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II. :— LES FORMES COMPLIQUÉES

A) Les kystes hémoptoïques.

Le plus souvent, les hémoptysies méritent d’être considérées comme des complications qui se surajoutent à la symptomatologie habituelle des kystes.

Parfois bénignes, elles sont retrouvées à l’interrogatoire des malades (SERGENT, PRUVOST et COLETSOS, J. MARIE, BARIÉTY, Corp, COURY, AUDEBERT, MOCKER, LÉGER).

D’autres fois graves par leur abondance ou leur répétition, elles ont pu nécessiter l’exérèse du lobe atteint (SANTY, LEVRAT, BÉRARD). d

Quelquefois, l’hémoptysie est révélatrice, éclatant comme premier et seul symptôme; et l’on comprend que ces formes aient évoqué la ‘tuberculose.

A” | LPO La survenue d’hémoptysies implique-t-elle la nature congénitale du kyste, comme le pense DUBARRY dans sa thèse ? Il ne le semble vraiment pas. Les emphysèmes bulleux, les dilatations des bronches, nous l’avons dit et nous le reverrons, donnent aussi des hémoptysies.

B) Les kystes infectés.

L’infection des cavités kystiques et du parenchyme voisin donne lieu à des manifestations radio-cliniques décrites par PRUVOST, LEBLANC, DELORT et COLETSos (Pr. Méd., 24 juillet 1935).

— Une expectoration muco-purulente banale et peu abondante, un foyer pulmonaire discret avec bruits adventices, unétat général peu altéré, peu de fièvre, parfois une hémoptysie dominent la symptomatologie.

— La découverte radiologique d’un kyste isolé ou d’une maladie polykystique est parfois impossible en période aigué, la lésion kystique étant masquée par la réaction inflammatoire (cf. cas PRUVOST et A. MEYER).

D’autres fois, au contraire, le kyste n’est visible qu’à l’occasion de ces infections bénignes et transitoires (cf. cas DUMA- REST).

On conçoit que cet aspect clinique amène à discuter :

1° la tuberculose qu’évoquent l’expectoration muco-purulente et le foyer pulmonaire (PRUVOST et TULOU et BARIÉTY, Corp et Coury). L'absence de B. K., l’état général meilleur, seront des arguments de valeur, avant de découvrir l’image aux contours fins et sphériques;

2° l'emphysème aigu, les pneumatocèles, survenant, nous le verrons, au décours de pneumopathies aiguës, peuvent être . aussi confondues avec ces kystes infectés.

C) Les kystes suppurés.

« La suppuration est souvent un des premiers signes révélateurs des formations kystiques, et celles-ci ont droit de cité maintenant dans le domaine des suppurations pulmonaires »

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(PruvosT, MEYER, Roy et DEPIERRE, Pr. Méd., 19 novembre 1938, p. 1710). Dans ces cas, le rejet de pus abondant en vomique ou pseudo-vomique peut évoquer l’idée d’une suppuration pleurale, bronchique ou pulmonaire.

1° Les kystes suppurés simulent parfois si bien la suppuration pleurale que le diagnostic n’est parfois réformé qu’à l’autopsie (SERGENT, KOURILSKY, DURAND, PATALANU).

Soit qu’on pense à la pleurésie enkystée ou interlobaire (ELOESSER et DWELSHAUSERS)

— la topographie et la forme de la collection ne suffisent pas à faire le diagnostic, car certaines pleurésies ont une forme arrondie (PRUVOST et OBERLIN) ;

— l'épreuve du lipiodol qui ne pénètre pas dans les pleurésies fistulisées est alors d’un grand secours.

Soit qu’on évoque le pyopneumothorax ouvert dans les bronches (SANTY, BARBIER, TRÉPOZ, BÉRARD, SANTY, GALY). On a proposé comme signes distinctifs :

— en faveur du pyopneumothorax un angle de raccordement à la paroi dont la pointe est en haut et la rétraction de la base thoracique;

— en faveur du kyste suppuré, un angle de raccordement dont la pointe est en bas sans rétraction de la base.

D'autres fois, les kystes suppurés réalisent le tableau

de suppuration bronchique :

A des poussées fébriles, avec rejet de pus presque quoti-

dien facilité par certaines positions entrecoupées de périodes quasi-normales, évoquent beaucoup la dilatation des bronches:

— pourtant, les signes distinctifs que nous étudierons ail-

leurs, permettent de découvrir soit un kyste isolé hydroaérique (PRUVOST et MEYER), soit une maladie polykystique aux cavités très nombreuses remplaçant le poumon sans intervalle de parenchyme sain.

Enfin les kystes suppurés ont souvent l'allure d’abcès

pulmonaires, parce que c’est l’aspect de foyers circonscrits

caractérisés par une suppuration fébrile, continue ou intermittente, en rapport avec un drainage qui se fait mal.

— Tantôt, c’est le tableau d’une collection suppurée à évo-

lution chronique se faisant par poussées intermittentes et répétées; à chaque poussée, la fièvre, l’image hydroaérique presque remplie de liquide, sans grande réac-

tion de voisinage, traduisent la rétention.

Tantôt l'allure est plus aiguë. A l’occasion d’une infection, angine, rougeole, staphylococcémie, la suppuration du kyste se traduit par de la fièvre avec un abondant rejet de pus, parfois une hémoptysie et un état souvent alarmant; l’image hydro-aérique est d’abord masquée par la réaction parenchymateuse. Mais la suppuration se calme souvent vite et définitivement. Le nettoyage radiologique est particulièrement rapide, comme y insistaient TROISIER, BARIÉTY et HAUTEFEUILLE.

Tantôt enfin, il s’agit d’abcès développés au voisinage du kyste, comme dans le cas de PRUVOST, BRINCOURT et Mile AUBIN, où tout le lobe inférieur fut le siège de manifestations pneumoniques avec image d’abcès vrais au début cachant un kyste qui n’apparut nettement qu'après un, nettoyage radiologique tardif.

On conçoit que de telles formes posent des problèmes diagnostiques particuliers

s a) l’abcès pulmonaire donne une image moins arrondie,

moins régulière, avec réaction du voisinage, et ne s’emplit pas de lipiodol. Mais des exceptions s’observent des deux côtés. Lors d’une pneumotomie, on pense à l’abcès si le drainage est efficace ou si il y à restitution d’un séquestre et si la cavité s’affaisse (SANTY, GALY). Mais les abcès chroniques sont de diagnostic particulièrement difficile, surtout si leur cavité s’épithélialise. ; l’abcès soufflé a des contours plus épais, il n'existe pas sur des graphies antérieures et ne laisse après guérison aucune image sphérique. Mais SANTY, BÉRARD, GALY

d’une part, PRUVOST d'autre part, insistent sur la difficulté du diagnostic; | la bulle d’'emphysème infectée est très rare, imperméa-, ble au lipiodol (GARCIA, OTERO, BRULÉ, HILLEMAND et DELARUE), LECŒUR et MATHEY);

lemphysème aigu ou pneumatocèle, survenu au décours de pneumopathie ou de septicémie, peut poser un problème délicat, car il peut simuler un kyste suppuré au déclin de l'épisode infectieux... La question de l’emphysème aigu mérite une étude spéciale qui sera faite plus loin.

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