TESTAMENT
DIS CLARISSE HARLOYE.
Moi, Ctarisse RmtIoiw, far une suite d'étranges ei insles accideos, kH gée actuellement dans la pavoisae de Satnt-Pa«l Ck)yeotGardeo , ayant Je parfait et lilnre usage de non jugement et du ma mémoire, dont lera foi, à ce que )*espère. Te présent acte ëmt en entier de ma piopre main ce second jour de septembre de l'année 17.. de Notie-Seigneur, iais et rends notoire ma dernière vokxité, comme il soit :
Je désire qu'après mon décès mon corps srât ^rdé pendant trois JDorSf ou jusqu'à ce qu'on connaisse comment mon père veut qu'un en dispose^ Cependant, comme la cause de ma mort n'est pas douteuse, je ne veux pas. tpi'ilsoii ouvert, pour quelque laisan ou prétexte que ce soit, et je désire ^u'il n'y ait qoe des personnes de mon seie qni y touclMst. J'ai tonjoun ardemment souhaité que mon corp fût déposé dans le caveau de ma famille avec ceni de mes ancêtres; si cela pouvait s'obtexûr, je demanderais qu'il fût placé aux pieds de mon dier et honoré grand-père. Unis comme une malheureuse démarche a lait penser que j étais devenue la honte de mes paren6,et qu'en conséquence en puHnaU me réviser ce dernier honneur, je désire en ce cas aêtre enterrée dans le cimetière de la paroisse où je moorrai^d'y être porléeavec le nioins d^apparat possible, entre oose heures et orniuft, accompagnée seulement de madame Lovkk , de M* et madame finiih, et de la ûUe qui leur sert de
liais je veux qu'on satisiMSB aux mêmes redevances que celles qu'on a coutume de payer pour eeux qu'on enterre dans Téglise, même auprès de l'autel , et je lègue cinq livres peur être distribuées par lesdiacnes, et selon leur discrétion , h vingt paurres, le dimanche après mon entecaement, lequel legs subsislera, ^aa je sois ensevelie ici ou ailleurs*
J*ai déjà nrescrit de bauche la manière doat je voulais être arrangée dans me bière, d'abord apsès mon dernier soupir. Je désire de plus qu'on ne m'expose pas sansnéoesaité à la vue de qui que ce soit,è moins que quelqu'im de mes pare» ne voulût jeter sur moi un dernier vegard.
Je souhaiterais qu'on ne permit pas à If. Lovelaee de me voir après mu mort, si cela se peut faire sans compromettre mon exécuteur testamentaire avec lui. Toutefois, comme c'est un homme qui ne peut souffrir d'opposition, et oue je n'apuartiens à personne, s'a veut absoUraient voir morte en effet cdle qu^ a vue une fois comme morte , qu'il satisfasse sa vaine curiosité; qu'il contemple mon cadavre, et triomphe sur les malheureux restes d'une victime que sa barbare perfidie s'est immolée.
Cependant, pour montrer que je meurs dans une parfaite charité envers tout le monde, je déclare que je pardonne absolument et sans léserve à M. Lovelace les torts qu'il m'a Huts»
Si la bonté de mon père peut lui faire envisa^ la faute d'une enfant indigne de lui, comme ne méritant pas son indignation au point de lui reftiaer la demande que j*ài faite plus haut, d*être déposée aux pieds de mon grand-père, je souhaiterBis, vu la publicité de mes malheurs, qù'avunt de descendre mon corps dans le tombeau on prononçât sur mm cer- «wilundiacours^doni jedonaenR le sujet à la fin de cet écrit»
584 CLAItISSB HAELOTi;
Si l'on considère les raaiheareases circoostances où je me trouve, Tabsence de tous ceux que la naiure m'avail destinés pour amis... on sera porté è exécutiT l'éleodue que je Tiens de donner à des choses peu dignes déconsidération.
Pour passer donc è ce qui fait l'objet de ce testament, voici la disposition que je fais, soit de ce qu'on me trouvera à ma mort, soit de ce qui m'appanient de droit par le testament de mon grand-père, ou en vertu d'un litre VdliJe.
Je donne et lègue è mon très honoré père Jacques Harlove toutes tes terres et bietts de terre dont le susdit testament m'a mise en possession ; ainsi, mon fière et ma sœur, à qui j'eus autrefois l'idée de les laisser, les verront naturellement passer entre leurs mains s'ils survivent à mon père, ou le^ devront à ses bontés, en cas qu'il juge à propos de les en avantager par contrat de mariage ou autrement, selon que les circonstances le rendront convenable, ou que l'un et l'autre le ménteroat en continuant de remplir leurs devoirs envers leurs parens.
