‹ Claude Fauchet, 1744-1793Chapitre 6 sur 38 · Encyclopédie^ art. N. de Bonneville. Illuminés · texte numérisé non relu

Encyclopédie^ art. N. de Bonneville. Illuminés

Boiinevillc était donc le joint nécessaire à ralliance des catholiques et des francs-maçons (|ue devait opérer la nouvelle doctrine.

A eux deux ils fondèrent le « Cercle Social * (jiii prit pour organe le journal La Bouche de Fer |o( t. 1790J (1).

Le Cercle Social était installé dans les jardins du Palais-Royal. Duval dans ^es Souvenirs de la Terreur décrit ainsi le lieu, « Il y avait alors dans le Jardin du Palais-Royal un bâtiment étroit, mais fort lonjç, qui en occupait à peu [)rès tout le milieu. Elevé audessus du sol de dix pieds seulement, il était creusé à trente ou (juarantc^ en {)rofondeur. Otte caverne souterraine était un mauvais lieu dans toute l'acceptation du mot. Tantôt bal de prostituées, tantùl illettré sur lequel on représentait des pièces obscènes et impies qui s'épanouissaient au soleil naissant de la liberté, le circpie du l*alais-Royal était inoccupé deux jours de la semaine, le lundi el le vendredi. L'abbé

1. Ce titre viciil de oc (jiic.à la fior-L»' <ii"^ IjurtMiiv liii jouriial "t plu» Larii à lu porte de la salle ilos rruiUDiis do chaque .sitciélé aftiliéc au Cercle social se trouvait une boite avec une houcho de for. Chacun était invité à y déposer ses idéi-*s, ses conccplion» politiques ou lui^me tout simplement ses d«*siderat<», ses remarques sur tel <>u tel événcinent. On répcndail dans l> lunnéro suivant en gardant l'anoiivmat au correspondant occasionnel si cului-ci le désirait.

I/épi^raphe du journal était la siuvanli' :

I.injçujc centum sunt . uculi centuin ornqur centum l-errea v<>x . . . ((Jfc'n., lil'. IV).

Fauchet s'empara de ces deux jours pour installer au cirque une sorte de club ou Cercle des Amis de la Vérité et de TAmour universel où Ton n'était admis au reste qu'en payant. Le prix était le même que pour les jours de spectacle ou de bal (1). »

C'est le cadre que l'abbé Fauchet donna à son Cercle social ou Société des amis de la Vérité. Il faut croire qu'il n'était pas aussi mal choisi que ce que veut bien le dire Duval, c'eût été trop impolilique de prendre un aussi mauvais lieu.

L'inauguration eut lieu dans le courant du mois d'octobre 1790. Un grand nombre de députés de l'Assemblée Nationale, des électeurs de 1789, des anciens représentants de la Commune de Paris, des membres de la nouvelle municipalité, des délégués des sociétés patriotiques de la capitale « les vieux enfants de la Nature.'. » y assistaient. Le tout formait une assemblée de quatre ou cinq mille personnes « sans y comprendre les attentives spectatrices dont les galeries du cirque étaient remplies, épouses ou mères des premiers amis de la vérité (2) ».

Dès la première séance, Fauchet 'monta à la tribune. Son succès y prit les proportions d'un triomphe : « On dira de lui, peut-on lire dans la Bouche de Fer, ce qu'Eschine disait de Demosthène : Ce n'est rien que

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