‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 59 sur 176 · I-Wf7>l · texte numérisé non relu

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laude n'eut pas la douleur de survivre à sa gloire ; il s'éteignit au milieu de la sympathie et de l'admiration de tous. Sandrart, qui à ce moment faisait paraître à Nuremberg sa Teutsche Académie , s'y montrait fier de pouvoir citer les promenades faites dans sa jeunesse avec le célèbre paysagiste de Rome. Il avait vu alors les premiers tableaux de Claude,

— la ravissante Fête Villageoise ; Y Effet de matin, du musée de Grenoble ; le Moulin, du palais Doria ; le Débarquement de Sainte Ursule,

— tous étincelants de fraîcheur et de gaîté. Peu à peu, l'œuvre du maître avait pris un aspect plus grave ; il avait composé la série de Philippe IV (aujourd'hui dans la galerie de Madrid1), dont aucune toile n'est datée, mais qui ont toutes dû être exécutées vers i65o2. Ses lointains n'avaient encore rien perdu de leur ton vaporeux, ils étaient toujours pleins de rêve et d'infini, comme dans le grand paysage de Petworth, ou dans le Moïse de la galerie Bridgewater. Et, cependant, l'harmonie des verts argentés et des bleus aux fines dégradations grises n'avait plus toute la délicatesse première : les masses étaient devenues plus solides, pour ne pas dire plus lourdes. C'est l'époque de ces coups de brosse qui nous révèlent dans son Démosthène et son Enlèvement d'Europe toute la profondeur et la limpidité des eaux.

i. Voir à l'Appendice le paragraphe consacré à ce musée.

2. On lit la date 1G48 sur une première esquisse du paysage avec la Madeleine adorant la croix, tableau qui est entré dans cette galerie, mais qui n'a pas été consigné avec les autres commandes du roi sur le Livre de Vérité. (Voir Dessins, collection Albcrtine, n* 260.)

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