LETTRE XVI
Miss Clarisse H ARLowEà Miss Ho w E. (*)
Vendredi , 3 Mars,
!/ MA chère amie î quel combat j'ai eu à soutenir ! Epreuve sur épreuve , confé-
(*) Clarisse n ayoit point encore reçu la lettre
précédente.
DE CtAUtSSE HARLOWE. aoi rence sur conférence. Mais connoissezvous des loir. , des coutumes qui puissent donner quelque droit à un homme sur un cœur qui Tabhorre ?
J'espère encore que ma mère pourra l'emporter en ma faveur. Mais je vous raconterai tout , dussai-je employer toute~ la nuit ; car j'ai tant de choses à vous écrire ! et je veux être aussi exacte que vous le désirez.
Je finis ma dernière lettre dans les alarmes. Elles furent occasionnées par une conversation entre ma mère et ma tante , dont Hannah a trouvé le moyen d'entendre une partie. Je n'ai pas besoin de vous en raconter les circonstances , parce qu'elles se trouveront renfermées dans le compte que j'ai à vous rendre , de différentes conversations que j'ai eues avec ma mère dans l'espace de quelques heures. Je commence. Je suis descendue ce matin à l'heure du déjeuner , le cœur assez oppressé de tout ce qu' Hannah m'avoit rapporté hier l'aprèsmidi. J'espéroïs cependant trouver une occasion cVen parler à ma mère , dans l'espérance d'intéresser sa bonté en ma faveur; et mon dessein étoit de la joindre lorsqu'elle passeroit dans son appartement après le déjeûner. Malheureusement cet odieux Solme.s étoit assis de côté entr'elle et ma sœur , avec un air d'assurance dans ses regards ! . . Mais vous savez , ma chère , que rven ne plaît de la part de ceux qu'on n'aime point.
aba Histoire
Si îe misérable étoit demeuré à sa place 3 tout se seroit peut-être passé tranquillement ; mais cette épaisse créature aux larges et longues épaules , s'est avisée de se lever , et de venir droit vers une ciiaise tout près de celle qui étoit placée pour moi. Je me suis hâtée de l'éloigner , comme pour faire place à la mienne , et je me suiî assise assez brusquement , je crois, parce que j'avoîs la tête remplie de tout ce que j'avois appris. Mais cela n'a pas été capable de lui en imposer. Cet homme est plein de confiance en lui - mêm.e. Il est hardi , il a le regard efïionté. Oh vraiment , ma chère , il est plein de suffisance. J'ai été surprise de lui voir pousser sa^ chaise si près de moi , en y établissant sa laide et pesante figure , qu'il dérangeoit mon panier .L'imagination remplie, comme j'ai dit , de tout ce que j'avois entendu ^ ce procédé m'a tellement choquée que j'ai été me placer sur une autre chaise. J'avoue que je ne sus pas assez me commander à moi-même. C'étoit donner trop d'avantage^ A mon frère et à ma sœur. Aussi n'ont-ils pas manqué de le saisir. Mais c'est une faute que je ne crois pas volontaire , je n'ai pu faire autrement ; en vérité , je ne savois ce que je îaisois.
Je m'apperçus que mon père étoit extrêmement mécontent. Lorsqu'il est en colère , il n'y a point d'homme qui le fasse voir sur son visage autant que mon père^
DE Clarisse Harlowe. ^03 Clarisse Harlowe ! m'a-t-il dit , d'une vojx forte ; et il s'est arrêté. Monsieur , ai-je répondu tremblante , et lui faisant une profonde révérence , car je ne m'étois pas encore rassise. Aussi-tôt j'ai rapproché ma chaise plus près de celle du misérable , et je me suis assise. Je me sentois le visage tout en feu.
Faites le thé , chère fiîîe , m'a dit mon excellente mère ; asseyez-vous près de moi , mon amour , et faites le thé.
