je le maudis, n'en doutez pas, quel qu'il puisse être.

BUe a paru dans une charmante petite fureur. C'est la première fois que les dés ont été en ma faveur.

— Je vois, mademoiselle , que mes soupçons ne m'ont pas trompé. 1! m'est facile à présent d'expliquer une humeur, qui ne peut vous étro naturelle.

— Artificieux esprit I Est-ce ainsi que vous me faîtes donner dansions vos pièges? Mais sachez, monsieur, que je ne reçois des lettres que de miss Howe. Miss Howe n'approuve pas plus que moi plusieurs de vos procédés; car je lui communique tout ce qui m'arrive. Cependant elle n'est pas plus votre ennemie que la mienne. Elle croit que je ne dois pas refuser vos offres, et que je dois me soumettre 2tnion sort. Vous êtes instruit à présent de la vérité. Plût au ciel que vous fussiez capable d'autant de bonne foi !

— Je le suis , mademoiselle. Ici , à genoux devant mon adorable Clarisse, je renouvelle tous les sermons qui doivent me donner à elle, pour jamais à elle, et je n'aspire qu'au moment de pouvoir bénir elle et miss Howe, tout d'une haleine.

Pour te parler sincèrement, Belford, j'avais commencé h soupçonner cette miss Howe, qui n*aime pas Hickmao, j'en suis silr^ d'être amoureuse de moL

i34 eLA^ilBS mMéià.

'fiHTnel ; quiitez urte posiure que tous tie {Rreiiez ^ tttip flttlNIiiîMt, et tte TOUS moqueï ps's de moi.

— Une posture, ai-Jedît en moi-métoe, qui ita^i)ani)l'pM'tbuéh%r'ttia fière déesse; mais elle ne sait pas tout ce c^ûe cetitB posture tti'a'fHit ob-

'lenîr do son sexe, ni combien de fois on fli*a pardonné éti& ^t«>eprises Itssez liardtes, lorsqne ]*ai demandé grâce k genotfi.

— Mefpoquer do vcu5, mademoiselle ! '0 Dieu'!... ïe tne tt'iB \e^.

Skii recommencé à fa presser pour le jont. ïe me suis'biJrflè moi*mMe

d'avoir faii h miloid M... une invitation qui pouvait m*ëx[d^er à quelque

•fe^rd, à cause do ses infirmités. Je lui ai dit'que j'écfrirats à ce tieilbnde

'j[K)uriui fjirc mes excuses; que je lui marquerais le Jour qû'elte aufait

la bonté de me fixer ; et que, s*il ne pouvait atriver à tetnps/noUs piendrfohs le p:frii de ne pas i'aiicndre.

— Mon.jour, m a-i-elle répondu fl&rertiettt, c*és?t joni&rs.felangïigb, Vttonslcur, ne doit pbs vous surprendre. UneTpiîrSonne dfe qnetqile polifesse, qui jugerait entre noU3, n'en sertit poltit étonnée. Mais, «n ^OriCé, monsieur Lovelace (pleurant d*impatience), ou vous ne savez guèt^ èom-

%*rrt il convient de traiter avec un esprit uh peu délioat, malgrë^otre naissance et votre éducation , ou roas êtes' un ingrat. Pire qu'un £bgnt». t-^>M;l(e ajoutéaprès ttn moment de réik^ctoti. Je wm relUte. ie v^lU9-ver-« rai demain au matin. Il m'e^t impossible de vous voir pliis-fèt. Je-anois 4p9d te VOUS hbis... Vous me regi^rdea: en ^in^ Je ore» mellement-que je Yous hais; et, si je me confirme dans cette idée par le nouvel MÉuimn que je vais fiire de mon cœur, je tre totiiimis pas, fiouc le mondo «uier» 4J[ae les «ffaires fo^empoueséo^lus kmi^iHre-iMiiSi.

