‹ ClaudieChapitre 62 sur 83 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

gémir et de crier. Il s'est jeté là comme un homme qui a plus de peine qu'il n'en peut porter. Quand je m'approche de lui , il fait comme s'il dormait; mais votre neveu Jean, qui est là caché derrière la crèche, et qui m'a juré de ne pas le perdre de vue, m'assure qu'il pleure en dedans et qu'on entend son pauvre cœur qui saute et gronde comme une rivière trop pleine.

FAUVEAU, prenant un air sombre.

Il finira par entendre raison , laissons-le pleurer son saoul.

LA MÈRE FAUVEAU, comme avec reproche.

Oui! oui! trouvez-lui des larmes! comme si c'était bien aisé à un homme qui a de la force de se fondre comme une neige au soleil ! Je vous dis qu'il ne pleurera point et qu'il en mourra, soit d'un coup de colère et de folie, soit d'une languition d'cnnuyance et de dégoût.

FAUVEAU , s'cloignant d'elle et répondant à son reproche.

Femme ! vous me menez trop durement ! A vous entendre, je suis un mauvais père et j'ai tué mon fils !

LA MÈRE FAUVEAU , allant à lui, avec douceur.

Non , mon homme ! mais vous avez voulu suivre vos idées d'ambition, vous avez humihé des malheureux, et voilà que Dieu vous en punit. Votre fils veut mourir, et notre maîtresse vous blâme et nous quitte.

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