‹ Clarisse Harlowe. Traduction nouvelle et seule complèteChapitre 45 sur 47 · A M. ANTONIN HARLOWE · texte numérisé non relu

A M. ANTONIN HARLOWE

Samedi , 1 1 Mars,

Mon très-honoré Onclb ,

" Comme vous avez jugé à propos , en me présentant M. Solmes , de me lerecomv mander particulièrement sous le tiire d un de vos meilleurs amis, et de me demander pour lui tous les égards qu'il mériie eu^

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cette qualité , je vous supplie de lire avec un peu de patience quelques réflexions que je prends la liberté d'offrir à votre sérieuse attention , à l'occasion de ses prétentions sur moi , si je dois employer ce mot.

Je suis , dit-on , remplie de prévention en faveur d'une autre personne. Ayez la bonté , Monsieur , de vous souvenir que lorsque mon frère est revenu d'Ecosse , cette autre personne n'avoit point été rejetée de la famille ^ et qu'on ne m'avoit pas défendu de recevoir ses visites. Seroisje donc si coupable de préférer une connoissance d'un an à une de six semaines ? Je ne puis m^imaginer que du côté de la naissance , de l'éducation et des qualités personnelles , on prétende qu'il y ait la moindre comparaison à faire entre les deux sujets. Permettez moi, Monsieur , de vous faire seulement une question. Auroit-on jamais pensé à l'un , s'il n'avoit fait des offres qu'il me semble que la justice ne permet pas plus d'acceptet , qu'à lui de r.roposer ; des offres que mon père , j'ose îe dire , ne lui auroit jamais demandées , s'il ne s'étoit pas avancé de lui-même à les faire ?

Mais on accuse î'un d'un grand nombre de défauts. L'autre est- il sans reproche } La principale objection qu'on fait contre M. Lovelace , et dont je ne prétends pas certainement le justifier c'est que ses

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mœurs sont très- corrompues dans ses amours. Celles de l'autre ne le sont-elles pas dans ses haines ? et dans ses amours aussi , pourrois-jedire avec autant de justice; ( puisque la différence n'est que dans l'objet) s'il est vrai que V amour de Far-gent soit la racine de tous les maux.

Mais si l'on me croit si fort prévenue , quelle est donc l'espérance de M. Solmes? Dans quelle vue persévère-t-il ? Que doisje penser de l'homme qui veut me forcer d'être à lui contre mon inclination? Et n'est-ce pas une rigueur extrême dans mes parens de souhaiter me voir mariée k un homme que je ne puis aimer , tandis qu'ils s'obstinent à rester persuadés que j'ai le cœur pris en faveur d'un autre ?

Traitée comme je le suis , c'est ici le temps ou jamais de parler pour ma défense. Voyons sur quels fondemens M.

Solmes peut s'^appuyer. Croit-il se faire un mérite à mes yeux de la disgrâce qu'il attire sur moi ? Se figure-t-il gagner mon estime en m'attirant la sévérité de mes oncles , les mépris de mon frère , les duretés de ma sœur , la perte de ma liberté , et la défense de voir personne , et de continuer mon ancienne correspondance avec la meilleure amie que j'aie dans mon sexe , une personne d'ailleurs irréprochable du côté de l'honneur et de la prudence ? On m'enlève une servante que j'aime , on me soumet à la surveillance d^ine autre ; on

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me fait une prison étroite et fâcheuse de ma chambre , dans la vue déclarée de me mortifier ; on m'ôte l'administration domestique , à laquelle je prenois d'autant plus de plaisir, que je croyois soulager ma mère de ces soins , pour lesquels ma sœur n'a pas de goût. On me rend la vie si ennuyeuse en traversant mes habitudes et mes goûts , qu'il me reste aussi peu d'inclination que de liberté , pour nalle choses qui faisoient autrefois mes délices^ Voilà les maux que cet homme m'attire* Ces mesures sont-elles donc jugées nécessaires pour m^hïimilier si bas y qn^elles me rendent propre à devenir sa femme? Et voilà uniquement sur quoi peuvent se fonder ses espérances ! Mais s'il compte réussir par cette méthode , je veux bien lui déclarer qu'il se trompe , s'il prend ma douceur et ma facilité pour bassesse d'ame^ et pour disposition à l'esclavage.