J'étais trop chagrin, «"op déconcerté, pour l'empêcher de so'BSlûwr. 'Qefiwfidani elle ne sorei^pd8'Hl^(îo,-si Dorcasli'avtfit fine tovssé^

èetie-filte oêt venue è moi, auœitdt'que so matkcesfe'kû^ laissé la -li-

berié de descendra. Elle m*a dotmé la copie de cequ'elle ri^ax^ûeftéke»,

v^tte poU^it-cei^tre qtituneïéfotise à«fiies mrtfictof, que r<tdiiiirab(e*Cla-

risse se proposait apparemment de me donaer, q«ioiqM*etle «e mfea «ût

ifKi parte*?

levi'ai fait que parcourir ce tovckaiit écrit. Jé,n'nirais|nsifefmé«l%il de toute la nuit, bi je Pavais lu plus atteotivemeut. Demain j'eBéMiiili'ab-. jjétdelnes séneuseB méditatiow»

ËETTRE CXCK.

'Kar^ Bailli, 1^ mal.

La chère personne me fait prier de remettre notre enttéi^àrM|A8-

<4ildi. Duitas me 4it 'qu'elle n^t pas>bieii. ' ILîs ?ci, si tu TeUt, le papHer qne'MMatt «liMi^criL 'Il «M iseiwilHm-

*|K>s^e de continuer mes projets omiCye'Qelli»'«dmii«btofillè« si ^iMaii ^ réioiu, après quelques autres épreuves aussi 'doMénwt'iBlwdeaawiUtta ' dHle dont je i*at rH^i con^pie,>d'eti feiieiMgUiMnMBttiM Uam^i sup-

'Ytosé du lïioias qti'eUe ne me^iaïlae^pii*

A M* LOTXLACS.

irtLflWWffBiie feirnneentfo dansFétat 4a mariage, o«4ini,l»|Aav8aet$

€itXfMtmr la torT«,foblige, dansions les «as delà jtiaiioenatundleat mîtmi ce qui peut intéresser fbonneur de eon mari, de ficnimettae ja propre volonté à la sienne. Mais auparavant je serais bien aiâe, suivaat le désir que j*en ai toujours marqué, d'avoir les pHas claires assurances <qnB ^Mltes les votes possibles seront employées pour éviter d'entrer «n pRocès ém tn«n père. Le temps et la patience ramènevooi tout )i d*hearsqx ^to^nHS. ffles vues de bonheur sont exirômemeot resserrées, le droii'd*tm .iverî sera toujours le môme. Je souhaiierais que> si les dililcuifeés dei«- ■Éfsent nécessaires, elles fussent suspendues pendant le temps de «a vîe. tlitat de votre fortune, monsieur, ne vous obligera pas d'employer la *iMence pour arracher mon bien des mains de mou père. Je ferai t^olse <|iii dépendra de moi, soit du ùM de ma personne et de «ms plnisirsyaoit far dette espèce d*ea>somie qu'une femme -mariée, de queifw raag '^VQe soit, fie doit pas croire au dessous d*elle, fiour fNréveoir la aécas- 'ài deoes violentes mesures; et, s'il n'arrive pas qv'eâes soient Déoas- I, ?l fs«i espérer que des motifs snoins excusables n^iuront autape le parla de ces motifs qui doivanl venir d'une petitesse d'ia», qu'aune femme qui n'aurait pas ceue petitesse ne poarrait trouver dans MPD'fDari, sans être tentée de le mépriser, quelque attechemeot qu'elle tlDliniiir <6on devoir ; surtout dans des cas où la piopne famille« qui lait «tne jparite -si considérable d'elle-même, et qui « sur elle des drséM, 4la OMAns aecondAîres, qu'efUe ne peut jaaMis perdre» est esseoUîeUamentlB- •télesBée.

