‹ Clef, ou Explication des divers points et termes principaux, employésChapitre 2 sur 12 · Des lettres adressées à différentes personnes · texte numérisé non relu

Des lettres adressées à différentes personnes

17. M'oublions pas de remarquer, que le fameux voyageur Balthasar Walter , docteur en médecine et en chimie, natif de Grand -Glogau . en Silésie , ayant demeuré chez Jacob Bœhme pendant trois mois, et ayant joui de son intimité , fit grand cas des Quarante Questions ; lesquelles furent traduites en latin par Jean- Ange W erdenhqgen^ jurisconsulte et conseiller privé du

prince de Lûnebourg , imprimées à Amsterdam en 4 63 a t sous le titre de Psyçhalogia ver a, in 8% ercfediées à dix ministres d'État fameux ; enfin elles furent enfin traduites en allemand et imprimées à Amsterdam in^ia , Tan i65o.

iS. Notre susdit Docteur Balth. Watter, (qui est mort à Paris , qui y a fait connaître et répandre chez des gens de qualité les ouvrages de notre Théosophe ) a souvent et à plusieurs lois soutenu , que dans ses longs et pénibles voyages , et particulièrement lorsqu'il avait passé six ans chez les Arabes, chez les Syriens et chez les Egyptiens, pour y apprendre la vraie sagesse cachée ( qu'on appelle ordinairement la Magie, la Cabale 9 la Chimie , ou dans le vrai sens la Théosophie); qu'il avait bien trouvé quelques fragmens de cette science çà et là , mais nulle part aussi profonde , aussi sublime et aussi pure que chez cet homme simple, chez cette pierre angulaire rejettée, (et non pas sans doute, sans un grand déplaisir et sans un grand scandale) des sa vans dialecticien set des docteurs métaphysiciens de l'Eglise. C'est ce qui avait engagé notre susdit docteur Waltcr à* lui donner le nom de Théosophe allemand , tant pour le distinguer de ceux des autres nations, que pour mieux faire ressortir ses ém inentes qualité* chez ses compatriotes , attendu qu'il avait toujours été très-austère dans toute sa conduite, qu'il avait toujours mené une vie très-chrétienne , humble et résignée.

19. Car la seule lumière artificielle et naturelle , sans la lumière sainte céleste de la grâce ,

est toujours plus externe, acerbe, partiale et littérale, qu'interne, douce, bienveillante, catholique et évangélique : il faut , par conséquent , distinguer, justement et mûrement, les dons de l'esprit, selon la différence de son fonds originel et de son origine première, ainsi que selon ses fruits et selon ses rejetons , et rendre et laisser à chacun le sien ( selon qu'il est un membre- du> corps, ou un vase et instrument de la maison ) , et non pas faire comme Babel ( qui n*a pour tout qu'un seul poids et une seule mesure ) , c'està-dire, de faire passer pour hérétique et condamner celui qui n'est pas tout de suite d'accord , comme notre Théosoplie tcutonique l'a suffisamment prouvé et expliqué dans ses ouvrages.

20. Il faut particulièrement remarquer , que notre auteur n'a point puisé en lui-même les ex pressions latines ni les termes techniques ( particulièrement ceux de ses derniers ouvrages ) ; il ne les a pas non plus appris dans les livres des autres; il les a retenus par l'entretien verbal et par ses cor-» respondances familières avec des savans , principalement avec des médecins , des chimistes et des philosophes. 11 me témoigna souvent Aes regrets bien vifs , de n'avoir pas pu apprendre ; au moins la langue latine (chose dont se plaignit aussi l'Empereur Maximilien I) , et d'autant plus que lui ( Bœhme ) ne trouvait pas , dans sa langue maternelle , assez de mots convenables pour exprimer la foule de choses merveilleuses qui planaient devant ses yeux ; il fallait donc qu'il s'aidât de la langue de la nature ; qu'il apprît des autres.

