BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
— Gréometry, Mensuration and the Stereometrieal Tableau, by Charles Baillairgé, civil eugiueer, &c. ; Meddleton et Dawson, éditeurs, Québec, 1872.
M. E. Blain de St. Aubin, donne l'appréciation suivante du travail de M. Baillairgé :
" Les personnes qui, par goût ou par profession, se sont vouées à l'étude de la géométrie liront sans doute avec un vif intérêt la brochure que M. Baillairgé vient de publier sous le titre qui précède. Il y a quelques années, M. B, publia un Traité de Géométrie qui grâces à une heureuse et nouvelle disposition des matières et à quelques théorèmes également nouveaux et très-curieux, ne manqua pas d'attirer l'attention des spécialistes non-seulement au Canada^ mais chez nos voisins des Etats-Unis et jusqu'en Europe.
La brochure qui fait l'objet de cette courte notice est le rapport d'une conférence lue par M. B., au printemps dernier, devant la Société Littéraire et Historique de Québec.
" Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement," " Et les mots, pour le dire, arrivent aisément."
M. B. parle géométrie avec une aisance, une clarté qui n'ont pu manquer de plaire aux moins spécialistes de ses auditeurs ou de ses lecteurs. Ainsi que l'indique le titre, la conférence dont il s'agit est divisée en trois parties. La première est un exposé historique et pratique des progrès de la science géométrique depuis son origine jusqu'à nos jours. Dans quelques pages, M. B. donne une idée trèsclaire de l'influence que les géomètres, — depuis ceux de l'école
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grecque jusqu'à Leibnitz et Newton, oui exercée sur Le progrès géuéral des sciences, car la géométrie es1 intinieinenl liée à loutesles sciences ci à plusieurs arts ; par exemple l'astronome el l'architecte doivent commencer par être des géomètres.
Les méthodes suivies anciennement dans les démonstrations géométriques offraienl bien «les longueurs inutiles ; des théorèmes aujourd'hui rec< as parfaitement oiseux étaient l'objet d'interminables démonstrations. Dans son Traité, AI. 15., fortM'une étude consciencieuse des meilleurs ouvrages anciens ci modernes, a su éloigner toutes les futilités et, par an heureux agencemenl des propositions, réduire d'an quart ou d'un cinquième l'exposé des principes de la géométrie ; et ce n'est pas un léger service qu'il a, ainsi rendu aux commençants.
On pourrait se croire bien loin de l'époque où de braves gens passaient leur vie dans de vains efforts pour résoudre les problèmes sans solution de la quadrature du cercle et de la trisection de l'angle et où d'autres rêveurs se consumaient à chercher le mouvement perpétuel. M. B., nous apprend qu'un savant d'Ottawa s'est livré pendant 34 ans (le pauvre homme !) à la recherche de la trisection de l'angle, qu'il croit l'avoir trouvée. Grand bien lui fasse! M. B., met en garde les jeunes étudiants contre cc^ inutiles préoccupations, et tous les professeurs savent, par expérience, (pie pareille recommandation est très-judicieuse.
Dans la seconde partie de son travail, M. B. se borne à do courtes considérations sur le mesurages des surface planes. Son Traité contient, ù cet égard, des règles pratiques clairement et brièvement exposées. .Mais c'est pour le mesurage des solides que M. E. peut justement réclamer le mérite d'une découverte précieuse et uni se répandra universellement eu dépit de la routine et des anciennes théories.
On sait quelle série interminable de règles ou formules, dont plusieurs très-compliquées, les anciens traités de géométrie donnent pour le mesurage des solides. M. 15. n'en a, qu'une qu'il énonce comme suit et qu'il démontre clairement être applicable ù toute espèce de solides, si bizarres que puissent être leurs formes, — "A la, somme des surfaces des bases parallèles du solide à évaluer, ajouter 4 fois la surface au centre et multiplier le tout par la sixième partie de la hauteur on longueur du solide."
C'est dans le but de populariser l'usage de cette règle «pie M. B. a eu recours à son Tableau Stéréométrique. " Ce tableau, dit M. Baillairgé, est un cadre où. sont placés environ 200 modèles différents de solides; chaque modèle peut être déplacé ù volonté, en sorte qu'on peut le mettre entre les mains de l'élève pour qu'il l'examine.