Je lègue aussi è mon père la maison de feu mon grand-père, appelée le Boêqueiy et qu'il nommait vml Laiterie par affection pour moi, et pour témoigner combien il approuvait la manière dont j'y employais une partie de mon tem^is. Je donne et lègue à mon père ladite maison avec les meubles dans l'éiat où cela se trouve à présent : j'en excepte pourtant les pintures et un colfre-fort rempli de vieille vaissdle d'argent. Je prie aussi mon père d*aocorder à ma chère madame Norton la faveur d*y passer le reste de ses jours dans les appartemens qui ▼ sont distingués par le nom û'apparUwiens de la gouvematiUej et de lui laisser la jouissance des meubles sunples, mais fort propres, avec lesquels mon grand-père, aui se plaisait à m'appeler sa gouvernante, me les ût garnir afln que je tes occupasse en cet le qualité, comme je fis jusqu'à la fin de sa vie.
Mais pour ce qui esi des rentes accumulées et de tout le produit net des fonds qui dépendent de la maison dont je viens de parler, je me flatte que les diverses branches de ma famille étant toutes riches , on ne trouvera pas mauvais que j'en dispose selon que j'y serai déterminée par les seniimens d'amour et de reoonnaîssanoe que j'ai étendus à diverses per* sonnes hors de ma parenté. J*eaière même au on ne verra pas d'un mauvais œil que, pour en faire lemémeusage,j ajoutée ces sommes, quelque oonsidérabli's qu*el essi)ient, la moitié de i'ar^nt comptant ^u'on trouva è mon grand-père lorsqu'il mourut, et qui, suivant sa volonté, fut partagé également enire ma sœur et moi, pour le mettre chacune à notre usage particulier, fila moitié de cet argent allait à neuf cent soixante-dix uvres, que je remis à mon père avec le reste de mes biens pour convaincre mon fière et ma sœur que je n'en voulais pas faire un moyen d'indépendance. lUais avant de passer aux dispositions que je viens d'annoncer, j^ordonne expressément qu'on ait à recevoir sans contradiction et sans aucune manière de question, le compte que mon père voudra bien rendre ^es sommes et produits que i'ai spécifiés dans cet article*
Il fut un temps où mun père m'assignait la même pension qu'à ma sœur pour mes babils et autres dépenses nécessaires. L'aoiiour qu'il me portait alors lui fuisiiit souvent répeter qu'il ne déduirait point cet arcent des biens ou du produit des biens que m'avait laissés mon grand-père. Mais craignant que ma malheureuse aventure n'ait été traitée de mortelle offense contre sa personne, j'ai lieu de («résumer ^u'on s'attendra à €0 (fu'ii se rembourse de ses avances. C'est pourquoi je veux qu'il ait plein pouvoir de se sati^filire sur toutes les sommes et pensions que j'ai reçues de lui après le dtHsès de mon grand-père; ordonnant que, sur œt article comme sur le précédeni, chacun aitas'en rapporter sans examen, purement et simplement, aux coin^ites que rendra mon père. Je me oontentetai de stipuler que ce que je laissai dans mon.seccéiaire soit eaa-
cuktiflSB nàtojow. SOS
flojé à acquitter ane partie des déboursés qiH a faits en ma b- I vevr.
Mon grand-père, qui ne mettait point de bornes à «m affection ei à ses bornée pour moi, me lé^a toutes les peintures de la famille qui étaient dans la maison où il a ûm siee jours : ca sont des pièces iniérrâsanies, et pairmi lesquelles il s^en tion?e plusieurs de maiu de maître. U ordonna que si je mourais sans être mariée , ou mariée, mais sans enfans, ces peintures passeraient à celui de ses fils alors virant , que je croirais en wre plus de cas. Gomme je me sounens que mon oncle Jean Hariot e témoigna quelque déplaisir de ce qu'elles ne lui avaient pas été laissées comme à Talné de ses fils, et qn*il a une galerie o& elles pourraient
^rtrait
qu'on ûi de moi à Tâge de quatorâe ans, dont je dispossrai d-apris dans un article séparé.