• «Cest dsne un nriide qae je recomnando très sérieaserasiit à votre

«Avnâidétmtien, conMne ce qne j'ai de plus àcœur^iu monde. Je n'entraîd

^fans anoDR détail sur la faiale mcsinielligenee qyi est enloe vous .et /mes

yraclies. la fecie est peut-être des deux côtés; mais, dans rorigiaB,

Msn6ieur,ie mat vient de voas C'est yous du moins qui avec donné nn

]pkétex4e 4rop plausible à raniipatbie de mon frèi». Yons ne vous^tes

^ftafait une étude de la complaisance. Vous avez mieux aimé porter les

iinpétirttoBs dom on vous s chargé que de iaire la «noindre eÊtoA {ifl|ir

4éi ééiruire.

.^aBlais ce sujet peut eondulaeà d'odieuses réoriminatMins. Qu^il me

soit permis seulement de vous rappeler ici que vous leur avec démbé

^li»<DUe fusils aimaient ofaèremeat, et que le ressentiment qu'ils voa ont

^Miçuin-'est que proportionné à leur tendresse et à la perte de letirsieapé-

«aees.'8'ils ont oemnns des fautes dans quelques unes 4e leurs tmesuns,

ifalfiera teur juge, lorsqu'ils ne se reconnai£fiBnt fas ooupablesY VonSp

immt jjtiar, qui voulez juger tout le monde àirotre gré et qui ne fOMfn

tÉiiiiiUgé par peiwnne, vous n'avez {las'doDiit en pariienkier de yeuitéla"

fetir feur juge. Ils peuvent donc marcher tète .levée.

"m Bolir'Oo iqoi >nje regarde mm-mèmo, jeidois inisserà v^laei justice

H $tùê\ |>8nti«en ordonner ma dentioée ) le smn deime imiter oomme ^vofis

•Éa^mojroz digne de rôlce* ftlais si votre condoiteiiUttse^à l'égand dojnps

ipMttiOB, nfest pas genvernée par cette haine imptafioble idoiû vous isfloii-

«Mi^^lques «msU*efiire:ouK, la^splandeur de 'Voina iamilto^t Texciiltet

«dUMèro d^une partie de la jnietme aenrironiqiaridrf GéSrè,Hunoner isA

«^priia. Catio vioioireit'eBt «pas ànfOBnbie>>iiwiH»iii M mtm dBaulODi

196 tLàUmtt BAtLOTB.

plus difficile, qae les prospérités extraordinaires rendent Tâme plus ini-» patiente et plus sensible aux injures. Je vous avoue qu'en réfléchissant snr le Caractère de quelques personnes de ma famille^ j'ai souvent gémi en secret de voir que l()ur imai3ns3 fortune était devenue pour eui comme un piège, aussi dangereux paut-étre que Tont été pour vous quelques autres biens accidentels, qui, étant moins iuiroédiatement votre oik viage, vous autorisent moins encore à vous en glorifier.

> Je n'ajouterai qu'une réflexion sur le même sujet : c'est que la oomplaisance n'est point une bassesse. Il y a de la gloire à céder, quoiqu'un esprit violent ne la connaisse point. Peut-être mon frère n'y est*il paa plus sensible que vous. Mais comme vous avez des talens qu*il n'a point» je souhaiterais que les difficultés qui vous empêchent tous deux de vaincre une aversion mutuelle vinssent moins de votre part que de la sienne; car c'est une de mes plus ardentes espérances, que vous parviendrai tous deux à vous voir quelque jour, sans qu*une femme et une sœur aient à trembler pour les suites. Non que je souhaite jamais de vous voir céder sur des points qui concernent le véritable honneur : non, monsieur^ je serais là-dessus aussi délicate que vous ; plus délicate, j*ose le dire* parce que ma délicatesse serait plus uniforme. Que je trouve vaine et méprisable une fierté qui n*a pour objet que des points frivoles, et qui né^ige on qui tourne en raillerie les points d'importance.

