LA VIE DE BLOT
frère Jean, entré dans la Compagnie de Jésus, en 1626. Enfin le 16 septembre 1639 Blot procédait, d'un commun accord avec ses frères, au partage des biens paternels et maternels : il emportait d'abord le quart de l'actif total de la succession et un quart du restant dont les trois autres étaient recueillis par François, César et Gilbert (1). Entré ainsi en possession de toute sa part de la fortune familiale, Blot donna libre carrière à toutes ses médisances ou à ses calomnies (2), surtout quand la mort de Richelieu et la régence d'Anne d'Autriche l'eurent libéré de toute crainte de représailles.
Il commença par se venger du Grand ministre qui lui avait presque fermé la bouche depuis douze ans :
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Le Cardinal est mort, je vous assure, Oh ! le grand mal pour la race future ! Mais
La présente, je vous jure,
Ne s'en faschera jamais.
Il a vescu d'une vie non commune, Qui l'a quitté plus tost que la fortune ; Mais
Que deviendra sa pécune,
Nous ne la verrons jamais.
S'il eust vescu, Gaston de haut mérite, Nous eussions veu renverser la marmite (3); Mais
Donnons-luy de l'eau bénite,
Et qu'on n'en parle jamais.
(1) Pièces justificatives : Partage des biens de leur père et mère entre Claude, François, César et Gilbert de Chovigny.
(2) Scarron fait allusion à la verve de Blot dans sa Légende de Bourbon, 1642 ; voici le texte du Rec. Maurepas, T. XXI, p. 416, et des imprimés :
Belot dont la féconde veine Enfante mille vers sans peine, Et plus souvent sur le champ, Dont enrage Monsieur Clinchamp.
Belot dont la féconde veine Enfante mille vers sans peine, Homme sage, à l'esprit pointu, Inimitable en l'impromptu...
Suivant M. Weiss (Biographie Michaud) « Lancelot, de l'Acad. des Inscriptions, possédait un ms. contenant les poésies attribuées à Blot ».
(3) Var. : Pardonnez-lui, Gaston de haut mérite || Il s'en alloit renverser la marmite.