Je suis allée prendre bien volontiers la chaise que cet homme avoit quittée , et l'office auquel la bonté de ma mère m'employoit a bientôt servi à me remettre. Pendant le cours du déjeuner , j'ai fait civilement deux ou trois questions à M. Soîmes , qu'il ne doit qu'à la seule vue d^appaiser m.on père. Les esprits fiers peuvent se réduire , m'a dit tout bas ma sœur , en tournant la tète sur l'épaule avec un air de triomphe et de mépris. J'ai feint de ne l'avoir pas entendue.
Ma mère étoit la bonté et la complaisance mêmes. Je lui ai demandé une fois si le thé lui pîaisoit ; elle m'a répondu doucement , en me donnant encore le nom de sa chère fille , que tout ce que je fai- £ois lui pîaisoit beaucoup. Cet encouragement me rendoit fière : je me fiattois même qu'il ne restoit plus aucun nuage entre mon père et moi ; car il m'a parié aussi deux ou trois fois avec bonté. De
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petits incidens , ma chère , dont je vous fatigue ; mais ils conduisent à de plus grands , comme vous allez l'entendre.
Avant l'heure où finit ordinairement le déjeûner,mon père est sorti avec ma mère , en lui disant qu'il avoit quelque chose à lui communiquer. Ma saur et ma tante qui étoient avec nous, sont disparues immédiatem ent après.
Mon frère s'est donné quelques airs insultans que j'ai fort bien compris , mais dont M. Solmes n'avoit aucun avantage k tirer. A la fin il s'est levé aussi de sa chaise* Ma sœur , a-t-il dit , j'ai une rareté à vous faire voir , je vais vous la chercher : et il est sorti en fermant la porte après lui,.
J'ai commencé à voir où tous ces préparatifs dévoient aboutir. Je me suis levée : Thomme cherchant avec effort à énoncer quelques paroles , s'est levé aussi , et s'est mis k remuer ses jambes cagneuses pour s'avancer vers moi. En vérité , ma chère » tout dans sa personne m'est odieux. Je vais épargner à mon frère , lui ai-je dit , la peine de m'apporter sa rareté , et je lui ai fait ma révérence. ïl a crié deux fois , Mademoiselle , Mademoiselle ; et son air étoit celui d'un homme égaré. Mais je suis sortie pour chercher mon frère, afin de tenir ma parole. Mon frère , quoique le temps fût assez mauvais , étoit allé se promener dans le jardin avec ma sœur , preuve qu'il avoit laissé sa rareté avec moi , et qu'il n'en avoit pas d'autre à m.e faire voir.
Tom.L .
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DE Clarisse Harlowe. io$
A peine étois- je montée à mon appartement , 011 je songeois à envoyer Hannah demander une audience à ma mère , avec d'autant plus de confiance que ses bontés m'avoient rendu îe courage au déjeuner , que Chorey sa femme de chambre est venue m'apporter de sa part l'ordre de me rendre dans son cabinet. Hannah m'a dit en même-temps que mon père ne faisoit que d'en sortir , avec un visage très-irrité ; alors j'ai commencé à redouter cette audience autant que jel'avois souhaitée.
Cependant je suis descendue; mais ne me défiant que trop du sujet qui me faisoit appeler , je ne me suis approchée qu'en tremblant , et le cœur dans une palpitation visible.
Ma mère a vu mon trouble. Elle s'est assise en tenant ses bras ouverts. Venez , chère fille , venez m'embrasser , m'a-t-elle dit avec un tendre sourire , qui a éclairci îe nuage dont son air naturellement doux et riant étoit chargé. Pourquoi ma chère enfant paroît-elîe si agitée? Cette douceur , pour me préparer, jointe à la bonté qu'elle m'avoit marquée auparavant , a confirmé mes craintes ; ma mère sentoit bien qu'il failoit dorer cette pilule amère.
O ma chère maman ! c'est tout ce que j'ai eu la force deîiii dire , et j'ai jeté rnes bras autour de son cou , en cachant mon visage dans son sein .