Une grâce que je vous demande , Monsieur , c'est de considérer ua peu son caractère naturel et le mien. Quelles sont donc les qualités par lesquelles il espère se concilier mon estime l Eh l mon cher Monsieur , si \e dois être mariée malgré moi, que ce soie du moins à quelqu'un? qui sache lire et écrire.; — enfin , de qui je puisse apprendre quelque chose. Quel mari qu'un homme qui ne sait que commander 5, et q^ui a besoin de recevoir luimême des instructions qu'if devroit être eu état de donner à sa femme l

DE C L A R T S S F H A R L OWT,. 399^ On me traitera de présomptueuse , on Kï'accasera de tirer vanité d'un peu de lecture et de facilité à écrire , comme on Ta déjà fait il y a peu de jours. Mais si ce reproche, Monsieur , est bien fondé , l'assortiment proposé n'en est que plus inégal. Plus on me supposera d'esti^ne de moimême , moins j^én dois. avoir pour lui , et moins nous sommes faits l'un pour l'autre. Oui 5 Monsieur, il faut qiiejele dise j: )e niétois flattée que mes parens ay oient de moi une opinion un peu plus relevée. Mon frère a dit un jour que c^é toit le cas même qu'on faisoit de mon caractère qui donnoit de l'éloignement pour l'aîliancs de M. iovelace : comment, si cela est 5 peut-ô^ penser à me donner un hom.me tel que M. Sol mes?

Si. l'on fait valoir la grandeur de ses offres y j'espère qu'il me- sera permis d& répondre , sans augmenter votre mécontentement , que tous ceux qui me con- Hoissent ont lieu de me croire (et quelques-uns me Font déjà reproché ) beaucoup de mépris pour ces motifs. Moo' cher , mon cher Monsieur , que peuvent ces belles ofïres sur une personne qui a déjà tout ce qu elle désire ; qui a plus dans son état de fille qu'elle ne peut espérer qu'un mari laisse jamais à sa disposition ; dont la dépense d'ailleurs et l'ambition sont modérées ^ et qui , s'il lui restoit du superflu ^aimaroitbiea mieux en soulager:

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des misérables , que de le perdre autour d'elle dans un inutile emploi ? Ainsi lorsque ces petits motifs ont si peu de poids auprès de mon propre intérêt , peut-on se figurer que des projets incertains , des idées éloignées d^agrandissement de famille, dans la personne de mon frère et dans ses descendans , aient jamais sur moi beaucoup d'influence ?

La conduite que ce frère tient à mon égard , et le peu de considération qu'il a marqué pour la famille , en aimant mieux hasarder une vie que sa qualité de fils unique doit rendre précieuse, que de ne pas satisfaire des passions qu'il croit au-dessous de lui de chercher à subjuguer ^ et M)ur lesquelles j'ose dire que son propre repos et celui de ses proches demanderoient qu'on eût moins d'indulgence ; sa conduite , disje y a-t-elle mérité , de moi en particulier , que je fasse le sacrifice du bonheur de ma vie, et qui le sait ? celui peut-être de mon bonheur éternel , pour contribuer au succès d'un plan bâti sur des hasards chimériques , ou du moins sans vraisemblance , comme je m'engage volontiers à le démontrer , si l'on veut me permettre d'en faire l'examen.

J'appréhende , Monsieur , que vous ne me trouviez trop de chaleur ; mais n'y suis- je pas forcée par l'occasion ? 11 paroît que c'est pour en avoir d'abord mis trop peu dans mes oppositions , que j'ai vu

DK Clarisse Harlowe. 401 pousser les choses au point où on les a portées. Passez quelque chose , je vous en conjure , à Famertume d'un cœur qui se soulève un peu contre ses disgrâces , et qui se connoît assez bien lui-même pour se rendre témoignage qu'il ne les a pas méritées.

Mais pourquoi me suis-je arrêtée si longtemps à raisonner , sur la supposition que je suis prévenue en faveur d'un autre, lors*que j'ai déclaré à ma mère, comme je vous le déclare aussi, Monsieur , que si l'on cesse de persister à me vouloir marier , sur-tout avec ce M. Solmes , je suis prête à prendre toutes sortes d'engagemens de ne jamais épouser l'autre , ni tout autre homme sans leurs consentemens ; c'est-àdire , sans le consentement de mon père , de ma nvire , de mes oncles , et de mon cousin Morden , en qualité d'exécuteur des dernières libéralités de mon grand-père en ma faveur. Car pour mon frère , en vérité , on ne permettra de dire que ses derniers traitemens ont été si peu fraternels , qu'ils ne lui donnent droit à rien de plus que mes civilités : et sur cette dette encore , je puis ajouter qu'il est fort en arrière avec moi.

Si je ne me suis pas expliquée assez nettement- sur mon dégoût de M. Solmes , pour faire connoître que ce dégoût ne vient point de la prévention dont on m'accuse en faveur d'un autre , je déclare so-

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iemneîlement que M. Lovelace , fût-il le seul homme qui existât clans la nature y je ne voudrois pas être sa femme. Il est nécessaire pour moi de mettre cette vérité hors de doute dans quelqu'une de mes lettres à m.es chers parens ; et à qui puisje adresser mieux mes sincères et positives explications sur ce point , qu'à un oncle qui fait hautement profession de franchise et de sincérité ?

