C. — Les complications post-opératoires
a) Cérébrales.
Nous relevons une complication cérébrale majeure car il s’agit d’une hémiplégie post-opératoire définitive.
OBsERVATION 45 : Homme de 53 ans hospitalisé en octobre 1948, pour artérite du membre inférieur droit. Apparition d’une ciaudication intermittente de ce côté, il y a 5 mois. Le pouls pédieux n’est pas perçu. Le pouls tibial postérieur est plus faible qu’à gauche où tous les pouls sont perçus normalement. Une artériographie droite après dénudation ne montre pas d’oblitération sur la fémorale, mais une diminution de calibre de l’artère spécialement au niveau du canal de Hunter, et une gracilité générale des collatérales. Par ailleurs, la tension artérielle est à 22/10. L’examen électrocardiographique montre une inversion de T. 3 et un Q.3.
profond. Le diagnostic hésite entre artériospasme ou thromboangiose avec coronarite. En raison de l’âge, on se borne à pratiquer une sympathectomie lombaire droite. Le résultat immédiat est bon. Néanmoins, un peu moins de 2 ans plus tard, apparaît une claudication du membre opposé. Le malade est à nouveau hospitalisé. L’artériographie gauche montre une oblitération de la fémorale superficielle jusqu'à mi-Hunter.
Devant la persistance de l’évolution qui manifeste une tendance thrombosante, on pose le diagnostic de thrombo-angiose bien que le malade ait à ce moment 56 ans, et on porte l'indication d’une surrénalectomie. Le 4 mai 1951 surrénalectomie gauche, avec sympathectomie portant sur les deux premiers ganglions lombaires.
L'intervention est difficile, car le malade est gras. L’anesthésie irrégulière avec dès le début, une grosse chute tensionnelle qui se maintient durant l'intervention. Les suites sont très compliquées. Le malade tarde à se réveiller. Le lendemain, il est à demi inconscient et, il se constitue alors une hémiplégie gauche progressive frappant d’abord, et plus lourdement le membre supérieur, puis le membre inférieur, s’accompagnant d’une aphasie. Un état de choc important se prolonge pendant 4 à 5 jours, puis se dissipe et l’aphasie régresse à son tour. Mais l’hémiplégie persiste et très vite une escharre talonnière se creuse.
A l'heure actuelle, le malade présente une hémiplégie spasmodique, plus marquée au niveau du membre supérieur. Il n’entre pas dans notre intention de discuter à fond le problème de cette complication de la surrénalectomie. Elle entre dans le cadre des hémiplégies post-opératoires, dont l’explication est en dehors de notre propos. Il faut pourtant signaler la complexité des éléments en présence. Il s’agit ici d’un malade qui présentait très certainement une pan-vascularite, atteint d’une hypertension, et dont le cœur accusait des modifications électriques ; par ailleurs l’anesthésie avait été difficile, marquée par une très importante chute tensionnelle.
Ainsi la responsabilité directe de la maladie artérielle ou de la surrénalectomie apparaît-elle comme très difficile à établir.
b) Complications pulmonaires.
L’atélectasie post opératoire nous a paru un accident non exceptionnel. Nous la relevons trois fois.
Dans l'observation 92 déjà analysée, elle siège à droite et accompagne un pneumothorax lié à l’ouverture opératoire de la plèvre.
Dans l’observation 94, homme de 19 ans. Surrénalectomie le 23 décembre 1950 dans de bonnes conditions par incision latérale sans résection costale. Durant les trois premiers jours, température et expectoration abondante en rapport avec une atélectasie lobulaire.
Dans l'observation 136, homme de 28 ans. Surrénalectomie le 9 novembre 1950 avec résection costale. Une atélectasie se constitue le deuxième jour, se traduisant par une