à rendre ses pensées intelligibles. C'est pourquoi il se plut tant au mot grec idea , que je lui fournis , et qui lui semblait être, selon son dire, une vierge belle et pure du ciel , et une déesse spirituelle, corporelle, exaltée*

ai. Il faut encore lui rendre cette justice que quoiqu'il écrivît très -lentement , et cependant lisiblement , il n'aimait pas corriger ou rayer un mot : mais tel que l'esprit de Dieu le lui avait inspiré , tel il le mettait par écrit , net et sans le corriger. Que de savans ont été privés de cet avantage! Tant il importe au vrai docteur et à celui qui dicte, c'est-à-dire à l'esprit et à la consolation de la sagesse et de la vérité divines , mais dont nos grands esprits actuels ne veulent que peu, ou rien du tout, comprendre, croire ou savoir; c'est pourquoi ils restent aussi à juste titre privés de la connaissance vraiment profonde , de la sagesse secrète et de la vérité cachée.

aa. Il est encore important de savoir, et il me l'a raconté lui-même, qu'il s'était présenté un jour à sa porte un étranger d'une taille courte , d'une figure distinguée et d'un air spirituel ; après l'avoir salué très-poliment, il lui dit avoir appris que lui (Jacob Bœhme) était doué d'un esprit particulier, qu'on ne trouvait pas ordinairement, et que comme chacun devait partager avec son prochain le bien qu'il avait reçu, il venait le prier de lui donner cet esprit particulier , ou de le lui vendre, (comme fit Simon le magicien). Là-dessus Jacob Bœhme l'avait remercié de son offre réciproque , en lui protestant qu'il se

croyait tout-à-fait indigne de tels dons et de tels arts, qu'il ne possédait aucunement ce que l'étranger s'imaginait trouver en lui ; que tout son savoir consistait à vivre et, à marcher tout bonnement dans la foi et dans la confiance commune en Dieu, à être charitable envers son prochain; et que du reste, il ne savait ni ne croyait rien d'un esprit particulier ou familier. Mais que , si lui- (l'étranger) tenait tant à avoir un esprit, il n'avait qu'à faire comme lui ( J. B. ) c'est-à-dire à faire une pénitence sérieuse, et qu'en priant ardemment Dieu lè Père , qui est au ciel , de lui accorder l'Esprit saint de la grâce , il l'obtiendrait pour se conduire en toute vérité. Mais cet homme ne voulant pas s'en contenter, et le pressant encore par une conjuration magique fausse, pour lui arracher de force le prétendu esprit familier, Jacob Bœhme irrité dans l'esprit, saisit fortement la main de l'étranger, en le regardant fixement, étant dans l'intention de lui souhaiter la malédiction dans son âme perverse. Alors l'étranger trembla de frayeur, lui en demanda pardon, ce qui attendrit Jacob Bœhme , ensorte qu'il exhorta Timportun à renoncer sérieusement, à cette simonie et à cette diablerie , et qu'ensuite il le congédia.

23. Nous ne devons pas passer sous silence sa grande douceur, sa patience et son humilité, ainsi que le don pénétrant de scruter l'esprit de» l'homme , et de découvrir les replis de son cœur 1 ; nous allons le prouver par l'histoire qui suit ? Jacob Bœhme se trouva un jour chez un certafei

( xv ;

gentilhomme avec M. David de Schweidnitzet d autres personnes. Lorsque ledit M. de Schweidnitz fut sur le point de partir , il pria le gentilhomme de lui envoyer cet homme extraordinaire , à sa terre de Seifersdorf , ce qu'il fit. Mais un médecin, qui en voulait beaucoup à notre auteur, corrompit le guide en lui donnant une pièce d'argent, pour jetter Jacob Bœhme dans une grande marre d'eau; ce dont le guide s'acquitta fidèlement. Car étant obligé de passer près de cette marre d'eau , il y jetta notre homme qui, non seulement s'y était grandement sali , mais ayant donné de la téte contre une pierre , il s'était aussi fortement blessé. Le conducteur voyant couler le sang, en eut peur, se mit à pleurer, et courut au château pour rapporter ce qui s'était passé. M. de Schweidnitz l'ayant appris, envoya chercher et conduire Jacob Bœhme dans un endroit écarté du château, ou il le fit panser et changer d'habits. Cela fait, et arrivé dans le salon, il présenta la main à tout le monde ; et les enfans du maître du château étant rangés là en ordre, et s étant approché d'une des. filles, il dit en lui présentant la main : voilà la personne la plus pieuse de toute la société? il posa ensuite la main sur sa tête, et lui. donna une bénédiction particulière. Le père, de la demoiselle avoua lui-même , que c'était le plus sage de ses enfans. M. de Schweidnitz ayant justement ce jour là chez lui son beau-frère, avec sa femme et ses enfans, qui, ennemi juré de Jacob Bœhme , le railla beaucoup en le nommant prophète , et lui demanda en conséquence de lui pré-

