‹ Clef, ou Explication des divers points et termes principaux, employésChapitre 8 sur 12 · S'il n'y avait pas une sensibilité pareille · texte numérisé non relu

S'il n'y avait pas une sensibilité pareille

désireuse, et une inqualification pareille qui procèdent de F unité éternelle , «oette unité serait un silence éternel, c'est-à-dire un rien, et il n'y aurait ni nature , ni créature , ni couleur , ni forme ; . de même aussi il n'y aurait rien en ce monde sans ces trois sortes de vertus ou de qualités , et il n'y aurait pas de monde non plus.

Du Verbe éternel de Dieu. *

1 2. L'Ecriture sainte dit , que Dieu a fait toutes choses par son Verbe , et que Dieu était le Verbe , ( Jean, /. ) Concevez-le ainsi.

i5. Le Verbe n'est autre chose que la volonté exhalante de la puissance, une séparabilité de la puissance en beaucoup de puissances , un partage et une émanation de l'Unité, d'où provient la science, cardans une essence unique, où il n'y a pas de divisibilité , qui n'est qu'une, là U n'y a pas de science, car si cela était, il n'y aurait qu'une seule chose qui le sût, c'est-à-dire soimême; mais lorsqu'elle se divise et se partage, la volonté qui sépare, passe à la quantité, et chaquç séparation opère en soi-même.

i/j. Mais l'unité ne pouvant pas se diviser ni se séparer, la séparation demeure dans la volonté exhalante de l'unité , et la volonté de l'exhalation ne produit que des variétés, par lesquelles la volonté étemelle, ainsi que l'allégresse et l'émanation s'inqualifient avec les sciences des formes infinies, ou de l'intelligence, c'est-à-dire avec une science éternelle, positive et sensible des puissances, où, dans la séparation de la volonté, un sens

ou une forme de la volonté voit , sent, goûte, odore et entend l'autre, et n'étant cependant qu'un effet délicieux , comme le grand lien de l'allégresse de l'amour, et l'être bienfaisant unique.

Du NOM SAINT DE JeHOVÀH.

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1 5. Les anciens Rabbins l'ont compris en quelque sorte, car ils ont dit, que ce nom était le nom le plus sublime de Dieu, par lequel nom on comprenait, dans le sens, la Divinité véritable , et cela est vrai; car le sens véritable renferme ta vraie vie de toutes choses, le temps et l'éternité, le fond et le sans-fond, et c'est Dieu lui-même, c'est-à-dire la sensibilité , la saisissabilité , la science et l'amour véritable de Dieu , c'est-à-dire l'origine véritable dans I unité virtuelle , d'où proviennent les cinq sens de la vie véritable.

16. Chaque lettre de ce nom signifie une puissance et une vertu particulières , comme une forme de la puissance agissante. L'I est une émanation de l'unité éternelle, inséparable, c'est-à-dire la sainteté douce, le fond du moi-même divin. L'E est un triple I , où l'unité se renferme dans la Trmité, car l'I va dans 1T5, et se prononce IE, comme un souffle de l'unité en soi-même. L'H est le Verbe , ou le souffle de la Trinité de Dieu. L'O est la circonférence, c'est-à-dire le fils de Dieu, par lequel le IE prononce avec TH ou avec le souffle, concevez de l'allégresse saisie de la puissance. Le Y est l'émanation pleine d'allégresse du souffle, c'est-à-dtre l'esprit procédant de Dieu. L'A est l'émané de la puissance, c'est-à-dire la Sagesse,

un sujet de la Trinité, dans lequel la Trinité opère, et où la Trinité est manifeste. Ce nom n'est autre chose qu'une expression des trois sortes d'actions de la Trinité Sainte dans l'unité de Dieu , dont nous ayons parlé plus amplement dans l'explication des tables des trois principes de la manifestation divine.

De la Sagesse Divine.

17* La Sainte Ecriture dit, que la Sagesse est le souffle de la vertu divine, un rayon et une respiration du Tout-puissant. Elle dit encore, que Dieu a fait toutes choses par sa sagesse. Concevez-le ainsi.

18. La Sagesse est le verbe prononcé de la puissance, de la science, et de la sainteté de Dieu; j elle esj un sujet ou un réfléchissement de l'unité * insondable, un être dans lequel l'Esprit saint opère, forme et figure; concevez qu'il forme et figure l'intelligence divine dans la Sagesse , car

elle est le passif, et l'esprit de Dieu en elle, est l'actif ou la vie , comme l'âme dans le corps.

1 9. Elle est le grand mystère de genre divin , car en elle se manifestent les puissances , les couleurs et les vertus : elle renferme la divisibilité de la puissance, c'est-à-dire de l'intelligence; elle est ellemême l'intelligence divine, c'est-à-dire la contemplation divine, où l'unité est manifeste: elle est le vrai cliaos divin, qui renferme tout comme une imagination divine , où l'idée des anges et des âmes, a été vue dès l'éternité, dans une ressemblance

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divine; non pas comme des créatures, mais dans une réflection, comme un homme se voit dans un miroir: c'est pourquoi l'idée angélique et humaine est découlée de la sagesse, et a été transformée en une image, car Moïse dit: Dieu créa l'homme à son image , c'est-à-dire : Dieu créa le corps, et lui inspira l'haleine de l'effluve divin de l'intelligence divine , de tous les principes de la manifestation divine.

Du grand Mystère.

20. Legrand Mystère est un sujet de la Sagesse , d'où découle le Verbe respirant, ou la vertu active et désireuse de l'intelligence divine par la Sagesse, et d'où émane aussi l'unité de Dieu pour se manifester, cardans le grand mystère s'originise la nature éternelle, et on comprend toujours dans le grand mystère, deux essences et deux volontés.

