‹ Claudine de FlorianChapitre 27 sur 38 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

Maï>. DERNETTI, seule.

Quel fâcheux incident! quelle position est la mienne ! au moment même où je touche au bonheur , le sort me trouve une rivale , je ne sais où ; elle entre ici , je ne sais comment ; et je m’alarme, je ne sais pourquoi ; car elle ne peut être à craindre ; et , s’il falloit juger les hommes sur certains écarts de jeunesse.... L’occasion , d’ailleurs , se présente quelquefois si naturellement, qu’en vérité on ne peut leur faire un crime. Cette fille, cependant, ne paroît pas méprisable. Son air, son langage, sa douceur ont un caractère. . . Ce M. Belton

avoit bien affaire de courir Jes montagnes de la Savoie !

Voilà comme ils sont tous; parlant sans cesse d’aimer, et ne connoissant que le plaisir ; sans reconnoissance , sans humanité ; sacrifiant la femme qu’ils ont trompée , à celle qu’ils veulent tromper encore ; promettant le bonheur , et ne faisant que des victimes; par combien de bassesses, de mensonges , ils arrivent à une vieillesse prématurée, qu’empoisonne

Je mépris , que poursuit le remords ! Tout cela est bien

beau , bien vrai , ces réflexions sont sublimes ; mais elles ne décident rien et il faut prendre un parti.

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