‹ Classification et résultats du traitement chirurgical des artères des membresChapitre 42 sur 66 · I. — Les décès · texte numérisé non relu

I. — Les décès

1° Décès opératoires.

Le nombre de 3 sur 22 observations est assez élevé. En réalité, l’une au moins de ces morts aurait dû être évitée.

OBsERVATION n° 4 : Il s’agit d’un malade de 32 ans, hospitalisé en octobre 1947 pour une oblitération bi-latérale.

Le début remonte à 3 ans par des fourmillements dans les pieds, une douleur à la marche sans claudication typique. Rapidement, apparaissent des douleurs de décubitus. Ulcération de 2 orteils gauches obligeant à amputer ces orteils. Echec d’une sympathectomie, péri-fémorale gauche. Puis ulcération du gros orteil et de la plante du pied droit.

A l’entrée, on diagnostique une oblitération fémorale bi-latérale.

L’artériographie droite montre une fémorale rigide, très grèle, une oblitération segmentaire de la poplitée, avec réhabitation, mais vascularisation jambière assez déficiente.

MANU "s

On décide d'exécuter d’abord une sympathectomie lombaire droite. Le 25 octobre 1949, mais le malade meurt en cours : d'intervention d’une syncope anesthésique.

Il s’agit dans ce cas, d’une mort causée par une faute d’anesthésie, qui aurait dû être évitée.

Par contre, pour les deux autres cas, le décès est dû certainement à l'intervention, ce qui d’ailleurs, met en question, à leur propos, la légitimité de l'indication opératoire.

OBSERVATION n° 114 : Homme de 70 ans, ayant présenté, il y a 3 ans un ictus laissant une paralysie qui a regressé en une quinzaine dans les deux jambes en « coup de bâton ». Depuis, douleur de décubitus, et troubles d’ischémie au niveau des extrémités. Le malade est obligé de mettre les pieds en position déclive durant la nuit. L’aortographie montre une oblitération de l’iliaque primitive. La vascularisation en aval est des plus faible. La collatéralité est très pauvre. En raison de l’ictus, des signes électrocardiographiques de myocardite et de l’âge du malade, on décide de .se borner à une intervention sympathique.

Le 21 juillet 1950 sympathectomie lombaire bi-latérale en un temps (technique de Dos Santos). Les suites sont immédiatement troublées, température élevée, accablement, prostration extrême. Le malade meurt 10 jours plus tard, malgré un traitement intensif dans un état de marasme.

Il est certain que la sympathectomie bi-latérale en un temps était une intervention trop importante chez ce malade. Peut-être, au surplus, eût-il été préférable de faire une sympathectomie basse par voie latérale, plutôt qu’une sympathectomie haute par la voie de Dos Santos.

OBSERVATION 124 : Femme de 67 ans, hospitalisée le 21 juillet 1950 pour artérite diabétique. Syndrome bi-latéral de claudication intermittente. Douleurs de décubitus. Début de gangrène sèche des deux pieds. On note dans les antécédents une hémi-parésie droite datant de 2 ans et ayant laissé une légère paresie faciale. L’artériographie montre, à gauche une oblitération huntérienne, à droite, une oblitération de la tibiale antérieure avec des artères de gros calibre et extrêmement irrégulières.

Le 10 août 1950, sympathectomie lombaire (technique Dos Santos). Suites bonnes.

Le 1° septembre 1950 : sympathectomie lombaire gauche (Dos Santos). Le lendemain de l'intervention coma, peut être diabétique et mort.

Le bénéfice de l’intervention sympathique n’a pas voulu être refusé à ces 2 malades. Pouvait-on d’ailleurs avancer, à leur sujet, une contre-indication opératoire formelle.

a) Les accidents cérébraux antérieurs ne sont pas rares pour l’ensemble des artérites artérioscléreuses. Pourtant, dans la majorité des cas, l'intervention chirurgicale est bien supportée par ces malades.

b) L’atteinte cardiaque est presque de règle chez les

artéritiques ayant dépassé 65 ans, mais la plupart d’entre eux ont été, dans notre série, sympathectomisés sans incident, bien que présentant parfois des lésions cardiaques beaucoup plus accusées et, en particulier, des séquelles d’infarctus myocardique.

+ €) L’âge n’était pas supérieur à la moyenne de nos opérés âgés. On peut donc estimer que l'indication opératoire était ici, légitime. On doit pourtant retenir que la sympathectomie lombaire bi-latérale en un temps, si on veut l’appliquer aux malades âgés risque d’être grevée d’une mortalité opératoire non négligeable. Par contre, à l’heure actuelle, étant donné l’amélioration de l’anesthésie et de la réanimation, la sympathectomie lombaire uni-latérale doit être considérée comme une opération bénigne même chez un malade âgé, surtout si l’on a recours à la voie latérale et, de préférence, à la technique de dissociation musculaire.

29 Malades décédés depuis l’intervention.

Ils sont au nombre de deux. Pouvons-nous envisager, à leur propos, le résultat obtenu entre l'intervention et lerdéces:?

OBSERVATION n° 51 : Homme de 46 ans, examiné en décembre 1947 pour artérite bi-latérale. Jamais de claudication, mais paresthésies dans la cuisse droite depuis 2 ans. Et il y a un mois et demi douleur de décubitus et nécrose du troisième orteil droit. Peu après, phénomènes identiques à gauche ; seules les pédieuses sont abolies des 2 côtés. Après infiltrations lombaires, pénicilline intra-artérielle et ablation des 2 ongles infectés.

Le 6 janvier 1948 : sympathectomie lombaire bi-latérale (technique de Dos Santos). Un mois après résultat remarquable. Mais en avril de la même année.infarctus du myocarde avec exacerbation des phénomènes douloureux au niveau du membre.

Décès en octobre 1948, 10 mois après l'intervention sympathique.

OBSERVATION n° 88 : Femme de 72 ans, hospitalisée en mai 1949 pour artérite diabétique. Claudication intermittente apparue il y a un an.

Bruguier

Page 1