Cette raison m'encourage même à donner un peu plus d'étendue à quelquesunes de mes objections.

Il me paroît , comme à tout le monde , que M. Solmes a Fesprit extrêmement étroit , sans aucune sorte de capacité. Il est aussi grossier , aussi peu délicat dans ses manières que dans sa figure. Il n'a pas seulement une teinte d'avarice, il en a la passion à Pexcès. Au milieu d'une immense fortune, il ne jouit de rien ; et son cœur insensible n'en soulage les maux de personne. Sa propre sœur ne mène-t-elle pas une vie misérable , qu'il pourroit rendre plus douce avec la moindre partie de son superflu. Et ne soufFre-t-il pas qu'un oncle fort âgé , le frère de sa propre mère , mendie de la générosité des étrangers une chétive subsistance qu'il tire d'une demidouzaine d'honnêtes familles ? Vous connoissez , Monsieur , mon caractère ouvert , franc ^ communicatif.

Quelle vie seroit la mienne , Monsieur ^

DE Clarisse Harlowe. 403 dans le cercle itroit du cruel égoisme , où sa diabolique avarice le tient enfermé , et dont il n'oseroit pas plus sortir qu'un exorciste du sien ? Jugez s'il me permettroit de m'en écarter plus que lui-même. Un tel homme capaL'le d'amour î Oui , pour l'héritage de mon grand-père , qui est situé , comme il l'a dit à plusieurs personnes , ( et comme il me Fa fait entendre à moi-même , avec cette espèce de plaisir que prend une ame basse à laisser voir que c'est son propre intérêt qui lui fait désirer quelque faveur d'autrui ) dans un canton si commode pour lui , qu'il serviroit à doubler la valeur d'une grande partie de son propre bien. L'idée de cette acquisition , par une alliance qui releveroit un peu son obscurité et la bassesse de son avarice , peut lui faire croire qu'il est capable d'amour y et lui persuader même qu'il en ressent. Mais ce n'est au plus qu'un amour subordonné. Les richesses ont été , sont et se— ront toujours sa passion dominante. Celles qu'il possède ne lui ont été laissées qu'à ce titre par un autre avare. Et Ton veut me faire renoncer à tous les goûts dont je fais mes délices , pour m'avilira son niveau , ou pour mener la plus malheureuse vie du monde î Pardonnez , Monsieur , la dureté de ces expressions. On est porté à ménager moins qu'on ne voudrait , les personnes qu'on a en aversion , losqu'on les voit vanter beaucoup plus qu'elles ne

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méritent, et sur-tout un homme qu'on me presse d'accepter avec un excès de violence qui ne me laisse aucune liberté de choisir.

Quand cette peinture ne seroit pas aussi exacte que je crois qu'elle Test , c'est assez que je me le représente sous ces couleurs , pour qu'il me soit impossible d'envisager jamais M. Solmes sous l'aspect dans lequel il m'est offert. Bien plus ; quand , ^ l'épreuve , il pourroit se trouver dix fois meilleur que je ne l'ai peint , et que je ne le crois de bonne foi , il ne laisseroit pas d'être dix fois plus désagréable pour moi qu'aucun autre homme du monde. Daignez donc , Monsieur, je vous en conjure, vous rendre Tavocat de votre nièce , pour la garantir du malheur de devenir la victime d'un homme dont la seule idée lui soulève le cœur.

Vous et mon autre oncle vous pouvez beaucoup pour moi auprès de mon papa , si vous avez la bonté de lui parler en ma faveur. Soyez bien persuadé , Monsieur , que ce n'est pas l'obstination qui me gouverne dans cette affaire. C'est l'aversion , c'est une aversion qu'il m'est impossible de vaincre. Dans le sentiment de l'obéissance que je dois à la volonté de mon père , je me suis efforcée de raisonner avec moimême , et mon cœur s'est révolté contre moi. Il m'a reproché de le tenter en faveur d'un homme qui , dans la vue sous la-

DE Clarisse Harlowe. 40^ quelle il se présente à moi , n'a rien de supportable ù mes yeux, et qui , n'ignorant pas l'excès de mon aversion , ne seroit pas capable de persévérer comme il fait dans cette persécution , s'il avoit les sentimens d'un honnête homme.