2 1 . Savoir : l'une de ces essences est l'unité de Dieu, c'est-à-dire la puissance divine , la sagesse émanante. L'autre essence est la volonté sépara* rable, qui provient du Verbe qui respire et prononce, qui n'a pas sa base dans l'unité, mais dans la mobilité de l'effluve, ou de l'exhalation qui s'inqualifie avec la propre volonté, et avec le désir de la nature, c'est-à-dire avec des qualités, à l'exception du feu et de la lumière, la vie naturelle étant comprise dans le feu , et la vie sainte dans la lumière, comme une manifestation de l'unité, par laquelle manifestation l'unité est un feu d'amour ou une lumière: et en cet endroit ou

en cette inquatifieattoa , Dieu se nomme un Dieu bon et miséricordieux, sekm l'amour âcre, ardent de l'unité, et un Dieu colérique, jaloux, selon la base ignée de la nature éternelle.

22. Le grand Mystère est le chaos, d'où, dès l'éternité-, sont découlées et devenues manifestes, la lumière et les ténèbres , c'est-à-dire le fondement du ciel et dé l'enfer : car le fondement que nous appelions maintenant l'enfer, c'est-à-dire unprincipepropre,est labase et la cause du feu de la nature éternelle, lequel feu n'est en Dieu qu'un enflammement de l'amour; et où Dieu n est pas manifeste, selon l'unité, dans une chose, c'est une ardeur douloureuse. Cette ardeur de feu n'est qu'une manifestation de la vie et de l'amour divin , par lequel feu ardent, l'amour divin, c'està-dire l'unité, s'enflamme et s'aiguise pour une inqualification ignée de la puissance de Dieu.

23. C'est pourquoi ce principe est appelé le grand Mystère ou le Chaos, d'où proviennent le mal et le bien , c'est-à-dire la lumière et les ténèbrés, la Vie et la mort, fa joie et la souffrance, la félicité éternelle et la condamnation, car il est le principe des anges et des àmes, et de toutes les créatures éternelles, tant mauvaises que bonnes; un fondement du ciel et des enfers, du monde visible et de tout ce qui existe; tout était renfermé dans un principe unique, de même qu'une statue est renfermée dans un bloc de marbré, avant que l'artiste la sculpte ou la forme, quoiqu'on ne puisse pas dire du monde spirituel , qu'il ait eu un commencement, mais il est devenu manifeste

du C^0r, dès l'éternité, car la lumière a, dès l'éternité, lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne Font point comprise, de même que le Jour etki nuit sont l'un dans l'autre , et que deux sont cependant en nh ; ïl faut que je parle de chacun à part, comme s'il avait eu un commencement, pour réfléchir sur le principe divin de la manifestation divine, comment il faut distinguer la nature de la Divinité, d'où est provenu le mal et le bien, et quel est l'être de tou* les êtres.

Du Centre de lu Nature éternelle.

24. Par le mot centré , on entend le premier principe de la nature, c'est-à-dire le fond le plus interne, où la volonté propre, conçue y s'inqualifie avec une adoption du sot-même, comme avec une virtualité naturelle, car la nature n'est qu'un instrument de Dieu, par lequel la puissance divine ojïère, et qui, cependant, a une mobilité propres de la volonté émanée de Dieu : elle est le centre ; le point ou le principe de l'adoption propre du moi-même, d'où provient quelque chose, c'est-â-dîré d'où proviennent les sept qualités.

De la Nature éternelle et de ses sept qualités.

a5. La naturen'est autre chose, que les qualités de l'adoption du dési* propre né , lequel désir provient delà variété infini* du Yerbequi exhale , c està-dire de là puissance qui exhale, où les qualités s in<|uaKfient avec l'essence: cet être se nomme être naturel, et il n'est pas Dieu lui-même, car

Dieu réside bien dans toute la nature, mais la nature ne le comprend qu'autant que l'unité de Dieu s'infuse en même temps dans l'être naturel , et 4e rend essentiel , comme un être lumineux qui opère en soi-même dans la nature, et pénètre à travers la nature, autrement l'unité divine de la nature, c'est-à-dire l'adoption désireuse est incompréhensible.

26. La nature provient de, l'amour divin et des sciences divines, et elle est une formation et une configuration continuelle des sciences et de Vamour divin: ce que le Verbe fait par la Sagesse, la Nature le façonne en qualités»

La Nature ressemble à un charpentier, qui construit la maison que l'esprit avait auparavant projetée en soi; il faut le concevoir de même ici, ce que l'esprit éternel forme dans la Sagesse de Dieu, dans la puissance divine, et dont il se fait une idée , la Nature le forme en une qualité.

28. La Nature est, de son propre principe, un mélange de sept qualités, et ces sept qualités se varient jusqu'à l'infini.

29. La première qualité delà Nature est le désir qui produit l'astringence , l'âpreté,la dureté, le froid, et la substance.

30. L'autre qualité est le mouvement ou l'attract du désir, qui cause l'action de percer, de rompre, et de trancher la dureté, qui rompt ce que le désir a attiré, et le réduit en quantités ; elle est la cause de l'amertume, ainsi que la racine véritable de la vie, elle est le Vulcain pour faire du feu.

3i. La troisième qualité est la sensibilité du brisement de la dureté astringente; elle est le principe de l'angoisse et de la volonté propre , où la volonté éternelle veut se manifester, c'est-àdire, elle veut être un feu et une Lumière, un éclair et un éclat, où paraissent les puissances, les couleurs et les vertus. €es trois qualités renferment le fondement delà colèreet de l'enfer, et de tout ce qui .est colérique.

3a. La quatrième qualité est le feu, où l'unité paraît dans la lumière , c'esM-dire dans un enflammement d'amour, et la colère est l'essence du feu.

33. La cinquième qualité est la lumière avec sa puissance d'amour, où l'unité coopère dans un être naturel.

34. La sixième qualité est le son ou le ton, ou l'intelligence naturelle, où les cinq sens opèrent d'une manière spirituelle, c'est-à-dire dans une vie intelligente, spirituelle.

35. La septième qualité est le sujet, ou la circonférence des six autres qualités, où elles agissent, comme Ja vie dans la chair , et elle s'appelle, à juste titre, la septième qualité, le principe ou lelieu de la nature, où toutes les qualités ne sont que dans un seul principe,

36. Il faut toujours comprendre deux essenees dans ces sept qualités. Savoir : d'abord selon l'abîme. Farces qualités, on entend l'être divin, x'ert-i à-dire la volonté divine, avec l'unité émanante? de Dieu , qardécoufe aussi de la nature, et s?tûqualifie **eç l'adoption de l'âereté , dont l'amour

éternel devient sensible et virtuel , et pèur qu'il yiait quelque chose qui soit passif , où il puisse se manifester et être reconnu , dont il soit aimé ' et désiré de nouveau , comme la nature douloureuse et souffrante , qui, par l'amour, es t changée en tm royaume d'allégresse éternel: quand l'amour du feu se manifeste dans la lumière, il' surenflamme la' nature et la pénètre, comme le soleil pénètre au travers d'une plante , ou Comme le feu pénètre le fer.

