L. Voy. Ariès
[.Le pontife romain.
Bbrtrahd ds BoRif. Représentant du langage politique chez les troubadours provençaux. JF.» s^xxvni.
BiGB. Nom mystérieux qui paraît être une syncope de Béatrice, mais qui, en réalité, donnant les initiales de Béatrice» de lesu Cristo et à'Ënrico, ou B. L C. Ë, résume la foi politique et religieuse de Dante.
Bum (souverain, sommo bene). Dieu, au point de vuesectairev toula bonté, toute justice, tout amour ; et TEmpereur, son représentant sur la terre, Bm, donnant Béatrice et Enrico» B. EN.
Bi»r. Tout ce qui dérive de Tua ou de Vautra.
K Faction de juste-milieu dans Florence , visant à la conciliation de ceux, parmi les Guelfes et les Gibelins, qui étaient d'accord pour désirer une réforme religieuse ; ayant pour adversaire la faction ultra-guelfe des Noirs , ne jurant que par le pape armé de hi double puissance temporelle et spirituelle.
BoKAaiiiiiTA (de Lucques). Représentant de l'ancien langage erotique en Italie. Pgf., xxiv.
BONiFACB vm. Damné par avance, E., xix, comme simoniaque ; ch. xxvif, comme profanateur; Pg., xx, comme en horreur à toute la chrétienté, dans ce vers à double sens : Che cictscun suo nemieo era cristiano, Tout chrétien était son ennemi. Signalé enfin comme mort au milieu des larrons, parce que, transporté dans Rome, après Tattentat d'Anagni, il rendit le dernier soupir entouré des cardinauXt vivi ladroni, dit YOtt, Comm.
BovGS. Les Noirs florentins.
Bhzabéb. Philippe-le-Bel. Désigné tout à la fois, comme lié et comme légat par le mot lègato; ce qui semblerait indiquer qu'il aurait obtenu ce titre de Clément V, pour n*être pas en reste avec Robert II, investi de ces fonctions en Sicile. Là se trouverait Texplication de la manière expéditive dont procéda ce prince à l'égard des Templiers, sans consulter le pape que pour la forme. J^., xxxi. Pg., xxxii.
BBSBI8. Bêtes inférieures et haïssables, dit Dante {Convito)^ obéissant stupidement au pasteur : les chrétiens orthodoxes.
Bbvtbb. Les catholiques, attendu qu*il3 font abnégation de leur raison pour se soumettre à l'autorité.
BBVTva. Le parti des Noirs florentins , comme complices de l'empoisonnement du César Henri VIL E,, xxxiv*
Caoub. Le prince Jean deNaples, fils de Robert II d'Anjou, tenant, comme Guelfe, de l'homme et de la brute. E,, xxv.
Caïh. Type des pontifes, meurtriers de leurs frères, d'où le nom de Caïne, affecté au séjour de Lucifer, personnification de la Papauté.
Caïpbb, Clément V, désigné sous ce nom comme ayant trempé dans la mort du Juste , en se rendant complice de l'empoisonnement de Henri VIL E., xxiii.
Gambas et Svamui. Les deux frères , Antoine et Bassano Fisilaga.
CALI8TO. Fille de Lycaon, changé en loup, changée elle-même en ourse, l'Église romaine. Pg., xxv.
Gah, HCAsmro. Noms donnés à deux membres de la fanûUe de la Scala , de Vérone , en leur qualité de chefs de la secte en Lombardie, par allusion au Khan de&Tarlares; les hérétiques étant désignés sous le nom de Tartarins. De là les paladins tartares de FArioste , et le fameux prêtre Jean , de la Grande-Tartarie , ou le patron du Grand-Orient. De là le Veltro ou limier, destiné à donner la chasse à la louve,
CAifA (Noces de). Banquet de l'Amour, d'où sont exclus les Guelfes, aveugles privés de la lumière du soleil de là Raison, qui vont chercher des indulgences à Rome. Fg,, xxii.
GAFANis. Tebaldo Brissato, créé prince par Henri VU, dont il avait d'abord embrassé le parti, fit ensuite révolter Brescia. Dès lors, cette ville devint une autre Thèbes en rébellion contre 1q Jupiter impérial, le Dieu des Gibelins, leur Messie. E., xiv.
