‹ Claude Lorrain, sa vie et ses uvresChapitre 68 sur 176 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le Livre de Vérité. — Le marquis de Laborde à Chatsworth. — L'empereur de Russie et le duc de Devonshire. — Le Livre de Vérité chez Earlom. — Les filigranes et les inscriptions. — Dessins de Claude dans les musées publics et les collections particulières. — Recueil du Musée Britannique.

— Reproductions de Lewis, de Braun. — Procédés employés par le maître. — Dessins d'animaux.

— Dessins faits dans la campagne de Rome. — Académies. — Charles Claude.

ous ne saurions parler des dessins de Claude sans mentionner au premier rang la célèbre collection connue sous le titre de Livre de Vérité; et cependant la grande réputation de ce livre, quoi qu'on en dise, a fait du tort à la gloire de son auteur. Un certain public, passionné pour la vérité du détail dans l'interprétation de la nature, Ta interrogé dans ce sens. On a prétendu que le Livre de Vérité présentait un recueil d'études soi-disant d'après nature , et l'on s'est figuré que c'était dans les pages de ce recueil que Claude se renseignait lorsqu'il voulait peindre.

Rien de moins vrai, et, pour peu qu'on prenne la peine d'étudier l'œuvre du peintre, rien de moins vraisemblable. D'abord cette hypothèse est en pleine contradiction avec la légende, et la légende a toujours une certaine valeur quand elle n'est pas démentie par les faits. Les neveux de Claude affirmèrent en effet à Baldinucci que leur oncle réunissait, dans le Livre de Vérité, les études faites d'après ses tableaux, en vue d'empêcher la vente des pastiches qui se fabriquaient alors à Rome sous son nom. Ces dessins reproduisaient fidèlement, d'après eux, les compositions peintes par le maître, portaient les noms des amateurs qui les avaient commandées ou achetées, et formaient ainsi un registre facile à consulter. Ces assertions, toutefois, demandent à être contrôlées, car comment croire que ce recueil, qui a tant de raisons d'être, étant donné la manière

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