‹ Clef de la comédie anti-catholique de Dante Alighieri ... donnant l'explication du langage symolique des fidèles d'amour dans les compositions lyriques, romans et épopées chevaleresques des troubadoursChapitre 1 sur 4 · LIBRAIRIE DES HÉRITIERS JULES BENOUARD · texte numérisé non relu

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rue de Teunaen, 6.

Cette Clef est destinée à ceux qui , possédant assez la langue italienne pour lire te Comédie dans Toriginal, voudront se procurer le plaisir d'y rechercher eux-mêmes la pensée du poète et de la dégager des bandelettes mystérieuses dont il l'a enveloppée. Mais elle ne sera pas non plus inutile à ceux qui font leur étude de la littérature du Midi , puisqu'elle les mettra sur la voie pour éventer une partie des procédés mis en œuvre par les troubadours dans leurs compositions lyriques ou satiriques ; mais surtout dans les épopées chevaleresques dont on a voulu, bien à tort, attribuer les premiers essais aux trouvères de la langue d'otï. En effet , presque tout leur système d'allégories , tous leurs artifices de style ont été employés par Dante, qui ne cesse de les proclamer ses maîtres et qui devait les effacer. Enfin, elle révélera Tordre d'idées dont s'est inspiré l'auteur du grand poème si longtemps proclamé le chef-d'œuvre du génie catholique , à ceux qui n'auront ou le temps ou la patience de suivre dans ses investigations de détail l'auteur de la traduction commentée de la Comédie.

CLEF

AmwK* Exterminé par le Seigneur^ comme devra l*étre Philippe-le- Be), pour s'être approprié, dans les dépouilles du Temple, le butin

• réservé au Seigneur. Pg., xx.

AcBiuB. Frédéric II, fils de Tempereur Henri VI, érigé en Pelée, et de Constance, fille de Roger V^', la Thétis sieilienna ; élevé sous la tutelle du pape Innocent lU, travesti en Chtron. E,, xti, kxvi et Pg., IX.

A9AII. Dante, comme créateur du langage dogmatique substitué au langage erotique des troubadours , qui était devenu suspect à Tinquisition , et oomme époux de l'Église sectaire de Florence , Eve abusée , qui se laissa enduire aux belles paroles de Satan Aleppe. Pg,, IX, XI, XXIII, etc. Voyez Eve.

AOAV (Maître) de Brescia, falsificateur de métaux, personnification des Gibelins ayant faussé leurs serments à TËmpire et à la foi sectaire, désignés sous le nom d'Alchimistes.

▲imiBii T. Personnifiant Tavarice. Pg., xix.

AMt^vtMfÈ' yune des quatre vertus cardinales de Tinitié sectaire, le seul en qui Ton doive reconnaître la véritable noblesse. ContHto, rv,

AoLAuavs, changé en pterra^ personnification de l'envie guelfe.

AOHEAUX. Les membres d9 TEglise dissidente, innocents et purs, Ou Catliares, en opposition aux boues et aux loups orthodoxes.

Aiou. Symbole de l'Empire et de saint Jean, patron des Templbrs; ainsi la même figure pour les deux principes alliés, également hostiles à rËglise romaine.

u Moyen de progrès; propulseurs de l'idée ou de Tinfluence bonne ou mauvaise, selon ta nature céleste ou infernale du sujet, c'est-à-dire selon qu'il s'agit d'un esprit sectaire ou orthodoxe.

Albioêxsmb, Albiobois. Mois introuvables dans la Comédie, quand ridée est partout présente. Nous ne connaissons les doctrines albigeoises que par les rapports des vainqueurs. Peut-être ne tenaient- . elles du manichéisme que pour ne pas admettre que le principe de tout bien ait créé le principe de tout mal, en lui laissant libre carrière dans son antagonisme avec lui.

Alchoiib. Science qui n'était hérissée de formules si mystérieuses que parce qu'elle ge rattachait à l'hérésie , de même que l'astrologie.

ALGHiMisTBa. Les apostats ayant faussé leurs serments à l'Empire et à la foi albigeoise.

Aumioir. Frédéric II, faisant payer chèrement à l'Église albigeoise, sa mère, en tirant forcément le fer contre elle, la couronne impériale que lui avait conservée Innocent III, sventurato' ornamento, Pg., XII, et, poussé par le pape, dalpadre suo, afin de ne pas se brouiller avec dame Piété, réduit à se faire impitoyable envers ses coreligionnaires, per non perder Pieta si fe' spietato. Farad. ^ ix.

litDMrro, Mégère et Tysiphone, personnifiant l'orgueil, l'envie et l'avarice dans les murs de Florence-Dité.