57. La deuxième essence est la substance propre de la nature, laquelle substance est dou loureuse et souffrante , et elle est l'instrument de l'agent , car où il n'y a pas de souffrance , là il n'y a pas de désir non plus , pour en être délivré ou soulagé ; et où il n'y a pas de désir d'amélioration , lâ repose la chose en soi-même , et c'est pourquoi l'unité éternelle s'inqualifîe par son effluve et par sa divisibilité avec une nature; afin d'avoir une réverbération, par laquelle elle se manifeste, afin qu'elle aune quelque chose, et quelle en soit payée de retour de cette chose , afin qu'tf y ait ainsi une inqualification sensible et un vouloir sensible.

Explication des sept qualités de la Nature éternelle.

38. La première qualité est le désir ardent q»i ressembleà un aimant, c'est-a-dke la saisisaabilité delà volonté, où la volonté Veut être quelque chose; et où, cependant, il n'y a rien, pour en former quelque chose; alors elle s'inquattfie aveq

une adoption de son soi-même, elle s'imprègne et se saisit en quelque chose, et pourtant cette chose .n'est qu'une faim magnétique, une astringence qui ressemble à une dureté, et d'où s'originisent aussi la dureté, le froid et l'essence. Cette imprégnation, ou cet attract, se fait ombre soi-mémé, s'obscurcit totalement, ce qui est aussi le principe des ténèbres éternelles et temporelles: de cette âcreté sont provenus, au commencement du monde, les sels, les pierres, les os, et tout cé qui leur ressemble.

3q. La deuxième qualité de la nature éternelle natt de la première , elle est l'attract ou le mouvement de l'âcreté, car l'aimant endurcît, et le mouvement brise la dureté, et c'est un combat continuel en soi-même, car ce que le désir saisit et change en quelque chose, le mouvement le brise, et le réduit en forme. De ces deux qualités résulte la douleur aiguë, c'est-à-dire Un aiguillon delà sensibilité: car s'il y a un mouvement dans l'âcreté, la qualité est douloureuse; et voilà la cause de toute sensibiKlè er de toute douleur; car fil n'y avait ni âcreté, ni mouvement, il n'y aurait pas non plus de sensibilité.

^ 4o. Ge mouvement est aussi un principe dé l'air du monde visible, qui se manifeste par le feu comme nous l'expliquerons plus bas.

4*. Nous concevons donc que le désir est le principe du mw-même , afin que de rien , il naisse quelque chose; il faut que nous considérions encore, que ce désir a été le commencement âè ce monde, par fefuel Dieu a réduit toutes choses

m essence, car il est le même désir, par lequel Dieudit: Quilsoit: il est le toit* qui a créé là, où il n'y avait qu'un esprit: il a rendu le grand mys^ t tèrej qui est spirituel, visible et essentiel , comme on peut s'en convaincre par les étoiles, par les élémcns et par les créatures.

4a. La seconde qualité, c'est-à-dire le mouvement, a été, au commencement dé ce monde, le Séparateur des puissances, par lequel le Créateur, c'est-à-dire , la volonté de Dieu , a réduit toutes choses, du grand mystère, en une forme, car elle est le verbe émané impulsif, par lequel le Dieu surnaturel a fait et réduit toutes choses en formes.

43. La troisième qualité de la nature éternelle est l'angoisse, c'est-à-dire le vouloir : ce vouloir s'est inqualifié avec l'adoption de la créature et du moi-même, la propre volonté étant dans la mobilité âcre, elle a de l'angoisse, c'est-à-dire de la sensibilité, car hors de la nature, elle ne peut pas être sensible; mais elle devient sensible dans l'âcreté mobile, et cette sensibilité est la cause du feu, ainsi que de l'epprit et des sens, car la volonté propre, naturelle, devient par-là fugitive, et cherche du repos; ainsi la divisibilité de la volonté procède de soi, et perce les qualités , d'où résulte le goût de l'âcreté, qu'une qualité goûte et sente l'autre; elle est aussi le principe et la cause des sens, qu'une qualité pénètre et enflamme l'autre, afin que la volonté reconnaisse la cause delà souffrance; car s'il n'y avait pas de sensibilité, la volonté ignorerait les qualités, elle serait unique, et de cette manière la; volonté prend sa

soi ta nature , eu sentant en soi le mouvement àcre.

44* Ce mouvement est eh soi semblable à un~e roue tournoyante; mais il ne faut pas croire qu'il y ait une telle rotation, mais les qualités le pré-' sentent ainsi, càr lè désir attire en soi, et le mouvement sort de soi; la volonté ne peut donc, dans une telle angoisse, ni sortir de soi , ni rentrer en soi , elle* demeure une forme , qui veut de sot it en *oiy tfe*fca*dire au-dessus de soi, et audessous de soi, et elle ne peut albr ^ulle p«rti mais elle est une angoisse^^etr lé* véritable fondement de l'enfer et de la colère de "Dieu , car cette angoisse réside dans le mouvement téricbrôux âcre^ "■ ' m.îj 'n:b r: -,r . î î/..w»

^'4^* ^e- ce fondement est provenu , dans la créa* tion du monde* l'esprit de soufre, ainsi que la matière du genre sulfureux , lequel esprit de soufre est la vie naturelle des créatures terrestres et élémentaires.

