‹ Clarisse HarlowChapitre 61 sur 62 · CI.ABI88B HABLOVB. MS · texte numérisé non relu

CI.ABI88B HABLOVB. MS

Madame Harbve ne survécut que deux ans et demi à la mort de son exoeilenle ûiie. M. Harlove la suivit au tombeau, environ six mois après. Us moururent lous deux avec le Dom de ieur Inenheureuie fille à la bou* che. lis ne l'avaient pas nommée autrement, depuis qu'ils avaient reçu ses dépouilles mortelles; et lom de regretter le munde, ils marquèrent de l'empitîssement pour la rejoindre dans une meilleure vie. Cependant iJs vécurent assez pour voir leur ûls James et leur ûlle Ârabelie mariés : mais ils ne trouvèrent pas une giande source de joie dans l'élabli&iemenft de l'un et de l'autre.

M. James Harlove épousa une ûlle de bonne maison , avec laquelle il vit encore. C'était une orpheline, dont le bien était considérable, et celte raison lui avait tait jeter les yeux sur elle. Mais il s'est vu obligé à d'extrèmei dépenses pour soutenir ses droits, qui ne sont ^oint encore éclairds. Ses parties sont puissantes. 11 est question d un tiers fort litigieux, et M. Uarlove n'a pas reçu en partage toute la patience nécessaire pour conduire à bien un piocèi. Ce qu*y a de plus remarquable dans la situation, c'est que ce mariage est venu putement d6 lui, contre le sentiment de son père, de sa mère et de ses oncles, lui Taviiient averti des embarras auquels il s*exposait. Sa conduite à l'égard de sa femme qui n'est coupablede rien, et qui ue peut empocher un mal dont elle souffre autant que lui, est devenu entre eux Toccasion de plusieurs ditférouds, qui ne lui promettent pas un heureux avenir, quand ses affaires se ter^ mineraient plus favorablement qu'il n'a lieu de Tempérer. Lorsqu'il s'ouvre è ses amis, qui sont eu petit nombre, il attribue toutes ses disgrâces an cruel traitement qu'il a fait à sa sœur. Il avoue qu'ils sont justes ; mais la force du mot lui manque, pour se soumettra à des dispositions dont il reconnaît la justice. Tous les ans il lepieud le deuil au 6 septembre, et, pendant le mois entier, il se dérobe à toutes sortes d'amusémens et de compagnies. En un moi, il passe dans le monde, et lui-même se regarde comme le plus misérable de tous les êtres.

La forlune de miss Arabelle Uarlove ayant tenté un homme de qualité, l'édat du litre la disposa facilement à recevoir ses soms. Le mariage suivit bientôt. Mais les fières et les sœurs, qui ne sont pas portés à s'aimer, deviennent ordinairement de mortels ennemis. M. Uarlove jugea que, dans les articles, on avait trop fait pour sa sœur. Elle crut, au contraire, qu'on n'avait pas fait assez : el depuis quelques années, ils se haïssent de si bonne foi , que Tun n'a de vraie satisfaction qu'en apprenant quelque infortune ou quelque chagrin de l'autre. Il est vrai qu'avant cette rupture ouverte ils ne cessaient pas de se soulager mutueUement par de continuels reproches, qui ne servaient pas peu à l'entretien du trouble dans toute la famille, et qu'à chaque insunt, l'un accusait l'autre d'avoir été la principale cause du désastre de leur admirable sœur. On souhaite que ooruiins bruits, qui font mal augurer du bonheur de celte dame dans Tintérieur de sa maison, soient tout à fait mal fondés, particulièrement ceux qui feraient supposer qu'elle ne se loue pas des mœurs de son mari, quoique d^abord elle n'ait pas trouvé celle objection insurmontable, et qui font même entendre qu'elle en est traiiée avec beaucoup de hauteur el de mépris. Quel serait le cœur assez dur, pour lui souhaiter autant de chagrin qu'elle s'est efforcée d'en causer Jl sa sœur, surM)ut lorsqu'elle paraît disposée, comme son frère, h lui attribuer ses propres infortunes.

M. Joies et U. Antoine Harlove continuent de vivre dans leurs terres;

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mais Ils déclarent qu'ils ont perdu , avec leur chère nièce, tonte la Joie de leur vie; et dans toutes les compagnies ils déplorent lous deux» sans ménagement, la part qu'on les a forcés do prendre à des injustices qu'ils ne cessent pas de se reprocher.

M. Solmes vit encore , du moins si Ton peut compter un homme de son caractère au nombre des vivans ; car sa conduite et ses manières justifient, aux yeux du public, Taversion que la plus aimable de toutes les femmes avait pour lui. Malgré ses richesses, il a vu ses offres rejetéoi de plusieurs femmes, d'une fortune extrêmement inférieure à cette où d'indignes vues lui avaient donné la présomption d'aspirer.

H. Mowbray et Tourville, après avoir jperdu leur chef et l*âme de leur société, tombèrent, par diverses aventures, dans des embarras de fortune qui servirent, autant que leurs réflexions, à leur faire porter un autre jugement de leurs goûts et de leurs plaisirs. Comme ils avaient loujoais été moins propres à donner le mouvement qu*à le suivre, ils prirent enfin l'avis de leur ami, M. Belfofd, qui leur conseilla de convertir le reste de leur bien en renies viagères et de se retirer, l'un dans Yorkstûre, et l'autre dans Nottinghamshire, qui sont les lieux de leur naissance. Lear |imi, continuant de s'intéresser à leur situation par ses lettres, et de les voir à Londres une fois ou deux Tannée, c*est-à-dire, chaque fois qu^ilsy Tiennent, a la satisfaction de les y trouver de jour en jour plus dignes de leur nom et de leur origine.

JMadame Norton a passé le reste de ses jours aussi heureusement qu^elle pouvait le désirer, dans la terre de sa chère élève. Elle employait la meilleure partie de son temps à répandre ses bienfaits autour d'elle, et le j!este, au soin du fonds qui lui avait été confié. Après avoir mené une Yie exemplaire, et vu son fils heureusement établi, elle est morte depuis peu dans le sein de la paix, sans douleur, sans agonie, comme un voyageur fatigué, qui s endort d'un sommeil doux et tranquille. Ses dernières expressions n'ont respiré que le désir et l'espérance de rejoindre la SUe de son cœur.

Miss Howe ne put consentir à quitter le deuil de sa chère amie, que àx mois après sa mort, et ce fut à la un de ce terme qu'elle rendit M. Hickmaa un des plus heureux hommes û\x monde. Ils ont déjk deux aimables fruits de leur mariage, dont le premier est une fille charmante, à laquelle ils ont donné de concert le nom de Clarisse. Madame HickmanUl g^elqueCois à son maxi, avec autant d'agrément que de générosité, qu'elle ne doit .pas tout à fait oublier d*avoir été miss Howe, parce que s'il ne J'uvait pas aimée sous ce nonv» avec tous ses faibles, eÙe ne serait jamais devenue madame Uickman. £Ue ne trouve pas mdios.de douceur à. voir (Ctil hoonÂle homme toujours prôt à se joindre avec elle, dans ces tendres fit lespectueuses peintures du passé, qui rendent la mémoire des morts si |ttéci9use à ceux qui leur survivent.

M. Bclford n'est pas assez dépourvu de tendresse et dlmmanlté, pour

!!avoir ^as été vivement louché du malheureux sort de son meilleur ami. Iai3, lorsqu'il fait réflexion h la fin prématurée de plusieurs de ses asseoies; aux terreurs et à la mort de M. Belton ; au oours signalé de la jo^ tice du ciel, qui est tombée sur le misérable Tomiinson 1 à l'horrible ctlailtrophe de l'infâme Sinclair; aux profonds remords de Thoaune qu'il ^imAit le plus ; et , d'un autre côté, à l'exemple qu'il a reçu de la fifm . excellente personne de son sexe, à ses préparatifs pour le dernier pa»- ^

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sq^e» à sa mort, digne d'admiration et d'envie... il se croît obligé d^oroplojer tous ses efforts et tous ses soins à ra: p':!ler ceux que son exemple peut avoir égarés, et de réparer, non seulemitii tout le mal qu'il a commis, mais celui dont il peut avoir l'occasion.