Si vous trouvez que mes raisons méritent d'être écoutées , je vous conjure de les appuyer de votre crédit. Si vous n'approuvez pas ma lettre , je serai bien malheureuse ! Cependant la justice m'oblige à vous écrire avec cette franchise , pour apprendre k M. Soîmes sur quoi il peut compter. Pardonnez - moi cette longue apologie , ennuyeuse pour vous. Souffrez qu'elle ait un peu de poids sur votre esprit et sur votre cœur. Vous obligerez à jamais votre , etc, y>

Cl. HarlowEo

*< Réponse de M. Antonin Harlowe.

Ma nièce Clary , vous auriez mieux fait de ne pas nous écrire , ou de n'écrire à aucun de nous. Pour moi en particulier, vous auriez mieux fait de ne pas gâter du papier pour le sujet sur lequel vous m'écrivez. Celui qui parle le premier dans sa propre cause , dit le sage , paroît avoir raison ; mais son voisin vient ensuite , et fouille son ame. Je serai ici votre voisin , ei je vais fouiller votre cœur jusqu'au fond , du moins si votre lettre est écrite du fond

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du cœur. Cependant je sais la difficulté de l'entreprise dont je me charge là , à cause de l'adresse (*) qu'on vous connoît dans l'écriture. Mais comme il est question de défendre l'autorité d'un père , pour le bien , l'honneur et la prospérité d'une famille d'où l'on est sorti , il seroit bien fâcheux qu'on ne put renverser tous les beaux argumens par lesquels un enfant rebelle ( combien j'ai de répugnance à coucher par écrit ce mot pour Miss Clary Harlove î ) veut soutenir son obstination.

Premièrement , ne convenez- vous pas , ( et cela malgré la déclaration contraire que vous avez faite à votre mère , souveïiez-vous de cela petite fille ! ) que vous préférez l'homme que nous haïssons tous , et qui nous le rend bien ? Ensuite , quel portrait faites-vous d'un digne et honnête homme? Je m'étonne que vous osiez parler si librement d'un homme pour lequel nous avons tous du respect. Mais c'est peut-être par cette même raison.

Comme vous commencez votre lettre !

parce que je vous ai recommandé M. Solmes , comme mon ami , vous l'en traitez plus mal. C'est le vrai sens de votre beau langage , Miss. Je ne suis pas si sot , que

( * ) Chaque lettre portant ïe caractère de celui qui l'écrit, celle-ci se sent beaucoup du naturel grossier de l'oncle Antonin , que M. Lovelace a déjà nommé le matelot*

DE Clarisse Harlowe. 407 je ne voie bien cela ! \Ji\putassier reconnu doit être préféré à un homme qui aime l'argent ! Souffrez que je vous le dise, ma nièce y cela ne convient pas trop à une personne aussi délicate que vous Tavez toujours été réputée. Qui croyez-vous qui commet le plus d'injustices , d'un homme qui prodigue ou d'un homme qui épargne ? L'un garde son propre argent , l'autre dépense celui d'autrui. Mais votre favori est un vaurien par essence, et ce, sur preuves authentiques.

Votre sexe a le diable au corps. Je demande pardon à Dieu de l'expression. La plus délicate d'entre vous autres femmes préférera un infâme roué , un put. ... Je suppose qu'il ne faut pas répéter ce vilain mot. Le mot olFenseroit, tandis que le vicieux qui est nommé par ce mot , plaira et sera choisi de préférence. Je ne serois pas demeuré garçon jusqu'aujourd'hui , si je n'avois remarqué ce tas de contradictions dans toutes tant que vous êtes. Autant de tamiseuses de moucherons et d'àvakuses de chameaux , com.me dit fort bien la vénérable sainte écriture. Quels noms la perversité ne donne-t-elle pas aux choses ? Un homme prudent , qui a l'intention d'être juste à l'égard de tout le monde , est un avare , tandis qu'un abandonné, un vil débauché sera baptisé du nom de galant homme , d'homme poli !

oh ! je vous en réponds. a

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On ne m'ôtera pas de la tête que Lovelace n'auroit jamais autant de considération pour vous qu'il en affecte, sans deux raisons. Et quelles sont-elles? Son dépit contre nous , c'en est une : l'autre , c'est votre fortune indépendante. Il seroit à souhaiter que votre grand-père , en vous laissant ce qu'il vous a laissé , ne vous eût pas accordé tant de pouvoir , comme je puis le dire. Mais il ne pensoit guère que sa petite-fille bien-aimée en eût abusé contre tousses parens, comme elle l'a fait.