» Cet article obtenant la considération qu'il mérite, tout le reste devient aisé. Si j'acceptais la généreuse pension que vous m*offrez, avec les sommes qui me reviennent de la succession de mon grand-père, et qii doivent être considérablement multipliées depuis sa mort, je rpgardeniis comme un devoir de les mettre en réserve pour le bien de la lamiUe, et pour les événemens qui peuvent arriver sans avoir été prévus. Qnaot à mon usage, je saurai toujours me borner à uno très petite partie de mon revenu, quel qu'il puisse être ; et tout ce que je désire, c'est de me troufer en état de satisfaire, dans l'occasion, le penchant que j*ai à secourir les malheureux, auxquels il n'y a point de mauvaise conduite à reprociier. Dans cette vue, deux cents guinées borneraient honnêtement mes désirs; ou s'il arrivait que j'eusse besoin de quelque chose de plus, je no fenis pas difficulté de vous le demander ; à moins cependant que vous déûaut de votre propre économie, vous ne jugeassiez à propos de me laisser la conduite d'une plus grosse somme, dont je vous rendrais compte régulièrement.

» A l'égard des habits, j'en ai deux complets, que je n'ai jamais pOftés, et qui peuvent sulfire à présent pour toutes sortes d'occasions. Pour les diamans, j'ai ceux de ma grand'mère, auxquels il ne manque que d'être remontés, outre la garniture dont mon père m'avait fait présent. Ooeiqu'on ait refusé de me les envoyer, je ne doute point qu'ils ne me seieDt rendus, lorsque je les ferai demander sous un autre nom; et jusqueaMis je ne désire point d'en porter.

• » Quant aux plaintes qui regardent ma défiance, j'en appelle h fotva propre cœur. Si vous pouvez vous mettre un moment à ma plaoe^ en jetant les yeux en arrière sur diverses parties de vos aistions, de vos discours et de votre conduite, je vous demande, monsieur, si je no mécile pas plutôt votre approbation que votre censure; et si, de u>ub tes hoimnei du monde, vous n'êtes pas celui de qui je suis le plus en droit de rattepdre. Si vous ne le peoseï pa% vous me permettres de vous avertir qu'il j â

auaw HAILOVB. 137

trop pea de rapport entre nos caractères et dos idées, pour tous iaiie janîais souhaiter entre noue une liaison d'intéréis plus iniime*

> CiiABiasB Haaloyi.»

Dorcas ni^assiirr que Toriginal de ce charmant écrit était presque dédiiré en deux ; dans quelque mouvement de dépit, je suppose. Convientil à ce sexe, dont la principale gloire est la douceur, la patience et la résignation, de se laisser jamais emporter par la colèret Celle qui s'accorde ces libertés dans Tétat de fille ne sera*t-eUe pas capable d'en prendre de pins grandes avec le titre de femme?

Une femme en colore 1 je veux bien rapprendre à tout ce beau sexe : c'est la plus folle de toutes les impudences que la colère d'une femme ' si ce qu'elle se propose n'est pas une séparation éternelle ou la plus noire défiance. Car, n'est-ce pas renoncer tout d'un coup à la douceur des plaintes, aux charmes de la persuasion, au pouvoir des tendres soupirs , à tout ce qtt*il y a de touchant pour la majesté impériale d'un mari dans les regards humbles, dans les gestes et les accens de la douleur, qui hâte la réconciliation, et dont l'effet ordinaire est de la rendre durable. Bn supposant même que le tort soit de notre côté , les plaintes d'une femme n'en tirent-elles pas plus de force T II me semble que Tintérôt d*un mari est d'avoir quelquefois tort, pour faire briller sa chère moitié. Miss Uowe dit à ma déesse que VadversUé ut êa êoùon MUanU, Je trouve qu'il 7 a de la générosité dans un homme à faire briller sa femme aux dépens de son propre repos, k lui permettre de triompher de lui par la patience , et quand il serait trop jaloux de son autorité absolue pour reconnaître surle-champ le tort qu'il a , elle ne laissera pas de recueillir dans la suite le Iriiil de son respect et de sa soumission, par la haute idée qu'il concevra de sa prudence et de son caractère obligeant. C'est la moyen de se rendre par degré la maîtresse de son maître. Hais qu'une femme ose résis> ter, qu'elle puisse mettre de la fureur dans ses yeux et dans son langage I Ahï fi^ord , c'est assex pour dégoûter tous leshonunes sensés du ma> nage.

