XXIV LA VIE DE BLOT
Le bougre s'adressant au Roy
Luy dit : « Sire, hélas ! plaignez-moy ;
Avec grand raison je me fasche :
Il fut aux coups sans mon aveu;
Il m' estoit neveu et bardache,
Il m* estoit bardache et neveu.
» Il estoit beau, il estoit doux, Et je Vavois dressé pour vous (1).
0 la pitoyable avanture !
Je Vaymois cordialement Selon les lois de la nature, Et je le f autrement. »
Vraiment Mazarin ne connaissait pas la haine ! S'il avait voulu se venger, il aurait trouvé le moyen de se débarrasser de Blot. Il eut si peu la pensée de recourir à cette extrémité qu'il dépêcha à son ennemi le chevalier d'Aubeterre, dans l'espérance, sinon de le détacher de Gaston d'Orléans, tout au moins de le neutraliser par l'offre d'une pension et en y ajoutant ce commentaire « que cela ne lui tiendrait lieu de rien ». Blot accepta la pension. Comme Mazarin oubliait de la payer, notre libertin adressa ce couplet à Aubeterre :