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Ma filîe ! ma fille ! réprimez , m'a-t-elîe dit , le charme que vous avez pour m'attendrir ; autrement je n'ose m'exposet avec vous. Mes larmes ruisseloient sur son sein , et je sentois les siennes arroser mon cou : ah ! combien de tendres expressions^ qui toutes dévoient être perdues en vain , sont sorties de sa bouche î Levez cet aimable visage , ma précieuse enfant , ma fille Clarisse Harlowe ! O ma fille , la plus chère à mon cœur , levez ce visage qui a toujours tant de charmes pour mes yeux. D'où viennent ces sanglots ? Un devoir redouté cause- t-il tant d'émotion , qu'avant que je puisse parler. . . . Mais je suis bien aise , mon amour , que vous puissiez deviner ce que j'ai à vous dire : vous m'épargnez la peine de vous faire une déclaration , qui étoit pour moi une tâche dont je ne me suis pas chargée sans beaucoup de répugnance.
Ensuite s'étant levée , elle a tiré une chaise près de la sienne , et m'a fait asseoir à coté d'elle ; abymée comme j'étois dans mes larmes , et dans la crainte de ce que j'allois entendre d'elle , autant que dans les sentimens de reconnoissance que je devoîs à sa bonté vraiment materne'IIe, mes sanglots étoient toujours mon seui langage. Elle a poussé sa chaise encore plus près de la mienne , elle a passé ses bras autour de mon cou , et pressant mon visage tout en feu et tout mouillé de larmes
DE Clarisse Harlowe. 107 contre le sien : Laissez-moi vous parler ^ chère fille ; puisque vous voulez garder le silence , écoutez-moi sans m'interrompre. Vous savez , ma fille , ce que je sacrifie , ce que je souffre tous les jours pour le bien de la paix. Votre père est un homme bon , et qui n'a que de bonnes intentions ; mais il ne veut pas être contredit , ni même qu'on cherche à le persuader. J'ai cru vous voir quelquefois de la compassion pour moi , qui suis obligée de lui céder sur tout. Le cher homme î sa réputation en souiFre , et la mienne y gagne : mais si je pouvois l'empêcher , je ne voudrois pas d'un avantage qui coûte si cher et à lui et à moi. Vous êtes une fille respectueuse , sage, prudente ^ ( a-t-eîle bien voulu me dire pour m'encourager sans doute à l'être ) vous ne voudriez pas , j'en suis sûre , augmenter mes peines ; vous ne voudriez pas troubler volontairement cette paix que votre mère a tant de peine à maintenir : obéissance vaut mieux que sacrifice^ O chère Clary ! portez la joie dans mon cœur 5 en me disant que mes craintes ont été trop loin. Je vois combien le vôtre est affecté ; je vois ses perplexités : je vois qu'il s'y passe de rudes combats , a-t-elle ajouté en retirant doucement le bras et se levant, pour m'empecher de voir com-« bien elle étoit affectée elle-même. Je veux vous laisser un moment y ne me répondez pas , (carj'essayois de parler , et aussitôt
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que son cher visage quitta îe mien , j'ëtoîs tombée à genoux , les mains jointes et levées dans une attitude suppliante. ) Je ne suis pas préparée à vos plaintes irrésistibles y c'est le mot qu'elle a bien voulu employer ; je vous donne le temps de vous recueillir, et je vousrecommande , au prix de ma bénédiction , de ne pas rendre inutile cette elîiîsion de ma tendresse vraiment maternelle pour vous.
Elle est passée aussi-tôt dans la chambre voisine en essuyant ses larmes. J'étois noyée dans les miennes , et mon cœur sentoit toifit ce qu'elle venoit de me faire pressentir.