46; Les sages payens, avaient, en quelque sorte , comp*i« ce principe ,i- car ils ont dit que le soufre, le mercure etle sel* constituaient toutes choses de ce monde : ils avaient par-là en vue, non-seulement la matière, mais aussi l'esprit, &*oà la matière s'originise; car son principe ne consiste ni dans le sel, ni dans le mercure, ni dans le soufre, ils ne le croyaient pas, mais dans l'esprit de ces qualités, dont est composé tout ce qui vit, végète et existe dans ce monde, que cette 1 chose soit spirituelle ou matérielle : car ils font, par fe sel, allusion au désir àcre, magnétique de la nature; et? par le mercure v au, mouvement et

à la réparation de la nature, par lesquels chaque chose est marquée et formée: et par le soufre, ils entendent la vie sensible, désireuse et végé* tative; car l'esprit de soufre contient l'huile, dans laquelle brûle la vie ignée, et l'huile renferme I» quintessence, cesfc-à-dire le mercure sulfureux , la vraie vie dé la nature, qui est une émanation du verbe de la puissance divine et du mouvez ment , où l'on comprend le fondement du ciel , et Il quintessence contient la teinture, c'ést-à-diré le principe paradisiaque , Je verbe émané dé la puissance divine, où les qualités sont en équilibre. / 4jUâ*èus comprenons donc pa* là troisième qualité de la nature, c'est-à-dire par l'angoisse, lacretd et la douleur^ çJest-à-dir^l'action de bru- 1 ere-t de consumer; car si la volonté est établie dan* une tèlle acre té, cette volonté cherche tonjouïs à consumer la cause de cette âcreté* . car elle tend continuellement vers l'unité de Dieu , c'est-à-dire vers le repos , et l'unité; pénètre par son émanation jusiïulàcé dé^v'fit'^qu-à ,cett« âcreté, et elle est ainsi une réunion coàtimieîfe pour la manifestation de la volonté divine; si l'on le conçoit bien , et qu'on y vèuillebién réûén chir, on trouvera toujours dans ces trois choses, savoir :4ans le sel, dans le s on ire et dans l'huile, quelque chose de céleste dans les choses terres» très; car l'âcreté renferme lame d'une chose, et te désir contient la vie véritable du genre senn suel, et l'huile de soufre renferme TespriB puissant qui provient de la teinture. Ainsii il y a. toujours quelque chose de céleste- caché dans la chose tari

restare , carie monde invisible spirituel s'est aussi insinué dans la création.

4§. La quatrième qualité, ou fonne de la nature éternelle, est le feu spirituel, où se n)ft nifesta la lumière , c'est-a-dire l'unité; car. Téçlat du feu provient de l'unité émanée qui s'est aussi inguajifiée avec le désir naturel, et le tourment et l'enflanumement dm feu , c'est-à-dire la chaleut provient de la consommation âpre des trois pre~ mjères qualités. Ce qui se fait ainsi.

tfâ. JL'unité éternelle que je nomme dans quelques-uns de mes ouvrages la liberté, est un calme doux et agréable ^semblable à un^entiment tendre^ on peut pas exprimer quelle douceur il y a> horade la nature dans l'unité de Dieu; les trois quafités de la nature sont âcres, douloureuses et terrible^ ; et dans ces trois qualités douloureuses , réside la volonté émanée qui est provenue du yerhe» ou du souffla dfain, i'uwté y est aussi renfermée. La volonté désire l'Unité, etl'unitf d^ sire, la sensibilité, c'est-à-dire le principe igné; ainsi l'un désire l'autre , et quand ce désir s'élève* il es,t comme une explosion ou comme un éclair , comme si l'on frottait de l'aeier coitfre une pierre dpre, ouflu'on verjât de l'eau dans du fott, r,A parler symboliquement.

5o. L'unité ressent dans ce regard la sensibilité v et la volonté reçoit la douce unité; de,cf*te n>aiwère l'unité devient un éclat de feu, et Jejeu devient un enflammement d'amour, car 11 reçoit de la douce unité, l'essence et lai puissance,

bh-jRm Ml mtbmmsitotxit. Uiumi^ pfree

les ténèbres de l'impression magnétique ou de la saisissabilité, en sorte qu'elles ne sont plus reconnues, quoiqu'elles restent éternellement en soi dans l'impression.

53. Et ici naissent deux commencemens éternels, c'est-à-dire, i°. l'âcreté ténébreuse astringente, et la douleur qui demeurent en soi-même, éta\ la puissance sensible de l'unité dans la lumière, dont l'Écriture dit : Dieu , c'est-à-dire, l'unité éternelle , demeure dans une lumière , de laquelle personne ne peut approcher, car ainsi se manifeste l'unité éternelle de Dieu par le feu spirituel dans la lumière, et cette même lumière est appellée Majesté; et Dieu, c'esf-à-dire l'unité surnaturelle , y est la puissance. Car ce feu spirituel reçoit de l'unité son essence, pour qu'il luise; autrement le principe igné ne serait qu'une faim douloureuse y horrible et un désir aigu: comme il l'est aussi, quand la volonté se détache de l'unité , et veut vivre de son propre désir , comme les démons l'ont fuit, et que l'âme fausse le fait encore. 1

53. Ainsi concevez ici deux principes , savoir : le premier dans le fondement de l'enflammement du feu, c'est-à-dire dans les ténèbres âcres, mobiles, sensibles, et douloureuses en elles-mêmes: et le deuxième principe dans la lumière du feu, où l'unité se met en mouvement et en allégresse. ' 54» Car le feu est une réverbération du gr^nd amour de l'unité de Dieu: car l'allégresse éternelle devient ainsi sensible , et cette sensibilité de l'unité s'appelle amour , c'est-à-dire un enflammement ou

une vie de l'unité de Dieu , etDîeu s'appelle selon un tel enflantraemcrit, Dieu bon et miséricordieux, car l'unité de Dieu aime ou pénètre la volonté douloureuse du feu , qui d'abord est provenue du souffle du Verbe ou de l'effluve de l'allégresse divine, et la change en la grande allégresse, et cette volonté ignée de la nature éternelle, renferme l'âme des hommes, et aussi les anges ; voilà le principe et le centre.

55. C est pourquoi, quand une âme se détache de la lumière et de l'amour de Dieu, et qu'ellé s'inqualifie avec un désir propre, naturel, il se manifeste en elle le principe de ces ténèbres et de ce tourment douloureux , et quand la colère de Dieu se manifeste, c'est alors le feu infernal,' comme Lucifer nous en fournit un exemple: et tout ce qu'il est possible de penser être par tout dans la créature, se trouve aussi partout hors de là créature , car la créature n'est qu'une image ou une* figure de la puissance divisible de tout l'être.

