‹ Claude Fauchet, 1744-1793Chapitre 37 sur 38 · Religion Miitionêile, p. '2^b · texte numérisé non relu

Religion Miitionêile, p. '2^b

Il semble pourtant que cela eût été facile avec son système : Dans divers cas en effet les communes héritent de biens fonciers. Il eût été très facile de socialiser méthodiquement la propriété. Or les communes seront obligées de vendre au bout de vmgt ans maximum ces biens fonds pour empêcher tout accaparement.

Malgré tout, il reste que Fauchet a été soupçonné souvent de vouloir la loi agraire. Glootz Ten accusa publiquement. Fauchet s'est expliqué dans son septième discours au Cercle Social, et dans un article à la Bouche de Fer, Il n'a voulu d'autre loi agraire que celle qu'il a indiquée dans La Religion Nationale et dont nous venons de voir combien peu elle est socialiste. « Non, ce n'est pas la loi agraire, telle que les anciens Tont entendue (1) qui est Tobjet de nos vœux et denos espérances. ..Nous ne sommes pas des incendiaires... Le procureur général des pauvres (2) a plusieurs méthodes à proposer, inégalement parfaites, mais toutes très douces... sans déplacer une seule des propriétés actuellement tenues par les divers possesseurs. » <f~ On a dit que je demandais une loi dont je n'ai pas seulement articulé le nom. Je n'ai parlé des anciennes lois de partage que pour les appeler des lois exécrables, un poison destructeur de la nation

1. Fauchet a admis qu'il y a dans le passé diverses lois agraires partagistes. Il les a toujours blâmées. Cf. 6« discours au Cercle Social,

2. Fauchet. Il s'intitulait aussi « procureur général de la Vérité ».

et de la société... J'affirme qu'il est impossible de taire une vraie coQstitutioQ sociale sans assurer le domaine réel d'existence à tous les membres de la société. » Il consiste en ce que « la patrie assure à tous les pauvres valides les jouissances naturelles de la vie avec le travail, et à tous ceux (|ui ne peuvent travailler, la faculté de vivre et d'être soignés dans leurs besoins. 11 faut, dans le pacte social, que tout homme soit assuré d'une suffisante existence >.

Ces déclarations éclairent suftisamment la conception qu'a Fauchet de la société. Il ne la veut pas socialiste, il la veut humaine et secourable à tous ses membres sans exception.

Fauchet n'est pas socialiste.il reste comme un disciple de Rousseau. Il aurait pu atteindre à une certaine originalité, s'il avait vraiment essayé de concilier les préceptes du maître avec ceux de rpAani^ile, comme il en indi(|uait l'intention dans son premier discours au Cercle Social. Du va^ue déisme de Kousseau, des préceptes édulcorés par lui de l Kvaniîile il aurait pu former un système [>r()pre. Il u alla pas jusque-là. Il rest(^ dans le sillaije du I*hil()so(»he. il dis[)araitra toujours dans sa grande ombre.

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