MAT
B. Artérites oblitérantes chroniques des membres inférieurs : 126 cas.
Nous voulons établir ici une classification topographique aussi exacte que possible, ce qui nous oblige à récuser un certain nombre de nos observations qui ne permettent pas de localiser avec assez de précision le niveau de l’oblitération. :
Ce niveau ne peut-être déterminé que par l'association des données cliniques : la palpation comparée des pouls, et des données artériographiques.
C’est grâce à une combinaison de renseignements provenant de cette double source : clinique et artériographique, que sont établis les chiffres suivants :
Artérites chroniques oblitérantes des membres inférieurs. — sur 126 cas : 100 cas utilisables.
a) Oblitérations unilatérales : 27.
® — Iliaque : primitive. ..... l | CXTCNES 2RTE los Primitive + externe. ... 1!
— Fémorale fémorale pures re M22 Fémorale + poplité. .... 1 | 24 Fémorale + bifurcation. 1 Ubio-péronière <= Poplitée. LiESnREnREer 4 4 — Distale hbiale postérieure mie Dédieuse = MORT 3 | Tibiale postérieure + pé- $ dieuse "5 SR 2 |
b) Oblitérations bilatérales : 63.
— Oblitération ilio-iliaque. . 5 ilio fémorale bilatérale d’emblée...... 9
bilatérale successive..... 3
DeT4 res
— Oblitération bi-fémorale :
bilatérale d’emblée...... 17 97 bilatérale successive..... 10 fémorale + poplité. .... 1 fémorale + distale. ..... 14
— Oblitération distale bilatérale :
DÉdISIATES SR ie NAT bi-tibiale postérieure.... 2 DI-DÉdEUSÉ ri nt: 9221 disto-pédièuse. 35,7%: 410% 3 disto-tibiale. ....... Das EE)
Commentaires
Nous ne considèrerons ici que les formes topographiques. Les formes cliniques particulières selon l’évolution ou le mécanisme pathologique n’entrent pas dans ce chapitre ; nous les avons signalées au début uniquement pour donner une idée de leur rareté par rapport aux formes habituelles. Nos commentaires portent donc sur les 107 cas d’artérites oblitérantes utilisables sur les 133 dont nous devrions disposer. Ce déchet de 26 cas est important. Il s’explique en partie, parce que certaines observations manquent de la précision suffisante sur les renseignements fournis par la palpation des pouls, surtout parce que les examens artériographiques n’ont pas été toujours pratiqués ou n’ont pas fournis de clichés valables. Il nous semble pourtant, compte tenu de ce déchet, que nous pouvons nous autoriser à certains commentaires inspirés par un peu plus d’une centaine de cas.
1° Proportion entre les oblitérations artérielles du membre supérieur et du membre inférieur.
Nous relevons trois oblitérations du membre supérieur contre 104 des membres inférieurs, en groupant sous ce terme tout le territoire artériel depuis la terminaison aortique jusqu'aux artères terminales du pied. En excluant les oblitérations pelviennes pures, au nombre de 12 on a
Bruguier 4
HS Orne
le nombre de 3 contre 92. Ce pourcentage est faible. En réalité, il l’est encore davantage, car, sur trois observations d’artérites du membre supérieur, l’une prête à discussion.
OBsERVATION : Italien âgé de 44 ans, sans antécédents pathologiques. A la fin du mois de mai 1950, apparition dé douleurs à type de brûlures dans les doigts de la main gauche, surtout l’auriculaire à prédominance nocturne. Le 20 juin, c’est-à-dire un mois après le début de ces phénomènes douloureux, deux petites plaques de gangrène sèche se développent sur la dernière phalange de l’index et les deux dernières phalanges de l’auriculaire de la main gauche. Un chirurgien fait d’abord une dizaine d’infiltrations stellaires sans résultat appréciable, puis palpant l’humérale ne sent pas le pouls et pratique une artériectomie de l’humérale. Sédation légère des douleurs, maïs persistance des lésions gangréneuses, ce qui conduit le chirurgien a adresser le malade au service, où il entre le 5 juin 1950, 15 jours après le début de la gangrène digitale. Une artériographie par l’axillaire montre que la vascularisation de l’avant-bras est pauvre, se faisant surtout par une artère inter-osseuse, sans réhabitation radiale ni cubitale. L’examen clinique et radiographique montre l’existence d’une cote cervicale complète à gauche, un peu moins développée à droite où il n’existe aucun trouble dans le domaine du membre supérieur. On pratique alors, une ablation de la cote cervicale gauche dans la pensée qu’elle peut exercer une action spasmogène sur les artères du membre supérieur gauche. Sans résultat d’ailleurs. On est forcé à une amputation du cinquième doigt avec résection de la moitié distale du métacarpien. Mais le: sphacèle s’étend avec développement d’une infection ascendante, les douleurs sont intolérables. La partie est jugée définitivement perdue et on pratique une amputation du bras au tiers moyen qui cicatrise bien.
A propos d’une telle observation, on est en droit de se demander s’il s’agit d’une artérite du membre supérieur ou si on doit la considérer comme un accident artériel par cote cervicale. Notons que les cotes cervicales sont bilatérales et l’oblitération localisée à une seule humérale. Pour le moins, il faut considérer cette artérite comme secondaire à une cause loco-régionale, sinon déterminante, du moins prédisposante. Sur nos trois cas d’artérite du membre supérieur, une se rattache donc à une oblitération artérielle secondaire et non à la maladie artérielle thrombosante à l’état pur. Il reste deux artérites authentiques du membre supérieur, contre 92 artérites du membre inférieur proprement dite et sur un total de 133 oblitérations chroniques habituelles.
Ivan Bertrand examinant les pièces d’artériectomie de Leriche relève : deux artères humérales et une axillaire