Q^ue peut espérer M. Solmes , si vous ave\ le cœur préj^'enut Oui-dà! est-ce bien vous , ma nièce Clary? N'a-t-il donc tien à espérer de la recommandation de votre père , de votre mère et de la nôtre ? Non , rien du tout apparemment ! Cela est fort beau , en vérité. J'aurois pensé pourtant qu'avec un enfant respectueux , comme nous avons toujours cru que vous l'étiez , ce devoit être assez. Faisant fond sur votre obéissance , nous avons été en avant. Il n'y a plus de remède à présent , car nous ne voulons pas qu'on se moque de nous , ni de notre ami M. Solmes. C^est tout ce que j'ai à vous dire.

Si votre bien se trouve à sa convenance , que s'ensuit il donc ? Cela prouve-t-il , ma nièce le bel esprit , qu'il n'ait point d'amour pour vous ? II faut bien qu'il trouve quelque chose d'agréable avec vous , puisqu'il n'a lien d'agréable à se promettre de

vous.

OE Clarisse HarloWE. 40^ vous. Remarquez bien cela. Mais , ditesmoi un peu , ce bien n'est-il pas notre bien en quelque sorte? n'y avons-nous pas tous im intérêt et un droit antérieur au vôtre , si l'on avoit égard au droit ? D'où vient-il , SJ ce n'est du radetage d'un bon vieillard , ( Dieu veuille avoir son ame ! ) qui vous Fa donné par préférence à tous tant que îious sommes ? Par conséquent ne devonsnous pas avoir droit de choisir qui aura ce bien en mariage avec vous ? Et pouvezvous souhaiter en conscience que nous le laissions emporter à un drôle qui nous hait tous? Vous me recommandez de bien peser ce que vous m'avez écrit. Pesez bien cela vous-même , petite créature ; et vous trouverez que nous avons plus à dire pour nous que vous ne vous en doutez.

A l'égard de la dureté , comme vous dites , avec laquelle on vous traite , prenezvous-en à vous-même. ... Il dépend de vous de la faire finir. Ainsi je regarde cela comme rien. On ne vous a bannie et confinée qu'après avoir tenté avec vous les prières etîes bonnes raisons.... Remarquez bien cela. Et M. Solmes ne peut que faire à votre obstination. Remarquez cela aussi.

Pour la liberté de faire des visites et tf en recevoir , c'est une chose dont vous ne vous êtes jamais souciée. Ainsi c'est une peine qu'on n'a jointe aux autres que pour faire poids dans la balance. Si vous parlez (du désagrément , c'en est un pour nous !Iomc I, S

comme pour vous. Une Jeune créature si' aimable, une fiîle , une nièce dont nour, tirions vanité ! D'ailleurs , cet article dépend de vous comme le reste. Mais votre cœur se révolte y dites-vous , lorsque vous voudriez vous persuader à vous-même d'obéir à vos parens : belle description que vous faites là , n'est-ce pas ? et malheureusement que trop vraie , je l'avoue , de la manière dont vous allez. Mais moi , je suis sur que vous pourriez aimer M. Soîmes , si vous le vouliez bien. Il m'est venu dans l'esprit de vous commander de le haïr. Peut-être qu'alors vous l'en aimeriez mieux ; car j'ai toujours remarqué dans votre sexe une Iiorrible perversité romanesque. Faire et aimer ce que vous ne devriez pas , c'est boire et manger pour vous autres femmes.

Je suis absolument de l'avis de votre frère , que si la lecture et l'écriture vont assez à l'esprit des jeunes filles , ce sont des choses trop fortes pour leur jugement.^ Vous dites nu^on pourra vous accuser d'être vahie , d'être présomptueuse ? c^est la vé-^ rite y ma nièce. Il y a de la présomption et àe la vanité à mépriser un honnête îiomme^ qui sait lire et écrire aussi bien que 'a plupart des honnêtes gens ; c'est moi qui voua i ie dis. Et où avez-vons pris , s'il vous pîaît^l que M. Solmes ne sait ni lire , ni écrire ?1 Mars il vous faut un man qui puisse pom aj^prendre quelque chose \ Ce que je sou-

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îîalterois , c'est que vous connussiez ausst bien votre devoir que vos talens. Voilà , ma nièce , le nouveau qu'il vous faut apprendre ; M. Solmes aura quelque chose, par conséquent , dont il pourra vous instruire. Je ne veux pas lui montrer votre lettre , quoique vous paroissiez le souhaiter , de peur qu'elle ne l'excite à devenir un maître d'école trop sévère , lorsqu'e vous serez à lui.