A l'égard Su dépôt sacré dont il avait éié chargé par une femme céleste, il a répondu k cet honneur avec autani de plaisir que de fidélité y il ose dire, à la satisfaction de tout le moride^ et même à celle de la 'ttalheareuse famille, qui lui a fait feire des n*mereieniens à cette occasion. On hii permettra de déclarer aussi, qu'en lendani ses com^rtes, il a re- 'Doneé an legs que la généreuse testatrice lut avait assigné dans la bonté 48 son cœur. Il l'a remis 2rsa famille, pour ôtre employé suivant d'autres tves du testament.

il ne restait qu'une bénédiction terrestre h désirer pour M. 'Belford, perce quHl la croyait capable de lui assurer la po-ses-ion de toutes les autres r c'était le plus grand de tous les biens sensibles, une femme ver*^ tuçttse et prudente. S'étant rappelé quelques ouvertures flatteuses de- M. Lovelace, et sa bonne fortune lui ayaiu otfert l'occasion (i*obi»ger milord M... et toute cette illustre maison par im service important, il a de- «Hmdé à ce seigneur la permission de rendre stis soins u mit^s Charlaile MoDiaigu, l'atnée de ses 4eaJL niàces. Les condiiioni qii'il a proposées lui ont fait obtenir l'approbation de milord ; et uiis9CU<>i-;oae, qji u'avait pas d'engagement, lui a fait rhonneur d'accepter sa muiu. Miiofd, ne 'mettant pas de bornes à sa bonté, s'est fait uu pUibir d'dgouter, pendant le temps môme de sa vie, un bien considérable a la foituno personnelle de missMonlaigu. Milady Lawianoa et milaJy Sadleront suivi son eiLeiuple i. et le ciel ayant donne» avant sa mort, qui est arrivée trois ans ap.èicello de son neveu, uu ûls à M. Belfoid, il s ebt Ueleciume à faire tuiiiber sur ee iils, le plus proche de son sang, rhéritage de tous ses droits, avec la^ moitié do son bien réel, dont il a laisse Tau^re moitié à sa seconde nièce, miss Paity Montaigu. Celte jeune demoiselle, à luquelie il ne manqueau» .cune vertu, demeure aciueiiement avec aà sœur, et doit êire matiée cet hiver à rhériiier d'une grande maison, qui uinvo de ses voyagts, et pour lequel ou n'a pas cru que U Grando-BiUiagae olfdt un muiiieui' cbuix,.

Le colonel Idorden, avec taut de venus et de iuiuièies, no peut être inalheureiix dans auctm pays du munde. Cependant sou uifoiie avec IL Lovelace lui a lait perdre le desseut do venir résider en Au^leti^rie aussitôt qu'il se l'était proposé.

LETTRE ccaxxxn.

■. MOROBIf, A M. BELFORD.

DacbAteau de Harlove, dimanche lajoir, 10 septembre.

Mon cher monsieur,

Je vous envoie, comme je vous Tavais promis, le récit de ce qui se passe id.

La pauvre madame Norton s'est trouvée si mal en chemin, que, malgré les précautions que j'avais prises pour faire marcher doucement le cliar funèbre et la chaise qui le suivait, je ciaiguais d'être obligé de laisser cette digne femme sur la route, avant nuttc arrivée à Saint-Aibans. Eulln nous y arrivâmes, et aussitôt Je fis dételer, dans Tespérancequ'uu peu de

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repos la mettrait en état de poursuivre ; mais^ contre mon attente, je lîis obligé de partir sans elle : je recommandai à la Ûile que vous lui aviei donnée d'en prendre grand soin, et je laissai la chaise de poste h sa disposition.

Je mis pied à terre la cour du chflieau h quatre heures environ. Vons pouvez croire que je trouvai une maison plongée dans la (risiesse. ▲ mon entrée dans la cour» j'avais remarqué un mouvement général.

MM. John et Antoine Harlove, avec maJame Uervey étaient au château. Mon cousin James vint au devant de moi sur la porte; il avait sur sa personne tous les carucières d'une profonde douleur. Il me pria d'excuser les procédés qu'il avait eus avec mui,la dernière fois que je les étais allé voir. Ma cousine Arabelle vint à moi tout en larmes ; et commd si elle edt succombé à sa douleur : -^ 0 mon cousin, me dit-elle en s'ahandonnant sur mon bras, je n'ose vous faire une question I Je pense qu'elle avait en vue l'arrivée du char funèbre ; moi-même j'étais plein d*amerlume, et sans m'avancer ni donner de réponse je m'assis sur la chaise qui se trouva à ma portée.

Le frère et la sœur s'assirent auprès de moi, l'un d'un côté l'autre de l'autre, tous deux dans le silence. Les domestiques fondaient en larmes. M. Antoine Uarlove vint à moi un moment après ; son visage annonçait le désespoir.

A mon entrée dans le parloir, je n'entendb que plaintes et regrets de tous côiés. M. Harlove, père de ma chère parente, au moment qu'il me vit, s'écria : — 0 mon cousin, vous êtes le seul de toute la famille qui n'ayez rien à vous reprocher 1 Que vous êtes heureux I

La pauvre mère, à qui le chagiin ôiait la parole, me regarda douloureusemmt et s'assit, appuyant d'une main son mouchoir contre ses yeux et laissant l'autre entre celles de madame Hervey, qui l'arrosait de ses larmes. Le ûlâ Udrlove, maigrj la dureté et i'orgumi de son caractère, était altéré; les remords de sa conscience avaient dompté sa fierté.

Bh, monsieur I quelles pensées devaient-ils avoir dans ce moment 1 ib restaient fixés sans sentiment sûr leurs sièges, et n'avaient pour paroles que des soupirs et des géaiissemens... qu'us sont bien un objet de pitié» un grand objet de pitié, tous tant qu'ils sontl... Mais quelle exécration ne méiite pas ce détestable Lovelace 1 lui qui, par des pratiques infâmes et inouïes, a amené une catastrophe qui épuise toutes les espèces de malheurs, «t qui s'étend sur un si grand nombre d'infortunes 1... Que le ciel me foudroie!... Mais je m'arrête... Cet homme... pui;>-je dire cet homme? cet homme est voire amil... 11 est déjà troublé, dites-vous, dans son esprit...

Pardonnez, monsieur ; qui pourrait avoir été témoin d'une pareille scène, qui potirrait avoir vu toute sa famille dans les larmes, qui pourrait s'en rappeler le souvenir et ne pas frémir d'indignation contre le malheureux qui les a fait répandre? Quelque grande que fût son affliction, comme j'étais le seul de qui chacun des autres pût attendre des consolations, je m'approjhai de la mère. — Ne nous abandonnons pas, lui dis-je, à une douleur qui, quelque juste qu'en soit la cause, est malheureusement infructueuse. Naus nous tjurmeotons, et nos tourmens ne peuvent rappeler la chère personne que nous pleurons. Ah! si vousaa- Tlez avec quelles assurances d'un bonheur éternel elle a quitté ce monde»

CLAAIfln HAILOTB. 5W

VOUS ne penseriez pas à Ty reyoir encore. Elle est heoreose, madame,., soyez-en sûre, elle est heureuse, et que cetie pensée tous fortiûe.

—0 mon cousin I mon cherconsint s'écria l'infortunée mère, retirant celle de ses mains que tenait madame Hervoy, fiour serrer la mienne» TOUS nesavcz pas quel enfaot j*ai perdu... Et d'un ton ptusbas... Perdu I et comment ? Ah! c'est ce qui me rend sa perte insupportable I

Tous.se mirent à la fois à s'accuser eux-mêmes ; quelques uns à se re* jeter réciproquement la faute. Mais il n'y eut personne qui no portât les yeux sur mon cousin James, comme sur celui qui a^ait nourri le ressentiment de la maison contre une flme si innocente. Â peine cependant résistait-il à ses propres remords. Miss Harlove, pressée par les mouvemens de son flme, rompit le silence. — Avec quelle cruauté, dil-«lle, lui écrivais-je ! avec qudle barbarie Tinsultais-je ! et avec quelle patience le supportait-elle I qui l'eût crue si près de sa fin! 0 mon frère!... sans TOUS, sans vous I...

