‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 65 sur 176 · L OUVERTURE DE SANTA MARIA MAGGIORE · texte numérisé non relu

L OUVERTURE DE SANTA MARIA MAGGIORE

[liritish Muséum.)

ornée de l'inscription obligatoire. Mais je crois qu'il y a une inexactitude clans cette inscription. On a vu qu'ils avaient fait chercher Vannius le 23 novembre pour ouvrir le testament et les codicilles, et que le notaire trouva dans la première pièce de l'appartement le corps de celui qui venait de mourir ; or « obiit ix kalend : Decembris (c'est-àdire le 25 novembre) », telle était la date inscrite sur les murs de la Trinité-du-Mont.

En ce qui concerne la fortune laissée par Claude, les détails du testament sont complétés par d'autres, donnés par Baldinucci : « Quoi-

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qu'il eut tant gagné, dit-il, dans le cours d'une longue vie qu'il eût pu amasser des trésors, on rapporte qu'en raison de sa grande affection pour les siens, et des secours considérables qu'il leur donnait en tout temps, sa succession ne valait que dix mille écus. » Caracciolo, qui paraît avoir connu deux descendants de la famille ', dont l'un exerçait la médecine à Rome en i8i5, donne le même chiffre : la vente du Livre de Vérité s'explique donc facilement, quand on voit que la succession du peintre se réduisait, somme toute, à fort peu de chose.

Lorsque d'Argenville vit le recueil pour la première fois, Agnès était morte, et le Livre était retourné aux héritiers directs du peintre. « J'ai vu, dit-il, ce beau recueil à Rome, chez sa nièce (Anne?), à Paris chez un marchand joaillier, et à Londres chez le feu duc de Devonshire, où il est actuellement*. » Plus loin, il nous apprend que les dispositions du testament avaient été exactement exécutées : « Le Livre avait été substitué par Claude à ses neveux et à ses nièces, qui n'ont pu le vendre à Louis XIV, quelques instances qu'ait faites le cardinal d'Estrées, son ambassadeur à Rome. La substitution finie, il a été vendu pour être envoyé au duc de Devonshire. »

Le fameux volume repose aujourd'hui dans la bibliothèque princière de Chatsworth. Claude s'y est élevé un monument plus durable que la dalle tombale de marbre blanc qui lui fut consacrée dans l'église de la Trinité-du-Mont. Cette dalle est restée jusqu'en 1798 à l'endroit où ses héritiers l'avaient posée. L'église de la Trinité fut alors

1. M. Meaume, en parlant des descendants de la famille Gellée, à Chamagne, dit : « Un honorable cultivateur est aujourd'hui [1871 maire de ce village. Il croit descendre d'un des frères de l'illustre peintre, sans pouvoir l'indiquer avec certitude. Aucun des Gellée vivant encore à Chamagne ne possède de papiers de famille, ni de documents quelconques se rattachant à Claude. » {Le Peintre- Graveur français, tome XI.) Je tiens de l'obligeance de M. Emile Michel des renseignements qui permettent d'affirmer qu'aujourd'hui encore il existe à Chamagne deux habitants portant le nom du Lorrain ; l'un, âgé de soixante-dix-sept ans, porte même son prénom, M. Gellée Jean-Claude); l'autre, neveu du précèdent, M. Gellée (François), est âge de cinquante-huit ans, et comme ni l'un ni l'autre n'ont d'enfants, le nom est destiné à s'éteindre avec eux. Les archives paroissiales, antérieures à 1O72, ont etc détruites par un incendie, et des recherches faites pour M. Michel, il résulte que les registres de 1672 a 1682, date de la mort de Claude, ne contiennent aucune mention relative au célèbre paysagiste. M. Michel ajoute que ces indications lui ont été certifiées, à la fois, par le cure et par l'instituteur actuels de Chamagne.

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