‹ Claude-Charles Le Roy de la Potherie [microforme]Chapitre 7 sur 8 · RER ESA · texte numérisé non relu

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imite en tout le bon goût qu'on trouve en France. Ii est difficile de trouver une plus grande union que celle qui est entre les femmes d'officiers,

“Les dames de Québec n'aiment pas tout à fait les manières des Montréalistes : les premières sont beaucoup sur la réserve, principalement les conseillères. Ces états qui sont différents, forment différents caractères d'esprit: les Montréalistes ont à la vérité des dehors plus libres, mais comme elles ont plus de franchise elles ont plus de bonne foi, et sont très sages et très judicieuses.

“ Le Canadien a d'assez bonnes qualités, il aime la guerre plus que toute autre chose, il est brave de sa personne, il a de la disposition pour les arts, et pour peu qu'il soit instruit il apprend aisément ce qu'on lui enseigne ; mais il est un peu vain et présomptueux ; il aime le bien, il le dépense assez mal à propos.”

Ce premier volume est accompagné de seize dessins que la gravure a quelquefois reproduits.

PAGES ‘ Maison et grave à Plaisance................. ...., ....,......,... 16 Troupe de sauvages....................,.....,,. ........,.....,.. 17 Canadien en raquettes............. .. ..... pen enesves mn Barr le 51 Carte de la baie et détroit d'Hudson... soie ma none OS 56 Banquises de glace................... .....,.,.......,,..... .... 66 Vaisseau dans les glaces.................,..,... A TT …... 67 Casse-tête et calumet depuix ............ ...... . ...... nee 76 Canot d'esquimaux.....,................,.., ..., ,..... an ee 80 Troupe d’esquimaux............ PO A LL 81 Naufrage du Péiican............ TE rod 101 Attaque du fort Nelson........ A 105 Figure d'un castor...............,,44,04 ossossosrosssssessee. 132 Vue de: Québec... sous osos sossessessseuseote à ..... 232 Carte du gouvernement de Montréal................. nt en be .. 911 Colliers et branches de porcelaine....... aire ginrentes . 334 Catherine Tekakoüita (morte en odeur de sainteté)............... 352

La Potherie consacre le deuxième volume de son ouvrage à étudier l’histoire des peupludes sauvages alliées de la Nouvelle-France. Il nous dit leur opinion sur la création du monde, sur celle de l’homme et de la femme. Naïve genèse, dont on aime toujours à lire les légendes. C'est Michapous, le dieu qui a fait le ciel et la terre. Seul sur un radeau, avec tous les animaux, il envoie le castor, la loutre, et le rat-musqué chercher un peu de terre au fond de la mer. C’est Méchipisi, le dieu des eaux, C’est Meteomeh, le dieu des glaces.

Dans un chapitre, l'auteur décrit le calumet de paix ou de guerre, les mesures que les Sauvages prennent quand ils vont faire une campagne, la façon dont ils traitent les prisonniers. Dans un autre, il parle des mariages, de la manière d'élever les enfants, de la chasse à l'ours, des jon-

1T, I, pp. 266-267.

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gleurs, des sépultures, du sentiment des sauvages sur l’immortalité de l'âme ct le sort de celle-ci après la mort ; puis il donne le caractère particulier des peuples alliés des Français.

La Potherie, après avoir connu par lui-même le gouvernement du Canada en particulier, aurait voulu pénétrer à 600 lieues par delà, mais sa santé et ses emplois ne lui permirent pas de parcourir cette vaste éten. due de pays. Il n'alla jamais plus loin que le saut Saint-Louis, près de Montréal. Il se lia d'amitié avec la plupart des principaux chefs des peuples alliés de la Nouvelle-France, qui descendaient tous les ans à Montréal pour leur traite de pelleteries, S'étant formé un plan de son histoire, il les faisait causer sur leurs mœurs, leurs lois, leurs coutumes, leurs maximes et tous les événements particuliers qui s'étaient passés chez eux. Il prenait aussitôt note de ce que les sauvages lui disaient, leur lisait ce qu'il avait écrit afin de faire les corrections convenables. C’est ainsi que la Potherie, malgré le court séjour qu'il fit dans le pays, put avoir connaissance d’un si grand nombre de faits. Maïs on ne peut dire qu'il ait mis de l'ordre au milieu de tant de choses embrouillées. Son étude n’est pas suffisamment fouillée et manque de vie,

Le reste du volume traite de ce qui se passa de plus remarquable sous MM. de Tracy, de Frontenac, de la Barre et de Denonville. Là, encore, l'auteur recueille ce qu'on lui dit à la veillée, les légendes des voyageurs ou les récits des fonctionnaires, qui ne se souviennent plus ou qui racontent par à peu près.

