AUTOGRAPHE DE NICOLAS PERROT
Le deuxième volume de la Potherie, qui contient en réalité l’histoire de l’Ouest depuis 1666, n'a plus aujourd’hui le même intérêt, attendu que la source où il avait si largement puisé a été livrée au public.
1 Mémoire sur les Mœurs, Coutumes et Religion des Sauvages de l'Amérique septentrionale, publié pour la première fois: par le R. P. J. Tailhan, Leipzig et Paris, 1864, vrr1-341-XXXIX, in-8.
? Dans le Courrier du Canada du 31 décembre 1894, M. Benjamin Sulte a écrit une notice intéressante sur la vie privée et la famille de Nicolas Perrot.
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Dans son troisième volume, la Potherie a eu l’heureuse idée do raconter l'histoire épisodique de la colonie entre les années 1686 et 1701. C’est l'anecdotier des quinze années qui précédèrent la grande paix concluc avec les barbares Iroquois, le mémorial des héroïsmes qu'elles ont comptés, le livre d’or de la bravoure et du devoir, Ce sont des pages vibrantes, malgré qu’elles soient écrites d'un style prolixe par un écrivain peu exercé, Elles sont animées des plus nobles sentiments dont on puisse proposer l'exemple. L'intérêt en est soutenu. Les personnages se font connaître à nous par leursactes ; vous ne verrez là ni analyses, ni paysages, mais ceux qui aiment l’histoire de leur pays, qui lisent surtout ces récits d'antan, n'y cherchent pas les enjolivements littéraires. L'auteur connaît bien toute cette période tourmentée, ct il a su en tirer partie. Année par année, il nous raconte les traîtreuses et perfides attaques des Iroquois sur des forts perdus dans la campagne isolée et presque sans défense. Il nous dit la bravoure des paysans et comment les officiers qui étaient à leur tête savaient repousser l'ennemi. D'’aucuns l’accuseront peut-être d’avoir mis une trop grande abondance de détails, mais la Potherie ne veut rien oublier, et il nous en donne la raison. ‘En diminuant cet ouvrage, dit-il, plusieurs officiers du Canada auraient pu se plaindre de les avoir mis en oubli, La guerre que nous avons eue avec cette terrible nation est trop cruelle pour ne pas citer jusques au dernier subalterne et habitant même qui y ont pris part. Ilest juste de transmettre à la postérité ce qu'il ont tous fait et soutenu pour la gloire du Roi,”
Ce sentiment honore la Potherie, Certes, on conserve aux archives du ministère de la guerre en France, avec un soin jaloux, les états de service de tous les officiers militaires qui ont servi depuis le règne de Louis XIV, mais ces dossiers ne contiennent pas les détails de ces escarmouches obscures où de braves gens versaient leur sang au milieu des forêts à des milliers de lieues de la patrie. Et, pourtant, ces héros ont mérité autant que leurs camarades qui combattirent sur les champs de bataille de Fleurus, de Steinkerque, de Stafarde et de Malplaquet.
Que de noms la Potherie a ainsi sauvés de l'oubli! On voit défiler sous nos yeux, dans une rumeur glorieuse, Maricourt, Lemoine, Saint- Ours,la Durantaye, du Planté, Montour, de Mines, Charleville, Repentigny, Courtemanche, la Vallière, de Muy, La Mothe de Cadillac, Mantel, d'Argenteuil, de l'Isle, Vincennes, You de la Découverte, Perrot, la Gemmeraye, Joncaire. Ils sont partout, à Michillimakinac, au fort Frontenac, à la Prairie-de-la-Madeleine, au lac des Deux-Montagnes, sur le lac Champlain, sur les bords de l'Atlantique, dans les hameaux fortifiés de la Nouvelle- Angleterre.
La Potherie n'oublie pas non plus les chefs de guerre des tribus aborigènes : le Baron, Kondiaronk, Auriouaï. Son histoire abonde en traits dignes des héros d'Homère et d'Eschyle.
Un guerrier iroquois converti se rencontre au milieu d’un combat face à face avec son père qui est demeuré infidèle et barbare. 1l abaisse aussitôt
son tomakawk, et lui dit ces simples paroles : “Tu m'as donné la vie, je te la donne aujourd'hui; mais ne te trouve plus sous ma main, car je no t'épargnerais pas.”