56. Ainsi concevez bien quel est le principe du fëu , savoir : le froid de l'impression , et la chaleur delangoisSe, et le mouvement est le Vulcain. Datis ces trois réside le feu; mais l'éclat de la lumière provient de l'assemblage de l'unité dans le principe igné, et tout le principe n'est pourtant quela volonté prononcée.

57. C'est pourquoi la vie de toutes choses réside* dans le feu et dans la lumière, c'esfcà-dire dans la même volonté, que ce soit dans les choses végétatives ou animées, n'importe, le tout selon que le feu a un principe soit éternel comme l'âme ,

soit temporel, comme l'Ame astrale, élémentaire,, car le feu éternel est un tout autre feu <§uele feu temporel, comme nous le prouverons dansiasUHe.

58. La cinquième qualité est donc le feu d'a^ mour , ou la puissance et le mpude de la lumiècfe, qui demeure en soi-même dans les ténèbres, et les ténèbres ne la comprennent pas, comme dit Saint Jean; la lumière luit dans les téaèfcres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Ou, le Verbe est dans la lumière, et le verbe contient la vraie vie raisonnable de l'homme j c'est-à-dire le vrai esprit. ; . v

5g. Mais ce feu est l'ànv^éritable de L hotoira; c'est-à-dire le vrai esprit que Dieu souffla dans l'homme pour une vie créaturelle: ainsi comprenez par le feu spirituel de la volonté, lame véritable, désireuse du principe éternel, et par Ja puissance delà lumière, le vrai esprit raisonnable, dans lequel l'unité de Dieu réside et -est manifeste, comme Jésus^Christ dit : « le Royaume de Dieu est an dedans de vous , • (Saint Luc ,. 15. ) Et Saint* Paul, dit : vous êtes les temples., du Salntf£sprit q«i demeure en vous. ; I;j \

- 60; Voilai lelieMe J« deine^et-ije to.Jnanife^ WionidivinesV et de cette manière, l'àme .pEfu^ être damnée y si la? volonté ignée se détacha de l'amour et de l'unité de Dieu^ qu'elle s'inguajh feravec sa propriété naturelle,: cteM^dite, a*ec ses mauvaises <*U*Um Rmnnai$c^in4i^Sm\M •t tuf serais déHvr^e dejkbeh ! : j ' ^ ;

:i:.6i. Par oet^e cinquième qualité* ; on comprend le deuxième prlwiipe, c'^t^irfr te mp^eangé-

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lique ou c les trônes, car il est le mouvement de l'unité, où toutes les qualités de la nature ignée sont enflammées dans l'amour.

62, On' trouve une comparaison de ce principe dans un cierge: un cierge contient tout pêlemêle; et aucune qualité n'est manifesté à l'autre, jusqu'à ce que ce cierge soit allumé, alors on apperçoit un feu, une huile , une lumière, un ahV et Une eau de lair : tous les quatre élémens, qui auparavant étaient cachés dans un principe unique* s'y manifestent, : î . :> • . :

. 65, ,11 faut de même méditer le principe étéft? net," car i'êtrè temporel est émané [de l'être éternel jifc'est pourquoi chacun a la même qualité, excepté quelun est étemel, et l'autre périssant que l'un est spirituel , et l'autre terrestre. - 64» . Quand le feu et la lumière, spirituels : sont enflammés, comme ils le sont d'éternité, ilasy mani fes te toujours , et a jamais, le 'grand, jrtystèi$de la puissance et de la science' divineat car toutes les qualités de la nature éternelle devierb nent spirituelles, cependant la: natute ' raid au dedaiaséesoi teUequeJie est, mais leffltfvef de W volonté devient spirituel, car l'explosion 0» i?é* clair . du feu absorbe l'adoption ténébreuse, et il sort de cette absorption un esprit igné pénétré de Fédat lumineux^ ét corniez : par cet effluve ttoia différentes ;qûalités:, savoir: la ivolbnté igr née se porte àu dessus de soi, et. en* asrbni; de soi, e'est-à-dire il' toé% du milieu - 9 comme d'un centre de l'espipit igné de la volonté ,; l'esprit oléagineux, c'estrènlire l'être de l'unité de «éu, qui

par le désir de la nature s est inqualifiéavéc une essence; et du dessous, c'est-à-dire de l'affaissement résulte l'esprit aqueux, c'est-à-dire là douceur, et le tout n'étant cependant qu'esprit et puissance, mais il en est ainsi de la figure de la manifestation, car il ne se fait pas de séparation.

65. Cette triple manifestation se fait selon la Trinité, car le centre où elle est, est le Dieu unique selon sa manifestation: au dessus de soi se porte Tesprit flamboyant de l'amour, et au dessous de soi se portela douceur de l'amour, et au milieu est le centre , comme la circonférence, c'està-ilire le Père, ou tout le Dieu selon sa manifestation l 'et de même qu'on peut s'en convaincre par la manifestation divine, de même aussi oft peu fie reconnaître de la nature éternelle, selon la propriété delà nature, car la nature n'est qu'une réflection de la Divinité. ) ' • ■

66. 11 faut donc que nous connaissions encore la nature. Le coup d'œil de l'origine première du feu est une explosion, un principe salnitrique, où la nature se divise en une infinité de parties, c'est-à-direen une quantité de puissances d'où sont aussi provenus les anges et les esprits, ainsi que les couleurs, les vertus et les quatre démens au commencement du temps; car le tempérament du feu et de la lumière est l'élément saint, c'està-dire le mouvement de la lumière de l'unité; mais de ce principe spirituel, ( qui est spirituel et non pas terrestre) proviennent les quatre élémens , de même que de l'impression du mercure igné, la terre et les pierres proviennent; et de la

cinquième essence du mercure igné, le feu et le ciel, etdu mouvement ou de l'effluve, l'air, et du brisement du désir par le feu , -l'eau.