Jolliet, pendant les leçons de géométrie qu'il lui apprenait,' l'instruisit de tout ce qu'il avait vu et connu. Les PP. jésuites, qui étaient de ses amis, lui furent aussi très utiles. Enfin, le voyageur Nicolas Perrot, qui fut le principal acteur chez les peuples de l’ouest, l'informa de tout ce qu'il savait. Tout ce que la Potherie dit des tribus de l’ouest, de leurs guerres et de leurs intrigues, vient de Perrot.” Aussi, ne connaissant pas ces peuples par lui-même, n'ayant jamais visité leur pays, il ne fait pas de géographie et apporte à son récit une confusion qui finit par être ennuyeuse.

L'auteur ne cache pas, du reste, que son érudition soit de seconde main.

“Les entretiens particuliers que j'ai eus avec plusieurs voyageurs dans ces pays m'ont donné matière de parler de ces peuples ; tout ce qu'ils m'en ont dit m’a paru toujours si uniforme que j'ai cru être obligé de

1 Jolliet fut professeur d’hydrographie à Québec, de 1697 à 1700.

2 Charlevoi:. profita pour son histoire d'un manuscrit qui lui fut communiqué par M. Begon, intendant de la Nouvelle-France (1722). ‘Il est, dit-il, d'un voyageur du Canada, nommé Nicolas Perrot, qui a parcouru longtemps presque toute la Nouvelle-France, qui y a été souvent employé par les gouverneurs généraux à cause de son habileté à manier l’esprit des sauvages dont il parlait toutes les langues et qui

s'était instruit avec soin de leurs usages. Il était d'ailleurs homme de beaucoup d'esprit.” (Liste des Auteurs, p. 420.)

donner une idée de ce vaste pays. Le sieur Perrot a le plus connu ces nations ; les gouverneurs généraux 8e sont toujours servis de lui dans tous leurs propos ; l'usage qu'il avait des langues, son savoir et la bonté de son esprit, lui ont fait faire des découvertes qui donnèrent lieu à M. de la Salle à faire toutes les tentatives qui lui avaient réussi si heureusement,

“ C'est par son moyen que le Mississipi a été connu...”

On conçoit que, renseigné par Nicolas Perrot, la Potherie ait consucré la plus grande partie de son deuxième volume à raconter les fuits et gestes de cet interprète,

Perrot avait tenu au jour le jour un journal de ses aventureuses expéditions depuis 1665, et la Potherie y puisa à volonté. Il n’a pas fit pis du reste que l'historien Charlevoix qui lui emprunte abondamment, ni que le P. Lafitau qui en cite des pages entières.

Le portrait que la Potherie nous fait du célèbre voyageur n’a du reste rien d'exagéré. Ses admirables qualités d’interprète, de négociateur, les succès qu'il a remportés durant près de quarante ans parmi les sauvages de l'Ouest sont reconnus sans conteste, aujourd'hui surtout que ses mémoires, demeurés en manuscrit pendant cent cinquante ans, ont été publiés.

Par sa bravoure et son éloquence, Perrot sut se faire aimer de toutes ces tribus farouches de l'Ouest dont nous parle la Potherie : les Pouteouatamis, les Malhominis, les Illinois, les Outagamis, les Maskoutecks, les Kikabous, les Miamis.

Cet homme ‘aux jambes de fer”, ainsi que l’appelaient les sauvages, dévoré d’une activité incessante, a plus fait pendant quarante ans pour conserver à la France l'amitié de ces nations primitives que tous les officiers militaires maintenus à grands frais dans les postes lointains du pays des lacs.

La Potherie a contribué le premier à faire connaître les actes de dévouement de ce héros modeste, et la postérité doit lui en être recon-:

naissante?

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