GARE SAINT-LAZARE
Ct.AlîM-; N5 0XET
avsil pas lieu da Ir pinvvr au iMxemhoiinj, en prenant Tengagemeni de le mettre au Louvre, après un délai de dix ans écoulés depuis la mort'de l'auteur. I! a été d’avis, enfin, de l’accepter pour le Luxembourg, sans engagement.
Ce dernier avis modifiant Lun des deux cas prévus dans vos lettres, je viens, avant de souim lire au Ministre la délibération du Comité, vous prier de me foire connaître si vous maintenez votre offre de donation, en acceptant les conclusions de celte délibération.
Le Directeur des Beaux-Arts,
Gustave Larhoumet. .
Réponse jde Claude Monet, le 27 mars ;
Monsieur le Directeur , épondre à votre
lettre en date du L5 courant. A(^T8Î) arons offert /'Olympia d’Édouard Manet, à l’État, dans l’espoir de voir placer ce tableau au Musée du Louvre, si les règlements le pei^mettaient; dans le cas contraire, nous exprimions le désir de le voir placé Luxembourg J usffu ‘à ce guc b- laps de temps ■ " ■
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Le 1“'’ avril, le Dir:
Monsieur, après avoi.
Comité consultatif des Mode donation ù J État de / ? ' ' faites f honneur de m’écrire, maintenez cette offre « s’ii est
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, , s'il est bien entendu
.’Ceuir, l’accès du Louvre à / -'■ cas le tableau de Manet ne >e:;irg.
eaux-Arls faisait ces réser^'es :
i-n naissance de Lavis émis par le >. .lifonaux, au sujet de votre offre : ,ô.i, d’Édouard Manet, vous nie date du 27 mars, que vous fih'ii entendu » que l’admission de
fliiilP
CLAUDE MON ET
ce tableau au Luxembourg « ne peut interdire dans l’avenir l’accès du Louvre à 7’Olympia. »
Je m’empresse de vous faire connaître qu’en entrant au Luxembourg, /^Olympia subirait la condition ordinaire de tous les tableaux admis dans ce Musée, c’est-à-dire que son entrée au Louvre serait toujours possible, lors des remaniements annuels et dans les cas prévus par le décret organique des Musées nationaux.
Vous ajoutez qu’il doit a ussi être entendu que, dans aucun autre cas que l’admission au Louvre, « 7'ülympia ne doit quitter le Musée du Luxembourg. » Je dois vous faire observer que c’est là une condition nouvelle dont Un avait pas été question jusqu’ici et que l’administration des Bea ux-Arts ne saurait accepter sans déroger aux règlements. Le Luxembourg, en effet, est essentiellement un Musée de passage et de ren o u vellem en ts périodiques, dans lequel aucune œuvre ne figure à titre permanent et définitif. En déclarant que 7'Olympia y resterait jusqu’au jour où elle serait admise au Louvre, l’adm in istrati on conférerait à ce tableau des privilèges qu’elle n’a pas le droit de lui accorder. J’ajoute, cependant, que, vu f intérêt de f œuvre et les intentions des donateurs, elle s’efforcerait de la conserver toujours à Paris, et sous les yeux du public.
Je vous serai obligé de me faire connaître le plus tôt possible votre réponse, afin que je puisse soumettre au Ministre mon rapport sur cette affaire.
Le Directeur des Beaux-Arts,
Gustave Larroumet.
Monet répond le 5 avril, maintient la condition du séjour à Paris :
J’ai f honneur de vous accuser réception de voire lettre en date du 7^'’ avril, et de vous dire que je prends bonne note de la promesse que vous me faites de conserver toujours à Paris et sous les yeux du public, 7'Olynipia, d’Édouard Manet.
Devant f intention formelle des donateurs de voir ce tableau exposé à Paris et non en province, il est de toute nécessité, pour
CLAUDE M ONET
moi, quil soit bien entendu quen aucun cas /'Olympia ne sera envoyée en province.
J'espère donc que lorsqu'il aura pris connaissance du rapport que vous devez lui adressera ce sujet. Monsieur le Ministre, tout en tenant compte de l’avis émis par le Comité consultatif des Musées nationaux, voudra bien confirmer fassurance que vous avez bien voulu me donner.
On discute sans avancer. Le 21 avril, le Direeteur des Beaux-Arts éerit à Claude Monet :
Monsieur, en réponse à la lettre que je vous adressais le 1er QYpip vous me faites savoir, à la date du 5, que « vous prenez bonne note de la promesse que je vous fais de conserver toujours à Paris et sous les yeux du public /'Olympia, d' Édouard Manet » ; vous ajoutez qu'il doit être « bien entendu qu’en aucun cas /'Olympia ne sera envoyée en province; » enfin vous espérez que Monsieur le Ministre « voudra bien confirmer l’assurance que je vous aurais donnée. »
J'ai f honneur de vous faire observer que cette réponse dénature, en les exagérant, les termes et le sens de ma lettre. Je me suis borné à vous dire que f Administration, « vu l’intérêt de f œuvre et les intentions des donateurs, s'efforcerait de la conserver toujours à Paris, sous les yeux du public. » Il ne s’agit donc là que d’une intention bienveillante, mais non d’une promesse ni d’une assurance.
Je ne puis donc que vous confirmer ma lettre du 5 avril; mais puisque vous désirez obtenir favis de Monsieur le Ministre, je lui soumets la correspondance que j'ai eu f honneur d’échanger avec vous, en remettant à sa haute autorité le soin de préciser d’une manière définitive le texte des règlements et f intention de f Administration .
Le Directeur des Beaux-Arts,
Gustave Larroumet.
Le 20 mai, le ministre Léon Bourgeois, écrit à peu près la même lettre que le Directeur des Beaux-Arts :
Monsieur, j’ai examiné la correspondance échangée au sujet de votre offre de donation à l’État de rO\ym\na,d’ Édouard Manet, et de l’avis émis à ce sujet par le Comité des Musées nationaux, portant que l’œuvre pouvait être acceptée par le Musée du Luxembourg, sans engagement.
J’ai l’honneur de vous taire savoir que cette donation pourrait être acceptée par l’État aux conditions suivantes : l’entrée de /'Olympia au Luxembourg ne conférerait à ce tableau aucun privilège et ne lui enlèverait aueiin droit. Son admission au Louvre resterait toujours possible, lors des remaniements annuels et dans les cas prévus par les règlements.
Mon administration ne saurait prendre l’engagement de le maintenir au Luxembourg et de ne l’envoyer jamais en province, car ce serait mettre ce tableau en dehors des règlements qui régissent les Musées nationaux. Toutefois, prenant en considération l’intérêt de l’œuvre et le vœu des donateurs, son intention est de conserver toujours /'Olympia à Paris et sous les yeux du public.
Je vous prie de me faire savoir d’urgence si vous souscrivez aux conditions que je viens de formuler.
Le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts,
Signé : Léon Bourgeois.
De guerre lasse, Monel accepte, l’acte notarié est dressé par M® Grirnpard, notaire à Vernon; le projet de décret d’acceptation par l’État est transmis au Conseil d’État, ([ui donne son avis favorable en novembre, et enfin, le 17 du même mois, paraît au Journal Officiel le décret dont voici le texte :