‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 21 sur 43 · LA VIE DE BLOT XXI · texte numérisé non relu

LA VIE DE BLOT XXI

1.000 livres tournois des gentilshommes servants, une pension de 3.000 livres (1). Son caractère indépendant ne lui permettait guère de supporter patiemment la moindre contrainte et, avec l'âge, il était devenu de plus en plus caustique. Blot entendait avoir son francparler, en user, en abuser, sans tenir compte des conséquences. Les caprices, les bouderies de Gaston le laissaient froid, il ne craignait plus les suites de ses colères, il se savait indispensable. Le frère du roi estimait que l'arme terriblement meurtrière que maniait Blot avec une maestria sans pareille le vengeait de ses ennemis qui étaient aussi, le plus souvent il est vrai, ceux du chansonnier. Il tenait à être au premier rang pour les voir frapper cruellement d'autant qu'il ne se faisait pas faute de les lui désigner. Ce plaisir, Gaston le payait, à son tour, de quelques froissements d'amour-propre, mais il était assez philosophe pour se rappeler qu'il n'y a pas de joie sans peine.

Blot, nous l'avons dit, avait perdu son père vers 1617 et celui-ci lui avait légué par préciput le quart de ses biens ; son grand-père Claude confirmait le 15 mars 1621 « les donations, avantages et libéralités qu'il avait faits précédemment en faveur des enfants de François de Chouvigny, son fils aîné », ajoutant « qu'il nommait lesdits enfants ses héritiers sans qu'ils puissent rien prétendre sur les autres biens qu'il aurait au jour de son décès (1626) (2) », sa mère qui avait rendu ses comptes de tutelle le 31 mars 1620 mourut en 1624 et son

(1) c A messire Claude de Chouvigny, seigneur de Blot-1'Église, l'un des gentilshommes servans de monseigneur le duc d'Orléans et son pensionnaire, la somme de 3.000 livres tournois à luy ordonnée par ledit seigneur par Testât au vray et particulier cy-devant datte et rendu par ordonnance de mondit seigneur le duc d'Orléans signé Gaston et plus bas Goullas, du visa du seigneur de Villemareuil, surintendant des finances de mon dit seigneur le duc d'Orléans, en datte du xiiii octobre 1640 pour la pension qu'il plaist à mondit seigneur lui donner durant la dite année de ce dit présent compte ainsy qu'il est contenu et déclaré par ladite ordonnance par vertu de laquelle payement a esté faict comptant par ledit présent trésorier-général et comptable, fait audit de Blot de ladite somme de 3.000 livres ainsi que dudit payement il appert par la quittance signée de sa main passée par devant notaires le xxvm octobre 1640 cy rendue avecques ladite ordonnance pour ce en despense ladite somme de 3.000 livres. » (Arch. nat., kk 275, f. 1.357v).

Le premier gentilhomme servant recevait 1.800 livres, les autres 1.000 livres, les gentilshommes ordinaires 1.800 livres (Etat de 1644). Blot avait hérité de son père en 1618 et de sa mère morte en 1624. Le partage des biens de la famille est détaillé dans un acte de 1639.

(2) Nous publions aux Pièces justificatives son testament du 15 mars 1621, avec codiciUe du 23 octobre 1626.

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