INFLUENCE DU CONCILE DE TRENTE
t Les opinions protestantes, dit-il nilleui’s • , n’avaient pas cessé de faire des progrès en deçà des Alpes et des Pyrénées, jusipi'à l’épiMjue des rferm'èm sessions du concile de Trente.
a Mais (alors) les choses prirent une tout autre allure... »
L’historien protestant développe les progi-és de celte restauration on régénération catholique. 11 passe en revue les forces que l’Église avait à sa disposition, les ordres religieux, nouveaux ou réformés, etc. Il met en relief les hommes éminents qui travaillèrent à celle grande œuvre, saint Cliarles Borromée, saint Pie V...
Au tome IV, page 82, parlant de la France en particulier, et de la restauration du catholicisme dans le royaume trèschrétien, il signale les mesures que prit Henri fV « pour rendre la religion catholique florissante en ses États... »
«.». Cependant, toute cette politiipie, ajoute-t-il, eût amené un faihle résultat , si la régénération de l'Église catholique J qui était déjà commencée , n’avait pas fait de grands progiès. En effet, elle Subit une nouvelle transformation dans les premières vingt années de ce siècle (xvii*). Examinons encore rapidement cette transformation, surtout dans son application à la discipline des Couvents, dont la réforme représente particulièrement cette régénération religieuse.
O Les anciens ordres, tels que les dominicains, les franciscains, les bénédictins furent réformés avec la plus grande ardeur.
a Les congrt'gations de femmes rivalisèrent avec eux. Les feuillantines se. livrèrent à des pénitences si austères, qu'un jour, 11 en mourut , dit-on , quatorze en une seule semaine ; le pape lul-mème fut obligé de les exhorter à modérer lem’ rigidité *.
«... Sainte Térèse avait réformé, à cette époque, dans un esprit un peu différent, l’onlre des carmélites en Espagne. Elle aussi voulait la clôture la plus sévère ; elle s’efforça même
• HtiToT. JtlfMra des ordm nionaslijues, I. V, p. 4H.
lX)GUMENTâ. CH AP. t.
(le renili’e moins fréiiuentes les visites des parents à la grille du couvent; elle eonstitna une surveillance spéciale sur le confesseur. Mais pour elle, la rigidité n’était pas le but. Elle chercha à provoquer dans l’Ame une disposition qui pût la rapprocher, autant que possible, du divin modèle... On s’aperçut aussi bienWt en France que la simple pratique de la pénitence ne suffisait pas; on envoya en Espagne Pierre de Itérulle qui parvint enfin , après beaucoup de difficultés, à intrcKluire l’ordre religieux de sainte Térèse dans le royaume de Henri IV , où il prit racine très-promptement et porta Ifâ plus beaux fruits, a
«... Les fondations de saint François de Sales appartiennent .1 une inspiration moins sévère.
« L’ordre de la Visitation , qu’il avait institué de concert avec M"* de Chantal , produisit les effets les plus salutaires dans toute la France.
0 Déjà on avait aussi reçu les ursulines ; leur quatrième vœu était de se livrer à l’instruction des jeunes Mes, et elles remplissaient ce devoir avec im zèle admirable, b
a Nous n’avons pas besoin de dire que le même esprit de piété animait les congrégations d’hommes.
a ... Quelle tentative gigantesipre ! Transformer religieusement tout un royaume , l’entraîner dans une seule (Urection de foi et de doctrine !
« Au sein des régions inférieures, parmi le peuple et même les curés des campagnes, les anciens abus survivaient encore. Au milieu de ce mouvement général , apparut le grand missioimaire du pauvre ptmple , Vincent de Paul , qui fonda la congrégation de la Mission, dont les membres se rendant de lieu en lieu, devaient répandre l’instruction religieusejusque dans les Icxîalités les plus reculées du pays. Vincent était luimême un fils de paysan , humble , plein d’ardeur et de bon sens pratique*. C’est encore à lui que l’humanité doit l’ordre.