Elle est bientôt revenue , après avoir repris plus de fermeté. J'étois encore ci genoux , le visage collé sur la chaise où elle avoit été assise. Regardez-moi,ma chère Clary Harlowe : il n'y a pas d'humeur , j'espère. Non , non , ma très-chère et très-
honorée maman et je me suis levée ,
et j'ai plié un genou devant elle. Elle m'a relevée aussî-tôt, en m'interrompant : point de cette posture devant moi ; mais de la soumission et de la complaisance. C'est votre cœur et non pas vos genoux qu'il faut fléchir : c'est une chose absolument décidée ; préparez- vous donc à recevoir votre père , qui va venir tout-à-l'heure , comme ïî souhaiteroit vous recevoir ; songez que de ce seul quart-d'heure dépendent le repos de ma vie , la satisfaction de toute une
DE Clarisse Hariowe. 109 famille , et votre propre sûreté contre un homme violent. Enfin , je vous ordonne , si vous faites cas de ma bénédiction , de penser à devenir Mde. Soîmes.
Ce mot m'enfonça le poignard au fond du cœur, et je suis tombée sans connoissance. Lorsque je suis revenue à moi , je m.e suis trouvée dans les bras de mon Hannah , la Betty de ma sœur tenant de force ma main ouverte , mes lacets coupés et mon linge infecté d'odeurs fortes (*). Ma mère s'étoit retirée. Il est certain que si i'avois été traitée avec moins de douceur , et si l'odieux nom avoit été épargné à mon oreille, ou présenté du moins avec un peu plus de préparation et de réserve , j'en aurois pu soutenir Thorrible son avec moins d'émotion. Mais m'entendre enjoindre , au prix de la bénédiction d'une mère si tendrement aimée , si sincèrement respectée , que je dois penser à devenir Mde. Soîmes : quelle déclaration foudroyante !
Chorey est venue avec un autre message, rendu de l'air grave que vous lui connoissez. Votre maman , Miss , est fort inquiète de l'accident qui vous est arrivé : elle vous attend dans une heure , et elle m'ordonne de vous dire qu'elle espère tout alors de votre soumission. Je n'ai fait aucune réponse : qu'aurois-je pu dire ? etm'appuyant sur le bras d'Hannah , je suis remoa-^
(* ) De corne de cerf,
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tée à mon appartement. Là , vous vous imaginerez bien à quoi la plus grande partie de l'heure a été employée.
Dans l'intervalle , ma mère est montée chez moi. J'aime, a-t elle eu la bonté de dire en entrant , à venir dans cet appartement. Point d'émotion , mon enfant , point de trouble; ne suis -je pas votre tendre et indulgente mère ? Ne me troublez pas les sens en vous troublant vousmême : ne me causez pas de chagrin , lorsque je voudrois ne vous procurer que du plaisir. Venez , ma chère , nous passerons dans votre cabinet de livres.
Elle m'a prise par la main , m'a conduite, et m'a fait asseoir à côté d'elle. Après m'avoir demandé si je me trouvois mieux , elle s'est mise à me parler , comme dans la supposition que j'avois fait usage du temps qu'elle m'avoit laissé pour surmonter toutes mes objections. Elle m'a dit, que pour ménager ma modestie naturelle , mon père et elle s'étoient chargés de tout ce qui regardoît les arrangemens. Ecoutez -moi , a-t-elle interrompu lorsque j^ailois ouvrir la bouche , et vous parlerez ensuite ; vous n'ignorez pas quel est l'objet des visites de M. Solmes.
O Madame ! . . .
Ecoutez-moi , et vous parlerez après ;
Il n'a pas , à la vérité , toutes les qualités que je lui souhaiterois ; mais c'est un homme de probité, qui n'a aucun vice.
DE Clarisse Harlowe. an
Aucun vice , Madame !
Ma fille , écoutez-moi ; vous ne vous êtes pas mal conduite à son égard. Nous avons vu avec plaisir que vous n'avez pas. . . .
O Madame î ne puis-je parler ?