— Pourquoi chercher, répondit-il, à irriter le sentiment de mes dou« leurs? J'ai devant moi tout ce qui s'est passé ; je ne songeais qu'à ramener dans le bon chemin une personne bien chère qui s'en était écartée.. • Rien ne fat plus loin de mon cœur que de la réduire au désespoir. Ce n'est aucun de nous, c'est Tinfflme Lovelace qu'il faut accuser... Je crains cependant , mon cher cousin , qu'elle n'ait tout attribué à mes procédés, je le crains. Dites-le-moi ; a-t-elle fait mention de son frère? ra'a-t«elle nommé dans ses derniers momens? J'espère qu'un cœur capable de pardonner au pins scélérat de tous les hommes, et d'intercéder pour que notre Tengeance ne tombe pas sur lui, a pu me pardonner aussi.

^Elle est morte en vous bénissant tous. Elle ne condanmait pas, elle jnstifiait votre sévérité contre elle.

A ces mots^ on n'entendit qu'un cri : —Nous voyons, dit le père, nous voyons assez par ses lettres, qui me percent l'âme, dans quelle heureuse disposition elle se trouvait peu de jours avant sa mort... mais persistal-eUe jusqu'à la fin? n'eut-elle point d'inquiétudes? mon cher enfant n'eut-il point de cruelles agonies?

— Point du tout ; je ne vis jamais une fin plus heureuse; aussi personne ne s'y est si saintement préparé. Nous ne pourrions souhaiter une mort plus douce pour nous et pour ceux que nous chérissons.

—Jamais, disait la malheureuse mère, notre rigueur envers un enfant ai doux, si digne de toutes nos aftcciions, ne nous laissera sans remords... Plût au ciel, continua la pauvre mère, que je Teusse vue seulement une fois!

Vous voyez donc, monsieur Belford, qu'on pouvait rendre justice à ma cousine. Obi que c'est une chose terrible que les réflexions auxquelles on est en proie après des procédés si durs et si dénaturés 1

Pardonnez-moi, monsieur, je vais poser ma plume, pour no la reprendre que quand je serai calmé.

A six heures environ, le char funèbre arriva à la porte de la cour... L'église de la paroise est à quelque distance ; mais le vent, qui venait de ce cdté-là, jeta la famille éplorée dans un nouvel accès de douleur, en portant jusqu'à eux le son des cloches.

Vous avez ouï parler, monsieur, de Tamour qu'on portait à ma chère cousine. Les pauvres surtout, et les gens d'un moyen ordre, l'aimaienl oomme jamais jeuue femme de coniiition n'en fut aimée.

570 cxAnissB bablove.

Dès^Vm nouB'eût ¥U3 quUter la grande routOi nombre de gens de . l iontei^pèeat bmumm. lemroes eteoiaD«, se mirent à notre suite et for- : jmèfsnt un ceitFoilanèbfe d*en?i£ûa cinquante {kersonnes. Xoatesa sans ': ÉBOif tion» ayannt ks lannes aus.yeux.

Ces genas'asaMeblèffeoi autour du char quand il s'i^t d'en descendre .Je^oercuaiUeleta^âchèKeatQu-on nela portât immédlatemeni dans la miaon. Us se disputaient cet honneur, mais à voix basse et isans ^- «neurs comanAienses.

Bofln ils convinrent <|ue six ûlles emporteraient le cercueil* C'est aviec te'dém9nstratioos4tt plus grand respect qu'on l'entra dans le sabn.

ils souhaitaient qu'oa leur laissât voir le corps; mais ils en parlèrent comme d'une iareur qu!ils désiraient plutôt qu'ils ne l'espéraient. Lûi&- .IIH'ils eurent satisfait leur curiosité et iait leurs remarques sur les emblèmes, ils se dispersèrent en bénissant sa mémoire.

Les domestiques de la maison s'assemblèrent autour du cercueil, ce . .qu'ils n'avaient pu laire au^ravant. Ce fut une nouTelle scène d'afOiction ; mais die se passa dans un parfait silence.

If. James Uarlove m'avait suivi lorsque j'étais sorti du parloir ; mais «yant aperçu la foule, il m'avait quitté. Sitôt qu'elle eut disparu, U retînt, il était plonge dans une profonde rêverie , les bras croisés sur la [poitntie,l]a tête penchée sur une épaule » ava> tous las caractères de la . «tupéfaelion sur le viaage.

La stàoe devint plus louchante et plos notre, quand, pénétrés de la plus cruelle donlaur , le père, la mère, les deux oncles et la sœur vinjentÀ pas chanoelan&iQinâre ie Isère et moi.

Leur dessein paraissait être d*empêcher la mère d'entrer; mais e7afereevant que œlan'était pas poesible, eux-mêoMS, jusque alors incer* %aim s^ils entreraient, se délermiBèDent à la soivre , entriâaés par un «KNwenient phis fort qu'eux; La pauvre femme ieta les yeux sur le eer- «■eil: — O mon enfant! mon enûuit! 1-orgueil de ma vie I ma|dus douce espérance: pourquoi m'a-t-on refusé la consdatton de te ynder "da paix, de pardon?... perdomio à ta cru^e mère 1

Son fils attendri pour lors, comme il y parut à ees yeux, lao^njam-de se retirer ; et Tune des femmes de sa mère entr-ouvrani la porte, il l^ippda, pour l'aider à conduire sa mattre:sse dans le moyen parloir. Bn revenant, il trouva son père sur la porte. Il venait aussi de jeter iin legard sur la bière ; après quoi j'avais obtenu de lui qu^il s'éloignât. Trop absorbé par sa douleur pour en parler , ce ne fut qu'au moment qu'il aperçut son fils, que poussant un profond soupir : •» Jamais peine ne fut égaleà ma peine... O mon fils!... mon fils !...

Je le suivais. Taisant mes efforts pour le consofler.

Les oncles et la sœur gardaient le silence, portant tour \ tour, et dé» tournant la vue de dessus les emblèmes du cercueil. Madame Hervey entreprit de leur lire l'inicription; elle lut ces paroles : Ici Von eU à cotivert de la persécution des mécTians. Elle ne put continuer; de grosses larmes tombaient de ses yeux sur la pièce d'argent où elle les tenait ftiés.

Jugez, monsieur Belford, jugez de l'état où j'étais. Je me trouvais pourtant dans l'obligation de les consoler les uns et les autres.

Le domestique qui doit vous porter cette lettre, s'informera, en passant

GliABtflSB HA1U>VS. 571

Stînl-Altois, de la santé de la bonne madame Norton, .ate de nous » donner des nourdles.

fcsiiS| mon dxer monsienr, etc.,

MoRsm*

LETTRE CCZXXXXm.

M. «cnanceiy a s. neuronn.

MoimeBVyiiOQS-seminee si mauvaise oonpagnie les nns pouTlesaaIree, je n'ai ipas de meilleur iwvii à pisndie qse celui de, me reUrer idJ» «on appartement, et d'écrire.

Ven neuf 'heures et demie, on me fitAveilir pour déjeûner. La lugHpassemblée se formait lentement ; on iie iroyaii que des yeux fatigués sie répandre des pleurs,

^u moment on noos étions rangés et tranquilles sur nos sièges , la idoche s'est fait entendre ^ on a ouvert la porte des cours, et le bruit d'un carrosse roulant sur le pavé a causé une émotion générale. Je crois, imonsieur , vous aroir ouï dire que vous n'aviez jamais vu miss Hawe. 'C'est une jeune dame dont les grAces se font d*abord remarquer ; une sombre mélancolie répandait ses nuages autour d'elle ; cependant, au itriMrers de ces ombres, on voyait de temps en temps s'échapper les «ayons d'un feu et d'une vivacité singulière. Son attachement à ma «hère consine m*a inspiré pour elle une amitié j je puis dire un respect, je conserverai toujouiB.

— Je ne pensais pas, me dit^Ue en me donnant la main, rentrer jamais cetto maison ; mais, morte ou vivante, ma chère Clarisse m'en- -tratoenprès elle. Nous en trames dans le petit parloir où, jetant les yeux 4nir le cercueil, elle retiva sa main de dedaua la mienne, écarta précipi- *iunraent le dessus dn cenuieil qni était défait, Ata le voile qui couvrait •le visage, et, comme borsd'elk^ème, leva ses mains jointes en haut, Arnni tour à tour ses yanx sur ie corps et vers le cie^ trop lent à la venger.

