‹ Claude de Chouvigny, baron de Blot l'EgliseChapitre 7 sur 43 · LA VIE DE BLOT XI · texte numérisé non relu

LA VIE DE BLOT XI

De ce mariage naquirent six enfants, dont Blot, notre libertin, qui reçut le prénom de Claude (1), fut l'aîné ; le second, Jean, entra dans la Compagnie de Jésus ; le troisième François, dit le capitaine Montespedon, fut tué au service du Roi ; le quatrième, César, qui devait continuer la branche de Blot-1'Église, épousa en 1644 Claude de La Fayette (elle mourut en 1646 laissant deux filles qui la suivirent bientôt dans la tombe) et ensuite Anne de Brugier de Rochain dont il eut en 1658 un fils Amable (2) ; le cinquième Gilbert, seigneur de Pouzol, gentilhomme de la chambre du roi, et enfin une fille, Guyonne, qui se maria avec Antoine de La Rochebriant.

La vie de Blot.

Nous ignorons tout des premières années de Claude de Chouvigny, seigneur et baron de Blot-1' Église. Il a dû naître en 1605 et faire ses études comme tous les jeunes seigneurs d'alors chez les Jésuites de La Flèche, c'est là qu'il aurait improvisé son premier quatrain :

Quoy que je ne sois pas porté A parler bien dignement du mystère de la Trinité, Si faut-il louer l'acte divin Qui changea l'eau en vin.

Cette petite pièce annonçait le libertin cynique qu'il devait être toute sa vie (3). Blot perdit son père vers 1617 — il avait à peine

(1) Paulin Paris lui a donné à tort le prénom de César (Historiettes de Tallemani).

(2) Amable épousa en premières noces Françoise de Roux de Pontmort, et en secondes noces, Gasparde de Chouvigny, héritière de la branche aînée. Amable réunit les deux seigneuries de Blot-Ie-Château et de Blot-1'Église.

(3) Blot est cité dans l'article de Diderot « Épicuréisme » de l'Encyclopédie dont on a fait tant d'état en ce qui a trait au xvne siècle. Les « écoles d'épi curéisme » de la rue des Tournelles (Ninon de Lenclos), d'Auteuil (Molière), de Neuilly, d'Anet et du Temple, de Sceaux, sont des créations de l'imagination de Diderot ; il a placé dans les unes et dans les autres des hommes qui n'ont jamais pu en faire partie. Dans l'école des Tournelles (1670) il nomme Des Yveteaux qui était mort en 1649, dans celle d'Auteuil qui lui aurait succédé, Blot mort en 1655, Des Barreaux retiré à Chalon-sur-Saône en 1666 et mort gâteux en 1673, etc., etc. La vérité, c'est que Diderot appelle « écoles » de simples salons où se rencontraient croyants, sceptiques et libertins et ces salons n'ont jamais ressemblé ni de près ni de loin à des « écoles ».

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