4fa»ÉWMUi. Le pape Alexandre III, en lutte avec Frédéric Barberousse, dans la querelle des investitures. E,, xii.

JU«uun»B-LB-OBA]fD. Henri VU, faisant fouler aux piçds par ses soldats le sol embrasé de la Lombardie , révoltée à l'exemple de Brescia.

ALBns ZuTBBBtiiiBi , do Lucquos, personnification de la flatterie guelfe. £., XIV.

Au. Le gendre de Robert II, roi de Naples, ou son fils le prince Jean, tué par le comte Néri de Pise. E,, xxviii.

JLLicHixo. Le prieur florentin Medico Âliotti. E., xxi.

Althi. Mot combiné pour offrir aux initiés les initiales de Arrigo Lucemburg, Templaro. Romano Imperaiore.

Altbui. En l'orthographiant selon l'écriture du temps, altrvi, on retrouve les mêmes initiales que ci-dessus, et de plus : re vi®, du nom. Aliriy altrui et tal se reproduisent sans cesse dans la Comédie avec la même signification.

Ahax. Le pape, ministre infidèle, usurpant lapuissance d'Âssuérus, le monarque universel, roi des rois.

L'Italie, patria amata. Pg., xvii.

Celui qui n'aime point , ne connaît point Dieu , dit saint Jean, Ep. I, ch. iv, v. 8 ; car Dieu est amour. L'amour étant, avec la puissance et la sagesse, l'une des trois formes sous lesquelles la divinité est accessible à l'intelligence humaine , devenait ainsi le

principe de la religion en antagonisme avec le catholicisme persécuteur, considéré comme une religion de haine. Les paroles du même Apôtre suggérèrent aux scolaires Tidée d'opposer le principe de vie au principe de mort, les fils du Diable au Fils de Dieu, Fes* prit du monde et ses princes, à Tesprit du Ciel et à ses Anges, etc.

AMFHIABAV8. Léopold d^Autricho, qui, sous prétexte du mauvais air^ emmena les troupes qi^'il avait conduites au siège de Brescia, et abandonna la cause de Henri de Luxembourg. E., xx.

Amfrxox. Henri VII au siège de Brescia. E., xxxii.

JkMQBB. Les dignitaires de TËglise dissidente, appelés par les Albigeois et les Templiers, très-excellents et purs ou parfaits, c^està-dire Cathares. Les fils de Dieu, en opposition aux fils du Diable, princeps mundi.

jUraBS BBBBUB8. Los hauts dignitaires de TËglise catholique romaine. Les cardinaux, principes terrœ.

AmnB (Le pontife). Le père de quelque Vanozza de la cour pontificale. E,, xxiii.

jLHTBftB. Le municîpe de Bologne, Guelfe par ses membres, Gibelin affilié à la secte, par son chef. E., xxx.

Afocaltfsb. Personnifiée dans saint Jean , dans l'aigle et dans Lucie .

Afollou. Le soleil, Tastre de la raison, de la lumière, de la vérité.

AquiLom, Vent du Nord, soufflant l'ignorance stupéfiante et les ténèbres de la superstition ; symbole de la guerre des Barbares conduits par Gui de Montfort et les légats romains.

JUuicBirÉ. Rome tissant les vêtements pontificaux à l'exemple de ceux des païens, et ourdissant des trames ténébreuses en opposition avec la Minerve. gnostique, la déesse Raison. E., xvii, etP^.,

A&BRB8 (vau). Les sectaires.

ABBBsa (MOBT8). Los catholiqucs. Les troubadours traitaient les membres du clergé catholique d'arbres automnals morts.

Abc. Arme de l'Amour, pour la bouche, qui en offre la forme, et dont la langue est le trait qu'elle décoche , par la parole à double et à triple sens, triplice saetta,

Abghe. Tombe de pierre dans laquelle feignaient de s'ensevelir -les sectaires obligés de dissimuler leur foi ; de là le surnom de Pétrarque, Petrœ-arca, dont le nom de famille était Petracco.

Abcbb ▼!« {Arco). Contraction du nom de Arrico, Henri de Luxembourg, le septième de son nom, mais le sixième seulement comme empereur. -Ê., xxi, et Pg., xix.

AjiGBiiTi (Philippe). Personnification de l'esprit florentin, des hommes d'argent de son temps.

Aaoo (Le navire). Contraction d'i^rri^o^ Henri VU, et par suite symbole du vaisseau de l'Empire, en opposition à la barque de saint Pierre.

jùi«oiiAWSs. Les Gibelins sectaires montant le vaisseau de TEchpire et allant à la conquête de la Toison d'or; autrement dit armés pour arracher au pontife romain sa double puissance, source de ses immenses richesses et de son influence sur le monde catholique.

