‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 33 sur 43 · LA VIE DE BLOT XXXI · texte numérisé non relu

LA VIE DE BLOT XXXI

Je loué le Seigneur, moy, pauvre créature; Tau plus reçu de luy que je n'ay mérité, Car je jouïs encor des plaisirs de nature Avec indépendance et pleine liberté.

J'ay tous jours assez eu le goust des bonnes choses, Tayme à voir le Soleil et i incarnat des roses; J'ay bien de la douleur qu'il me faille périr.

Mais quoy? ma mort estant d'indolence suivie, Je suis fort naturel, je ne veux point mourir; Mais je compte pour rien d'avoir perdu la vie.

Blot, comme Des Barreaux et Saint-Pavin, a gâché sa vie. Il a été, nous le répétons à dessein en terminant, la victime de l'atmosphère libertine qu'il a respirée pendant son adolescence et du milieu dans lequel il a vécu ; peut-être qu'avec un autre maître que Gaston d'Orléans, il eut été mieux qu'un vulgaire et spirituel viveur. C'est peu cet éloge de Madame de Sévigné et c'est le seul qui convienne aux couplets de Blot : « Ils ont le diable au corps et c'est dommage qu'il y ait tant d'esprit. » (1)

(1) Lettre à madame de Grignan du 1er mai 1671

Page 1