La Chaudière-Noire, autre chef iroquois, la terreur de toute l'Amérique, mortellement blessé par un jeune Algonquin de vingt ans, s'écrie : “ Faut-il que moi qui ai fait trembler toute la terre, meure de la main d'un enfant ” |
Auriouaï, chef ami des Français,' est mourant à Québec, On lui parle de Jésus-Christ que les Juifs ont crucifié, et il répond : ‘“ Que n’étais-je là j'aurais vengé sa mort et je leur aurais enlevé la chevelure”,
Le quatrième volume de l’ouvrage de la Potherie, si l'on s'en tient à la simple lecture du titre, est supposé contenir l’histoire des Abénaquis. Mais l'auteur ne parle pas ou peu de cette brave nation, si dévouée, si fidèle aux Français. Il continue à traiter des mœurs et des maximes des Iroquois et de leurs mouvements de guerre. Il s'étend surtout sur les démarches qui furent faites pour arriver à la grande paix générale de 1701. Ici, la Potherie est un témoin oculaire et digne de foi. Il a vu, de ses yeux vu, et il aime à le dire. Cet homme, abondant en paroles comme certains des héros d'Homère, ne nous fait grâce d'aucune des nombreuses harangues qui furent alors prononcées par les chefs sauvages. 11 nous décrit par le menu chacun des colliers qui furent présentés. A Ja longue tout cela devient fastidieux,
Cependant la Potherie sort du terre à terre et a de belles envolées lorsqu'il résume la large part que le gouverneur de Frontenac prit à ces négociations.
Après la grande assemblée tenue à Montréal au mois d'août 1701, où se trouvèrent réunis plus de mille sauvages appartenant à toutes les nations du pays, il s'écrie :
“Tel fut le jour heureux qui fut l'accomplissement de tous les travaux de feu M. le comte de Frontenac, l'amour et les délices de la Nouvelle-France, le père des nations sauvages, ses alliées, et la terreur de cette redoutable nation qui faisait trembler l'Amérique septentrionale. Il avait porté le fer et le feu chez eux à l'âge de 74 ans, en 1695. Il les avait forcés de lui demander plusieurs fois la paix, mais comme il ne voulait pas abandonner ses alliés, il la leur refusa, ii les for£a de consentir à la fin qu'ils y fussent compris. Ils cessèrent toux actes d’hostilité en 1698, et si la mort ne l’eût prévenu cette année, ju'ii donnât le repos à ce vaste continent, il aurait eu la satisfaction de voir amener généralement tous les prisonniers ses alliés qui avaient toujours donné matière à différer la paix.” ?
1 Celui-là même que le gouverneur de Denonville avait fait saisir en 1687 au milieu d’un banquet et qui avait été envoyé sur les galères en France. Frontenac le
ramena au pays en 1689, 2T. IV, pp. 253-254.
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Jamais, en effet, Frontenac ne se montra si grand politique que pendant les huit dernières années de sa vie. C'est alors qu'il donna véritablemeut toute sa mesure,
Habileté à déjouer les intrigues et à parer les coups, sûreté du coup d'œil, fermeté du caractère, forte discipline, activité incessante dans les partis de guerre, choix des hommes, telles furent les qualités que Frontenac sut déployer. Lui seul pouvait démêler ce chaos qui existait depuis tantôt quinze ans et arriver à la paix.
11 est heureux qu'un scribe patient comme la Potherie ait pris le soin de nous rapporter comme le mot à mot de ces événements si pleins d'importance, La masse indifférente peut le trouver ennuyeux et prolixe, mais le chercheur consciencieux et tenace qui veut toucher du doigt les détails les plus intimes n'en a jamais assez.
L'ouvrage de la Pothier se ferme après la description de la paix de 1701. L'année suivanto, l’auteur disait adieu au Canada et s'embarquait pour la Guadeloupe,
Il est assez curieux que la Potherie, qui aimait à écrire, ait laissé tomber sa plume après ce grand effort.
Il nous dit, quelque part :? ‘Il y a peu de personnes qui ne se fasse un mérite de faire l'éloge de sa patrie. J'aurais eu assez de matière à décrire les mouvements des guerres des Caraïbes qui se sont faits dans la Guadeloupe, notre patrie, si la destinée ne m'en eût éloigné pendant plusieurs années.”
Ce projet, la Potherie ne le mit pas à exécution, et il reste devant la postérité avec ses quatre volumes de l'Histoire de l'Amérique septentrionale.
Il existe une dernière édition de l’histoire de Bacqueville de la Potherie qui porte le millésime de 1753. Elle est signalée par Faribault sous le numéro 369, dans son Catalogue d'Ouvrages sur l'Histoire de l'Amérique? Les bibliothèques de l’université Laval et de la législature de Québec en possèdent chacune un exemplaire en quatre volumes. Cette édition porte pour marque d'imprimeur : À Paris, quay des Augustins, chez Nyon fils à l'occasion.
L'auteur de cette étude possède un exemplaire de l'édition de 1753 en quatre volumes, qui porte pour marque d'imprimeur : À Paris, | chez Brocas, Quay de Conti, au Pavillon | du College des Quatre-Nations, aux | Armes de Mazarin.