Mais à présent que j'y pense , supposons que vous sachiez mieux écrire que lui ; eh bien ! vous en serez plus utile k votre mari. Cela n'est-il pas vrai ? Personne n'entend mieux que vous l'économie ; vous tiendrez tous ses comptes , et vous vous épargnerez à tous les deux la dépense d'un homme d'aifaires. Je puis vous assurer que c'est un grand avantage dans une famille , car I2 plupart de ces gens d'affaires sont de vilains fripons qui se glissent quelquefois dans les biens d'un homme avant qu'il ait le temps de se reconnoître , et qui le forcent assez souvent de leur payer l'intérêt de son propre argent. Je ne vois pas pourquoi ces soins seroient au-dessous d'une bonne femme. Cela vaut mieux que de rester au lit jusqu'à midi y de passer les nuits à table , ou à manier des cartes , et de se rendre totalement inutile au bien d'une famille ^ comme c'est la mode aujourd'hui parmï vous autres. Je donnerois volontiers au diable toutes celles qui sont dans ce mau-

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vais traîn ; si ce n'est , grâce à ma bonne étoile , que j'ai Je bonheur d'être resté garçon. Mais pour vous , l'administration est une partie dans laquelle vous êtes admirablement versée. Vous êtes fâchée qu'on vous l'ait ôtée ici comme vous sa« vez. Ainsi , Miss , avec M. Solmes , vous aurez toujours quelque chose à tenir en compte pour votre avantage et pour celui de vos enfans. Avec l'autre , vous auriez peut-être aussi quelque chose à compter , mais ce seroit ce qui vous passeroit pardessus l'épaule gauche ; c'est-à-dire , ses dissipations , ses emprunts et ses dettes , qu'il ne paiera jamais. Allez , allez , ma nièce , vous ne connoissez pas encore le monde. Un homme est un homme. Vous ne feriez peut-être que partager un bel homme avec bien d'autres femmes et àes femmes coûteuses , qui vous dépenseroient tout ce que vous auriez eu le soin d'épargner. Tenons-nous donc à M. Soîmes , nous pour notre argent , et vous pour le vôtre , j'espère.

Mais M. Solmes est un homme grossier. \ Il n'a point ce qu'il fau droit pour votre délicatesse , apparemment , parce qu'il ne, se met pas comme un petit-maître et un fat , et parce qu'il ne se répand pas er ridicules complimens , le poison des esprit! femelles. Je vous assure , moi , que c'esi un homme de sens. Personne ne raisonne plus à propos que lui avec nous. Mai

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vous le fuyez avec tant de soin , qu'il n'a jamais occasion de se faire connoître. D'aiî-» leurs , un homme qui est amoureux , fût-il le plus sensé des hommes , a toujours l'ait d'un fou , sur-tout s'il se voit méprisé et traité aussi mal qu'il l'a été la dernière fois qu'il s'est trouvé dans votre compagnie.

A l'égard de sa sœur , elle s'est précipî» tée , comme vous le voudriez faire , maî« gré tous ses avertissemens. Il lui avoit déclaré à quoi elle devoit s'attendre , si elle faisoit le mariage qu'elle a fait : il lui tient parole , comme tout honnête homme y est obligé. Il en doit cuire , pour les fautes dont on est bien averti ; prenez garde que ce cas ne soit le vôtre. Remarquez bien cela.

Son oncle ne mérite de lui aucune fa« veur ; car il n'a rien épargné pour supplanter M. Solmes , attirer vers soi la successionb^ de son frère sir Olivier , qui avoit toujours été destinée pour M. Solmes , leur neveu commun. Trop de facilité à pardonner ne fait qu'encourager les offenses. C'est la maxime de votre dignepère , et si elle étoit mieux observée , on ne verroit pas tant de filles entêtées. La punition est un service qu'on rend aux pécheurs. Les récompenses ne doivent être que pour ceux qui les méritent ; et je suis d'avis qu'on ne sauroit châtier avec assez de rigueur les fautes volontaires.

Quant à son amour , il n'en montre

que trop , si vous le mesurez à ce que vonâ méritez par la conduite que vous avez tenue dans ces derniers temps. Je ne fais pas difficulté de vous le dire. Et c'est son jnalheur , comme il pourra bien arriver que ce soit quelque jour le vôtre.

Pour son avarice que#vous appelez méchamment diabolique , mot assez libre , . je vous en reponds , dans la bouche d'une jeune fille , il vous convient moins qu'à personne de lui faire ce reproche , vous à qui , de son seul mouvement , il propose àe faire donation de tout ce qu'il possède au monde , preuve qu'avec tout son amoUr pour les richesses , il en a encore plus pour vous. Mais , aiîn qu'il ne vous reste aucun excuse de ce côté-là , nous le lierons pai: des articles que vous dicterez vous-même , et nous l'obligerons à vous assigner une somme honnête , dont vous disposerez entièrement à votre gré. C'est ce qu'on vous a déjà déclaré , et ce que j'ai dit à Mde. Howe , cette bonne et digne dame , en présence de son orgueilleuse fille , dans la vue que cela vous fut rapporté.