(wi)

dire quelque chose. Notre auteur s*cn excusa beau» coup , disant qu'il n'était pas prophète, qu'il était un homme simple, qu'il ne s'était jamais mêlé de dire la bonne aventure, et le pria très-instamment de vouloir bien lui épargner cette épithète. Mais le gentilhomme ayant continué de le tourmenter et d'insister fortement à ce qu'il lui prédît quelque chose; et son beau-frère l'ayant beaucoup engagé et prié de laisser tranquille cet homme , mais inutilement, Jacob Bœhme , outré de cette conduite , et ne pouvant pas avoir de repos, dit enfin au gentilhomme : Puisque vous voulez absolument que je vous dise. quelque chose, je serai forcé de vous dire ce que vous n'aimerez pas à entendre. Le gentilhomme lui répondit en pâlissant , qu'il n'avait qu'à dire ce qu'il savait. Là dessus, Jacob Bœhme se mit à raconter la vie impie et scandaleuse que le gentilhomme avait menée jusqu'à présent, tout ce qui lui était arrivé , et ce qui lui arriverait dans la suite a s'il ne changeait pas de conduite, attendu que sa fin était bien proche. Le gentilhomme en eut honte, et entra en une si grande colère qu'il voulait se jeter sur notre auteur pour le battre ; M. de Schweidnitz l'en empêcha, et envoya Jacob Bœhme passer la nuit chez le curé de l'endroit, et le 'fit conduire le lendemain à Gœrlitz. Alors le gentilhomme honteux et confus , la rage et la colère dans le cœur, et ne voulant pas rester .plus long-temps, se mit à cheval et partit pour se rendre chez lui. Chemin faisant il tomba' de cheval, se cassa le cou , et fut trouvé mort le lendemain sur la grande route.

34. Le cachet ordinaire de Jacob Bœhme fut une main sortant du Ciel , et tenant une branche de trois lys fleuris , c'est-à-dire le ravissement magique (G. B.D. 0. Virga ) la verge fleurie d'Aaron. Le royaume des lys dans le paradis de Dieu, qui se manifestera dans les derniers temps , où la fin sera ramenée dans son commencement , et que le cercle sera fermé. La colombe de Noé avec la branche d'olivier de la paix , après lé déluge spirituel. La branche d'or d'Enée , la branche des pommes d'or du jardin des Hespérides d'Hercule, après avoir vaincu le dragon , en témoignage de la victoire et du sceau obtenu dans ce combat singulier de 1 ame, en cueillant celte noble branche dont la philosophie occulte parle beaucoup par sa Couronne de perles , et notre auteur dans son livre de la Pénitence ou Chemin pour aller à Christ, ainsi que dans ses autres ouvrages , mais mystérieusement; et qui est connue de ceux qui ont obtenu celte couronne et cette bénédiction dans la lutte spirituelle, ou de Jacob.

2 5. Sa devise ou son inscription ordinaire, particulièrement dans ses lettres, fut : notre salut dans ta vie de Jésus-Christ en npus, pour marquer la réunion sublime de l'homme avec Dieu , par la foi dans l'amour de Jésus-Christ , où est la noblesse véritable originelle et la consolation suprême des âmes fidèles, selon le degré le plus parfait , avec une allégresse inexprimable et une paix éternelle.

a6. 11 .écrivait ordinairement dans les album de amis l à qui le temps est comme l'éternité, et

xvnj )

l'éternité comme te temps, est exempt de toute contestation, ' *

27. Sa taille extérieure fut caduque et petite; il avait l'air ordinaire, le front bas, les tempes élevées , le nez un peu aquilin, les yeux gris tirant sur le bleu de ciel brillant , une barbe courte et mince, une voix dure et cependant agréable ; il fut retenu de caractère , modeste dans ses paroles , humble dans sa conduite, patient dans ses souffrances, et d'un cœur tendre.. Et Ton pourra juger de tout son caractère et de son esprit doué des dons du Ciel , par ses Œuvres posthumes.

