B E L T O N , AMBROISE
lie père Ambroise réfléchit ?
A M B r ô 1 s E', avec humeur.
Comme un autre. Eh , pourquoi pas ?
Le père Ambroise a de l’humeur ?'
AMBROISE
Non pas contre vous, M. Belton; mais j’ai une ame, Monsieur, et cette ame n'est point de bronze.
BELTON.
Il n’y a qu’un moment- (pie je t’ai laissé avec cette gaîté, inaltérable, cette heureuse insouciance, qui ne te quittent jamais. Qui a pu les troubler en si peu de te ms ? réponds^mdi , je le veux.
ambroise, entre ses dents .
Je le veux ! je le veux !
belton. *
Oui, je le yeux : ma bienveillance me donne le droit de m’exprimer ainsi.. Qu’as - tu ? dis-le moi.
COMEDIE. îS
AMBROISE
Eh, parbleu, j’ai que mon filleul vient d’arriver du
pays, et m’a conté certains évènemens qui vous sont étrangers , à vous, M. Belton ; mais ^mi me tourmentent, qui me désolent. .... Ce malheureux fiiieul !...,.
b E L T o N , avec intérêt.
Il est malheureux ? Que vient-^il faire à Turin ?
AM b R o i s E.
Il est venu se jetter dans mes bras, me demander les moyens de gagner sa vie.
Et que comptes-tu faire pour lui ?
Ma foi, je p’eri sais trop rien, je vous l’avoue. Ça n’est pas rompu au travail; ça souffrira.
Quel âge a-t-il, ton filleul ?
AMBROISE
Mais dix -huit ans, ou environ.
De Tinlelügence ?
Beaucoup même, beaucoup.
Un peu de figure ?
AMBROISE
Que trop, de par tous les diables.
Je le prends. à mon service.
a M B r o i s e , vivement.
3Üon pas , s’il vous plaît , M. Belton , non pas , non.
B E L T O N , piqué.
Par exemple , M. Ambroise , je ne m’attendois pas à un refus. ;
AMBROISE
Je sais bien que vous n’y êtes pas accoutumé.
BELTON.
Et par quelle singularité, vous opposez-vous au bien-être de ce filleul, qui paroît vous intéresser ?-uij homme raisonnable donne au moins des raisons.
AMBROISE
D'abord , il a avec lui un petit frère, qui vous incommode* roit , sans pouvoir vous être utile.
Queîle pitoyable difficulté ! j’ai de la fortune; cet enfant s’élèvera dans la maison; et, plus tard, on en fera quelque chose.
AMBROISE
Mais, monsieur, mon filleul n’est pas au fait du service;
c*est gauche, timide
B E L t o là.
Eh, qu’importe , puisqu’il est intelligent ? je lui donnerai des avis; il se laissera conduire. Je suis doux, facile, il se trouvera bien avec moi ; je m’applaudirai d'avoir quelqu’un qui tienne au père Ambroise, et qui s’attache à moi , autant par affection que par devoir : les bons domestiques sont si rares !
A M B B O ï s E, à part».
Je ne sais plus que lui dire*
C’est une affaire tërininée , ou je me brouille ttvec voüs.
am broise, à part .
La meilleure de lires pratiques !
Vous me le présenterez quand vous voudrez.
AM BROISE
Si cependant, vos propositions ne lui convenoient pas ?
J’en serois fâché ; mais je ne veux pas le contraindre.
AMBROISE
Je vous remercie , Monsieur , et je vais le prévenir. ( sor-* tant. ) Je vais lui faire sa leçon. Claudine chez un pareil homme ! elle pourvoit bien y retrouver le Montanverd.