‹ Claude Le Petit et la Muse de la courChapitre 33 sur 37 · C. LE PETIT · texte numérisé non relu

C. LE PETIT

Peut-estre, c'est parler en maistre, (Car souvent ce Monsieur l'eut-estro, Empesche les gens de mentir :) Les Gens du Uuy, vont consentir Qu'à salnct Germain, sans railleries, Dit Desprez, ou bien des prairies.

Le grand Baillage Abbatial, Soit un Siège Presidlal.

J'ay bien dit, quand j'ay dit, peut-es Car cecy peut Ijien ne pas estre, [tre ; Par hazard, il peut estre aussi :

Mais je n'asseure rien icy.

Les Bandis, de fière nature.

Donnent bien de la tablature Au Neapolitain pro Rex, Et le rendent souvent perplex.

En vain, dessus son Rocinante, Sa vertu martialisante S'occupe avec ses Amadis A la ruine des Bandis.

Son Altesse Vice-Royale, Gagne souvent sa Capitale Plus viste qu'il ne voudroit pas :

Ils sont bien quinze mille bras ; C'est à dire au déduit des sommes Qui dans l'Abbrusse, et le Frioul, [mes Trois fois et demy deux mille hom- Enlèven! bled loin, et fenouil. Toutes les herbes potagères, Ravissent Bergers, et Bergères, Comme bons ménagers Héros Prennent Bufles, Rinoceros, Poulardes, jars, porcs, taureaux, tau- Et toutes sortes de pécores, [res,

Ou pour rimer en Latin pi :

Omnia pecora Campi.

Mesme à la Dame Vice-Reine, Ils ont volé le point de Genne, Malgré ses surveillans Argus, (Trait que n'eut onc fait Ferragvs) :

Dequoy ce deconforté Sire Flamboyant de couroux et d'ire.

Pour la teste de deux Bandis Donnant mille Maravedis ; Ceux à qui Doublons font envie.

Pour leur mort bazardant leur vie.

Par maints païsans afriandez.

Sont frondez, lardez, lapidez, Et mis à la capilotade :

Maints Bandits à la débandade :

Ils sont comme des loups-cerviers, Testonnez à coups de leviers.

Ce qui fait rire comm.e un Sin;ie Ce Do)n, du larcin de son linge.

Monsieur de La Haye, le fils Zélé suport du Crnrifi.r, Va relever Monsieur .son Père De son Ambassade ordinaire,

Qu'il exerce depuis vingt ans Chez Messieurs les Mahornelans :

Il verra dans Constantinople Le;: Porte-Turbans de sinople Plus vulgairement, les grands Ttjrrs ,- Et malgré leurs cœurs fiers et durs.

Leur inhumanité Turquesque, Tousjours insociable presque :

Par ses beaux dits, par ses beaux Par ses charmes et ses attraits, (faits, Accoisant leurs yeux noirs et louclios Leurs regards perçans et farouches.

Enfin se deffarouchera ; Et son esprit admirera.

Afin de brider Gr avelines :

Sur le penchant de deux colines, Proche la rivière d\4a, Turenne, un fort fait construire a Qui met à couvert nostre armée ; Et cette ville ainsi fermée N'a plus d'appuy de Saint-Omer ,- Ce qui, je croy, fait blasphémer Plus de quatre fois la journée Tout l'Ost de la Gent bazanée.

Et gronder les tristes boudins Des intimidez Citadins.

Turenne, l'effroy du Txtdesque, Fait faire pour la soldatesque (Car l'hyver avec ses glaçons Dompte les plus mauvais garçons) Dans toutes nos Villes frontières, Feutres, houpelandes, jartières ; [sons.

Souliers, guestres, i)ourpoints. chaus- Juste-au-corps, manteaux, caleçons.

Frusquins, jupons, bonnets, chausset- Camisolles, et chemisettes, [tes.

Bottes, casaques, buffes, bas.

Chemises, hoquetons, rabas.

Hauts de chausses, roq\iets, cravates, Pour eschauffer les omoplattes.

Bras, jambes, crânes, cuisses, reins, Des trompettes, des tambourins.

Des fluteurs, timbali.^tes, fiffres.

(Tous ( i-dinairement bims piffres) Tandis que les frimas aux champs Font les drosles et les meschans :

C'estoit un effet nécessaire De la police militaire, Car je croy qu'après la Tmissaints, Et Cavaliers et Fantassins, Et Gendarmes et volontaires.

Dragons, picquiers et monsquetaii*es, r.aticepessades et sergens fiers, (Qu'on nomme en Espagnol M fiers) Dans leurs bissacs, liahuts. ou malles.

Sçauront bien trouver ces regalles.