67. Le mercure igné est une eau sèche, lequel mercure a produit les métaux elles pierres: mais le mercure brisé parla mort du feuaproduit l'eau, et l'impression a causé la grande dureté de la terre, qui est un mercure grossier, salni trique, saturnin. Par le mot mercure, û faut toujours entendre, dans l'esprit, le Verbe émané naturel, virtuel de Dieu , qui a été le séparateur et le modeleur de toutes choses; et par le mot Saturne /\\ faut comprendre l'impression.

68. Dans la cinquième qualité, c'est-à-dire jians la lumière, l'unité éternelle est essentielle, c'està-dire un feu saint, spirituel , une lumière sainte^ un air saint qui n'est qu'un esprit. Une eau sainte qui est l'amour émanant de l'unité de Dieu: une terre sainte qui n'est qu'une puissance et une virtualité. Cette cinquième qualité est le vrai monde spirituel angélique de l'allégresse divine, et ce monde spirituel est caché dans ce monde visible.

69. La sixième qualité de la nature étnielle est le son, le ton, ou l'intelligence, car toutes les qualités deviennent manifestes dans l'éclair du feu : le feu est la bouche de l'essence , la lumière est l'esprit, et le son est l'intelligence, où toutes les qualités s'entendent l'une l'autre.

70. Selon la manifestation de la Trinité sainte, avec l'émanation de l'unité, ce son ou ce ton est le Verbedivin virtuel, c'est-à-dire l'intelligence de la nature éternelle, par laquelle intelligence, la

science surnaturelle se m a ni tes te, et selon la nature et la créature , l'intelligence est la connaissance de Dieu , où la raison naturelle reconnaît Dieu. Car la raison naturelle est un réfléchissement et une émanation de l'intelligence divine.

71. La raison naturelle renferme les cinq sens d'une manière spirituelle: et l'autre qualité, c'està-dire le mouvement, le mercure igné les renferme d'une manière naturelle. La sixième qualité produit l'inteMigence du son , c'est-à-dire le parler du verbe, et l'autre qualité est le conducteur, c'est-à-dire l'habitacle ou l'instrument du parler ou du son.

7:4. La puissance est douloureuse dans l'autre qualité, et elle est le royaume dés délices dans la sixième qualité, il n'y a cependant pas d'autre différence entre la seconde et la sixième qualité , que celle de la lumière aux ténèbres, et elles sont l'une dans l'autre, comme le feu et la lumière, et elles ne diffèrent entr'elles qu'en cela.

73. La septième qualité est l'essence, c'est-àdire un sujet ou habitation des six autres qualités t où ell^sont toutes essentielles , comme l'âme avec le corps; et il faut principalement comprendre par là , selon le monde lumineux , le paradis ou la vie productive de la puissance inqualifiante , car chaque qualité se fait un sujet ou un réfléchissement de sa propre émanation, et dans la septième qualité toutes les qualités sont dans le tempérament, c'est-à-dire dans une essence unique; et de même qu elles sont toutes émanées de l'unité, de même aussi elles rentrent toutes dans un prin-

cipe unique, et quoiqu'elles opèrent de différentes manières et dans différentes qualités, néan* moins il n'y a ici qu'une essence unique, dont la vertu s'appelle teinture, c'est-à-dire essence sainte pénétrante.

?4» Ne croyez pas que la septième qualité soit la teinture, elle n'en est que le corps: la vertu du feu et de la lumière est la teinture avec le corps essentiel ; mais la septième qualité est l'essence qui pénètrent sanctifie la teinture, c'est pourquoi le paradis , c'est-a-dire la vie productive spirituelle est dans la septième qualité; concevez qu'il en est ainsi selon la puissance de la manifestation divine , niais selon la qualité de la nature c'est une essence du désir attiré de toutes les qualités.

75. Il faut surtout remarquer qu'on prend toujours la première et la septième qualités pour une, la seconde et la sixième pour une, ainsi que la troisième et la cinquième pour une, la quatrième seule est le point de séparation, car il n'y a que trois qualités de la nature , selon la manifastation de la Trinité de Dieu.

76. Savoir: la première «est le désir qui est attribué à Dieu le Père, et il n'est qu'un esprit; mais dans la septième qualité le désir est essentiel.

77. La deuxième qualité est attribuée à Dieule Fils , c'est-à-dire la puissance divine qui n'est qu'un esprit dans le deuxième nombre; mais elle est la puissance intelligible dans la sixième qualité.

78. La troisième qualité est attribuée â Dieu le Saint-Esprit, selon sa manifestation, et il n'est au commencement de la troisième qualité qu'un es-

prit igné, mais le grand amour est manifeste dans la cinquième qualité.

79. Ainsi l'effluve de la manifestation divine est, selon les trois qualités, dans le premier principe, avant la lumière naturelle, et dans le deuxième principe, dans la lumière, il est spirituel.

80. Voila donc les sept qualités dans un principe unique, qui toutes les sept sont éternelles et sans commencement, et aucune d'elles ne peut être prise pour la première, seconde, troisième, quatrième, cinquième, sixième et dernière, car elles sont toutes également éternelles et sans commencement de l'unité de Dieu: il faut seulement le rendre intelligible à l'esprit, comment une qualité procède de l'autre, ce qu'est le créateur, et afin qu'on puisse méditer la vie et l'essence du monde visible.

Du troisième Principe, c'est-à-dire du Monde visible, d'oii il est provenu, et ce qu'est la Création.

81. Ce monde visible est provenu du monde spirituel ci-dessus mentionné, c'est-â-dire de la puissance émanée de Dieu, il est un objet ou un réfléchissement du monde spirituel: le monde spirituel est le premier principe interne du monde visible , le nionde visible est dans le monde spirituel.

82. Ce monde spirituel n'est qu'une effluve des sept qualités, car il est provenu des sept qualités virtuelles , et il est dans la septième qualité

il est dans la septième qualité dans le repos , c'està-dire dans le paradis ; ce repos est le Sabbat éternel, où repose la virtualité de la puissance divine.

83. tyloïse dit, que Dieu a créé en six jours le ciel, la terre et toutes les créatures, qu'il s'est reposéle septième jour, et qu'il a commandé de se reposer ce jour-là. Ces paroles renferment un sens mystérieux : il eût bien pu faire en un jour l'ouvrage des six jours: mais peut-on parler de jour, avant que le soleil fût, car dans la profondeur il n'y a qu'un jour imique, mais le sens est contenu dans les paroles.