28. Sa nïort bien heureuse étant décrite autre part dans tous ses détails, nous n'allons parler ici que de ce qui nous a paru le plus remarquable,

29. Jacob Bœhme ayant passé , en 162/1 T quelques semaines chez nous en Silésie, outre dilFérens discours sur la connaissance sublime de Dieu et de son fils , particulièrement sur la lumière de la nature secrète et manifeste , il rédigeait en même temps les trois tables de la manifestation divine ( pour M. Jean Sigismond de Schweioich et pour moi A braham de Frankenberg ) ; attaqué d'une fièvre chaude, il devint enflé à force de boire de l'eau , en sorte qu'on fut obligé par son ordre exprès de le faire transporter chez lui à Gœrlitz , étant dangereusement malade. Après avoir fait une profession de foi évangélique et avoir usé du gage de la grâce, il est mort le dimanche 7-1 5 novembre. Ayant fait appeler et demandé à son fils aîné : s'il entendait aussi la belle

musique? Sur sa répçnse négative, le moribond ordonna d'ouvrir l'a chambre, afin qu'on entendit mieux le chant mélodieux. Ensuite il demanda quelle heure il était,, et- lorsqu'on lui répondit , qu'il allait sonner trois heures , ïï dît : Mon heure n'est pas encore arrivée, mais. mon temps sera dans trois heures; dantf cet intervalle il prononça line seule fois les paroles suivantes : Dieu fort : Dieu Zabaoth, sauve-moi selon ta volonté! Seigneur Jésus-Christ crucifié, aie pitié* de moi , et reçois-moi dans ton royaume. Mais à peine il avait sonné six heures, qu'il dit adieu à sa femme etàson fils, les bénit, et dit : maintenant je pars "pour le Paradis. Il ordonna ensuite à son fils de se tourner , poussa un profond soupir et s'endormit dans le Seigneur.

5o. 11 serait peut être à propos de faire mention ici de ce que Jean Qud. Camérarius, Méd. Doc. (Cent ta 2. Métnorabil. Médicinal, art. 94, 'page i3zj ), dit sur la mort de Jahus Dousa* Seigneur deNordwyck et de Kattendyck, savoir : que lorsque ledit seigneur Janus DousaîuX sur le point de mourir, il avait comme en extase, avec un corps encore sain, été admis à l'entrée secrète des âmes, où il avait goûté les vertus de l'autre monde, c'est-à-dire les délices de l'immortalité, qu'il avait vu et ressenti d'avance, ce que n'obtiennent que les trépassés, par une préparation pieuse à l'heure de sa mort ; car lorsque cette âme bienheureuse, sans aucune souffrance, vit approcher sa dernière heure, voilà que ce saint homme s'écria inopinément eh présence de tous les assis-

Is

^ans : Qu'eptend s-je^ ou est-ce, > que je Tente nibi seul^ Quelle voix? <jueiçha«t mviss^a^? Tout le mondé f eii\ étant fort, éjtoimé, et n'entendant rien , ils s aperçoivent que cet homme aimé de Dieu, et admis âjùx.mery^iiles et mystères divins, ne vivait pjûs à)â manière; humaine ou terrestre, mais à la ipàmere céleste, et qu'il allait occuper sa demeure et son lieu de repos éternel, qu'il avait jadis perdu en Adam.

3 1 . De tels .aspects et avant-goûts ( Eutkanasla cum Jthanasia ) ont été beaucoup plus communs et plus connus chez les anciens Chrétiens j >i< u x et simples, que chez jes Chrétiens d'aujourd'hui, qui ne sont portés qu'aux frivolités et aux science? vaines de ce monde ; les histoires des Saints et des autres hommes morts dans le Seigneur dans le sabbath saint et en Zébaoth nous fournissent des exemples abondan s de ces sortes d'extases.

52. Ensuite on a duement enseveli et enterré notre auteur, et Gela non pas sans une grande répugnance et une forte opposition^ie notre premier ministre ou grand prêtre. On rit ensuite un monument ou une épitaphe honorable sur le tombeau de J. B. , laquelle épitaphe avait été envoyée de la Silésie, et qui peu après fjut détruite et brisée par l'instigation du démon.

33. Ce monument était une croix : de bois noir avec le nom hébraïque de Jhésuh et douze rayons de soleil en or ; au-dessous de la croix est un petit enfant appuyant son bras et sa tête sur une tête de mort avec ces lettres Y. il. I. L. G. I. U. qui signifient : notre salut dans la vie de Jésus-Christ en nous.