.Snlin elle rompit le sileocBu «— Voyes-vous, dit-elle, voyez- vous la ;^oice et l'honneur deison -sexe ; la voyez-vous jetée daus les bras de la jBÏxrt par Texéccation et la honte du vôtre I 0 ma bienheureuse amie! nui chère compagne I lumière qui me conduisait l... baisant sa bouche à chaîne nouveau nom qia^èUa lui donnait... Ne serais-tu qu'une argile inseir- )9ib]e? àh.l laisse-onoâ te sappeler à la vie.; partage le souffle qui m'atimDBu*. que la chaleur deimes lèvres réchauffe les tiennes! Est-il donc vrai que tu m'aies quittée? quittée pour jamais !

Après un instant de silence : — Pardonnez, me dit-elle, pardonnez, monsieur Morden, à mon égarement. Je ne suis plus à moi. Vous ne connaissiez pas la moitié 4es.pejt(èotioiis qua voilà dans les bras de la mort... Hélas! moi-môme trouvé -je des pleurs! elles me refusent leurs secours! mon cœur ne peut plus coritenir ma'douleur. Pourquoi, monialear Jlqrdan, i!a4^on^Bi^é(»ici ? >ËUe n'a point d» père, point de mère, foînt de païens; ne l'ai«iettt»ils pas tons senonoée pour leur parent»? Jtaïqnoi sa me l'a-t-on pas-euroyée? Qui a plus As droits que moi aux uquejechénsaaU

Elle baisa encore une fois la bouche» le front et les joues de son amie.

573 CUB1S8B BABLOTI,

Uu soupir qui semblait lui déchirer le cœur, rintemmpit.— D*où Tient» T^prit-fclle, mVt-oii refusé la consolaiioa de voir la plus aimée , la plus chère de mes compagnes, avaut quelle devint celle des aoges? O ma Clarisse! qui sait, si je fusse allée vers toi, quel effet auraieot produil mes consolations 1 Ad.eu donc, ma très chère Clarisse I tu es heureuse, je n'en doute pas, ta dernière leitre m'en assurait. Puissé-Je te rejoindre et me réunir avec loi dans dis lieux plus saints, où Tinsolence n'ose attenter à l'innocence, et où des mattres cruels, sous le nom de parons, gênent pas la yertu par d'impérieux commandemens I

Incapable de sortir, quoiqu'elle y fût déienuinée, son désespoir, angoisse combattaient sa vo.onié. L'attendrissement succéda aux agitations. Un torrent de larmes vint à son t^ecours. ^ Sans ces pleurs que je répands, j*allais mourir de douleur, dit-elle d'une voix plus radoucie. Pardonnez, monsieur, me dit-elle, en se tournant vers moi, qui me sentais ému autant qu'elle-même, pardonnez ; j'aimais cette chère personne comme femme n'aima jamais une autre femme. Excusez l'emportement de ma douleur. Que je suis malheureuse de ne l'avoir pas vue ayant que ces paupières couvrissent ces yeux, et que ces lèvres fussent fermées I quelle amie j'ai perdue I

Enfin, elle me dit : — Faites-moi la grâce de m'écrire ce que c'est que ces emblèmes et cette écriture, et, si vous le pouvez, réservez-mot une boucle de ses cheveux.

Je lui répondis que l'exécuteur testamentaire de Clarisse ferait l'un et l'autre et lui enverrait une copie du tesiameni, qu'elle y trouverait des marques de souvenir en faveur d*une personne qui l'appelle son amie, sa sœur... — C'est avec justice, répartit miss Howe, qu'elle me nomme ainsi ; nous n'avions qu'un cœur et qu'une âme.

— Encore un dernier adieu... un dernier adieu 1 hélas t Elle a renoii> relé ses embrassemens. Elle baisait le visage, les mains l'une après l'antre. Enfin, elle m'a présenté la sienne, s'est précipitée hors de la chambre, et a gagné son carrosse, où elle s'est abandouoée de nouveau à toute sa douleur. Ses pleurs et ses soupirs lui étaient la voix. Elle m'a fait un signe de têie. Déjà les chevaux étaient hors de la cour, je la perdais de rue.

Quand je suis rentré, ta compagnie a remarqué mon émotion. M. James Uarlove leur faisait le rapport de ce que je lui avais dit la veille. Ma présence a interrompu leur discours, je m'en suis aperçu. Je leur ai laîsa^ le champ libre pour consulter.

^ Je finis cette lettre; le souvenir de la scène touchante que je viens de décriro m'a laissé dans une incapacité aussi grande de continuer que je *étais d'entrer en conversation avec mes cousins, le moment après en aroir été lo témoin. Je suis, monsieur, etc.

MOIMH.

LETTRE GCCLXXXIY.

■. MOEDEN, ▲ M BBLFORD.

Monsieur, la bonne madame Norton est arrivée. Il semble qu'elle eit repris courage. Elle le doit k ces lettres posthumtfs dont vous et moi ondgnions si fort les effets sur elle. C*est que son esprit est d'une très nie trempe* Cette femme osi fSamiliarisée avec les afflictions et vit dans i'ee*

CURian BABLOTB. 573

pérance habituelle d'une meilleare Tie. De plus, n'ayant rien h se reprocher yia-à-vis de la chère personne que nous avons perdue, elle a considéié qu'elle ne pouvait faire mieux que de rassembler toutes ses forces jpour donner quelque consolation et inspirer quelque fermeté à la malheureuse mère.

On n'ouvrira pas le testament avant que les funérailles soient achevées. On fait les préparatifs nécessaires à cette soL'nniié. Les maîtres et les do- BMstiquesde toutes les branches de la famille ont pris le graod deuil.

J'ai vu H. Melvil : c'est un boriiroe de sens, qui a de la douceur et de la décence dans les manières. Je lui ai douné des particularités propres à être insérées dans son discouis; mais. j*ai vu depuis que c'était uu soin inutile. Il connaît tous les détails de la malheureuse histoire de ma cousine.

Le révérend Docteur Leven, que nous venons de perdre , était Tami particulier de Melvil.

Je viens de prêter mon assistance au père et k la mère, qui ont fait un dernier elfort pour voir le corps de leur cher enfant. Ils m'avaient fait demander de les accompagner avec madame Norton. — Il faut, disait la pauvre mère, que je lui dise un dernier adieu.

Tout, en effet, se réduii à un elfort, ctrien de plus. Au moment où ils ont eu le cercueil devant les yeux : — 0 ma chère I a dit le père en se retirant, je ne puis, je sens que je ne puis le supporter... n'eussé-je pas eu tant de dureté l 11 n*a eu que le temps de s'approcher de sa femme pour l'empêcher de tomber ; ses genoux se dérobaient sous elle. — O ma chère t s'est-il écrié, c*en est trop , retirons-nous. Madame Norton Tenait de quiter madame Harlove pour voir le cercueil. Elle est revenue. — Chère, chère Norton, lui dit l'infortunée mère, en jetant ses bras autour de son col, emportez-moi d*ici. 0 mon enfant, mon enfant 1 ma Clarisse! toi qui faisais les délices de ma vie il y a si peu de temps 1 hé-r las 1 je ne te reverrai plus... jamais 1

Le père, pour consoler la mère, s'accusait lui-même. — Plût au ciel| lui disait-il, que je n'eusse pas plus de reproches h me faire que vousl Yous vous laissâtes enfin loucher. Vous m'ouriez inspiré vos sentimens. «- Ma faute n'en est que plus grande, interrompit-elle. Quelle aggravation! j'ai vu qu'on n'avait pas pour cette enfant Tmdulgence qu'elle méritait ;... et j'ai pu entrer dans les mesures qu'on prenait contre ellel Crutile que j'étais de sacrifler un de mes enfans à Tinimitié des autres!

Madame Norton employait les prières et les raisons. — 0 ma chère Norton I lui répondait-elle , vous vous êies mieux montrée que moi la mère de Clarisse ! pli)t au ciel que je n'eusse pas plus à rendre compte que vous!

De nouveaux regrets fournissent à de nouveaux discours, et l'infortuné couple continuait à se tourmenter par do vaines réflexions sur le passé, sur ce qui aurait pu, et sur ce qui aurait dû être.

Il n'y a que le temps, monsieur Belford, qui puisse effacer un souvenir si douloureux. Tous les conseils , toutes les consolations faiblissent contre de tels coups lorsqu'ils viennent d*ê'i reportés.