Mon grand-père me légua an«l la vieille vaisselle de famille qu*il aimait, et qu'il n'avait jamais voulu fondre, parce qu'il disait avoir cA»ervé que les révolutions de la mode, apiès en avoir proscrit diverses ]nèces pomr un tem|», les iraient Mi rentrer en fiiveur. Toutefois, il accompagna la donation qu'il m'en fit d'un ordre exprès de la laisser à celui de la famille one je croirais désirer davantage qu'elle pa^t à la dernière postérité. C'est pourquoi, telle qu'on doit la trouver actuellement dans la maison où mon grand-père est décédé, au garde-meuble, dans un grand coffre de fer, je la doime et la lègue, sans rien excepter, à mon oncle Antoine Harlove, désirant qu'il remplisse les mêmes condi* tiens qui me forent imposées, et ne doutant p» que mcm testament ne les rende encore plus pressantes et plus obligatoires.
Je l^ue six cents livres à mon inestimable amse, madame Norton, lesquelles six cents livres lui seront payées six mois après ma mort, comme un gage de ma reconnaissance; devant à ses soins et à sa piété, qui ont ccmstamment secondé les soins et la piété de mon excellente mère, l'es» tîme et l'amitié qu'on m'a portées durant les dix-huit premières années de ma vie. Je lègue encore a cette dicne femme trente guinées pour son deuil et celui de son fils, mon frère de lait.
Je donne à madame Dorothée Hervey, sœur unique de ma respectable mère, cinquante guinées pour une bague : je la prie d'accepter mes remerciemens pour les bontés dont elle m'a comblée dans mon enfance, et particulièrement pour la patience qu'elle a eue avec moi pendant mes altercations avec mon frère et ma sœur, jusqu'à ce que j'aie quitté la maison paternelle.
Je donne à ma bonne et chère cousine Dolly Hervey, fille de ma tante Hervey, ma montre et tout ce qui en dépend. Je lui donne aussi mes plus belles coiffures en dentelles de Malmes et de Bruxelles; j'y joins ma robe et ma jupe avec des fleurs en argent brodées de ma main : n'ayant achevé cet habit que quelques jours avant d'être ^fermée dans ma chambre, je ne l'ai jamais porté. Je lui donne encore mon clavecin, les orgues qui sont dans mon cabinet, et tons mes livres de musique.
Comme ma sœur a une fort jolie bibliothèque, et que ma chère misa Howe a celle de son père et la sienne propre, je donne à madite cousine Hervey tous mes livres avec les tablettes où ils sont rangés. Quand le temps aura tempéré sa douleur, et l'aura changée en un tendre souvenir, plus sensible par sa douceur que par son amertume, je crois qae mes livres, assez heureusement choisis pour composer la bibliothèque d'une femme, lui feront plaisir, et queTidioe qu'ils m'ont appartenu, les diver- ■es remarques de ma main qu'elle y trouvera, et quelques notes esœl^ lentes du docteur Levio, les lui renoront plus précieux.
5B6 CLABBHB BABLOTI.
Si je ne vis pas assez pour roir mon couân William Horden, j^&i ftéBÊmMtà mma Inès. hiiMles. iwpirti9«eaa, et les. smtàmmÊ^^ Faeooaûseanœ doniii wm péMUée p«ir iMHea ks boAtés ^u'U a eueftfovr mek liie veiDeicit«B perticHlierde» effrala qu'il « faite pow ma secaii- «jttic aveft mesi aialKS «nis, 4lao8 un teai^ où je doulais ai Uii^«6Me wowàBsa nm pacdanner. Coimne il est ilaos une siluaiioa kriHante, ja le f nerat aeuleioent tfaDonter ûeux ou. trois te^BieUes^en mémoii» (f uue panute qui ent autant de reapect pour Ini^fu'il ayait d'affection peur alterJeUMdanaafiattakiedene en Iteota que «UMioucle Robert, se jpinB» dteirast fiost d'eaiparlar avec liiiquand ii quiuu UUigletecre pour vc^iipr. JelBopned'aes^aD BK)n paetrail en nrimaUwe, moalé en or, et 4Àré par la naaBre kaiiaa qui aviait aoa ptoe k son celout dans sa paU'ie* Ja ioi aussi «alMiifttede diamans montée -en aose ; conuo^ je la tieoade pèie^aallaicaoadKBBâiai la lui tendra «lue peéeieuse.