Pour réfuter la prévention dont on voua accuse pour Loveîace , vous ofïrez de ne. Jamais le prendre sans notre consentements N'est-ce pas nous dire clairement , que, vous espérez toujours l'avoir de notre con-. sentement , à force de nous bercer et de .nous fatiguer ? Il conservera toujours les, espérances , aussi long-temps qu'il vous

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^t^erra fille. Et pendant ce temps là , il faudra toujours nous voir tourmentés par vous , et être continuellem.ent exposés k son insolence et à ses menaces. Souvenezvous de dimanche dernier , petite fille î que seroit-il arrivé , si votre frère et lui s'étoient rencontrés ? Faut-il vous dire aussi que vous ne ferez pas , d'un esprit tel que le sien , ce que vous pouvez espérer de faire du digne M. Soîmes ? Vous faites trembler l'un ; l'autre vous fera trembler vous-même : . remarquez bien cela. Vous n'aurez personne alors à qui vous puissiez avoir recours. S'il arrivoit quelque mésintelligence entre vous et M, Soîmes , nous pourrions tous nous entremettre , et ce ne seroit pas sans effet ; non. Mais avec l'autre , on vous diroit : Tire^- POILS d'affaire , vous Pavez bien mérité. Personne ne voudroit ou n'oseroit ouvrir la bouche en votre faveur. II ne faut pas , ma nièce , que la supposition de ces querelles domestiques vous épouvante. Le mois de miel , l'heureux mois du mariage n'est aujourd'hui que de quinze jours , et le jambon de Dunmow , suivant l'information que j'ai reçue , n'est plus réclamé des époux , quoiqu'au dire de quelques-uns il îie manquât jamais de l'être jadis ( * )j

(*) Allusion à une ancienne coutume angloise: on donnoit , dit-on , un jambon ou tranche de lard au couple qui avoit été marié un an entier j^ sans avoir eûseiûbk aucune querelle.

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C'est im drôle d'état , mon enfant , que îé înariage , soit que les deux parties s'accouplent elles-mêmes , ou qu'elles suivent la direction de leurs parens. De trois frères que nous sommes , il n'y en a qu'un , €omme vous savez , qui ait eu le courage de se marier. Et pourquoi , à votre avis ? parce que l'expérience d'autrui nous a rendus sages.

N'ayez pas tant de mépris pour l'argent. Vous en apprendrez peut-être la valeur.

C'est une connoissance qui vous manque , et que , de votre propre aveu , M. Solmes est capable de vous donner.

Oui , sûrement, je condamne votre chct»

leur. Je ne passe rien à des chagrins que vous vous attirez vous-même. Si je ne les croyois pas mérités, je serois volontiers votre avocat : mais c'est un de mes anciens principes , que les enfans ne doivent pas disputer contre l'autorité de leurs parens. Lorsque votre grand-père vous laissa son bien , quoique ses trois fils , un petitlils et votre sœur ainée fussent existans , nous y acquiesçâmes tous. Par quelle rai-* son ? il suffisoit que notre père l'eût voulu. C'est à vous d'imiter cet exemple. Si vous n^y êtes pas disposée , ceux qui vous le donnent n'en sont que plus en droit de vous trouver inexcusable. Remarquez cela, ma nièce.

Vous parlez de votre frère d'un ton trop méprisant , et dans la lettre que vous

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lui écrivez , vous n'êtes pas assez respec^ tueuse , non plus que dans celle que vous écrivez à votre sœur. Votre frère , après tout , Madame , est votre frère , et d'un tiers plus âgé que vous. C'est un homme. Et lorsque vous avez tant de considération pour une connoissance d'un an , ayez la bonté , je vous prie , de ne pas oublier ce qui est dû à un frère , qui est , après nous trois , le chef de la famille , et de qui dépend en un mot , le nom , comme du devoir de votre complaisance dépend le plus noble plan qu'on ait jamais formé pour î'honneur de la famille dont vous sorteZa Permettez-moi de vous demander si l'honûeur de votre famille ne vous honore pas ? Si vous ne le pensez pas , vous en êtes d'autant plus indigne. On vous fera voir le plan , à condition que , bon ou mauvais , vous promettiez de le lire sans préjugé. Si Famour de ce libertin ne vous a pas troublé le cerveau , je suis sûr que vous l'approuverez. Mais si vous êtes folle ,, M. Solmes fût-il un ange , cela ne serviroit de rien ; car le diable est l'amour , et l'amour est le diable , lorsqu'une femme se le met dans la tête. J'en ai vu plus d'ua exemple.