34. Dans un grand ovàl ou champ il y avait lès paroles suivantes : né de Dieu j moYt éhJïiésuh, scellé du scbau du Saint-Esprit * repose ici Jacob Bœhràe>n%àVïeuhSeidèhbow 1624, le 17 novembre à 6 heures du bidtin, dâns' la'ciniua*iièm\nnéè de son âgé: V /! V

35. À la droite , du côté du midi, était peinte sur la croix une. aigle" 'noire 'sûr une montagne, écrasant de sa serré gauche la tète d*ùn grand serpent tortillé, et de la droite il tenait une branche de paJmrer, et dan» son bec il recevait, du* soleil, une branche de lys , avec la devise viû'u

36. A lit gauche de là croix , du côté dû septentrion, il y avait un lion avec une couronné d'or surmontée d'une croix; sa patte droite de derrière était appûyée sur un cube , et sa gauche antérieure sur une pomme globe impérial d'empire renvérséë, ôû sûr un globe ; de sa patte droite de devant il tenait une épée flamboyante, et de sa , gauche un cœur enflammé, avec la devise vici.

Zj. Mais au milieu de la croix et au-dessous de Foval, rinscription de l'épitaphe en, vers; à la tige dé la croix il y avait un agneau avec une mître sur la tête , ( comme on en trouve de pareils emblèmes dans la 29/ des 33 figures magiques de Paracelse , sous un palmier auprès d'une fontaine jaillissante , paissant dans un champ vert au milieu des fleurs, avec la devise veni; lesquelles trois

devises il faut entendre du verbe unique de Christ

de la manière suivante :

In mundum veni ! Sathanam descendere vidi !

infernum vici ! Vivite magnanimi.

38. Enfin il y avait an bas de là croix et montant vers le haut, ses dernières paroles : maintenant je pars pour le Paradis; là ij chante les louanges de Dieu; nous regardons après lui. et nous attendons aussi la fin , de la carrière de nos jours ,

jusqu'à ce que Jésus ( - Christ veuille bien. nous

appeler à lui. : ,

3g. . Voilà tout ce que nous croyons digne d'être remarqué de la vie simple de notre pieux Théosophe allemand , par son propre récit et par les rapports fidèles de ses amis intimes,

40. S'il se trouvait cependant des personnes qui voulussent se scandaliser de la simplicité de l'auteur, ou douter de l'identité de la personne, c'est-à-dire qu'un autre se fût caché sous son nom , pour présenter au monde des principes nouveaux et inconnus ; ou pour rétablir une ancienne hérésie condamnée, ou pour répandre dans le pu-* bliç une diablerie inventée ou déterrée du fond des enfers : ( dont il y a aujourd'hui une grande abondance parmi les querelleurs de l'école d'Aristote, et parmi nos grands prêtres à la mode).

41. Que celui dont nous venons de parler se tienne pour averti de la part de Dieu et de la part de sa vérité qui durera éternellement : qu'il ne se laisse pas capter par des pensées absurdes ou par des calomnies : attendu qu'il a plu à Dieu selon ses sages conseils et selon sa volonté bienveillante, de choisir non pas quelqu'un qui soit ou élevé, ou puissant, ou noble, ou sage, ouri^ che, ou un autre personnage; mais quelqu'un qui soit humble , faible , pauvre, fou et qui ne soit

rien aux yeux du monde ; afin de confondre ce qui est élevé et puissant. Car Dieu confond^ les orgueilleux, et il renverse les puissans de leurs trônes : mais il élevé les pauvres de la poussière, et il accorde aux humbles toutes les grâces : le mystère du Seigneur est dans les mains de ceux qui le craignent, et il leur fait connaître son alliance. * / •

4a. L'histoire nous fournit assez d'exemples* dedons célestes , qu'il a plu au Seigneur de répandre sur les hommes ; Dieu ne fait acception de personne, quelles que soient sa nation, sa race, sa langue et son état; n importa, quiconque le craint et fait bien , lui est agréable : ainsi il lui est facile de faire d'un.berger, comme, 'Amos, un prophète , ou comme de David, un Roi .\ de faire d ? un publicain, comme Mathéus, iinévangéUste^ oùd'un idiot ignorant ou pécheur , un apôtre , tels que furent Pierre et André * Jacob et Jeàn.^ ou d'un persécuteur et d'un artisan, 'un vase d'élection, comme d'un Saûl un Paul : il en pouvait faire au^ tant d'un cordonnier pauvre et méprisé, comme il avait suscité sous le règne de Julien l'apostat un thaumaturge ( qui était obligé de transporter-, par ses prières, une montagne dans, la mer) ou comme il avait fait paraître, il y ai quelques années , à Wittmund dans la Frise orientale, un homme traversé dans les Écritures Saintes ( dont parle Jean^ng. Werdenhagen dans sa Psychologia, liage 365.) ; ou enfin Dieu ne peut-il pas faire de rien quelque chose , et même tout ce qui lui plaît. 43. Ou le Tout puissance peutril pasidisposeç