84- Moïse entend par l'ouvrage des six jours la création ou la manifestation des sept qualités, car il dit : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Le désir magnétique a, par le premier mouvement, imprégné et coagulé le Mercure igné et aqueux, ainsi que toutes les autres qualités: la partie grossière s'est séparée de la nature spirituelle, et la matière ignée s'est changée en métaux et en pierres, une autre partie eu Satniter , c'està-dire en terre, et la partie aqueuse en eau: de cette manière le mercure igné de l'opération est devenu plus limpide, Moïse l'appelle le ciel , car l'Écriture dit; Dieu demeure dans le ciel, car ce mercure igné est la force du firmament, c'est-àdire une réflexion du monde spirituel où Dieu est manifeste.

$5.. Cela étant fait, Djeu dit: Que la lumière soit, et la lumière fut. Là est devenue manifeste Ja lumière interne par le ciel igné, ce qui produisit dan» te inercure igné une faculté de l'éclat, et cela

était la lumière de la nature externe dans les qualités où réside la vie végétative.

86. Le deuxième jour Dieu a séparé le mercure aqueux du mercure igné, et il a nommé le mer-»cure igné le firmament du ciel , lequel firmament se fît par le moyen de l'eau, c est-à-dire du mercure. De là est provenue l'espèce mâle et l'espèce femelle, c'est-à-dire du mercure igné, l'espèce mâle, et du mercure aqueux, l'espèce femelle.

87. Cette séparation s'est faite partout et en tout, et cela afin que le mercure igné désirât de nouveau avec ardeur le mercure aqueux, et que le mercure aqueux désirât le mercure igné, pour qu'il y eût entr'eux un désir d amour dans la lumière de la nature, d'où est provenue la conjonction: c'est ainsi que le mercure igné, c'est-à-dire le Verbe émané selon l'espèce ignée et aqueuse de la lumière s'est séparé , et c'est de là que s'originisent Fespèce mâle et l'espèce femelle de toutes choses, tant vivantes que végétatives.

88. Le troisième jour de la création, le mercure igné et aqueux est rentré dans la conjonction ou dans la copulation, et ils se sont conçus, où le Salniter, c'est-à-dire la séparation de la terre, a produit les plantes, l'herbe et les arbres, et où s'est fait le premier engendrement entre l'espèce mâle et l'espèce femelle.

89. Le quatrième jour, le mercure igné a produit ses fruits, c'est-à-dire la cinquième essence, une vertu plus sublime de la vie ( tels que les quatre élémens) qui est cependant dans lesélémens : de cette vertu ont été faites les étoiles: car

de-même que l'impression du-désir a réduit la terre en une masse \ laquelle impression rentre en J soi, k de même' aussi le mercure igné a été exaltent par l'impression , c'est pourquoi il a renfermé le Heu de ce 1 inonde par la constellation. ' Par Fouvrage au cinquième jour s'est manifesté Fesprit du nionde^ c est-à-dire l'âme du grand mofttïéi; dans* la cinquième essence , comprenez la ^fedu mercure igné et aqueux, où Dieu a créé tous les atjfinWttXi les poissons, les oiseaux, les reptiles , chacun de sa qualité du mercure divisé! ' ' f 9 1 ; On Toit parlé ; comment les principes éterttèfe se sônt mus, selon le mal et selon le bien, ; sélon toutes les sèpt qualités , selon leur émanation et seloïi leur conjonction ; car là ont été créées des créatures mauvaises et bonnes, c'est-à-dire' selon que le mercure, lé séparateur, s'est formé éil tin'êtrè, comme on peut le voir aux créatures bonnes et mauvaises: et toute Vie est cependant issue de la lumière • de la nature, c'est-à-dire de Vamcrar de la nature, c-esj pourquoi toutes les Créatures s'aiment selon leurs qualités de cet ) amotlr émané. • I

92, Eé sixième jour Dieu a fait l'homme, car le sixième jour s'est manifesté l'esprit de la vie du mercure igné, c'est-à-dire du fond interne, lequel homme Dieu créa à sa ressemblance, de tous les trois principes, en une image, et il lui inspira le Biercu«e intelligent igné * selon le principe interne ét externe* c'est-à-dire -selon l'éternité et selon le temps , pour une ame vivante raisonnable ; et dans ce. principe animique : planait la

manifestai ion de Ja . saintet4;divï*(e, : ç/esfeardîtft le verbe vivant émanant dp jDie<k.axec I-idé#> étepnettement reconnue Y qui aya& été reconnue dè& l'éternité dans, la sagesse divine* comme uu sujet ou comme une forme de l'imagination divine. ,

93. Celle-ci fut revêtue de l'essence? du/monde céleste, elle devenait un esprit intelligent et m* templcde Dieu, une image 4« lg cwtem,pfeî^ dry/ue, lequelesprit futdonnéalânre pmJtfép<mxi;< de même que le feu qtla lumière sont de&conj ointe, de même aussi il faut l'entendra ici, Ce uj£me principe divin pénétrait et poussait au traverse de l'âmeét du corps , et cela fiU k paradis véritaWe de l'homme, qu'il perdit par la prévarication^ lorsque le principedu monde ténébreux et le <iésir faux eurent le dessus en lui.

94. Moïse dit, que Dieu s'est Reposé h septième* jourde tous les ouvrages qu'il avait faits n Qr f Diqu\ n'a pas besoin de repos , car il a opéré dès l'êtes, nité, et il n'est qu'une puissance agissante^ cie^t: pourquoi l'esprit est caché dans les U>crt%-, ©aff Moïse dit, que Dieu avait, ordonné de se, reposer le septième jour. Le septième jour fut le vrai parar dis (spirituel, ) c*est-4^dire la teinture <le la puissunce divine, qui est un tempérament, qui* péfcér tré dans toutes les qualités , et qui a opéré dan* la septième , dans l'essence de toutes? les qwlUéfc

9&. La teinture a pénétré la terre et tous les éiémcns,et elle a teint toutes choses; là fut le paradis sur la terre, et dans l'homme; car le désir était caché , de même quela nuit est cachée dansjlejour: de même aus&ietaii cachée la<$ualité colérique de

la naître, dans le premier principe , jusqu'à la cfetutede l'homme, du H n qualification divine de la teinture se retira &ins son propre principe, Cîe«t«à"«dire dans le fond - interne du- monde lumineux ^xar la colère s exalta et obtint le dessus, et voilà pourquoi Dieu a maudit la terre , car sa malédiction est une* tetrâite réelle, comme si la puissancede Dieu agissait dans une chose par la la vie et par l'esprit de la chose, et qu'il se retirât ensuite de cette chose par son action ; cette chose est alors maudite, car elle opère dans sa propre volonté y et non pas dans la volonté de Dieu.