A&ava. Figure de Tlnquisition, surveillant lo ou l'Isis sectaire.

ABiAiia. L'Église catholique, sœur de Pasiphaé, figure de la eour de Rome, engendrant le Minotaure, moitié homme, moitié brute..

Ariès. Signe céleste, ouvrant l'Ëquinoxe de printemps, époque des initiations ; blanc bélier sans tache, en opposition avec le bouc, noir et fétide ou le Capricorne, figure des ultra^Guelfes florentins, appelés Noirs.

ABMAVt) Bamibi.. Représentant du langage mystique, dus ou car, dans les romans et dans les compositions en vers des troobadoors.

JUiima (L'augure). L'un des membres de la famille Malaspina, alliée des Fieschi de Gênes, qui possédait plusieurs châteaux dans le voisinage de Carrare et sur les côtes de la Lunigiane. £., xx.

Aht. Tout l'ensemble des moyens employés pour le triomphe de la foi dissidente j la restauration de l'Empire universel et la ruine û»l'Église catholique.

Abt o'Anomi» ou gaie science, gai savoir. La poétique des troubadours de la langue d'Oc, consistant à voil^ les pensées sous des images , et à donner aux mots une acception dififérente de leur sens usuel, ce qui s'appellait parler dus, car, couvert, honnête, courtois.

AmTVs (Le roi). Personnification de l'Empire universel dans les it>mans du Saint^raal, c. à. d., du Saint-Vase ou du Saint^Temple.

AflDBHT. Masque déguisant en savetier, diseur de bonne aventure, Ghibert de Coreggio, seigneur de Parme.

AsanÉRus. Le monarque universel recouvrant sa puissance usurpée par un ministre prévaricateur. P^.; xvii.

AsTBBS. Sphères symboliques figurant les différents grades de l'initiation sectaire et, à ce titre, affectées à chacune des branches des connaissances humaines, enseignées en dehors des écoles orthodoxes.

AmaMAt. Personnification des fureurs de Breecia, révoltée contre Henri VIL E., xxx.

Atbbues. Ville de savoir et de philosophie, en opposition à Rome, ville de Fignorance et de l'autorité. L'Athènes céleste devait, selon le vœtt de Dante, voir philosopher d'accord les doctes de toutes les écoles. Convito>

AuBOBB. Il y en a deux : L'une, l'Église romaine, concubine déjà sur l'âge du Vieux de l'Ida ; ses roses fanées sont les fleurs rouges des Florentins et ses lis jaunis les lis français. Fg,y ii. — ^L*autre, l'amante de Céphale (tête) du chef, du grand Maître venu de TOhent, est l'Église sectaire, blanche et coquette, se montrant, parée de perles,

au seiiM de VOrient» mais «ffsetaot lea dMior» orthotoieai a« wvfm d'un diadème oflrani la forme d'uo scorpion au double daifd, )ançanl 8on veniD mortel avec sa queue. P^.f IX.

Amwaaa. Les propagateurs de mauvaises oouveilea, ietaut le découragemeiït dans les rangs de Henri VIL E., xx.

JLwABOKm, Apanage exclusif de Rome, en opposition à la UlaéraUtéi larghezza, partage de Tâme noble ou de Tinitié sectaire. Cen%ni0, iv. La géante Ériphile de l'Ârioste chevauchant un louj^ dans les jar « dins de la vieille magidenne, affectant dans ses vêtements la couleur oh* i vfseovi i prelati uècmo in eorte, symbolise à ne pas s*y méprendre Tavarice de la cour romaine.

u Ceux qui anivrat la loi de FÉglise. Pg.^ xui.

B4tBxxoiiB. Romoi réceptacle de toutes les corruptions^.

BamATViw* Les fonctionnaires prévaricateurs et, plus particulièrement , les Koirs florentins. E», xxi.

BABaaBiQOfa. Le gonfalonnier de justice, Jaeopo Ricci, appelé familièrement le barba ou le père Ricci. Ibid.

BÉATBiGB. La pensée-verbe de Dante , sa foi sectaire, son (ma et son esprit personnifiés ; Snnoïa réunissant, sous ce non^-épitMite , les attributs de la Raison , de la Vérité et de la Liberté, L^ méine, sous les noms divers de Laure, de Lucie, de Fiammetta, de rÉtoile d'Orient ou de Syrie , dé la Fleur ou de la Rose par excellence , avec toutes les épithètes que pouvait inspirer Femphase mystique aux fidèles d'Amour. Conformément à la formule rituelle des Francsmaçons, fai pleuré et fai rij Béatrice pleure dans l'Enfer et dans le Purgatoire ; elle est rayonnante de joie dans le Paradis, où son rire ne cesse de la faire resplendir.

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