Voir le plan Je Liancourt publié par Mauperché en
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6o CLAUDE LORRAIN
quand le duc de Liancourt acquit le Gué et la belle marine que Ton voit au Louvre, encore pleine de feu et de lumière, le château était un lieu de délices. Très peu de temps après, le fils unique de la maison mourut sur le champ de bataille clans la fatale campagne de Flandre. Frappés dans leurs plus chères affections, les seigneurs de Liancourt se retirèrent du monde et leurs portes ne s'ouvrirent plus que pour recevoir des hôtes tels que les Arnauld, les Nicole et d'autres chefs du parti janséniste, dont les allures graves ne troublaient pas les tristes souvenirs d'une douleur sans espoir.
Le dessin qui précède immédiatement, dans le Livre de Vérité, celui du paysage de M. de Liancourt porte aussi la date de 1648, — détail que l'on n'a pas encore observé, mais dont il faut tirer parti pour fixer la date d'un second tableau représenté sur la feuille 124. Tous deux furent exécutés pour le même amateur. Ce sont des paysages admirables de simplicité et de beauté, avec des pasteurs menant leurs troupeaux au bord de l'eau. Sur le revers du n° 124, le peintre a écrit : « Claudio G. IV. F. Il Sig1" Verdummille to deseche1. » Au-dessus de la date, sur le revers du n° 116, on lit aussi : « fait pour il Sig0 Verdum. » Là s'arrêtent les notes prises par le marquis de Laborde ; mon attention, cependant, a été éveillée par un trait d'union à la mode de Claude, qu'il m'a semblé voir à la fin de la ligne; en regardant de près, j'ai été récompensée de ma curiosité, — le nom en effet se continue en bas et se complète ainsi : « Verdummisne principe todesche ». Reste à savoir quel nom de prince allemand peut être représenté ici par un mot dont les deux formes paraissent être également énigmatiques. J'ai essayé de toutes sortes de combinaisons — « Ventimille ? » Il ne faut pas y penser. « Van der Meulen ? » Encore moins. Je recommande ce problème à de plus patients ou de plus habiles que moi.
Cependant, la renommée, au vol rapide, a répandu en tous lieux le nom du paysagiste lorrain. Jusqu'ici, son atelier n'a été fréquenté que par les prélats de Rome et par quelques amateurs de Paris et de Londres. Dorénavant, les commandes vont lui arriver de tous pays,