Cafoggbio. Personnification des félons qui faussèrent leurs serments
. à l'Empire et à la secte, désignés sous le nom d'Alchimistes, pour avoir changé l'or en plomb.
ÇAPBiooBifB. Le bouc, noir et fétide, symbolisant le parti des Noirs, en opposition au bélier, blanc et sans tache.
Cabom* Vecfihio bianco. Très-probablement Yieri des Cerchi, le vieux blanc hargneux qui, tout en grondant, fit traverser à Dante le Rubicon ou l'Achéron, c'est tout un, et quitter définitivement la bannière guelfe pour celle des Gibelins. E., m.
Cassios. Philippe-le-Bel, comme complice de l'empoisonnement du César Henri VH.
CASTavGcao Castragahi. Annoncé sous le titre d'initié ou de Damé dégagée des préjugés orthodoxes, che non porta benda, comme le vengeur prédestiné des injures de Dante sur les Florentins, dont il humiliera cruellement l'orgueil. Pg,, xxiv.
Catoh d'Vtiqub. Figure symbolique d'un mysticisme très-compliqué , dont la combinaison est expliquée en détail par Dante , dans le ContHto, et représentant le Dieu Amour sous l'aspect du fameux Baphomeius des Templiers. Pg., i, ir.
CBHTAirABS. Personnification guelfe , tenant de l'homme et de la brute.
OEMMÈmm, L'esprit persécuteur des Guelfes , résidant plus spécialement dans trois têtes , Tebaldo Brissato , Corso Donati et Cante Gabrieli, comme aussi dans les trois Ordres religieux chargés tour à tour ou contemporainement du ministère de l'inquisition , à savoir les Bénédictins, les Franciscains et les Dominicains.
ewamm, Cbibhs. Brutes hargneuses se jetant sur le faible et le pauvre ; expression de mépris employée pour désigner les membres de l'Église orthodoxe. L'épilhète de Chiens est presque toujours à entendre dans le sens de païens ou de mécréants ; il n~est fait
. d'exception que pour le limier, veltro, qui donne ïm dune avs
loups ennemis du troupeau sectaire.
Cbamot (Constellation au )< Tantôt le SaintrSiége, tantjôl le char
impérial, bastema, caroeeio, carro.
OsjuuMPm. L'influence bienfaisante de la doctrine albigeoise et du
gouvernement impérial universel.
Cbàrlbbiaoiis. Type du monarque universel dans les romans de ce cycle , composés originairement dans les pays de langue à! oc otf Hmosine, comme ^l'Âragon , la Catalogne et la Galice. La fameuse chronique du faux Turpin était très-probablement originaire de ce dernier pays. Cette figure de Charlemagne paraît le plus souveoit copiée sur les empereurs d'Allemagne, n'agissant guère par euxmêmes et commandant sans être obéis.
GBByAUBBS. Dignitaires de l'Ordre occulte, figurant dans les romans des divers cycles sons 1^ noms de chevaliers du Soleil, de l'Aigle blanche et noire, du Cygne, Ros&<Croix, du Temple ou Templistes, etc., titres encore usités dans la Maçonnerie.
Cr&étieiis. Les fidèles d'Amour ou ceux qui suivaient la doctrine albigeoise , en opposition aux catholiques.
0nx8T. L'Oint du Seigneur, le Messie , Ip Rédempteur espéré de l'Italie , l'Empereur, qui devait ravir au pontife romain les deux pouvoirs temporel et spirituel, et rétablir la monarchie universelle.
Cbibon. Le pape Innocent III , à qui Henri VI avait recommandé en mourant son fils, âgé de quatre ans, et que ce pontife fit élever sous sa tutelle , en le couvrant de son puissant patronage contre ses compétiteurs; mais Innocent III avait proclamé la croisade contre les Albigeois et excommunié l'Achille de la secte , ce n'était plus que le plus grand des Centaures. E., xxii. Pg.,rL.
CiBCB. L'Église romaine changeant les hommes en brutes.
CEÉoyjLTBB. La cour de Rome, toute sensuelle.
euer, La parole qui ouvrait l'esprit à l'intelligence, à l'aide de l'allégorie, appelée vérité mixte, parce que la vérité s'y mêlait à l'erreur, comme le noir au blanc dans le pavé mosaïque du temple ; on appelait la clef d'argent , celle qui expliquait l'allégorie, en ne faisant jaillir qu'en partie le sens politique ou mystique : celle qui manifestait la vérité pure était la clef d'or; le tout en opposition aux clés de saint Pierre»
Oomm. Fleuve formé des larmes que fait verser à flots dans le monde le gouvernement théocratique, représenté sous la forme d'un vieillard à la tète d'or, au pied d'argile.