( XXÎV )

do ce. qui lui appartient, selon son bon plaisir? Pharisiens ? orgueilleux ) grands prôtrés envieux et docteurs de la loi présomptueux, n'êtes vous pas fâchés de ce que notre Seigneur notre père* notre Dieu plein de miséricorde est si bon envers ses enfans î Allez mordre vous-mêmes votre liiugue de rage et de colère , et grincez les dents ; arrachez et dévorez vous-mêmes votre cœur jaloux et impie , prouvez par là que le vieux serpent et Nnîer vindicatif vous ont engendré : et que toutes vos ruses et tout votre art proviennent des enfers, et nullement xle Dieu en Christ ni de l'Esprit Saint , ni du Verbe de la grâce et de la vérité.

44* Et ne serait-il pas* nécessaire de nos jours , dans un temps où le christianisme est bouleversé et détruit, que Dieu parlât une fois, par une autre bouche, à ces peuples séduits et à leurs conducteurs aveugles? Toute chair ayant corrompu sa voie devant le Seigneur , et particulièrement le méchant dans Sa dévotion appelée spi-. rituelle et chrétienne , mais reconnue charnelle et anti-chrétienne , qui couvre tous ses vices* par un dehors brillant, et qui sous ce brillant' dehors porto <enoore dans «on cœur la soif du sang et le glaiveide la vengeance infernale.

45.- Je. ne veiix pas m 'étendre davantage là-dessus , car la publicité générale et la triste expérience des cœurs aimant vraiment Dièu, font foi combien il y a de témoignages et d'exemples ihcbn tésïables; que celui qui a une oreille pour entendre ou des yeux pour voir, voie et écoute, ce que' lé Verbe et la lumière de la vérité dit et montre dans

ses témoins appelés et élus à cela : il trouvera que le ciel et la terre font la guerre à l'espèce humaine actuelle, et qu il se prépare un autre temps ét un autre engendrement , qui se manifestera à tout l'univers comme un éclair de l'orient à l'occident, en moins de rien, et qui amènera le septième jour férié ou igné et le jour du dernier jugement ou snbbath, que les Saints prophètes y lés .apôtre* et d'autres hommes éclairés de Dieu ont toujours vu dans l'esprit, et l'Ont annoncé dès le* commencement au dernier monde. C'est pourquoi bien heureux, sera le serviteur: qui veillera quand le maître arrivera. - , ij : • «

Enfin que ipersonrte ne se heurté contre* cette pierre angulaire de la simplicité , afin qu'il ne se i>rise pas , mais qu'il relève plutôt Son cou-; rage , et qu'il pense que le ciel est le plus haut la où la terre est la plus busstvet que selon leVerbe? Mu Seigneur toutes les collines et touteiies Hautes montagnes: seront abaissées , et les valléeslékvées , afin t|ue tout sùit^applani, et quoii puisse «marcher sans se heurter dans le pays du ivivant.

. 47. Que le Seigneur , le Très-Haiit soit loué , qui abaisse l'un et élève l'autre , et qui donne son esprit quandetàqui il veut, afin qu'aucune cfeaii» ne se, vante devant lui. :

48. Mais quant au talent particulier ^ c'est4<-' dire au don de la grâce, que Dieu le disj^sateu^ suprême et unique de toùtbieri a versé déliant ' 4ttKSd r daàs ce vase de térre et méprisé dii m^ride' prudent et orgueilleux^ comme un grand Wésor et une perle précieuse^ »ést : d ? uné tche d%tfit&

et d'une telle bonté , qu'à mon avis ( si toutefois on a des fenêtres ouvertes vers Jérusalem ) depuis, les temps des apôtres, on n'a pas manifesté etannoncé aux habitans de la terre une base aussi sublime et aussi profonde de la connaissance essentielle de la très-sainte triple unité de Dieu, et de la lumière de la nature, secrète et manifeste , de la sainteté et de la grâce.

