A MONSIEUR TOMLINSON
ancien Capitaine , etc. (*)
Au château de M.... Mardi matin], 27 Juin,
Cher Capitaine,
Ui
N fâcheux mal- entendu, qui me met encore très-mal avec ce que j'aide plus cher 311 monde , et dont tiie pourra vous conter, les circonstances, que je ne veux pas vous expliquer moi-mjême, de cramte de parcîîre un peu partial dans ma propre cause, me jette dans la plus cruelle incertitude sur ses résolutions. Elle refuse 4e répondre à toutes mes lettres si pressantes et si respectueuses ; et j'ai le chagrin de douter si je la trouverai disposée jeudi prochain à la célébration. Milord est si m.al , que si je la croyois absolument r'solue de ne pas m'obligcr, je différerois de deux ou trois jours à retourner B la ville. Il ne veut point que je quitte son lit. Cependant son impatience est ext ême d'embrasser sa nièce. Il veut em.porter cette consolation en mourant ; et je
(*) C'est la lettre qui devoir être montrés es confidence à Miss Clarisse.
DE Clarisse Haulowî:. 199 lui en ai donné Tespérance; parce que û cette chère personne consent à mon bonheur , mon dessein est de l'amener drok ici en sortant de Téglise.
C''est à regret que je le dis de Tunique objet de mon affection ; mais Tinflexibiîitc est le vice de sa famille ; d'autant moins excusable dans elle , qu'elle en souffre au plus haut degré , de la part de ses propres parens.
Comm.e vous vous proposez , Monsieur,, d'être à Londres avant jeudi , vous me rendriez le plus important service ,, si ^ous pouviez , sans incom.modite , hâter un peu votre voyage. C'est une prière qiie je vous ferois peut - être avec moins de liberté , si je ne m.e figurois que dans la fouîe de vos propres affaires , vous serez bien aise d'avoir vous- mjéme quelque certitude pour le jour. Vous lui présenterez^ .Monsieur, avec tant de force et de justice les malheureuses conséquences de laisser passer ce jour, soit du côté de son oncle,, soit par rapport à l'intérêt que sa mère , .comme vous m'en avez assuré , parok vouloir prendre à la réconciliation , que je ne puis qu'espérer qu'elles feront impression sur son esprit. Un homme à cheval attendra vos dépêches , pour me les apporter immédiatement.
Mais si toutes vos instances sont absolument rejetées , vous aurez la bonté de .rendre témoignage à M. Jules Harlowe^
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que ce n'est pas ma faute si ses tendres intentions n'ont pas le succès qu'il s'étoit promis. Je suis , mon cher Monsieur, votre tiès-humble , etc.
Love LACE.
LETTRE CCXCl.
M. Mac -Donald, à M. Lovelace.
Mardi à midi , iS Juin.
Monsieur,
J 'a I reçu votre lettre à dix heures du
matin. Votre courrier me prie de rendre ce témoignage à sa diligence. L'hoirmiC et le cheval ëtoicnt à nage.
J'ai pris aussitôt mon habit de campagne^, et je me su's rendu avec la dernière célérité chez votre chère Dam.e, dans le dessein de faire beaucoup valoir une multitude d'afiaires ,qui ne mi'avoient pas permis d'arriver plutôt, et de paroife encore fort pressé, pour avoir occasion de la presser elle-miême , et de lui arracher une réponse satisfaisante. Mais en entrant chez Mde. S:nclair, j'ai trouvé toute la maison dans une consternation affreuse.
Il ne faut pas , Monsieur , que vous soyez surpris. Il est fâch.ux pour moi d'avoir une si mauvaise nouvelle à vous annoncer. Mais
DE Clarisse Harlowe. z.o.t vous seriez encore pîus fâché d'ignorer la vérité. Votre Dame a disparu. Il n'y avoit pas plus d'une demi-heure qu'on s'en étoit apperçu , lorsque je suis arrivé ; la fille qui étoit à son service a pris la fuite , ou ne -s'est pas fait voir depuis ■: d'où Ton conclut qu'elle a favorisé son évasion.
On avoit déjà fait avertir quelques-uns de vos meilleurs amis: c'est-à-dire, M.
Eeîton , M. Mowbray et M. Belfoid. M.
Tourville est à la campagtie.
Il s'est passé de furieuses scènes entre Mde. Sinclair, Miss Horton, Miss Mania ■et Dorcas. WiJl , votre valet-de-chambre ^ parle de se pendre ou de se noyer.
(^) Oa a dépêché de toutes parts pour découvrir les traces de Mabel chez .sa mère , qui demeure à Chick-Iane , à West Smithfield , et chez un oncle qu'elle 3. , qui tient auberge à Cowcross , qui n'est pas éloigné , et chez kquel elle demeu- Toit avant de venir à Londres. (Ji,) Votre <:ourrier n ayant fait que changer de cheval , est déjà prêt à partir. Je ne prends •que le temps d'ajouter avec la plus vive •douleur de cette disgrâce , et beaucoup de remercîmens pour votre nouveau bienfait , ( sûr ici de n'avoir rien à me repro- ,cher ) que j'ai l''honneur d'être .avec respect. Monsieur, votre ^ etc.
MAC-DOiîALD^
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