Et de leurs vieux préservatifs S'accomoder avec nos Juifs.

LA MISE DE LA COtll

Doux mille hommes de la Tamise, De bonne mine et bonne mise, Bien faits et bien disciplinez, De corps bien prop(>rtit)nne7„ Ne plus, ne moins, barbus, ro|)nsfes.

Et formidablement au<::ustes.

Avec leur relui sans juppons Que nos testus Coliiitninpnn^, Sont encor descendus en Flandres Pour y faire nouveaux esclandres.

Et conmumement avec nous.

Partager la gloire et les coups Qu'on gagne avec les gens d'Espagne Dans cette frilleuse Campagne :

(Car rarement, sans coup ferir I.a gloire se peut acquérir) Comme aussi pour rendre le change, Car toutes les fois, sans louange, Que Belges, ont esté frottez, Belges ne s'en sont pas vantez.

C'est un mal, dit-on, que la Goutte, Où Médecins ne voyent goutte.

Mais, dit-on, fait un pas de clerc Car Médecins y voyent clair ; Et l'heureuse convalescence De l'Fminence de la France Du grand Mazarin Cardinal :

Fait voir, qu'enfin ce maudit mal.

Malgré sa malice invizible.

N'est pas tousjours incorrigible.

Le Boy d'Alger et de Thunis Esi en très-grand broOillaminis :

Et dedans la Transilvanie, Devant trois fois VEpiphanie, Je croy que l'on verra l'armet Du Successeur de Mahomet.

De plus, gens de la Tartarie, Qui n'entendent point raillerie, Dressent un effroyable camp Que commandera le Grand Kam, Redoutable et dangereux Prince Contre la susdite Province.

^■oil;ï de très mauvais levains Pour les désolez Transilvains.

La sant(^ fait très laide moiie.

Au magnarnme de Mantoiië, Tl est alité dans Caxxnl, Et se porte tout h fait mal.

/)?>?/ le préserve de la tombe Et du Duc d'Vsez quand il tombe.

•îf' vous apprends que désormais Leurs Majc^tez sont hors de Mets.

Qiio superbes de leurs conquestes.

Elles iront pnsser les Festes En dépit des mutins Foulons, Dedans la ville de Chaalons,

Et qu'enfin Dcchaalonnisées Elles prendront d'autres brisées.

Fuensaldagne febricitant

La santé dans sa tente attend.

La Catholique Isle. De Malthe

A présent son Grand Maistre exalte.

Jfiidg, la Parque estropia La vertueuse oUntpia, Belle-sœur d'Innocent A'™«.

Septante ans après son baptesme ; Et le l'apc et les Cardinaux, En ont des sentimens égaux Par une pieuse tendresse, }£t de douleur et de tristesse.

La mort a débandé son arc

Sur le General de Sainct Marc,

Dont tous les Nobles de Venise

Font très-justement mine grise.

Et pestent contre les Visirs

Dans leurs sensibles dejdaisirs.

Dieu bouche de leurs pleui-s la bonde

Par la prise de Trebisonde,

Cependant l'armée au Canal

Ne pouvant estre sans fanal ;

Attendant un Chef Maritime,

Un {viilgu} Généralissime,

A pris auprès de Cattaro

Pour Commandant Dom Barbara,

Premier Capitaine du Golphe.

Le Pape, est à Castel-Gandolphe.

L'.A.lemant Baron Enkenfort E.st de Mars dégoûté bien fort.

Et ne peut fléchir, dans Mortare, L'ire d'une goutte barbare.

On escrit de Frescarolo Que Dom Francesco de Mello, Est party pour son vice-Reigne Dans la belle Isle de Sardaigne.

Chastelfoliet, à ton dan !

Candalle est dans le Lampourdan.

Cols et Danois dessus leurs flottes Se .sont portez de rudes bottes.

Se sont entre-occis Matelots, Bruslé de très-jolis bru.slots, Et (l'expérimentez pilottes.

Quelques Goths, voire quelques Gottcs, .Avec gloire y sont demeurez ; Mais les Danois bien rembarrez Par dards et flamberges Vandalles Dans ces conjonctures fatalles Où maint fil humain fut trenché :

L'ont payé plus cher qu'au marché.

Messieurs des Provinces unies Ont envoyé cent Compagnies Aux assiégez dans Munster, Pour détourner son Magister De l'opiniâtre entreprise De voir ladite ville prise, Et la faire bouquer enfin, Ou par le fer, ou par la faim.

Nostre Muse desordonnée, Vous sera désormais donnée.

Tout ainsi qu'au temps de jadis, C'est-à-dire, tous les Lundis.

A Madame la Princesse Palatine

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