XIV NOTICE
leur émotion et marchandant leur éloge, ont exagéré la dose de fiction inévitable et légitime dans tout récit de ce genre. L'aventure est certaine. Beaumarchais la racontait à distance, en réponse à une calomnie, et Von ne saurait lui en vouloir d'avoir ajouté à la réalité cette pointe de roman, cet assaisonnement draniatique, qui sont du droit de l'art, et le rendent parfois plus vrai que la nature elle-même. La question, toutefois, vaut la peine d'être étudiée, et nous allons trouver dans le récit sans commentaires, dans le procès-verbal historique des faits qui se rattachent au procès Goëzman et à l'épisode Clavijo, l'occasion de le faire brièvement.
Beaumarchais avait eu l'occasion de rendre un service au fameux financier Pâris-Duverney, qui ne l'avait pas oublié. De là entre eux une liaison d'amitié et d'affaires qui dura dix ans, pendant lesquels Beauniarchais, tout en servant les intérêts de son patron, ne négligea point les siens. Cette association, qui ne se dénoua que par la mort de