Clarisse , j'aurai fini dans un instant. Une jeune fille aussi vertueuse, aussi pieuse que vous , ne sauroit assurément aimer un libertin. Vous aimez trop votre frère , pour souhaiter d'épouser un homme qui a manqué de lui donner la rnort , qui a menacé vos oncles , qui nous provoque tous. Vous avez eu votre tour cinq ou six fois pour faire un choix ; c'est à nous aujourd'hui de vous garantir d\m homme si méprisable. Répondez-mxci , j'ai droit de vous faire cette question : préférez - vous cet homme à tous les autres ? Mais , à Dieu ne plaise î car une pareille déclaration nous rendroit tous misérables. Cependant , dites-moi si vos affections sont engagées à cet homme.
J'ai compris quelles seroient les conséquences de ma réponse , si je disois qu'elles ne l'étoient pas.
Vous hésitez, vous ne me répondez pas, vous n'osez me répondre ; et se levant : non , jamais je ne vous regarderai d'un cci! de faveur.
O Madame! Madame! ne me donnez pas la mort par votre courroux. Je n'hésiterois pas un moment , si je ne redoutois
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ce qu'on ne manquera pas d'inférer de ma réponse. Mais quelque usage qu'on en puisse faire , la menace de vous déplaire me force de parler. Je vous proteste que je ne connois pas mon propre cœur , s'il n'est pas absolument libre. Eh ! de grâce , ma trèschère maman , qu'il me soit permis de vous demander en quoi ma conduite a mérité le reproche , pour qu'on veuille me forcer au mariage , comme une créature sans jugement pour me garantir... Hélas ! de quoi ? Je vous conjure , Madame , de prendre ma réputation sous votre garde. î^ie souffrez pas que votre Clarisse soit précipitée dans un état qu'elle ne désire avec aucun homme au monde , et cela sur la supposition qu'autrement çWq se marieroit ellemême, au déshonneur de toute la famille.
Hé bien , Clary ^ ( sans faire attention à îa force de mon arfçiimeftt ) s'il est Vfâi que votre cœur soit libre, . . .
. O ma chère maman! laissez agir en ma faveur la générosité ordinaire du vôtre ; n'insistez pas sur une conclusion dont la crainte me faisoit hcSsiter. . . .
Je ne veux pas être interrompue , Clary. Vous avez vu dans ma conduite à cette occasion toute la tendresse d'une mère ; Vous avez dû voir que je me suis chargée avec quelque répugnance de cette commission , parce que l'homme n'a pas tout ce que je lui souhaiterois , et parce que je sais que vous portez trop haut vos idées de perfection dans un mari. . ,
•DE Clarisse Harlowe. an
Chère Madame ! cette fois seulement, pardonnez-moi de vous interrompre. Est-il donc à craindre que je me rende coupable de quelqu'impiudenceen faveur de Thomme que vous désignez ?
Encore interrompue ? Est-ce à vous de me faire des questions et des raisonnemens? Vous savez avec qui cette hardiesse vous réussiroit mal. Vous le savez. Qui vous la fait donc prendre avec moi , filîe peu généreuse , si ce n'est l'opinion que vous avez de mon excessive indulgence ?
Kéîas ! que puis -je dire, que puis-je faire ? quelle est ma triste cause , si l'on m'interdit jusqu'au raisonnement!
Encore ! Ciary Harlowe !
Très-chère Madame ! Je vous demande pardon. J'ai toujours mis mon plaisir et ma gloire à vous obéir. Mais envisagez cet honime-là , voyez seulement combien sa personne est désagréable.
Clary î je vois à présent quel est celui que votre imagination a devant les yeux. M. Solmes n'est désagréable que par comparaison , désagréable uniquement parce que la personne d'un autre a plus d'agrémens.
Mais , Madame , ses manières ne le sontelles pas autant ? Sa personne n'est - elle pas le vrai miroir de son ame ? Cet autre ne m'est et ne me sera jamais rien. Délivrez-moi seulement de celui-ci, auquel mon ccEur de lui-même répugne.