SCÈNE IL
FAtJVEAU, LA MÈRE FAUVEAU, puis ROSE, puis LE PÈRE RÉMY et CLAUDIE.
ROSE, derrière le théâtre.
Venez, venez, mes braves gens! Oh! je le veux ! je suis la maîtresse, moi !
(Elle entre et jette sa cape sur uue chaise , Rcmy et Claudie la suivent et restent hésitants au fond du théâtre.)
82 CLAIJDIE.
LA MÈRE FAUVEAU, courant au-devant d'eux.
Ah ! mon Dieu ! vous nous les ramenez, notre mai tresse !
FAUVEAU, allant vers eux lentement et s'arrêtant à mi-chemin.
Ah ! tiens ! vous les avez ramenés , notre maîtresse ?
ROSE, essoufflée.
Et ce n'est pas sans peine. J'ai couru après eux toujours au galop ! J'ai commandé à Thomas de retourner malgré eux. Oh ! j'aurais plutôt fait verser la voiture que de les laisser partir fâchés comme ça contre nous 1 c'est nous qui avions tort ! Vous d'abord, père Fauveau, et puis moi par suite. C'est-il la faute de ces pauvres gens si vous m'avez conté des menteries?Tu m'entends, Fauveau; mais je te pardonne, à condition que Glaudîe et son père seront les bien venus chez toi. . . c'est-à-dire chez moi !
LA MÈRE FAUVEAU, allant à Rose.
Comment I notre maîtresse! vous avez été vous-même... vous avez réussi à... vous êtes consentante de... Tene«, (elle lui saute au cou) VOUS êtes Une brave femme, une bonne maîtresse, une personne bien comme il faut, un cœur... oh ! le bon cœur que vous avez, madame Rose ! Vous avez le sang vif comme un follet, mais ça se retourne tout de suite du bon côté, et ma fine , faut que je vous embrasse encore ! (Elle l'embrasse et ajoute en baissant la voix) C'est
le bon Dieu qui vous a conseillé pour empêcher un grand malheur, et puisque c'est comme ça , vous irez jusqu'au bout, pas vrai?
ROSE, de même.
Oui ! qu'est-ce qu'il faut faire ?
LA MÈRE FAUVEAU, pou^^sant Rose à droite, afin d'éviter d'être entendue par son mari, qui débarrasse la table et qui tâche d'écouter, à Rose.
Voulez-vous venir avec moi ?