Je prie humblement madame Ânnabelle Howe, mère de ma chère mSss S0W4. éa ne qpaa ntear mea reneseicflienades bontés^u'eUe m'a témoifoéea quand' jîai éléfa6seri|uettu0.lempaaiKe&saehèna iHei et d'accepter ■BB hagneda viast^cinq puMÉipo
l'ai aacepté des peinturas de famille, uwn portait de grandeur natu- ■alla^ qtà est dans le cabinet de fisu mon graiid-fNtoe.— .. J'avais quetoraa ans loisqu^il fiai tiré; ce bu le temps ou ma«oère oues Howe et moi eaauBençteea k nous cminattre, k nous distinguter,.è naua aimer Tune l^BiUlie... jeue i^uia eipnmer aaec npMe iendtesse. Je lui danne ce portraityponr la Caire sewenir que mon îacliuatieii en avait (ait ma somv, et que Bien..n'cffaaani de mon. cœu? lea prewTos d'amiMé que j'ai reçues d^etta, aoit daoBmapraapéoilôyaoitdanamou adi^railé, lorsque personne ne voulait me donner de conaolalÉan i*amparteaiwc moi la deoce par*
aaimi qu'elle m'a taal aimée; que aoUre ameur ne peut être surpassé
18 par oeiuîqiii nous unira dans cet étatde pcriectieii, eu j'espèm qu'il
ra une partie de ma léLidAé dumat rétemilé. Je lègueeneoreà ma chire amia ma pfa» belle bague de bnëans, qui est avec d'antres joyaux dans le tiroir secret de mon noveau. Je lui donae toutes mes bvedenea à Taignilla^ cellea qui aant achevées et celtes qui ne sont qpie montées. J*en excepte uniauement celle en ilBum, dCDt j'ai déjà disposé eu faveur de ■mu cftuffiff iJMPdffB^
J'ai appris que mes panens. avaient ^té ceadilféieateaèroderitf des appaatemen» oik allas dtaientv et je ue «mis pas qu'ils aient grande indiaationb les v reptocr : oepeadant, ai ma mère juge à propos de s*en réBBTvar quelqu'tone^ coanm il n'eat fas impossible que le temps no kii en rende la vue moins insupportable, j'excepte du legs uuiversi^quo je •menai d'en iaâre ki pièce queue dtigneaa lànmt^ et je prie bm» exécullHir laaiiïmitaire de la lui paéeenier : emcudu pourlau4 que 9e»cbRBX ne peaisa tomber sur la pièce qa'aa nonttia pièce piiuàpide^ laquaila a ' 'rah*
mra
dléTabiet d'une premièru oieepftiQn.
Si ma mère ne juge pm h propos de prendre pour eUe nnon perlait de grandeur aatuoeUe dans la goût de Vaodyck, je le donne à ma taade Hervej. Ceai le néme qui éiaii paécédanunsnt dansao qu'on aae donnait JaPOimÉiTOB d'appeler me» parkric.
Je léguer au digne Charlea Mickmoii le portait en numatusa d« la ifamme qu'il aima le miena : je le partais aousiammead awc moi^ et ^ vaia rimage de celle qu'il lopréseate m foatira de mou oiBur • C'est, aprts ja main de l'originaU le puis bea» poéaent qu'un puiase lui Caire. «Va chère mim Boiue^ne hâ iaalcs paa aUaudao oa bonlmur plus kMoi^-tomps. "feue ignoiex tout le prix de lavatnohea leshoanea, et combioiHiie âme comme la sienne eat piéféraèle ans. eapriis brillons qui se laissant emporter par les saiUios et les liuaciiéu d'une imagsaation déréglée, lars même que ces vaines lueurs sont décorées de cette apparence e&lérieure
i«t de C8fl spéeâsns Miots qd attiieni les icgtrds, et Icop sou- \ vent sédâisint te oosur.»
% Eicosez, mes chers pBxmy^ le eériMis avertissemiit ^e f& viens d^in- JwétBt dans cetaeie soierasl» eolanieer d'à ne «sie (foi a lanide droits sur mon ODBiiF*
Je iprie instamnieni ma chère miss Howe de ne point pairter le deuil pour moi ; mais M* Htckman et eUe me iéreiii plaisir (vaccepler oae iegiid de mes dwveva du pris de vingl-oiBq gaœées.
Je Idgne à lady BcKty Lawranee, k sa sorar Sara Saéler, è milorâ M—, et à Jecrrs nièces, roi^s Charlotte et miss Maritie MtmCatgv, à chacun Me itatgue d'énuiil avec mon chiffre €l. fi. L'année, le mois et le jour de ma mort seront marqués sur rintérieerde Taonean: il seca surmonté d'nn «riscal rempli de meecheveui avec une garniture de bnttans; ensorte que le prix de la bague eniière soit de vingt^cRiq gainées. Je prie les ausdiies personnes (faccepCisr ce gage léger de ma reconnairsance pour Il bonne opinion dont eHes m'ont honorée, les souhaits généreux qu'elles eM faits en ma faveur, el Teffre pin? géoérense enoore de me faire une pension annuelle considérable, lorsin'elta ont craint qpie je ne fusse ab^ solument démine de semblables secours.