Je ne vois aucun visage qui ressemble a ce qu'il était quand je vins ici, d*abord après mon retour en Anglet rre; on n'y lisait alors qu'or» («ni» hauteur, inflexibilité. Maintenant, c'est tout humilité.

La duceté du cœui a-t-elle jainais été si sérèreiDûAt piuùoî le «lis» moachec monskuj:, toIiq, eU:»

LETTRE CCCLXXXV.

Von^eorj itons revenons de Féglise, où, !e deafl dmi9rSiiM^.ii< amas aBSiflUé k la dèrnièoe cérémonie. Mdn cousin James el s« soetr, M.'^t onadame Hën^ey a?ec leur fille, ^e son attachement ^ ien msi eou»siii9 me vendra toujoars chère; mes cousins John et Antoine Hadoona^ e^pielques antres parens^éloignés^ MM» Fuller et Âllinson, s'y sont yés ; ces derniers, qu'on aurait dû y inviter, s'y étaient rendus sans tiMkmi et, pour mieixit marquer Umr laspect pour la mémoiro; de celle à qui nous rendions les dernirs devoirs, ils avaient pris le deoii» Le pte» etihi ooèw se seiaieni joints à bdqs, fr'iia; en eussent eu la force ; mais ito étaienA l'un et Uautrer fort indisposés et le sont encore* L'inconsolabiaL andame Harlove avait dit k audame NoDtoa que, dans «ette circoustanfiei» les deux mères du plus aimable en£uii du nouddâedevaient paasaf^iuter;, ^'dle la priait de rester avec ellew

Toiii« la soieBtnité «'est passée dans le meilleur ordce etUpks.gpando. décence. La dàstance dm château d'ttorlove est à peu près d'un; demi- Bdlkt. Le corps a été accompagné et entouré dans toute la longueus da ee cbemio par mille peisonnea de tous le»œ:4res.

L'Maiaea fuaèbre^ prononcée par M. lAeivil, a été fort touchanteJSour vent il essuyait ses lacme%» et en faisait: eenler avec plus d'abondancft eniooi»dca yeuiL de ceux qui l'écoutaient.

TousCBUK qui étaient psésens ne pouvaient s'empêcher de répéter has,, te uuft aïox autres , le bien qu'on eu disait^ comme en ayant été lea lé-* moins ou les objets.

Plusieurs foiûiaient eu brmes», eatendant parler des aumônes/qu'etle fltfsaii, aumônes si judicieuses, si bien placées* Toutes les bouches pronuB^aientsa récompense ; elle était portée* sur les.soupîiB et les regpel» qik'oa ne se lassait point de lui donner.*— Quelle perte pour les indigos! diS(»c»nt plusieurs à haute, vois. On trouvait en elle celui en q/ûà Dieu dédai d qu'il a mis son bon plaisic, paiice qu;'il donna de bon cœur.

Mo avait un nombre de paux^i^ar aussi connus pai rhonnêté de leuiA mœurs, qfte^par leur incapacUé.à se procurer le nécessaire» Tbus sont V9nus.à l ég^sa pour reudce à leur biexiùîirice les derniers devoirs.

Qualqiiefi personnes q^i connaissaient l'histoiie da- ma cousine, voyant les pleurs que répandait sa sœur, et l'air abattu de son frère : Que ne donneraient-ils paSf . disaient-elles,, pour que leurs cœurs eussent été moini du£SÎD*autrespQursuivaiLntIe pore barbare et la malheureuse mèrelusque dans leur retraite à la maison, a Sans doute ils gémissent à présent , mais il est trop tard. De quelle douleur ne doiveni-ils pas être pénéticésf ne sojfons pas surpris s'ils n'ont pu soutenir ce. spectacle. »

Le bon Melvil, conduit par son texte, a touché quelque cfaoser db ta BMdheureuso démarche qui avait été cause de sa du prématurée. Il Ta attribuée k Iel faiblesse humaine, qui arrête aans cesse en nous .les peogièt d'uno perfection âbSQlt)9<r

. I^orsq^IîlJLilé.auestiaD de descendre le coiya daBS:le.ca¥ttaiit il y a^ea mi. mouvcmeiU ^çoéral four s'approcher ducercueilet liie les^ioscripr tiQBs..Deux genlilshommes en pariiculier se sont, avancés «?ec.yrécipi^ ta{iba,.se cottYcant la visa^p de leurs, manteaux.:, c'étaient messieuia Vullins et Wyerlej^ admirateurs déclaras, de ma. cousine. Quand ils #nt été à une peiile distance», et qu'ils ont jpté les yeux sur la partie supé^ cieure du cer^ueliraÇa petit espace, a dit M. MuilinSy,ren£eriDatoui.Qa que la nature humaioe pieut produira d'excellent. »

On a dit que Solmes était dans un coin à Técarty^eiveloppé d!ttn man** tenu de caraiier, et. versant (réquemmeni des larmes*. Cependant «^ nit puis pas dire Tayoir vu.

Un autre gentilhomme y était aussi allé incogiûtiH et s'était.placé.snt un banCt près de rentrée du caveau. Personne ne l'avait remarqué ;,maia» une yiolenio émotion Ta trahi au moment où Ton a descendu le coigs dans'la dernière demeure. Cléiait le digne M. Uickman.

Mes cousins John et Anloinaet leur neveu James ne jugèrent pas k pilpQsde descendre dans le tombeau de leurs ancêtres. Mademoiselle Har* love paraissait fort aiïectée. Sa oonscience, ausài bien <|ue les. liens diL sang;» contribuait k son atfliciion.

f ai accompagné le corps dans le caveau, alla dj9 m*a$surer et de pottp» Toir vous assurer,, monsieur, vo^sq^i êtes son exécuteur (jesiauentàicB*^ que, selon qu'elle l'avait demandé, on Ta déposée aux. pieds de son grandr ^re. Eniin,.j!ai. quitté les resles.de ma chère, cousine a^ès ayoir retenoL pour, moi unc.place après. d!eùlû. Je n'ai pas honte do vonii^ dirtf qju'eix rentrant dans ma chambre, je me suis abandonné encore une lois, à ma» douleur» «

Jû suis,^^mQn (^er maasîëuxv etc.

Moanni.

LETTRES FOSTSCStES

WE CLARISSE HAttLOTB.

A Mm UXmJOm.

pans la lettre que jç; tous écrivis, mardi passé» jjs voua dia que yana.

recevriez uue autre de moi lorsque je serais entrée dans la demanre danion père.. Je:nku£yitte d'j[ ^re q^iandvous recevrcpE c^lle-cl^t je désire qua vouf ne m'y suiviesc point* sons, éioa prépara pour , ce g¥«nd> ▼Dimgçu... Laissant raiJégpria« m moment. qpavousr Usez cas. mois, man sariest décidé, la sentence prononcéa.i jje.suis éteruellemeot Laureusa, dtinalheurausou Si.j|B suis heucauie,. jfi fô dois uniquement. à. la misé* ricorde divine4,ety;ùj,asais malbeucause^je l&.dais à yotre cruau^téque. q|^ije.a.'4vaift«pas>mécUée..G0Bsidéfiezik préseotubomme a])aad0nnéy,qpi ne. connaissex. q)ie.yx)s plaisirs^ cruels %^ii ne'(ioiuex.point,da victima qpB>ouaa!osiez<,]âur sacriiier; inssnsé, q|ii voua promenex. d,'illusrQn.ei» iUmjpUy, qmaidéBWi si la. vraitafflent hârèaca qpa.,i;ai. te^àlf^ voaa, était

576 • CLARlàSB BABLOTB.

digne de fotre ftme immortelle, et si vos projets méritaient que tous Vei* posassiez au hasard d'une éternité malheureuse. Pour en venir 2k vas in* dignes uns, il fnliait rompre les vœux et les engagemens les plus sacrés; il fallait joindre à la violence une bassesse au dessuus do Thumaniië.