Dorcas a pris cet écrit dans un tiroir de la table de sa'maltresse , qui était à le relire apparemment, lorsque je lui ai fait demander la permission de prendre le thé avec elle ; et la fine soubrette l'ayant aperçu entre ses mains, a feint de détourner les yeux pour lui laisser le temps de la eacherdansle tiroir où elle l'a trouvé.

Mais autant que j'en puis juger, il me semble que je me serais bien passé de cette leciure. Tout déterminé que j'étais k commencer mes opénkion, je sens qu'en un instant toutes mes résolutions sont changées en sa laveur. Cependant je donnerais volontiers quelque chose de bon pour être convaincu qu'elle n'a pas alliecté de cacher l'ôcrit devant sa servante, dans la vue de le faire tomber entre mes mains, ou peut-être pour dé» eouvrir, suivant l'avis de miss Uowe, si Dorcas est plus de ses amies que des miennes. Le moindre soupçon que j'en aurais , ne tournerait point à son avantage. Je n'aime point qu'on emploie la ruse avec moi. Chacun voudrait être le seul è qui l'exercice de ses propres talens fût permis. Je crains aussi que tu ne fasses servir mes aveux à fortifier tes argumens. Mais sois persuadé que je sais là-dessus tout ce que tu peux me dire. &paigne-toi de misérables réflexions , je t'en prie, et laisse oette excel-

f38 ' ÊiJCRtME matvHiH*

tsntôlHV % ftidl Ht 1i notre Aes(în , quî dîspc^ra dd ftouft comme Tt Ta résolu. Ta sais les vers de Cowley^

Mal^ , après lout , je suis fâché , presque fâché (comment le serais-jo tout à fait , lorsqu*ii ne m*e-t pas donne de le pouir(«trt),~oui, presque fiché de ne pou vok nie réftOJidFe.aa ^mosiêga saiu a vmr fioiissé r^ineu?» un |TCu pliis loin. Je viens de nelire ceUe ré.pOfise h mes articles. Qufii je la trouve adorable! Cependanti encore 4ine fois copondani, celte céponse ne m*a pas éié eavdjée ; ainsi œ A*e8t pas la réponse de ma charmaiile. SUc nest poiut écriie pour moi, qfioîqu*olle le soit à rooi. Loin 4*avoîr voulu me renvoyer, Clarisse Ta déchirée* peut^ire avec indignalion^ la croyant trop bonne apparemment pour moi. Ctest l'avoir ab^oUimem té^ tractée. Pourquoi dofic ma folle ieudresào cherche-t elle à lui donner le ml^me prix dans mon cœur, que si c'était une réponse avouée? Cher B^Iford, je t*en prie, laisse-nous à notre destin. NVnireroets pas ieiinsenscs raisoimemtns pour afta blir un esprit d^à trop chancelant, et poQr fortiûer une conscience qui 8*e«i déclarée de son parti.

C'est h moi-même que Je veuK parler. Souviais-ioi , Le«velaoe, de tes nouvelles déoouverti^s. SauvienMoi do son ândtfférenc^ aocov^agiiée de touics l(*s apparences d3 la haine et de mépris. Oarehidàre-lii iièafermée» môme à présent , dMîs ses réserves et «Uns ses jnysiëres, 4iftédilaiit 4es «omploU:, autant que tu i'as reconnu, eoAire le dxieit aeevecaÎA qoe ia«as sur fille ù titre do conquèie. £afifi aeuview-ieide inutce que lues jiuMe te rappeler contre celte ûèna beaaté qui A*'esi quUue j«Mle.au iwttfohr sous lequel elle s*est engagée.