En comparant l'édition de 1722, que possède la bibliothèque du parlement d'Ottawa, avec l'édition de 1753 que nous avons sous les yeux, il est façile de voir que nous sommes là la victime d’un truc de librairie.
1 Vol. I, p. 89.
De nos jours, afin de créer autour d’un livre une renommée factice de succès et d’allécher ainsi le public, certains éditeurs changent le titre à chaque millier d'exemplaires (souvent même à chaque cinq cents ou même moins), pour y ajouter la mention mensongère de 2°, 3°, 4°, etc., édition, Queiquefois même, une dixième prétendue édition est lancée dans le commerce avant que l’on ait touché à la seconde, et il ne manque pas de gens qui s’y laissent prendre.
Au xvu siècle, les libraires usaient d'une supercherie à peu près semblable, Pour faire écouler plus aisément les exemplaires non vendus d'un livre et leur redonner l'attrait de la nouveauté, ils en renouvelaient simplement le titre, et y ajoutaient la mention : Edition nouvelle. Cela était reconnu de bonne guerre dans le commerce et devint à la jongue une habitude constante.
Comment reconnaître ces faux en librairie qui sont assez bien exécutés pour que les bibliophiles même ne puissent s'y retrouver qu'après un examen attentif ?
Il faut comparer les textes, étudier les caractères de typographie, la disposition de la matière, le nombre de pages, la coupure des mots. C'est surtout par la marque du papier et les traces que laisse l'onglet de la page du titre que l'on parvient à découvrir la vérité,
Dans l'espèce qui nous occupe, l'édition de 1753 est exactement semblable à celle de 1722. Même nombre de pages, mêmes caractères, mêmes coupures de mots, mêmes fautes de casse. L'édition de 1753 n’a de nouveau que le titre et le millésime. Il est facile de voir, du reste, que cette page du titre a été collée au premier in-12.
Dans l'édition de 1722, les lignes 1, 3, 6,15, 16, 17, 19, 25 du titre du premier volume, les lignes 1, 3, 5, 16, 19, 25 du titre du deuxième volume, les lignes 1, 3, 5, 14, 17,23 du titre du troisième volume, leslignes 1, 8, 5, 13, 16, 22 du titre du quatrième volume sont rouges. Dans l'édition de 1753, tout le texte du titre est noir, Dans l'édition de 1753, il y a, à la page 17 du premier volume, une estampe représentant un groupe de sauvages que l'on ne trouve pas dans l'édition de 1722. En revanche, il y a, à la page 24 du deuxième volume de l'édition de 1722, une estampe représentant le martyre d’un missionnaire qui est disparue de l'édition de 1753.
Je crois qu'avec ces indications le bibliophile amateur pourra facile-
ment se retrouver et distinguer l'édition principale de celle qui est démarquée.!
1M. Benjamin Sulte, dans ses Pages d'Histoire du Canada, p. 9, dit que l’ouvrage de la Potherie, bien que recommandé au roi pour l'impression dès le 9 juin 1702, par le censeur Fontenelle, ne parut que cinquante et un ans plus tard, en 1753. Le savant écrivain ne possédait pas alors (1891) les documents qui nous ont permis d'étudier plus à fond la bibliographie de la Potherie. Sur la bibliogrs puie de la Potherie, Cf : Field, Indian Bibliography, n° 66; Carter, Brown Catalogue, vol. III, n° 819; Brinley Catalogue, n 63; Sabin, Dictionary of Books relating to America, from its discovery to the present time, vol. I, n 2692; Stevens, Historical
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Lorsque le livre de la Potherie parut pour la première fois, en 1716, il n’y avait plus guère alors dans le commerce que d:: rééditions hollandaises des ouvrages de Hennepin et de Lahontan. La guerre d’Espagne avait empêché, du moins en France, toute impression de livres traitant des choses d'Amérique. C’est tout au plus si l’on trouve dans les Lettres édifiantes, en 1712 et 1715, deux lettres du P. Gabriel Marest, l’une sur l'expédition de d'Iberville à la baie d'Hudson en 1694, l’autresur le pays des Illinois. En 1713, parut le Journal de Joutel, compagnon de la Salle dans son voyage au Mississipi. En 1715, le libraire Bernard commençait à Amsterdam la publication de son Recueil des Voyages au Nord.
Le livre de la Potherie, qui portait un titre ronflant, dut avoir l'attrait de la nouveauté, Il traitait du reste de matières que les auteurs n'avaient point encore attaquées. Chose assez curieuse les Mémoires de Trévoux, qui rendaient compte alors de tous les ouvrages parus en librairie et ayant quelque rapport avec l'Amérique, ne disent pas un mot de l'Histoire de la Potherie.