Tandis qu'il en est temps encore, considérez vos œuvres. Vos songes dorés ne peuvent durer long-temps. Voire genre de vie ne peut vous procurer de plaisirs qu'autaot que vous éloignerez de votre esprit toute pensée sérieuse et toute réQexion : Tendurcissement est Tunique base de TOtre tranquillité. Si tmo maladie dangereuse* vous surprend, si une tm les remordi sVmpirent de votre ftme, quel.es furies vous déchireront le sein, et combien irouverez-vous méprisables ce que vous regardez aujourd'hui comme autant de triomphes 1 Sdduire de jeunes créatures ^ans expérience sous le nom de la galanterie et de Tinirigue, les entraîner au précipice par une conduite ariilicieuse et de lâches complots !... Pas une bonne action dont vous puissiez vous souvenir à Ihoute de la mort ; pas une bonne intention pour vous consoler dans ce moment d*efiroi. Il m vous restera que. les reproches amers de votre conscience ; la terr^ TOUS environnera, et votre espoir sera dans le néant.

Mes souhaits pour votre bouheur à venir ne sont pas ceux d'une épouse suppliante qui, autant pour son intérêt que pour le vôtre, ferait des efforts pour vous engager à réiormer votre conduite ; ils sont désintéressés, et aucun devoir ne m'y oblige. Mais je douterais de ma conversion si j*ét<iis capable de rendre le mal pour le mal, et si, malgré ratro» cité de vos offenses, je ne pouvais vous pardonner comme je voudrais être pardonnée.

C'est pourquoi je vous répète que je vous pardonne, dl veuille le Tout» Puissant vous pardonner aussi ! Quant à moi, je n'ai d'autres sujets de regrets que le chagrin que j'ai donné à des parens qui étaient remplis d'indulgence pour moi avant que je vous connusse, le scandale dont j'ai couvert toute ma famille, la honte qui de ma faute rejaillit sur mon sexe» et i'alfront que ma chute fait à la venu.

Pour ce qui me conceinj personnellement, vous n'avez fait que m'en* lever à mes pians favoris, dans cette vie passagère, que j'aurai quittée quand vous lirez ces mois. Vous avez été cause que j'ai été coupée comme une fleur dans mes premiers et mes plus beaux jouis. Et ne doisje pas rendre grâce à U Providence de ce qu'elle m*a garanti du dangereux emploi de porter 1^ joug nuptial avec un homme aussi corrompu t Si donc, d*uu cdié, j'ai à me plaindre de vous, de l'autre, je vous ai l'obligation d'avoir fait charger m auiaui d'années de gloire, des années qui^ peut-être, auraient été pour moi pleines de tentations , de périls et de souffrances.

Ainsi, monsieur, quoique je ne doive rien à vos intentions, tous mV vez rendu un service réel, et en retour je fais des vœux pour vous.

Je dois rougir en avouant qu'il a été un temps ot| je vous ai préféré aux autres, puisque dans ce temps même je ne vous croyais [as un homme de bonnes mœurs ; mais aus^i, j'étais bien loin de penser que vous, ou quelque autre morttfl, pût ôtre ce que vous avez montré que vous étiez. 11 y a cependant long-temps que je vous ai vu d'un lieu plus élevé que TOUS ; je vous ai méprisé du fond du cœur, vous et vos mœurs, dès que j*ai su voir quel homme vous étiez. Et vous ne serez pas surpris de te amtranété do œs sentimeas; car la préféreoce que je vous donnais n*é*

lait pat sans moHf • VéMs assez faible, assez prôsomirtiiease qoe de me regarder comme un instrament entre les mains de la Pro? idence pour gagner an bien un homme qoe je ne troa?ab pas indigne de Tenireprise. > Ecoule-moi doncy Lovelaœt comme la toîk qui son des lombeaus, ne perds point de lemps, hâte-toi de te oonyertir. Gesse de tendre h de peu* Très innocentes le piège du malin, de peur que tu n*y fois arrêté toimême. N*entas8e plus offense sur offense, au dessus des hauteurs de la miséricorde dirine. Songe que la justice du Tout-Puissant, aussi hieii que sa clémence, est uu des appuis de son trône.

Ecoute avec crainte et tremblement quelle sera la part du méchant» car c'est ainsi qu'il est crit ;

« Le triomphe du méchant est de courte durée, et la joie de l'hypncrite n'a qu'un moment. Il donnera dans le piège; sous ses pieds est un prédpîco. La terreur l'enrirennera, et il fuira devant elle. Sa force lui sera ôtée, et la destruction se tiendra à ses cdtés. La mort engloutira sa pu»» sance; la terre l'ouMiera, et on ne se souviendra plus de son nom. fl son chassé du monde, et il n'aura ni fils, ni successeur dans son pays. Ceux qui l'auront vu se demanieiont, où est-il? Il disparaîtra comme un songe, et s'évanouira comme une vision dans la nuit. Son pain sera rempli d'amertume. Le fer le moissonnera, et la flèche qui part de Tare le transpercera. Uc feu secret le consumera. Le ciel dévoilera son iniquité, et la terre s'élèvera contre lui. Il deviendra la pâture des vers, et sa mémoire sera abolie. Telle sera la fin de celui qui n'aura pas connu Dieu. »

Quand vous consulterez les sacrés oracles où cette senunce est pro* Doncée contre les injustes, vous y trouverez aussi des parole s consolantes pour un cœur vraiment pénitent. Puisse le vôtre s'amolUr, monsieur Lovelacel l^uissieZ'Vous vous mettre en état d'échapper au destin de l'homme abandonné de Dieu 1 Ne méprisez pas les richesses de sa Ion» gne tolérance, et méritez d*étro l'objet de son infinie miséricorde. C'est la sincère prière de

CuBissB Haulovb.

A m. WDJTQKD.

Dimaaclw au ioir, S acplwHia

Monsionr, je profite de cette dernière et solennelle occasion pour vous remercier encore des bontés qoe vous avez eues pour moi , dans un temps où j'avais un si grad besoin d'amis et de protecteurs.

Je ne cesserai point de fûre des vœux pour votre bonheur étemel ; et j*ose me flatter qu'à l'ouverture de ma lettre vous aurez vu combien, dans nos derniers momens , une conscience tranquille est un puissant consolateur.

O monsieur Belford! pesez, ezaminez, réfléchissez, tandis que la santé laisse è votre corps et h votre âme toutes ses forces; c'est-ènlire, peu* dant que la réflezion peut vous être un peu salutaire; réfléchissez an néant, è la bassesse et k l'indignité des coupables libertins.

Par rapport à moi, qui sois nécessitées vous choisir pour mon ezéCQteur testa sentaire, na rejetez pas la prière que je vous fais d'user avec mes amis de la générosité que Je vous ai reconnue. Ayez, je vous en conjure, quelque condescendance pour mon frère, qui est au fond un jeune homme fertueuxi quoiqne emporté dans ses premiers mouvemens»

Si 1^Bmpl(4 d« oontance que je tous donae iSÊemàmrmà ^pMlfDodtfSciM, faites vos efforts, je vous ea supplie, peut procurer la psis, pour cancitier et adoucir les esprit Employés surtoiU le crédit %ue TOii& «««sfior votre ami, pltisfier et plus «aipoclé qne «ob frère, pour .p é- ▼enîy les voies de farit.

ie TOI» prie encore d'envoyer les nrîuaes à leor adresse. Osant préswner q«e, sans la malheureose dénjascfae q«î a si proRipteoaeot tersuiié mes jours, j^mvais été en qoelqm manière util» à Ja société» laiawa^mcû monsieur, la douce idée d*avmr rempli os devoir, oa me rei^tfdattlcoBHia . a(fiinC é\é «i infifoutneiil en^e les maios de la Providence, pour cappeler à la vertu un homme qui a reçu les talens que vons «vex. Si oe^ikmt j^ me Haute par nppert à tous a lûni, j7ea cansvrat reapéranoocle vous remei^r dans les l^nltenceoees demencns'de lom ki bien que vous m V vm laU, et de tontes les peines que tous avei pciaes pour moi , comai» jntnns mi rrads grâce et tous en renaaiciu k présent du foiid du eœnr.

C&AmsaBlUnnûvn.