Je donne vingt giiinées ponr une bague an révérend docteur Arlhnr 'Lerin, dont les leçonset in^tmctions m*ont été également ntiies et agréables. Que s*ii plaisaii à Dieu de le retirer à lui avant quM reçût de moi cette petite marque d^attention, je veux que sa flUe en ait rétnolument.
Par reconnaissance pour les services que m^ont rendus les domestiques de madame et de miss Howe, pendant les divers séjours que j'ai faits chez leurs maîtres, je lègue trente guinées pour leur être partagées au gré et selon la discrétion de leur jenne maîtresse.
Je donne cinq guinées pour une bague h chacune de mes chères compagnes miss Biddy Lloyd, miss Panny Al&ton, miss Rachel Biddulpb, miss Cartwright Campbell.
Je donne et lègue à Hannah Burton, ci-devant ma Bile de chambre (sage et û(ièle domestique, q<ji m'aimait, respectait ma mère, avait les Qgards dus à ma sœur, et ne songea jamais a faire rien d^indigne d*un honuête caractère), cinquante livres, payables un mois après ma mort, parce que sa santé est fort altérée : et si l'état fâcheux dans lequel elle se trouve coniinue, je la recommande à madame Norton pour être assistée du fonds que je destine aux pauvres, et dont je parlerai dans la suite.
Je donne au cocher, au palefrenier, et aux cmq filles du château d'Harlenet à ehacun dix Mvres. J*en donne cinq à leur aide.
Je lègue dix livres à Betty Barocs, fille dechambre de ma soeur, afin de mnnlrer inie je n*ai ancun resdentiment de ses procédés, que j'attribue moins à ba mauvatae volonté de sa part, qu'à luie insolence occasionnée ^«r m cbargn auptèa de moi, et à un fond de pétulance et d'indiscrétion.
Je prie madame Norton d'accepter, à la réserve de mon linge, toutes lea banten dent je n'ai pas été oMigéade me déùâroy ou dont je n'ai pas -diapaié de (pwiqneauiremanièra»
Je lègoe par é^ale* part es portion tout mon linge, <t les dentelles que je* n'ai pas vendus à madame Lovkk, de qui j'ai reçu de grandes civilités, et qt» a en pour moi les bontés d'une mère; et à madame Smith, «vee qui yo loge, et qui m'a rsodn aussi tontes sortes ée bons offices. Si lepirtafeqw se fera à lenr discrétion oceasionnail quelque difficulté, letont éevfaicèire vente, etl» prodoitpartagé enin elles également. Je lègnn 0Momè ehaetinede ers denx méritantes et dignes femmes la ioniaM de vingt guinées^ comme nne roartine nhérieure de ma reconnaiiaaiMe et de ma seosibilicé^ poor la tenace part tt le généreux intéait qn'sAennni iMrtaà aïoi»
588 CLAU88B BAUOVB*
Je donne dix guinées à M. Smith, mari de ladite dame Smith, en connaissance des civilités et bons procédés qu'il a eus pour moi.
Catherine, servante de madame Smith, que |*ai souvent eraploytet n'ayant pas de domestique è mon service, receTra cinq guinées pÏNir les obligations que je lui ai, et de plus, dix guinées au lieu d'une robe, et de quelque linge que j^avais pensé à lui donner. Elle pourra s*acheier da cet argent quelque chose de plus conforme k son goût et à son état.
L'emploi de garde auprès d*un malade exige beaucoup de soins; il cbI triste à proportion de la sensibilité de la personne qui le remplit; il demande des veilles pénibles, et devient presque insupportable quand le patient approche de sa fin : ces considérations, qu'on ne fiait pas assez souvent, m'ont engagée à donner à mon honnôte et soigneuse garde, la veare Anne Schelbum, la somme de dix guinées, en outre de ses gages et antres choses qui lui viennent d'office.
Je prie madame Lovick d'accepter le peu de livres que j'ai dans le logement que j'occupe à présent. Je veux aussi qu'il lui soit permis do prendre une copie d un manuscrit contenant divers extraits des meilieius 'Uyres, ^ue je nomme mes méditations, et dont elle me paraissait (aico cas, quoiqu'il eût un rapport phis immédiat aux circonstances partieulières et aux situations par le^uelles j'ai passé. Quant au manuscrit même, comme il est de ma main d*un bout a l'autre, ma bonne madame Norton sera peut-être bien aise de l'avoir.