. Mais comment te propeses-éo dnnc desobjmgoer cette douée emnmîeî litoin toute espèce <le fonce ; loin ianéoMasiié de remployery si elle iteut 4li» évitée l Quel triomphe à se fromeiMe 4le la foi ce t Est-ce eneorÉ la «lonté ? e8t«oe faire servir par degcé les tendres passions du cœur k sa 4piiopre>défaiae7

.Ma jnaudiie népetettoo , eounne je Tài eouvent «remarqué , a teoyoers été'tDntfe moi« Gepentoii'QiirMtje uW^^elle pas «ne femmef Ne pub-je trouver un instant de demi-faveur, si ce n*est pas absolument lalwne iguid'indisfaee€oiane moit

ttais'qiTemfilloierffh je pont te tentera fille «9t née pour lesrieheaees; lefle lee «fvéprise , furoe qn>lle «en connaît hi vanité, ^es joyaui, dee^rtnemeue,.. «de^quel pris petfteiit-;ts ^re pour nne âme qui doit eeiilir ce quelle vaut, et ne rien connatii^ de pkjs |>récieu« qu't41e-»ra6mclY1/a* enonr, «i je «suppose qok4le ^e eolt so^eeptrble, est veillé si soifoeusemeni «4Mi*een -çmat «par temodeâlie et la prudence, que je ne puis eepéMr'de tesneveir un moment «sans ces éeux >gardes; et leur attention «el si 4mr0pulouae,'qir«ls eonUBoi l'alarme avant *led uger. D'ailleurSf l^tueiir

(iie4a veaiuu«ia4eujours8eB ame^rdeminani. E.(e4*ereçij deiauetuie;

' aiuu*il«»i «é^ans «Je * il y e poe^eé deei Certes «rueines , qui aewnt

i^llMieut juéiédB par3la lengeeurihi fetiipa avec kB fibiesdu oaut^llee

npee de te vie, 4|u'il est sun dottie mpoasîMe <ie«épaier IsB

«QuiAle («die faui-il éonc prendre pour foire dbatidomier ^es prtflciptt à «OMewiompara^ftle, 01 pourn.eprecaivrtme^ieiolre'qui f^atteJAi- «Mit feur 'leiifoiin A muîT En Téri.é, Belfofd, 'hvsque je eiis esste f^ 4Mte,«o6Mpé à ceuiempler eeschannee, ^tuile iucm ^me «dans mesTeèif

«I Mnllt TéflerioUi ^^fvis *rAToir vue traoïiuiUe^ot <9ef0)ii%^qMalli «ttiwAtsaifl^nséaititfi eMe pouvait connatlro'k} tofid^o^noBiOfleiir «ei^BMiid moi ; lorsque je la vois troutiléâ. incaMakia^'Ot'QliPttîorisiMrBnlla jiiatte 4iiiàÉiiàrmles, je^ins «blt^é lio fptk'mooew à niOMDétne«qu*eile» tio flonl Ifi'lunparobkièim danger, je sens •queli|iiefoi6.iiioo osmr pf6i èfflie >tohi<; ^uelquefnis {e juis prêt à me jeier li^cB tpiedi, à lui ioicei^Mn êtmts jiifâioee desseins^ oeloi 'de mon repe«4ir« ei à ftivi «tneiiie dtfe WapûesBoce Û*mi aiser ibdigReinetit Itvec'oetietcféalura nngélMiuft.

Comment arrive-t-il que les honnêtes senlimens de fQ4peaivid'«aMV et de c(iai|iaaEÎoa âtôvanoiiissent ? Mu foi, c*est miss Howe qui te l'apprendra. Elle dit que je suis un diable; en vérité, je crois ^u moius que le diable a beaucoup de part à «nés egititions. Es-tu content de mon iogénuitéî Tu vois avec quelle iranchise je m*ouvi;e à toi ; mais ne voietu pas aussi que plus fa nié rends justtoe èVMi^fliéme, moins je laisse de matière à tes reproches. 0 Belford I Belford ! il m'est impossible» dn moins'à présent, impossible, te di:i-je, de me marier. .

'I^en963-tu à sa (bvniUe, qui «^ cofitposée^He^ieS'plM nnoftsteMnelliiB; Vl'4|ii^ faut i:>)ier les g^oux devant enz, o<i la Miidve a«si «mUmÉ- TbùÊi^ par ma fierté qu'elle peut jamais Tétre^par mteBépredves.'T Ponaéi* »la«qtt& je pourrai l'accuser de les aimer irep,cte9i4iMlire plusqu'eUene {ttTâimeia moîMtiêmo?