A lt« VnCLXUI HOaSMU.

lina 1res cAier cousin, Tétat eu. je suis me fiiisatttdoiiter si jeserai csk pëble de recevoir ki visite que vous niê ùites eqpérer quand voua socea êb retour à Londres, je profite de roocanioB^ tanéia ^p» j;W ai k ioffcn«. pour vous témoigner la sincère TnconnôBamioe -ip» j'ai des sermsn o& te bontés qne vous av«s eues Tpovx nei depus mon enianoc jusgn'à psnBent»

Von bnt principal, en vous écrômnt, ma de nausideBiaBderayec ia^" ttanos, et de la manière la plvs 6olenneUe,fno, lerifiio vous apprendcen ta particularités de mon histoire, tous Aonfttes ieadésifsée vengsnnca qnHe resseMiment pourrait allumer dans votre Ame généreuse* Soove» nez-vous, mon cher cousin, que la vengeance appartinBtain SeigpKur, et qu'il se l'est attribuée : mon espérance est que vous n'empiéterez pas sur ses droits sacrés. D'ailleurs, vous n'êtes point dans le cas de venger mon Jionneur. Celui qui l'a offensé a AMaaé lui-même, avant d'en être requiS)» %tt11 jne rendrait tout la justice que vous l'auriez pu forcer à me rendre si j'avais vécu. De plus , ne vous exposehez-vous pas k un risque fgal à^celui que courrait l'affensenrl Mais qnandi "wm aeiies sûr d» la ^rtctoire, o'aggravei pas ma ImIo, je nons eBmpplîQt ea^iiarclMit è vôipendre le sang de ce malheureux.

Si TOUS poussiec les tsiioses à oella«sliémU, anQ»cliereoiina,oùtstesiqoe le mal«*aaprêtendt?Q« eaM» qui>tim«ii tengeancn A vansIBi «M qui raurait tiiée, qui Vm poninétt

. Laissez è la conscience de cet homme, bien plus à plaindre jTfr n?ni\ la toin do meirenf^? oQe le pnaira on yMcau diili«iêaiado on vi'il sMio d^êtrepuni» Qu'il demeure le «anpaUa agnsseiir ; qu'<on jie diee pàîÊl qoe non-sang m\ vengée; on, oe ^noleminl daîgnafrénenii'» q»'an ne dise point que ma faute, qm antaiidâ Atanenaavettn «reo moi dans vm<toBfbeau, a été suivie d'an» perle JhaauanMpplus gpavdfr^na^ettaqui ^tfMille de rnn mort*

Que le ciel sdk avee vous, me» cher (oauBia»*^hmn tontes non enl»- "prises, ie le 'prw eneoie une fois «to vapend» mic anus sas hiealiiit^, à xaase de cmnc^ne vnnsnvivrépanitnsaur moi. lMan?a«nn«dnHQÔ dna

nmOummi digftei4e>fo«ie cœur, «t amijpgli la mkm ait sensible pli^s qu'à toat autre.

Ikigrea, maa cher cousib, la aoosolalaiir da mes païaaa» camma ««is a^ai.été la nddD, «t poissa la boot^ du oîat «ooa •rémiir émn TéimAlé MaDhaaiaaaay oii /aspèva ^pw je saraf aolida qasDd Taos Una asoi. CSAmI' kffièia/f ui aeca dans «ma» acMir ai<anr mai lèaraa jasqv^à ma iit«

Ci iiwwia Héalsivi*

4 «• aans AUMim» «ok mis boodhi Mb.

*Bfon tite cher et honoré père, c'est arec confiance que votre (ffle osa sa présenter à tous aujourdliui. Jusqu'à présent J'arais craint de lever les jeux vers vous : je n'ooais en attendre ni faveur ni pardon, et oe ifesl que l'impuissance de vous offenser de nouveau qui, dans ce moment» me donne la hardiesse de mieux espérer qu'auparavant.

Permettez-moi, mon cher père, de vous rendre gr&ce... Técds à §[enoux, je vous bénis à genoux pour tous les bienfaits que votre bonté a versés sur mof , pour l'amour que vous avez eu pour moi dans ma tendra enfance» pour la vertueuse éducation que vous m*avez donnée, et surtout pour le bonheur céleste oh elle m'a conduite par le eecours de la grfloa dJ^vina. Je irous en coulura» mon père, efface? de votre mémoire» s'il .est noaaible» ces huit derniers malheureux mois, et ne perdez pas le souvenir. consuIaoJidf^ iQura où vous daigniez prendre plaisir dans voire fille.

JBopora k gfijm^ et avec un cour déchiré, j'implore votre pardon. ^ toates nés £aui^ et mas erreurs passées» celle surtout gui m^enteTA k mqU» loiQieciioa*

Quand vous saurez, monsieur^. gue je n'ai point manqué par la voient^ c*4tie di^is ^0 «ipn malheur a été sans remède, je n'ai cessé de me prlpai^er àla mort* ce gui me fait espérer que le Toui-Puissanta accejpté ma douleur sincère, et qu'au moment oh vous lirez ces paroles vousau- 10^ juiA en&ut dans le olkt Alors vous pwsexsi a;rair jplus de raisons 4» vous réjouir yuo de répandre des larmes.

Cuisse la Toui-iPuis3ant9 au temps fixé par ses décrets, vous amaner^ ainsi que ma mère, au séjour de la parfaite félicité I Bt puissie-t-:il ji;^ ^aP Alors jt'avoir troublé voire bonheur sur la terre que par la faute ^e j'aitÇamoPtise I C'eât l'ard^nio' pnère de l'heureuse

r^^^faipg Haau)f]i«

A VAnAMB 0AELOTS, SA TKÉS VMIOUfai SDÈBI.

Msdame, la dernière fois que j'eus la hardiasse de ▼oii8iéeriia»4WffaA la^eonatteose d'uaxrîMmal qui a'aecusa Im^taiw» ^t daoBapdaflilDa ija^a aCfeosé. Je sous sppsuaha aiyou9d!bpi ûsree plus d^assimiicai aais MpiMispt avec teiplus ^aut degvé de iffespact.9.de reeonnaiasanaa.tl de soumission. Ma leltreà mon père vous apprattdva.leaiijat:de ma aoiH IliBa^ anais a» J'ai implùsé aoa pardoaÀ ^nam, ,vr9ii la aantimaatila pm panispd éê mm deyoira 4H4a asas /eUigaliona.anvara hM»iC'aat da«a les mêmes dispositions et avec les mêmes marques de r^poot ^a j'oaa asH^empdar île yôlia»|NHic tlaua ilasahassiaa «at.-laiMaalsafaififiafiia jawMas^i domiéi.

ifssi caar saigna aacaie dapuis caMa maUiauraaaa iwvadaaca, <|ai» ^|iMBqiHriiwtobiiiiair«,j«i^ csisa aspaidasil. d«iw >la aK>iiiaB( aà ja m >

8S0 CUU86B BABLO(?S«

laissai aller^ de porter ayec elle sa puwiioD, et d'être saifiad'aae aioeèR el f ôrilable repeniance.

/ Mais j'ose espérer que le ciel m'a pardonné» et qu'à l'instant oft toi yeux parcourront ces derniers traits que ma main a tracés pour voust je jouirai des richesses de sa miséricoride. Consolez-Tous , ma chère» ma tendre mère, tous avez atteint la fin principale des soins que tous aies pris de moi. 11 est yrai que j'y suis arrivée par un chemin qui n'était pss cdui que tous espériez.

Puissiez-Toos, madame, TiTre long*temps» ponr adoucir les peines de mon père, et augmenter le sentiment de son bonheur ! Puisse ma UBQt% en continuant de remplir ses devoirs, ol en les remplissant mieux, s'il est possible, qu'elle n'a fait jusqu'à présent , tous dédommager de ma perle. Enfin, qu'une heureuse réunion dans les demeures bâties pou l'éternité Tienne augmenter la félicité sainte de celle que tous n'aurei pas jugée indigne de Totre pardon, et qui, purifiée par ses souffrapces» espère d'être à jamais l'heureuse

CULBISSB HaBLOTX.

A lAlBS BABLOTB FOS, fiCDTER.

Monsieur, après la démarche imprudente où je fus entratnée, je n'af TU qu'un temps et qu'une occasion où j'aie pu prétendre à tous regarder comme un frère et comme un ami , et voici ce temps et cette occasion* C'est en lisant axi que tous aurez pitié de TOtre malheureuse soeur; c'est dans ce moment que tous lui pardonnerez ses fautes réelles et supposées ; c'est à présent que tous prendrez k sa mémoire l'intérêt que TOUS aTez refusé de prendre à sa personne.

