‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 19 sur 43 · XX LA VIE DE BLOT · texte numérisé non relu

XX LA VIE DE BLOT

Veux-tu sçavoir qui cause ma tristesse, C'est que je n'ay ny feu ny lieu, Je suis un Diable abandonné de Dieu, Et maltraité de maistre et de mais tresse (1).

Les incartades de Blot n'étaient pas toujours sans conséquences : L'une d'entre elles avait failli coûter la vie à Voiture. On sait que le poète de l'Hôtel de Rambouillet était aussi attaché à la maison de Gaston d'Orléans. Ce dernier lui avait demandé, après la défaite de Castelnaudary (1er septembre 1632), d'accompagner en Espagne M. de Fargis chargé de faire des ouvertures au comte d'Olivarès, mission toute de confiance et qui, d'ailleurs, devait échouer. Voiture, n'osant pas s'exposer à traverser la France pour rejoindre Gaston à Bruxelles, s'embarqua à Lisbonne et la fantaisie lui prit de visiter le Maroc; il alla seulement jusqu'à Ceuta. Quand Louis XIII eut pardonné à son frère, celui-ci, de retour en France, reprit sa vie accoutumée. Un jour Voiture entra dans une salle où Gaston festoyait avec plusieurs de ses officiers. Blot l'invita à boire. Sur son refus, il lui jeta un verre à la tête ; Voiture effrayé s'enfuit. On le poursuivit en riant : mais un valet de pied, étourdiment, croyant qu'il avait manqué de respect à son Altesse royale, voulut lui passer son épée au travers du corps. Heureusement Voiture évita le coup. Blot se tira de ce mauvais pas en fredonnant :

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