Quand M. Solmes serait le seul homme qui existât dans la nature , vous ne pou-*' driei pis de lui. Vous ne voudriez pas 5. Miss î En vérité cela est charmant., Nous, ?oyons combienil y a d'amertume en eiFet

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dans votre esprit. Ne soyez pas surprise J puisque vous en êtes à vos t^ous ne pou-r drie\ pas , que ceux qui ont de l'autorité sur vous disent à leur tour : nous voulons nous , que vous ayez M. Solmes. Et je suis du nombre. Remarquez bien cela. Et s'il vous convient de dire non , il nous convient à nous de dire oui. Ce qui est borv pour Monsieur est bon pour Madame. Mettez encore cela au nombre de vos remarques.

Je vous dirai tout humblement que j'ap-* prébende bien que M. Scimes ne soit un homme , et un homm.e d'honneur. Gardezvous par conséquent de le pousser trop. Il çst aussi touché de pitié peur vous que d'amour. Il répète sans cesse qu'il vous convaincra de son amour par des actions ^ puisqu'il ne lui est pas permis de Texprimerpar des paroles ; et toute sa confiance pour l'avenir est dans votre générosité. Nous supposons en effet qu'il peut s'y fier. Nous l'exhortons à le croire , et cela scutient son courage; de sorte que c'est à votre père et à vos oncles qu'il faut vous en prendre de sa constance , et ce doit être encore une marque de votre obéissance ; vous m'entendez ?

Vous devez sentir qu'en me disant , comme vous faites , qu'il y auroit de l'injustice à vous , à accepter \qs articles qui vous sont of%rts ; votre réflexion tombe sur votre père et sur nous. Cela nous auf

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iroît étonnés autrefois ; mais aujourd'hui ^ non. Il y a , dans votre lettre , quantité d'autres endroits qui ne méritent pas moins de censure ; mais nous les attribuons à ce que vous nommez l'amertume de votre ccEur. Je suis bien aise que vous nous ayez fourni ce mot , parce que nous aurions été embarrassés à trouver le vrai nom. Je voudrois néanmoins qu'on eût pu lui en donner un plus favorable.

Je n'ai pas cessé de vous aimer tendrement , Miss ; et quoique ma nièce , je vous regarde comme une des plus charmantes demoiselles que j'aie jamais vues. Mais , sur ma conscience , je vous crois obligée d'obéir à votre père et à votre mère , et d'avoir de la complaisance pour mon frère Jules et pour moi. Vous savez fort biea que nous n'avons que votre avantage à cœur , pourvu qu'il s'accorde , bien entendu 5 avec l'avantage et l'honneur de nous tous. Que faudroit-il penser de ceîua d'entre nous qui ne chercheroit pas le bien commun , et qui voudroit armer une partie contre le tout î Dieu nous en préser/e vraiment ! Vous voyez que je suis pour le bien de tout le monde. Que me reviendrat-il à moi , de quelque manière que les choses tournent ? Ai-je besoin du bien de personne pour moi ? Mon frère Jules u^en peut-il pas dire autant ? Et puis, ma nièce Clary , songez à ce qui vous en arriveroita

Oh ! mais , j/ous ne jpoui^'ci pas aimer^

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M. Solmei ! Je vous dis , moi , que voits ne savez pas de quoi vous êtes capable J Vous vous encouragez vous-même dans votre dégoût. Vous permettez à votre

cœur de se révolter Je vous assure que

je n'aurois jamais cru ce petit cceur aussi avancé. Faites un effort sur lui , ma nièce , et pousse7{^le en avant aussi vite qiUil re-^ cule en arrière. C'est ce que nous faisons nous autres à l'égard de nos matelots et de nos soldats , dans nos combats de mer et de terre aussi , sans quoi nous ne vaincrions jamais. ISous sommes tous certains que vous remporterez la victoire ; pourquoi ? parce que vous le devez. Oui , voilà ce que nous pensons , de quelque manière que vous en pensiez vous-même. Et de qui vous imaginez-vous que les pensées doivent avoir la préférence ? Il se peut que vous ayez plus d'esprit que nous ; mais si vous êtes plus sage , il est donc bien inutile à quelques-uns de nous d'avoir vécu trente ou quarante ans plus que vous.

Je vous ai écrit une lettre tout aussi longue que la vôtre : peut-être n'est - elle pas écrite si vivement , ni dans un style aussi poli que celui de ma nièce ; mais je suis persuadé que la force des argumens est de mon côté , et vous m'obligerez considérablement si vous me faites connoitre par votre soumission à tous nos désirs , que vous en êtes persuadée aussi. Si vous m'en faites rien , vous ne devez pas comp-

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ter trouver en moi im avocat , ni même \m ami^ quelque tendrement que je vous aime ; car ce sera même un chagrin poui: moi d'avoir le titre de Votre oncle.

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