1 Stolbcrg. Vif de saint Fincenl de Paul. Munster, 1818. — « I.e bon Stolberg aurait seulement dû iic pat considérer son héros comme « le seul
lOTlüEMŒ 1)U CONCILE DE TRENTE. 5
des sœurs de la charité , femmes sublimes qui sacrifient au service des malades , et même des prostituées , leui' part de bonheur domestique et l’éclat si entraînant du monde, s<ins oser à peine montrer l’amour religieux qui les anime et auquel elles doivent cette abnégation si touchante.
a Ce sont là des créations qui , par bonheur, se sont toujours produites dans les pays chrétiens, à mesure qu’ils en ont eu besoin ; créations pour l’éducation , pour l’instruction, pour la prédication, pour les études savantes, pour la bienfaisance , qui jamais et nulle part ne prospèrent sans l’enthousiasme religieux.
a Ailleurs , on abandonne ces devoirs à la famille qui toujours se renouvelle , aux nécessités changeantes de chaque époque. Ici , au contraire , on cherchait à donner une base inébranlable aux congi-égations , une forme permanente et indesb-uctible à l’impulsion religieuse , afin de consacrer au service de l'Eglise toutes les forces disponibles, et d’attirer insensiblement dans la même voie les générations futures.
« En France, cette direction fit surgir en peu de temps les plus grands résultats, b
« bonime par lequel la France fut régénérée, b (P. < , 399.) Note de Ranke. — M. Olier, contemporain de saint Vincent de Paul, et qui mourut avant lui, avait déjà vu ce grand mouvement de régénération catholique dans tonte sa force ; et de même que les auteurs protestants que nous avons cités, il lui donne le concile de Trente comme point de départ *; et en assigne comme instruments les plus actifs saint Charles Burromée, saint Ignace, sainte Térèse . etc.; la réforme du clergé cl des congrégations religieuses en est le fruit et le progrès ; ensuite viennent les hommes apostoliques, parmi lesquels saint Vincent de Paul se place au premier rang ", et contribue ainsi puisnmment , et plus que tout autre de son époque, au développement et à la propagation de cette régénération catholique.
* Panépyn'fus dtU.de SaUt ; msnosc. aotogr. i$ H. Olier. latrodactiOB.
•• Pnd.. t. II,
C IH)CUME}!Ti. CHAP, I.
ÉTAT DE LA QVESTION : LES ENNEMIS DE I.’Ér.LISE , VERS LE WlUEE Dl XVIII' SIÈCLE, EN AITAyl’ANT LES JÉSITTES, AIXVQIAIENT LA RELIGION, l’ÉGLISE, LE SAINT-SIÈGE.
La véi'ité de co fait ressort également et des témoignages ou des aveux des auteurs contemporains , et des appréciations ou des jugements des écrivains posU-rieurs.
l'Lo 11} mai I7j9, raroUevt'quedeCtdocza, métropolitain de Hongrie , ail cessait au cardinal Torregiani une lettre coniidentielle qu’il le priait de communiquer à 8a Sainteté Clér ment Xlil. On y lisait :
« Je n’ai fait jusqu’ici qu’oliéir aux ordres de Votre Éminence : elle me piTinettra de lui exposer, a\('C tout le respect et la conliance jKissilde , une autiv affaire du la dernière iniporL'uic.e, affaire qui demande toute la sidlicitude que je dois à l'Église de Dieu, principalement dans ce royaunie de Homgrie, dont, en ijualhé de métropolitain, je gou\ erne une partie considéralile, et à la défense duijuel je me crois obligé maintenant de veiller plus ipie pei-sonne. Je ne puis voir sans peine ces bruits désavantageux que des hommes méchants font courir de tons côtés contre les pères de la compagnie de Jésus, dans les feuilles et lilxdles qu’ils réimudent avec un zèle perfide. Je les regarde comme autant de blessures cruelles par ofi l’on s’est jiroposi^, non-R‘ulement de dé-ligurer et de déchirer celte illustre compagnie quia rendu ii l'Église et en particulier à ce royaume ajKistolique, des services si importants , mais qui plus est , d’ébranler l’ordre de iJîylise cal/io^ lii/iie et de j>orter atteinte à son intégrité, en l’attaquant ainsi soiii'dement et par des voies indirectes. Des blessures d’une aussi dangereuse conséiiuence exigent les remèdes les plus prompts et les plus ellicaces, et ce n’est que du premier de tous les sièges, de la chaire apostolique, que nous pouvons les attendre' ! » (Coll. V. G.)
< Avant l'arclicvèque de Colocia , un cvèquc missionnaire, vicaire aposlo-