Le tiroir du milieu de mon bureau, dans le château d^Harlove, contient diverses lettres ou copies de lettres rangées à leurs dates, ainsi que je les ai écrites ou reçues depuis que j'ai commencé à apprendre l'écntuie, jusqu'au temps oii j'ai été enfermée dans la maison de mon père. 11 j en a de mon grand-père, de mon père et de ma mère, de mon frère et de ma sœur, de feu mon oncle Morden, de mon cousin Morden, de madame Norton, de miss Howe et d'autres personnes de ma connaissance. D y en a aussi sur des matières sérieuses du révérend docteur Levin, et de trois docteurs, MM. Diom, Arnold et Tomkins. Comme ces lettres, si on lit les miennes avec l'indulgence due h Tâge où je les écrivais, comprennent une correspondance qu'une personne démon sexe peut avouer sans rougir, et que celtes qui me sont adressées contiennent plusieurs excellentes choses, je les donne à ma chère miss Howe, conformément au désir qu'elle m'a témoigné, que je les lui laissasse au cas qu'elle me survécût, et faisant réflexion que la plupart lui en a été communiquée, et que ces dernières années personne n'a plus contribué qu'elle à cettecocies* pondance.
Je nomme et constitue John Belford d*Edgware, dans le comté de Middlessex, ainsi qu'il m'a permis de le nommer et constituer, seul et imique exécuteur de ma dernière volonté, comme elle est exprimée dans le présent testament. J'ai donné à miss Howe les raisons qui m'avaient déterminée à faire choix de lui eu cette qualité; c'est pourquoi je m'en rapporte à elle sur ce sujet.
Mais je prie instamment ledit M. Belford d'avoir soin, en esécntant la charge que je lui donne, d'éviter, comme il me Ta promis kdif erses vaprises, tout ce qui pourrait aigrir les esprits, d'empôcher de tout son pouvoir les sujets de ressentimens, et de disposer tout le monde à la paix, afin de prévenir toutes ultéiieures voies de fait de la patt de son ami. ou contre son ami. Je le conjure de rechercher, dans cette vue, l'amitié de mon cousin Morden, qui, quand il saura que c'est une nèee que ia lui demande au lit de mort, voudra bien, j'espère, aider M. Belford de ses conseils et de ses soins, et même ne refusera pas d'intervenir auprès de mes parens, d'adoucir leurs esprits, et de les amener au point de condescendance que je désire, si le cas arrivait que quek|u'un d» points do ce testament fût oontesté. Surtout, je demande insiasunent de M* Bat
iDfd» ^\ D^eztorqiie poSnt de mes pirens lear consentement k Texéculion de mes YOloniéSt soit en te prévalant delà loi, soit par aucune autie sorle de contra nte de fait ou de droit; et si mes parens ne jugent pas à propos de remplir quelques unes de mes dispositions, relatives uniquement à riniérieur de ma famille, je les abandonne absolument h moodit cousin Blorden,el h M. Belford, pour y faire tels changemens qu'il leur
Baira, ou les annuler eniièremeni, selon qu'ils en conviendront enseme : mats s'ils étaient d'avis dillérent, ils choisiraient conjointement on tiers îi Topinion de qui s*en rapporter.
Sollicitée par miss Howe et sa mère de recueillir les particularités de ma malheureuse histoire, je leur fis espérer oue je le forais, afln de met» tre au jour mon innocence* Quelle douleur n^aurats-je point de manquer, comme je le fais, du temps nécessaire pour une lâche si laborieuse et si pénible, si je ne voyais, par divers extraits des lettres de M. Lovelace»
Se je puis m'en reposer sur la justice qui m*y est rendtiel De plus, Belford, qui m'a communiqué ces extraits, s'est engagé à contribuer de tout son pouvoir à une compilation de tous les originaux qui peuvent servir à mon histoire, sur quoi je me suis plus amplement expliquée avec loi. Après qu'il aura fait cette collection, je souhaiterais qu'il en fil prendre deux copies, l'une pour miss Howe, l'autre pour lui; et que si on la lui demandait, il fit part de la sienne à ma tante Hervey, qtii poornit la communiquer à ceux de mes parens qui désireraient la lire pour lear propre salislaction. Je laisse ce|)eodant a la prudence de M. Bi^lnwd, d'hnposer sut ce sujet telles conditions qu'il lut plaira, afln de mettre ton honneur à couvert, et pourvoir à la sûreté des personnes impliquées.
le lègue à mnndit exécuteur testamentaire la somme de cent gumées, eomme une légère rétribution des peines que lut donnera la commis* non qu'il a si généreusement acceptée. Je le prie aussi de recevoir «ne bague de vin(|t guinées, et de se rembourser lui-même des frais et dépenses que lui occasionnera sa qualité d'exécuteur testamentaire.
