‹ Claude Fauchet, 1744-1793Chapitre 11 sur 38 · Cité par J. Charrier, t. II, p · texte numérisé non relu

Cité par J. Charrier, t. II, p

depuis le commencement de la dévolution. Ses attaques contre Voltaire avaient détourné quelques personnalités de son cercle, elles ne l'avaient pas atteint. On lui reconnaît toujours les mêmes talents d'orateur ; il donne à Notre-Dame le sermon de la Toussaint et prêche l'Avent à la im de 17iJl. Subitement, en avril 179:2, cette popularité disparaît. L'allaire Xarbonne en fut la cause. Le 2 avril en eifet il déclara au nom des comités militaire et de surveillance qu'il n'y avait pas lieu à accusation contre l'ancien ministre Narbonne.

Dès lors, sans qu'il y ait peut-être connexion, mais seulement par disposition d'esprit, ou par peur des événements qui sont loin de prendre la tournure sur laquelle il comptait, Fauchet revient à des idées plus modérées. Quelques mois auparavant il avait opté — et fait campau;ne — pour la fraction avancée du Club des Jacobins ; à son tour il s'allia à la partie réactionnaire — les Girondins — et fut chassé par le clan révolutionnaire. Parce (ju'il reste résolument religieux, Fauchet apparaîtra aux nouveaux vi'nus athées et révolutionnaires, un anachronisme destiné à disparaître.

Le ±1 septembre [l\)i le Club di's Jacobins expulsa Fauchet. Le prétexte fut l'atl'aire Narbonne : on l'accusait non seulement de n'avoir pas conclu à la uiise en accusation de l'ancien uiiuislre, mais nicini^ ilavoir aidé sa fuite en (Icinandanl un [)assc[>iu't . La vraie

raison c'est que les élections amenaient une majorité à idées toujours plus avancées, qui ne pouvait plus comprendre ni compter parmi ses alliés un Fauchet qui, lui, ne changeait pas. Il se défendit dans un mémoire : Claude Fauchet aux trente Jacobins qui s' intitulent la société. Les trente étaient ceux qui ravaient exclu; parmi eux se trouvaient ses anciens collègues au Comité de Surveillance ; Bernard de Saintes, Chabot, Maral, Robespierre. Son exclusion fut maintenue.

Si l'on excepte son intervention violente contre les prêtres insermentés, intervention qui s'explique surtout par des motifs de haine personnels, la participation de Fauchet à l'Assemblée Législative fut plutôt restreinte. Il avait tellement d'ennemis aux Jacobins qui le préoccupaient davantage. De lui, à l'Assemblée Législative, nous avons ce portrait tracé par le prussien Reichardt : « Fauchet est grand, émacié, d'une pâleur maladive, Tair en dessous ; en un mot c'est un drôle de corps. Il est tranquillement assis à sa place, écoutant sans en avoir l'air, avec un vague sourire sur les lèvres, paraissant sommeiller, les bras croisés sur la poitrine (1). »

L"* Assemblée Législative fit place à la « Convention Nationale ». Fauchet y fut élu le 5 septembre par 468 voix sur 597 votants. C'était son dernier succès, il devait lui coûter la vie.

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