L'intérêt que l’on avait pu porter d’abord à l'ouvrage en raison des choses nouvelles qu'il pouvait contenir sur les mœurs aborigènes, dut diminuer considérablement, lorsque parut, er. 1724, le livre si complet et si savant du P, Lafitau sur les mœurs des sauvages américains, comparées aux mœurs des premiers temps. La grande histoire de Charlevoix, publiée vingt ans après, devait reléguer dans l'oubli l’œuvre de l’ancien contrôleur.
L’'historien la Nouvelle-France classifia son devancier avec assez de justice. “Cet ouvrage, dit-il, renferme des mémoires assez peu digérés et mal écrits sur une bonne partie de l’histoire du Canada. On peut compter sur ce que l’auteur dit comme témoin oculaire, il paraît sincère ct sans passion, mais il n’a pas toujours été bien instruit sur le reste.” 1
La Bibliothèque des Voyages, citée par Faribault et Justin Winsor donne une AppIéoIRUoR moins mesurée :
“ Bacqueville, £ elle, a décrit le premier d’une manière exacte, l'établissement des Français à Québée, à Montréal, et aux Trois-Rivières : il a fait connaître surtout dans un grand détail, et en jetant, dans sa narration beaucour d'iatérêt, les mœurs, les usages, les maximes, la forme de gouvernement, la manière de faire la guerre e ‘ : contracter les alliances de la nation iroquoise, si célèbre dans cette contrée de l'Amérique septen-
Collections, vol. I, n 1313; Justin Winsor, Narative and critical history of America, IV, pp. 197, 299, 358. Il n’y a cependant dars ces différents auteurs aucuns renseignements nouveaux.
L'eäition de 1722 vaut ordinairement 10 doilars ‘dans le commerce ; celle de 1753, vaut un peu moins.
1 Liste des Auteurs, vol, VI, p. 414, éd. de 1744,
trionale, Ces observations se sont étendues encore à quelques autres peuplades, telles que la nation des Abénaquis.”
Quoi qu'il en soit de ces divergences d'opinion, la Potherie a été beaucoup cité et les écrivains le consultent encore.
L'auteur a eu tort de donner à son livre le titre d'Histoire de l’Amérique septentrionale. Ce pavillon est trop grand pour la marchandise qu'il a à couvrir. C’était le sentiment de l'historien Garneau. “Il y a, dit-il, peu de pays en Amérique sur lesquels on ait tant écrit que sur le Canada, et il y en a peu qui soient, après tout, aussi pauvres que lui en histoires, car on ne doit pas prendre pour telles plusieurs ouvrages qui en portent le nom, et qui ne sont pas autre chose que des mémoires ou des narrations de voyageurs, comme l'Histoire de l'Amérique septentrionale de la Potherie.!
La Potherie n'est pas un historien, c'est un anecdotier. Le P. Labat, qui l’a connu à la Guadeloupe, nous le montre dans sa nature de créole un peu naïf et mou. Ce n’est pas un homme à caractère viril, ni de forte trempe, ni de beaucoup d'élévation. Sa correspondance privée nous le découvre, discutant avec le Ministre de questions futiles de cérémonial quand les plus graves événements viennent d’assaillir la colonie : la mort de Frontenac et la cessation éminente des négociations de paix,
Dans cette même correspondance privée, la Potherie raconte au Ministre les petites intrigues des gens en place. Il lui fait part des plaintes et des réclamations des négociants de Montréal contre l'établissement de Détroit. Dans son livre, il fait le silence sur tout cela, et il n’a jamais un mot désagréable pour personne. Il garde, devant le public, sur le gouvernement tant civil qu'ecclésiastique, une réserve de commande. Fonctionnaire de l'Etat, un peu besogneux, sentant la nécessité d’avoir des protecteurs, il veut évidemment avoir bonne place dans les papiers de tout le monde. Quelle différence entre cet esprit placide, le ton aigre de Lahontan et la morgue tranchante de La Moihe de Cadillac !
La Potherie a reçu des anciens auteurs un bear témoignage d'estime. Tous le considèrent comme un honnête homme et un témoin digne de foi lorsqu'il parie de choses qu'il a vues. Il est vrai qu’il se contente beaucoup trop d'à peu près dans la partie historique antérieure à son arrivée au Canada, mais aujourd’hui que les portes des dépôts d'archives sont si largement ouvertes aux chercheurs, on le peut contrôler aisément, Pour les trois années qui terminent le xvri° siècle, la Potherie est une autorité que l’on peut invoquer en toute sûreté,
Disons à la louange de l’auteur qu'il est un des rares militaires français qui ait témoigné de la sympathie au colon canadien. Il est peut-être le seul qui lui ait rendu justice dans ses écrits, C’est une bonne note qu'il ne faut pas oublier, quand on se souvient comment nos ancêtres furent traités par l'armée des fonctionnaires que la métropole entretenait dans la colonie,
1 Histoire du Canada, préface, pp. 5-6,
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