J'ai trouvé dans le docteur II.... un médecin, un f^ère et un ami; je le prie d'accepter vingt guinées pour une bague, en témoignage de ma gratitude.
le donne aussi quinze guinées pour une bague au révérend docteur..... n m'a fait de fréquentes visites, et offert à Dieu ses prières avec moi, dans ces derniers jours de ma rie.
Il y a un nombre de personnes indigentes que j'avais coutume d'appeler mes pauvres, et à qui madame Norton fait tenir tous les mois on plus souvent, selon le besoin, des portions d'une somme que je mie entre ses mains a cet usage, et que Je renouvelais selon que mes nK>yens me le permettaient. Coiie somme doit être à présent tout à fait épuisée ou à peu près. De peur donc que les souffrances de ceux en faveur de qui le ciei avait touché mon cœur n'aggravent la foute que j'ai commise, je vetix qu'après qu'on aura satistait à mes autres len, avec les rentes accumulées des fonds que m'avait laissés mon grand-pere, la moi» Hé de l'argent comptant qu'on lui trouva lorsqu'il mourut et les effett que j'approprierai d-après à cet emploi, le reste de ces trois diffénms articles soit appliqué à augmenter la somme dont j'avais fiiit madame Norton dépositaire : et en cas qu'elle meure, ou que la distribution de ces aumônes lui devienne onéreuse , je prie instamment ma chère mise Bowe de s'en charger, et de transférer à sa mort la disposition de ce qui pourra rester aux personnes qu'il lui plaira choisir, et avec les limitations, restrictions et directions qu'elle croira les plus propres à remplir le fout que je me propose. Mais tant que l'udmlnistration du tout, ou des parties, dépendra d'elle eu de madame Norton, je l'abandonne absolument à leur pradence» sans qu'elles aient -à en lendre compte à per-
590 CLARISSE BABLOVB.
Je me suis toujoars fait uniB règle, dans le -peu de générosités qae j*ai fuies» d'aider ei«de ipeusser les Mv^ces tfidittttteuNiei^JlieaBie ce»-* dttitfu De fietiie seoeiirs acceedés k fpceipQs «u» geos de celie eà^ce leur suffiront; a?ee<ett« uft petit fonds ipeat atlet lQia« là où ua ooéen-de j>> chesees oe suffirait iwsfotii: les fainéiRi» ^ ies dis^to. Comme'CQia-ci amt toujours dans b besoia» il a'jf 4 pa? de .fie k y «uppiéer : ei taidifr ^*0D leur dAKoéj sens les «étire plue à le«r eiso, on frustre d'une «»<>. siatance raisonnable de fins dignes objets de obaeité, et .on laiase à^»' l?engewdûae«Miit des prinûipes d*aet»riAé^ qui «'attoedent qt/^am gPMÏUà de roséo pour se développer.