COKOHOs. Rome, dont le souverain possédait la Toison*d'Or, que les Argonautes de la secte cherchaient à lui ravir.
CoiiQHia. Figure de l'esprit d'amour, de l'intelligettce sectaire.
QQ9UBVA8. Chaque couleur avait sa signification syn^bolique; iL«n
était de même des ûeur», des métaux, et des diinenies substances ;
ce qui constituait l'Alchimie.
COVRTPI8IB. Mot dérivé de cdur, comprenant tout ce qui , dans lee actes, les pensées et le langage se rattachait aux opinions impérialistes et sectaires, équivalant à noblesse, nobiltà, eu oppositiou avec villania, grossièreté, ignobilité de manière de penser, de parler et d^agir, apanage des Guelfes orthodoxes. Convito,
Cbassvs. Allusion aux pontifes s' abreuvant de sang et s'en montrant toujours plus altérés.
cmiTB, Creti pour Creta, dans la Comédie et dans le Convito, iv, probablement avec Tintention de désigner le chef de TÉglise romaine comme te chef des hérétiques ; Creti offrant une sorte de contraction renversée de retici.
CvRioN* Manque destiné à rappeler le rôle joué par Dante à Tégard de Henri VII, qu'il pressa de marcher sur Florence, en lui citant l'exemple de César passant le Rubicon. E , xxviii. Voir sa lettre à ce prince.
L Les initiéB du templarisme albigeois qui , par un dédoubla* ment mystique de Tàme et du corps , étaient censés avoir les deux sexes , hommes en tant que corps et forme matérielle , femmes en tant qu'intelligence et pensée libre des liens de la matière.
Oames FLOBSHTiiiBS. Los Templiers apostats qui furent les premiers à déposer contre l'Ordre, dans l'enquête ouverte à Florence. Pg:, XXIII.
BAitiBVTa. Ville d'Egypte, pour l'Orient, d'où dérivaik l'Albigéisme avec la Qnosis et le Néoplatonisme alexandrin.
1>AVID alzato trescando. Type des pontifes élevés par les artifice» du langage, la ruse et l'intrigue , ce que signifie treaca en même temps que danse. Pg^, x.
I». La secte albigeoise) veuve de Frédéric H, son Achille. (Tunique de). Déguisement orthodoxe, imbibé de venin hérétique , destiné à venger la secte albigeoise de ses bourreaux.
l>mis (faux Âréopagyte). Son livre, inspiré par le mysticisme néoplatonique, opposé ironiquement à la classification des anges, selon
saint Grégoire.
l>Bins (tyran de Syracuse). Charles d'Anjou , dont la tyrannie suscita l6s Vêpres Siciliennes. E,, xii.
1>IA«B, Délie, la lune, la triple Hécate. Figure de la Papauté à la triple couronne, mobile comme elle , régnant comme etie dans les ténèbres, astre de Terreur, aux rayons sans chaleur, en opposition
au soleil de la Raison , qui éclaire ^ réchauffe , vivifie ceux que l'influence contraire a glacés du froid de la morU Mdom. Type de l'Église, infidèle au Christ son époux, comme la reine de Carthage à la mémoire de Sichée.
Oiomêdb: Henri VU blessant à la main , dans sa puissance temporelle, la Papauté, cette Vénus terrestre , c^tte Pandemos , dont la Louve est le symbole; le compagnon d'Ulysse-Dante pour arracher à Rome son palladium. E., xxvi.
]>rrâ. Florence habitée par les Furies et dominée par les Noirs. E.,
OoHiTiEn. Innocent III provoquant la croisade contre les Albigeois. Pg., XXII.
BoxNBABB. Dans la langue d'oc, domnejar, agir en initié, en fidèle d'Amour, en maître es gai savoir. Les savants vous diront que ce mot signifie seulement courtiser les dames, faire le galant, se da^ moiser; à l'endroit , oui ; mais à l'envers?
l>BAaRi]VAxxo. Betto Brunelleschi , l'un des syndics des Noirs florentins, se déchaînant en dragon contre ses anciens frères. E.,
Obaooh (de TÂpocalypse). L'ambition insatiable des pontifes faisant du Saint-Siège le tonneau des Danaïdes. Pg., xxxii.
