‹ Claude Fauchet, 1744-1793Chapitre 17 sur 38 · Livre l--". chap. Vlll, Centrât Social · texte numérisé non relu

Livre l--". chap. Vlll, Centrât Social

2. La liberté naturelle est celle qui n'a pour bornes que les forces de l'individu, la liberté civile est celle qui est limitée par la volonté générale.

3. 5« discours au Cercle Social. Bouche de Fer, n* 19, nov. 1790.

don entre llioiiiiiie et la ^ ^f LlMNBiDe natl en société. L'état de natnre et l'eut ciTil n'exisien! pas. Les deux thèses sont ainsi opposées dans leur principe; kMnqnes avec eilesHnênes^ elles diflêrcnt dans leurs conclusions. Le eînqnièaie diseonrs an CtrHe Sociat est d*an boni à l'autre nne réfotalîon de la théorie de Roasseaa.

< L'erreur ccHisisIe émettre toujours f état de aociéié en opposition arec Tétat de natore. > Or. lliOBnme oraison de ses besoins û*im dérivent <es penehanls et ses oblifatioDs nait en société. 11 n'y a pas de passage de la nature à l'état de société ni même de la société naturelle scIod Rousseaa — la fomiUe — à la Traie société cirîle. «L'homme naît libre et paelîse arec les associés qni renTÎronne&t, il ne &U que développer ses facoltés naturelles en avançant dans Tordre social. L'état civil dans ses presiiers élénients est partout et pour tous les hommes, par l'ordre absotn de la nature... La cité doit se trouver dans la nature.» L'exemple des sociétés sauvases oo des sociétés perverties que donne Rousseau n'est pas im afgnmenl contre ce raisonnemenL L'état de nature t exisie mais d'une fa*;on imparfaite : par déiaiil de développement chez les premières, par dépravation de système chex les autres.

D'ailleurs si l'on se ranfe à la dtsdnetioQ que fait Rousseau de l'état de nature et de l'état civil, il ^nt admettre. comme lui. le cbaDceaent dans U coadtiile

de l'homme produit par la substitution de la justice à Tinstinct, et que les actions de Thomme acquièrent une moralité qu'elles n'avaient pas. Mais alors, la nature n'a pas donné à Thomme les facultés morales et les lois éternelles de la justice. En suivant sa destinée il ne doit jamais pouvoir connaître la société, ni la vertu. Il ne peut pas s'élever à l'état civil qui seul contient toute moralité et toute justice. Telle est Tinconséquence du système de Rousseau que si l'on suppose réalisée cette différence des deux états, on ne peut pas admettre que l'homme puisse passer de Tun à l'autre.

Enfm,dernier argument contre la thèse de Rousseau, Fauchet relève contre lui cette contradiction : Rousseau prétend que l'homme est né libre, et d'autre part il termine ainsi son chapitre sur l'état civil : «L'impulsion du seul appétit est l'esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite, est liberté. » Or qu'est-ce que l'impulsion du seul appétit sinon l'état de nature. Et si l'état de nature est l'esclavage, l'homme ne naît pas libre. « C'est la plénitude de la contradiction, et en soi la perfection de l'absurdité. »

Le dernier chapitre du premier livre du Contrat Social est consacré au « Domaine réel ». La théorie de Rousseau peut se ramener à ces deux propositions : « la terre est par l'ordre de la Nature le domaine réel de l'homme » et « 1 état social n'est avantageux

aux hommes qu'autant qu'ils ont tous quelque chose et qu^aucun n'a rien de trop ».

Fauchet (I) se rallie à ces [)riru:i|)es. Il ne s'étend guère d'ailleurs sur ce sujet (ju'ii a déjà traité dans son livre De la Relifrion Nationale. Nous le retrouverons quand nous aborderons l'étude des idées économiques et sociales.

L'homme, dit-il eu substance, apparaît dans la nature avec sa pleine; orjj^anisation. La nature lui a donné un aide semblable à lui « l'hounne adulte a trouvé la nature adulte». Si la société nécessaire pour unir les forces et multiplier les moyens de jouissance n'a pas rem[)li son but c'est «qu'elle fut bientôt troublée par Tori^ueil et l'envie ». Aussi le bien s'est changé en mal ; il n'y a (prun remède pour remédier à cet état de chose « que tous aient quelque chose, et chacun rien de trop ».

Pour arriver au but il faut faire des lois de partage. Elles ne doivent d'ailleurs avoir rien de commun avec celles (jue l'on lit dans le passé ; toutes allaient contre nature, car elles obéissaient à des motifs spéciaux. La génération (pii vient les a[>p()itera.

Si la pro[)hétie de Fauchet ne se réalisa [)as, elle permit au uioins à ses ennemis de l'accuser d'avoir voulu la loi agraire.

1. ti» (lisioms au (icrrlc SnrinI, m- '21. liniirhf de For. Pans- son 7* (liscoui's, l-'aiiclut se tlisculpo dr vouloir la loi Uffruin'.

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