Cest donc won «Hentkm et ma Tolonié exfwea^e, 91'à qtteIqoe*poipt 4|ae i0 susdit fends ^puUee augmenter, il soit uniqaeitteot«niplo^#.i êvtn TenÂr mu besoins oocafiÂenne^s et monientanés des personnes apénfiéen ei'dessMS, et qu'aucune famille «i personne ^uekïonque n'ea Mrgoive k )k (ais»<na daoe le courant d^one .année, au délace vin^ liwres«
Jieveax qu'en évalue irassoctimeai de>eûwe^qui a^pparlenu k tm «a grand*mère» et dont mon gran(H^ve me U ôréseï^ peu »près i'a»* ym» pefdue; et si ^leelqulun 4e ma MMllepois^ le désis^i:» il en mmelU* Ira la naieur eairi» le$, mains de inen e^écuienr testamentaire.; sinMW il devra se vendra et le produit sera censé appartenir au iunds de opiin ftwiwea. Çeipendant, si Ton jngeaue ledit asaoriÂweot puissevétlre cegaw OMMue un eqi»ivatettt des eommes que mon père m'a nirnneées d«[puiala Qiort de mon grand*père, je désire qu'il lui neit dounéton oc^ttO'qiialiti* Je^véaiinie, poucidea misons qui ne sont que ^rop^ai^aniileat «fine pa^ swBOfnese souoietn d'acheter le coHterde :brilLMis» lesolUaMO.ettBn bounles dont wm M pi^nt le chenalier JosiasAreoUand^ endo 4i RMI nièffOir Je désire» en ce caa» qu'on envoie Je tout ii mon enéaut^Hr teaUt- ■mnlaire pour qu'il en «lireie mctilleur parërqulil pouain, ^ m aptfiqupi lafreduii ans divers usages.que mon testament pourra requéiir^
j*aitren¥oyé h loidornière partie de tcet ennuy.euaécait,po«r dptemû** ner le sujet du diaoeucs^eje souhaiinraîs qwiiiU prononôé.ii'fliesiiini^ milles si l'on voulait (permettre queje fu^ejnbumée avaq.mea aacâtnpn. JopcAse que le 8ujetisuivant.eoA«rieQt à mon cas pptieuUer :.«>4)u.'aveii>glé par reclat de sa fortune, nul ne compte sur son bonheur j (^tPMSifc que fioaité, et ia catastropbo est à sa .porte* .Le jour ;de m (Palamil^ detaneenade tennequi huéiait flaé. Jlaeaaeoakiouno nigue dont .len raisins coûtent avant la maturité, et coanne <unoUvi^ qui J(iiqie.iAÎnber satfl^ur. M. XV» 31, 33» 33«»
.ttaifi:6i je suis emeirée en viito, ^«l'on idisenimplement ^orrnmcoii» In terviœ ordinaire pour les morts.
ijue ai Ton permet que.mon eorps soit porté.aU'di&teaa d'^HariOTeb j^ dOMoe ^ix livres aux diacres, pour les dwtcîibuer luix ipamnes 4e ta tja^ «bâae qui en dépend» q«iinze Jours i^ès imon onie»ern«tU
£ij'aieroie quelque formalité oécesèako^ans lie ^ptosen^t^sAmnenllili^ taelquaxbûee y pisatt équivoque ou oaotaMMoifB, ^remmoÂl est giim aririe» vu won ine^périonoe dans ces -sortee defmatij9ce8».et,|(^ ^rn^ri^ dMtide maisanléo.. Je suis fottmal.et forllaible, ajraiHiouioucs^n»i>ié dannottas k cet éecît la dernièna main, dans iraAlnuteÂ'u»dafoier.perdqpi dOiiMa itareps» auquel je me ^prapesaja de.a^popdre |pr des Qapr«paio«i». a0naeo8Mias.de tendresse. et d'atMicheflaent»>ei par une déloumNBStioo «bp>* isiaisantfl de qnelqM^.ondroiAs de.aMNi Inatameot^ipie j'fa^aia.diiifiiQi d^ mn^ir juiqu'à lo 4leroière extrémité» :n»e Oattnint toujaurSfdeiMIiiVoia Jli^ fsiae plus, ««don mon .fiœur»,qulLneim'anté)poasib(e«...Si9.dis:Hlijilill^ lnNH»dans le présont aesiam^nt de :6emblobl63(Omi8sionS'el impelfeo* tiaos»ie.aMiliaiterabqiiio mou cousin Merdiau votulAVAien (esipcendffeiNii oausidératian .fiouiointemeni <«irec KL JMfofd» ot Im gnnyartf À /oe^Wif» i^ r^arii;4dHa«au.loDg ; etÀojiffb qiil*,>ikiiir > wia t^imm idga^t jW
CLARISSE HABLOVB. 59t
voudrais qu'ils s'adressassent à miss Howe, qui oonnatt mon cœur tout entier : l'explication de ces trois prsonnes unanimts sera tenue pour ▼raie et valable, lui donnant mcme force et valeur, que si je Tousse écrite ou dictée moi-même.
Maintenant, mon bienheureux Rédempteur, j*embra8se d*une foi vive ta mort et tes souffrances, espérant que ton sang précieux me lavera de tous mes péchés. Je trouvais mes épreuves grandes, mais elles me semblent légères quand je considère resjpéranoe à laquellp j'ai été appelée» et le poids éternel de la gloire excellente qui les couronnera dans le ciel.
CuinsB Hablovb.
r\!<l DO TOUS SBCOXD BT DRRMEl.
Parb. «> imprimciic de ttouLÎ, rue Coq-lléniB»9.