BaoïTB. Côté du droit, de la rectitude, de la vérité, de la raison.
Sa^vb. Frédéric Barberousse , qui , en dépit de la peste d'Egine ou de rinfluenoe catholique , releva les espérances des sectaires et les aida à réparer leurs pertes, au point de se voir en plus grand nombre qu'auparavant. Convito, iv. E., xxix.
Sav. Figure de l'enseignement et de la doctrine qu'il est destiné à répandre. En conséquence, l'eau vive, claire et limpide symbolise la doctrine sectaire ; les eaux noires, troubles, stagnantes, roulant des flots embrasés ou sanglants , sont les croyances et les prédications de TËglise orthodoxe , d'où dérivent dès lors tous les fleuves infernaux. Les sources, les fontaines , les lacs, les rivières, abondent dans toutes les épopées chevaleresques , parce que la chevalerie est essentiellement albigeoise, avec tout ce qui se rdpp9rte aux Cours d'Amour.
ÈarnsLiM DB Jacob. L'échelle des grades sectaires.
]fcoTrTB. Rome, pays barbare où la raison est esclave de l'autorité. Rivière de Toscane , dont la vertu pétrifiante e?t comparée au catholicisme. Pg., xxxiii.
I. Représentant du .droit des Romains à TEmpire universel , comme héritiers des Troyens.
SrBiALTE (Le géant). Robert II, roi de Naples, allié de Clément V et dePhilippe-le-Bel, Briarée. E., xxx. Prince peu guerrier et, par ce motif, surnommé la reine Berlhe, représenté, à Taide du mot legato, tout à la fois comme incapable de se mouvoir sans Vaveu du Saint- Siège, et comme son légat, les rois de Fouille en exerçant les fonctions en Sicile.
Spiguriens. Nom philosophique sous lequel étaient désignés les Guelfes affiliés à la secte albigeoise.
XBBSicBTpif . Puni d'une faim dévorante , pour avoir violé les mystères de Cérès; il personnifie Tindiscrétion chez les adeptes de Ta secte. Pg,, xxiii.
Bbxpbtlb. Épouse vénale, livrant Amphiaraiis pour un collier, comme rÉglise trafique du sang de FEpoux. Pg.^ xxii. Celle de l'Arioste chevauche un loup sur lequel elle se pavane vêtue de pourpre, comme un cardinal.
ZaTcaTomi. La secte albigeoise rappelant à la vie de TÂm'our les morts catholiques. E,, ix.
SspRiT. Mente, la partie la plus élevée de rintelligence dans laquelle régnait Béatrice, donna délia Mente,
ZsTBsa. L'Église seclaire , épouse du Monarque universel , Roi des rois, comme Âssuérus , le poussant à reprendre son pouvoir usurpé par l'Aman pontifical. Pg., xvii.,
IÉté. Le temps où triomphe l'influence sectaire, toute lumière et toute chaleur.
Xtovrneaitk. Oiseaux au plumage mélangé de blanc et de noir; figure de ceux qui, par faiblesse et pour des motifs d'intérêt, étaient passés des Blancs aux Noirs. E., v.
XVB. L'Église sectaire , dans Florence , se lais^sant séduire par le serpent pontifical et lui livrant le fruit défendu dans les secrets du langage occulte ; entraînant dès* lors la perte de Dante, qui se désigne ainsi comme le pasteur de l'Église nouvelle, époux de cette Eve qui, testé formata^ ne voulut pas garder les voiles qui la couvraient, et, livrant tous ses secrets, non sofferse di star sotte alcun vélo, agit comme ces dames florentines montrant sans rougir colle poppe il petto. Voir ce mot, Pg,, viii, xii, xxiv, xxviii, xxx, xxxii*
SuMoâ. Cours d'eau vive , symbolisant la pure doctrine de l'Église albigeoise. On y^ buvait l'Amour. C'est là la source où venaient s'abreuver tant de dames et de chevaliers, les Roland, les Renaud et la belle Angélique. Voy. Léthé.
le -
FAaxHAfA DB0 UBSETf. Personnification héroïque du Gibelin non affilié à la secte et n'agissant que dans un intérêt politique. E.,