Je TOUS écris, mon frère, pour vous demander pardon de Toffense que je TOUS ai faite, et au reste de ma famille, en me dérobant à la protectieu paternelle.

Oh I si la passion n*eût pas été aTCugle ! si des soupçons injurieux et une préoccupation opiniâtre ne se fussent pas opposés à un plus mûr exa» men t si Totre cœur sévère et trop dur avait au moins laissé aux autres la liberté de se livrer à des sentimens plus naturek !...

Mais je n'écris pas pour blesser ; j*aimerais mieux que tous me crus-^' sîez encore coupable, que de tous charger du poids que ma justiflcalimi' ferait retomber sur tous. Je toux seulement tous prier de mettre des bornes à TOtre ressentiment, et de ne point exposée une Tie si précieuse à Tos parons^ en Toubnt me Tenger du méchant homme qui, par ses l»s artifices, a causé ma ruine.

Serait-il juste qu'un innocent courût le même danger qu'un eoupaliley on danger même plus grand? car ce malheureux , exerôé depuis lougtemps dans l'art d'offenser et de soutenir ses offenses, est pins ini que TOUS aux actes de Tiolence.

Laissez donc ce malheureux è Tépée du grand juge. Que la irale.dn totre sœur meure aToc elle; n'en renouTOlez pas le souTOoir en iÊiami couler le sang.

( N'ijoutez pas Tolonlairementde nouTeaux chagnns k ceux qu'a la fisute de Totre sœur, et souTonez-Tous que tous l'aTcz trouvée inex* Gusable, quoiqu'elle eût offensé sans dessein. OardesHrous d'aggraver les suites funeslesde monerreurt etcnqret que la coosciettca de cet hoouM^

CLABI88B HAKLOfB. SM

foand il plaira à Diea de la réTeillery sera plus perçante qae Totre épée.

Tai une aulre raison de tous écrire , c^est pour vous conjurer de régler Tos passions. Le plus grand défaut que je vous connaisse, c'est la ^tonce. Quand tous vous imaginez être dans votre droit, vous le défendez avec emportement; et vous défendez moins souvent le bon parti, à cause de Tardeur qui vous transporte. Combien de fois votre bumeor impétueuse a-t-elle mis votre vie en danger I Combien de fois, par une conséquence naturelle, avez-voos été hnmilié des eioàs où elle vous a porté? Permettez donc , mon très cher frère, que je vous fasse remarquer cette violence dans votre caractère, dont les accès peuvent vous précipiter dans des malheurs imprévus.

Par rapport à moi, mota cher frère, ma punition est venue è temps, et Oieu m'a fait la grâce de faire un bon usage de mes souffrances. Je me sois bfttée de me repentir. Quand j*ai vu de quoi cet homme était capable, j*ai plus détesté cent fois ses actions que je ne l'avais aimé. J'ai tourné de bonne heure mon cœur et mes espérances vers un meilleur objet. Mon repentir a été agréable à Dieu ; il m'a récompensée de ma confiance en lui. Je m*assure que dans ce moment je viens de commencer une éternité bienheureuse.

Daigne le ciel vous proléger, vous faire jouir d'une santé florissante et de l'estime publique. Puisse-t-il prolonger voire vie, pour la consolation et le bonheur de vos parens I Qu'une lemme, aussi agréable aux autres qu'elle vous sera chère, vous donne des enfans qui ne trompent pas vos espérances. Que mon ezentple leur serve d'avertissement , et leur a{H prenne de bonne heure que ce monde trompeur est rempli de iàtisses apparences, et que les maux qu'on y rencontre me l'ont fait quitter avant que je pusse les voir et les chérir, comme je m*en étais flattée.

CLàaissE Haemvs.

▲ mes àBAMUK BABLOVB.

Vous pouvez, à présent, ma chère Arabelle, sans blesser la sévérité de votre vertu, laisser tomber des larmes de pitié sur les erreurs et les souffrances d'une sœur infortunée, qui n'est plus, et qui ne peut plus vous offenser. La miséricorde divine, qui excita thez elle les premiers mouvemens de repentir, pour une faute qu'elle ne cherchera pas à excuser, quoique peut-être elle le pût avec succès, a couronné, j'erre sa lepentance.

Anticipant sur l'état de pureté et de sainteté auquel f aspire, je vous écris avec plus de confiance. Je m'assure que vous oublierez les petits sujets de déplaisir que je puis vous avoir donnés pendant une jeunesse iocoosidérée. Je m'assure même que la honte, qui de ma faute a rejailli sur vous et sur ma famille, ne vous empêchera pas de me la pardonner.

Puissiez-vous, ma chère sœur, continuer d'être la consolation d'une famille si chère et si digne de vos respects, dont Tindulgence exige de votre part tant de reconnaissance. Faites-en toujours le bonheur, en reoK plissant vos devoirs avec ce zèle et cet empressement qui vous ont mérité jusqu'à présent de si justes louanges.

C'est ainsi, ma chère Arabelle, que j'élève pour vens mon cœur au ciel. Ma chère, mon unique sœur et mon amie pendant le cours de tant d'heureuses années, que mes ferventes prières soient les interprètes des

SSSt CLARISSE BARLOTB. . .

seùtimeas d^nnesceur qqe ni la dureté des procédés ni le blStue injuste ei prématuré de sa conduite n'out pu faire penser ni> sentir dil£éremmeal« etq^i, rendue pariaile par les épreuves où elle a passé, ose s& dire .lî préent Theureuse

ClABfKfig &kRlJOtS»

j^ jiâft sr Aimuns BABiO¥Bf ficoms»

Mes très honorés ondles, quand ced tous parviendrai votre maUteoreuse nièce aura vu finir ses misères et jouira, comme elle respère^ du ]K>nhcur dont le Dieu de miséricorde a déclaré qu'il rassasiesaitle cœur contrit et pénétré d^un wicère repentir. C*est pourquoi, mes chers ondes, votre amour tratemel ayant fait de vous une seule âme» je you^ écrtsà tous les deux dans h même lettre, non pas pour voue afifliger, mais . pour TOUS consoler ; car si mes souffrances ont été grandes, elles ont été de iourte durée. Je vous écris pour vous remercier de vos bontés à mon égml, tt pour vous demander pardon de ma dernière et de Tunique grande iiiAttte que j'aie commise contre vous et contre ma famille. Les voies de la Pjp»vidence sont secrètes, et les moyens qu'elle emploie pour laire sentir aux pécheurs la nécessité de remplir leurs devoirs ne se ressemblent point. Appelée à chercher les raisons de mes malheurs ici bas, je trouve chez moi les germes d'un orgueil secret, dont il fallait que je fusse pétrie; et j)eut-ôlre était-il nécessaire que d'aussi terribles et d'aussi accablanias infortunes me fussent réservées pour écraser cet orgueil et nu>riiûer ma vanité. C'est pourquoi des tentations me furent envoyées. Je fus trouvée faible à répreuve. Ma discrétion tant vantée n'eut pas de poids quaad elle fut pesée dans la balance ; la trahison prévalut, je succombai, je de> vins l'objet dés railleries de mes compagnes et la honte de ma famille qui s'était peut-être trop enorgueillie de moi. Cependant, comme ma &ute ne fut pas celle de ma vcHonté, sltt^t que mon orgueil fut brisé, le oiel ne permit pas qu'au milieu des pièges et des dangers qui m'environnaient, je me perdisse pour jamais. Je fus purifiée par mes souffrances, etf préparée au grand et heureux changeoient que j'espère avoir subi quand vous lirez ma lettre.

fincore.une fois^ mes chers oncles, recevez mes remerciemens de toutes vosbon(!és pour moi depuis ma tendre eofan^ï^ jusqu'au jour, au malheureux jtouf de mon erreur. Je finis par prier Dieu qu'il nous réunisse dans i'étemité bienheureuse.

Votre âonmisâ et ol)Ugée nièce,

Clarisse Birlova*

H* B^llopd doMie aussi de» copie» des lettres de missCfôcitte H«laiv% è «odBtte HJepvey, ènise Howe ei à madame Norlon; mais oonrneellaB iùBi longues et jBouleni suc lo même sijyei> oo a jiigé inutile de ks refrodaiieici.

^^.•M" .*»•*-*'•• -^li^o'^t^ v^r"*^^

CLABlSSg lUBLûYK» 583

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