ï)e l'Esprit du monde et des Elémens.

, 96. Nous pouvons fort bien contempler le monde invisible spirituel par le monde visible terrestre; car nous voyons que la profondeur du monde produit continuellement du feu , de l'air et de. l'eau*,, et qu'il n'y a ni repos, ni discontinuation de ces productions, et qu'il en a toujours été .de même du commencement de ce monde ; mais il nous est impossible d'en trouver une cause dans ce monde externe , car la raison dit : Dieu l'a ypulu ainsi, et elle en reste là : ce qui est vrai , en effet ; mais elle ae connaît pas le créateur , qui ne cesse de créer, comme l'archée véritable ou le séparateur, ce qui est Un effluve du monde invisible , c'est-à-dire le verbe émané de Dieu , que je nomme le mercure igné.

97. Car ce que le monde invisible est dans une inqualification spirituelle , où la lumière et les

ténèbres sonrensemble , le monde visible l'est dans.

une inquâlification. substantielle : les puissances qu' il faut comprendre dans le monde interne BpU rituel du Verbe émané, il faut aussi les comprendre dans le monde visiblè ,• dans les astres' et dans les élémens, .mais dans un autre principe aussi d un caractère saint. •;■

98. Les quatre élémens proviennent, de l?aiw cbée du principe interne, c'est-à-dire des- quatre qualités de la nature éternelle , et ils ont été ainsi exhalés au commencement de ce temps par le principe interne, et établis dans une essence et dans une vie propres virtuelles , c'est! pourquoi le monde externe s'appelle un principe r c'est-àdire un sujet du monde interne , un instrument du maître interne spirituel , lequel maître est Je Verbe et la puissance de Dieu.

99. Et de même que le monde interné spirî-*tuel a en soi une vie intelligente de l'effluve de la science divine , où sont compris les anges et les ames : de même aussi le monde externe a en soi une vie intelligente , laquelle vie est dans les puissances émanées du monde interne, et cette vie externe ne peut pas porter son esprit au-delà du point où elle est établie, c'est-à-dire dans la constellation et dans les étoiles.

100. L'esprit du monde est caché dans les quatre élémens , comme l'ame est cachée dans lé corps , et cet esprhVn'est qu'un effluve et une vertu efficace du soleil et de la constellation, sa demeure où il inqualifie ; il est spirituellement entouré des quatre élémens : l'habitacle spirituel est d'abord une vertu magnétique de l'effluve du monde in*

terne , de la première qualité de la nature éternelle , et ceci est le principe de tous les sels et de toutes les vertus , ainsi que de toute formation et de toute substance.

101. Il est encore l'effluve du monde interne, qui est émané de la deuxième forme de la nature éternelle, et il est de l'espèce ignée, c'est-à-dire une source d'eau sèche, où l'on comprend le principe de tous les métaux et de toutes les pierres , car elles en ont été créées. J'appelle ce principe , le principe igné de l'esprit du monde , car il est le principe de toutes choses f un séparateur des puissances , un modeleur de la forme , un principe de la vie extérieure , selon le mouvement et selon la sensibilité.

102. Le troisième principe est la sensibilité du mouvement et de l'âcreté , c'est-à-dire un tourment spirituel de soufre du principe de la volonté angoisscuse du principe interne, d'où proviennent l'esprit et les cinq sens*, savoir : la vue, l'ouïe , le tact , le goût et l'odorat , c'est-à-dire la vraie vie essentielle , d'où se manifeste le feu , c'est-à-dire la quatrième forme.

î o3. Les anciens sages ont appelé ces trois qualités le mercure, le soufre et le sel, selon leurs matières , qui en sont engendrées dans les quatre éléinens , un tel esprit se coagulant ou se rendant substantiel. Ce principe renferme aussi les quatre élémens , ils n'en sont pas non plus distincts , ou une chose particulière ; ils ne sont que la manifestation de ce principe spirituel , c'est-à-dire ils sont une habitacle de l'esprit , où l'esprit opère,,

104. La terre est l'émanation là plus grossière jde cet esprit subtil : après la terre 'c'est l'eau, après l'eau l'air , après îair le feu ; tous ces élémens proviennent d'un principe unique , c'est-àdire de l'esprit du monde , qui prend sa racine dans le monde interne.

1 o5. Or la raison dira : pourquoi Dieu à-t-il fait une telle manifestation? C'est parce que le monde spirituel s'est inqualifîé par là avec une forme visible figurée ; afin que les puissances internes fussent figurées et visibles. Et pburle faire, il fallait que' l'être spirituel s'inqualifiât avec tin principe matériel, pour pouvoir se rendre sensible ; et il fallait une telle séparation ^ afin que cette séparation désirât toujours son premier principe, c'est-à-dire que l'interne désirât Tcxterne , et l'externe l'interne.

1 06. Il en est de même des quatre élémens , qui, intérieurement, ne sont qu'un principe unique, où il faut que chacun désire l'autre, et cherche le principe interne dans l'autre, et l'élément interne est distinct en eux, et les quatre élémens ne sont que des qualités dé Télément partagé, c'est pourquoi il y a une grande inquiétude et un grand désir entr'eux , et ils veulent toujours rentrer dans le principe unique, c'est-àdire dans l'élément unique , où ils ont du repos , car l'Ecriture dit : toutes les créatures désirent et se tourmentent à côté de nous pour être délivrées de la vanité , à laquelle elles sont sujettes malgré elles.

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