RÉPONSE
Dimanche au soir ,
«< Cest un grand chagrin pour moi , ma chère nièce , qu'il y ait quelque chose au monde que je sois forcé de vous refuser. Cependant 5 telle est la nécessité où je suis. Car si vous ne faites pas un effort sur vous-même , pour nous complaire dans un point sur lequel nous étions liés par des promesses d'honneur ^ avant que nous ayons pu prévoir une si forte opposition , TOUS ne devez point vous attendre à re-
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devenir Jamais ce que vous avez été pour
nous tous.
En un mot , ma nièce , nous sommes une phalange en ordre de bataille. Vos lectures ne vous laissent ignorer rien ^ hors ce que vous devriez le mieux savoir. Ainsi cette expression vous fera juger que nous sommes impénétra.bles à vos persuasions , et retranchés dans une invincible: persévérance. Nous sommes convenus en« tre nous , que tous. céderont ou personne ^ et que l'un ne se laissera point fléchir sans, l'autre. Ainsi vous connoissez votre destinée , et vous n^avez point d'autre- parti, que celui de vous rendre.
Je dois vous représenter que la vertu, d'obéissance ne consiste pas à obliger pour être obligée à son tour , mais àfaire le sacrifice de son inclination ; et c'est en cela: qu'il y a quelque mérite.
A Fegard de votre expédient , je ne puis; vous recevoir chez moi. Miss Clary, quoi^ que se soit une prière que je ne me seroisjamais imaginé devoir vous refuser. Quand: vous seriez fidelle à votre parole, de nevoir personne sans notre consentement ^ vous pourriez^ écrire à quelqu'un et rece~voir de ses lettres. Nous savx)ns trop bien: que vous îe pouvez et que vous l'avez fait. Notre honte et notre pitié n'en sont que plus grandes.
Vous offrez , Miss , de renoncer au mariage. Et nous , nous soujiaitons de vous
DE CtARISSE HaRLOV/E. 395 Voir mariée. Mais parce que vous ne pouvez obtenir Thomme où votre cœur s'est attaché , vous ne voulez aucun de ceux que nous vous offrons. Oh bien , Miss l comme nous savons que , de manière ou d'autre , vous êtes en correspondance avec lui, ou que du moins vous y avez été aussi long -temps que vous l'avez pu , et qu'il nous brave tous , audace qu'il n'auroitpas, s'il n'étoit pas sûr de vous , en dépit de toute la famille ; ( ce qui n'est pas , vous pouvez bien le penser , une petite mortification pour nous ) notre résolution est de le frustrer de ses espérances , et de triompher de lui , plutôt que de souffrir qu'il triomphe de nous. C'est voîîs dire tout dans un seul mot. Ne comptez donc pas sur moi pour votre avocat. Je ne veux point plaider pour vous ; et en voilà bien assez de îa part de votre oncle mécontent »
Jules Harlowe.
P. S. Pour îe reste , je m'ea rapporte à mon frère Antanin,.