49. Où il faut principalement considérer, pourquoi Dieu a particulièrement favorisé par un don si sublime, notre nation bouleversée et dévastée tant spirituellement que corporellement; et encore par une personne si faible et si peu considérée ,. et dans des temps aussi embrouillés, où tout est comme enseveli dans la mort , dans un profond sommeil, dans la fange, dans le tourment des soucis temporels de la volupté et de la bonne chère, cosorte qu'on .néglige les grâces éternelles visibles et le royaume céleste de Dieu et de Ghrjstj et qu'on ne se débat que de l'écaillé et delecorce de la lettre morte L et de cette vie et de ce corps périssable terrestre;, qu'on se fait la' guerre, qu'on se tue, qu'on détruit tout par le fer et parles flammes, qu'on se persécute et se condamne réciproquement, et cela par amour (>our les propres honneurs vains et ignominieux , pourla volupté et les vils intérêts, on se précipite impitoyablement dans la misère, et on se conduit comme s'il n/y avait ni justice ni jugement, ni une félicité ni une condamnation éternelles, ni fotni connaissance, ni ciel ni enfer, ni anges ni démons, ni vie ni mort : oui, comme s'il rity avait

( xxvij )

jamais eu de Dieu, ou qu'il n'y eût jamais rien à espérer ni à craindre.

50. Notre auteur a prouvé jusqu'à l'évidence par ses argumens incontestables, combien on doit rougir de l'aveuglement et de la dépravatioUi dds hommes : il a montré d'une manière irrésistible, la grande bonté, la sagesse et la toute-puissance de Dieu sur les hommes y il a fortement et non pas sans peine prêché la pénitence ; le lecteur s'en convaincra en lisant ses ouvrages avec quelquattention, et se pénétrant bien de la simplicité du christianisme. , , . ^ .

51. Notre auteur a aussi parlé de certaines choses ( particulièrement des mystères jusqu'aters inconnus de l'engendrement divin et humain ce>: leste èt terrestre , angélique et démoniaque , de leur nature et qualité ) , que beaucoup de lecteurs ne concevront et ne saisiront pas au premier abord; il faut s'en remettre, pour ce temps, à l'esprit de Dieu, jusqu'à ce qu'une lumièreà venir le reconnaisse mieux , et le manifeste à l'homme, digne d'en avoir VintelUgence. Car Dieu ne manifeste pas tout de suite et tout d'un coup , selon sa sagesse éternelle, àrhomme, la profondeur de ses secrets, il ne lui en donne que de temps en temps quelques éclairs ou rayons.

52. Il faut bien remarquer , qu'on ne peut pas juger des écrits inspirés de Dieu par des raisonnemens communs payens (comme on est d'ordinaire accoutumé à mêler dans les œuvres et dans lès paroles de l'Esprit saint la dialectique impieet lourde d'Aristotc, la rhétorique babillarde et la mêla-

( xxviij )

physique folle, pour les censurer et les critiquer dune manière blasphématoire); car comment peut juger le Scyte aVeugle dëla lumière divine? ou que peut dire le ïuif paresseux du Verbe vivant ? ou le Grec insensé de l'esprit de la sagesse éternelle ( qu'il n'a ni vue , ni entendue, ni comprise)? Il y faut la manifestation divine et la régénération dans l'esprit de l'anie c'est-à-dire la lumière dé la vérité et de la grâce cachéeé de Jésus^Christ avec la manifestation du royaume de Dieu, avec le régard et l'avant goût dei vertus tfe l'autre monde et du Verbe bienveillant de Dieu en nous. " - : 1

53. Lés" hommes éclairés parmi les payens , les juifs et les chrétiéns, qui vécurent dans le point principal du Verbe éternel et vivant, étudièrent d'une toute autre manière leurs oracles , leurs paroles, et opérèrent leurs prodiges d'une manière bien différente de celle des synagogues des hauteurs^ dë Babel et d'Israël ( particulièrement cette femme- Philautia de Laodicée, si pieuse, si sage.» si clairvoyante et si riche ) .

54. Nous pourrions citer bien d autres exemples ? s'il était à propos de le faireici. Mais on n'a qu'à jeter les yeux dans les ouvrages suivans : de Oculo sydereo; de Triade mystica, de Vid .veterum sapientium de Evangelio exulantum, copie de l'Horreur de la désolation, deJudicio tlieomantico , 5mphiele, Raphaële, etc. etc.

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