<ttet>anr!t aujMiiNl'hni me mépriser : <niss ildvre dëcSltre^VïIle'aqialr

^mbi'un mépris réil. Etre méprisé par nne fèmnie<'Qui'souiiendi«ltt0Uo

idée? Etre surpassé aussi par une femme, dans quelque partie lonaMeAi

"aM»ir1'l*irendre Sien liff&MjdeêinUruetimti'Û^VLnelomttwl Mais jeipurle

'fleinépriâer : ii'4i«l'-elle pns pris du temps elle-même, pow eiamtnerità

elle ne me hait pas? Je vous hais du Ibnd év cœur, me dteii-ello, nd^

^t pte plus long-temps qu'hier. « Apprends, homme* que mon âme est

^Kn tii^sstis de la tienne. Nb me prcâ^e-pas de te diie^eonibten je crdiê fnOb

%Dr supérieure !i la iietme; » Qtns j'étais petit akyrs, au témoignage <de

^nbH propire cœur! Une supériorité si visible sut an esprit mi^si ll«r fie

'fe mien'I fist-it donc vtai t[ue je^ne sois qu^une pauvre macfiineîCMet

^^tmp dttsSt de me croire réduit h te pofnt. Loveltite s'Mlit quelqueliis

toi-mônie; m3is Lovelace n'est point une machine»

^Dfepi^fs'qoe tes choses otit été poussécssi lotn, quel serait' mcm TnaOtear Xpt^ le'moriage, si, dans on aceèi de mauvaise humeur, j-'tovais %«|e '^pKieMîrde n'avoir'pas potfêsérépreafeàson dernier poini? Cepenltilt 'fé lltdtsats qircl nom donner à ce qui m'Ofivei me9s an mettent ^tje ^nte devant cette divfrte petsobne, elle me eommmi'quesa veri^.'fe llîvieiiis aussi pur qaTelle, on du moins le respeet ^ la -cminle arrtcent MÙed>(i§mératres désirs. Quel doit être le pouvoir qui prnduii «n effet^ti HHfi(]MMant, depuis si long-^emps qu'elle est dans tm dépendance,«nilgié l'aiguillon continuel de quelques personnes de son propre sexe, et mtfl- «ftfméiiii'de ma pattden Y'Gomaiieiu ei|itiquir>ta miracle dAns ui iJDve-

tf%t hPdnNe, B^îfbrd, de toeieft kn ettMvagmeés fue je fiem tféoftm. <OkwMat»-je laissé emporfet^tei farjqiioî? Nj m^iMcmis^ie poloi à' te- ^vtiMr 'par ^uoi ^ O eonsciemre, sonibre (ratirMBe t t^est loi ^ui m'as fit itlftniAfë pafti.'cnntfe moi-même. D\)è vien^MuTM t'ea-tu cédiée, 'pittr mieieiirpi%ndre ainsi dans mes plus doux monmnst I^Hneureeettlemeit «MM âvc% le«de(sMn,dans*eet ImpembtMMiiMt^at^Mttesriifftf

140 CUmSSH HABLOVB.

à réduire cet angeaa rang des femmes, pour orner ce sexe et la nsttir hmnaine, car elle leur ferait honneur par ses faiblesses m6me, alors je suis à toi, et jamais je n'entreprendrai de le résister.

Ici, Beiford, je me suis secoué quelques momens. Ma fenêtre était ou* terte. La consdenoe, celte hardie, cette iocommode hôtesse, a pris son ▼ol dans les airs. Cependant je l'aperçois encore. Je la vois, je la TOis qui s'éloigne, qui diminuo à mes yeux et qui leur échappe par degrés. Ma foi, elle entre dans les nues. Je la perds de rue, et je me retrouve encore une fins»

Robert Lovblacb.

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