‹ Claudine de FlorianChapitre 9 sur 38 · B E L T O N , AMBROISE · texte numérisé non relu

B E L T O N , AMBROISE

lie père Ambroise réfléchit ?

A M B r ô 1 s E', avec humeur.

Comme un autre. Eh , pourquoi pas ?

Le père Ambroise a de l’humeur ?'

AMBROISE

Non pas contre vous, M. Belton; mais j’ai une ame, Monsieur, et cette ame n'est point de bronze.

BELTON.

Il n’y a qu’un moment- (pie je t’ai laissé avec cette gaîté, inaltérable, cette heureuse insouciance, qui ne te quittent jamais. Qui a pu les troubler en si peu de te ms ? réponds^mdi , je le veux.

ambroise, entre ses dents .

Je le veux ! je le veux !

belton. *

Oui, je le yeux : ma bienveillance me donne le droit de m’exprimer ainsi.. Qu’as - tu ? dis-le moi.

COMEDIE. îS

AMBROISE

Eh, parbleu, j’ai que mon filleul vient d’arriver du

pays, et m’a conté certains évènemens qui vous sont étrangers , à vous, M. Belton ; mais ^mi me tourmentent, qui me désolent. .... Ce malheureux fiiieul !...,.

b E L T o N , avec intérêt.

Il est malheureux ? Que vient-^il faire à Turin ?

AM b R o i s E.

Il est venu se jetter dans mes bras, me demander les moyens de gagner sa vie.

Et que comptes-tu faire pour lui ?

Ma foi, je p’eri sais trop rien, je vous l’avoue. Ça n’est pas rompu au travail; ça souffrira.

Quel âge a-t-il, ton filleul ?

AMBROISE

Mais dix -huit ans, ou environ.

De Tinlelügence ?

Beaucoup même, beaucoup.

Un peu de figure ?

AMBROISE

Que trop, de par tous les diables.

Je le prends. à mon service.

a M B r o i s e , vivement.

3Üon pas , s’il vous plaît , M. Belton , non pas , non.

B E L T O N , piqué.

Par exemple , M. Ambroise , je ne m’attendois pas à un refus. ;

AMBROISE

Je sais bien que vous n’y êtes pas accoutumé.

BELTON.

Et par quelle singularité, vous opposez-vous au bien-être de ce filleul, qui paroît vous intéresser ?-uij homme raisonnable donne au moins des raisons.

AMBROISE

D'abord , il a avec lui un petit frère, qui vous incommode* roit , sans pouvoir vous être utile.

Queîle pitoyable difficulté ! j’ai de la fortune; cet enfant s’élèvera dans la maison; et, plus tard, on en fera quelque chose.

AMBROISE

Mais, monsieur, mon filleul n’est pas au fait du service;

c*est gauche, timide

B E L t o là.

Eh, qu’importe , puisqu’il est intelligent ? je lui donnerai des avis; il se laissera conduire. Je suis doux, facile, il se trouvera bien avec moi ; je m’applaudirai d'avoir quelqu’un qui tienne au père Ambroise, et qui s’attache à moi , autant par affection que par devoir : les bons domestiques sont si rares !

A M B B O ï s E, à part».

Je ne sais plus que lui dire*

C’est une affaire tërininée , ou je me brouille ttvec voüs.

am broise, à part .

La meilleure de lires pratiques !

Vous me le présenterez quand vous voudrez.

AM BROISE

Si cependant, vos propositions ne lui convenoient pas ?

J’en serois fâché ; mais je ne veux pas le contraindre.

AMBROISE

Je vous remercie , Monsieur , et je vais le prévenir. ( sor-* tant. ) Je vais lui faire sa leçon. Claudine chez un pareil homme ! elle pourvoit bien y retrouver le Montanverd.

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