ÉTAT DB LA OUBSTION
• l>e prince-électeur et archevêque de Trêves joignait l’autorité de son témoignage à celui de l’archevêque de Col<x:za ; U écrivait, le 19 juin de la même année :
B ... Il serait superflu d’exposer à Votre Sainteté combien il serait nuisible aux intérêts de la religion et de la piété que la réputation de la compaguie restét plus longtemps almndonnée à la merci de ses calomniateurs. Elle sait assez ce qu’il fau^ lirait attendre des partisans de l’erreur et du libertinage , et quel parti ils sauraient tirer du renversement d’une digue, qui les a jusifu’ici , plus puissamment ipi’aucuue auti'e , empêchés de répamh’e 1e venin île leur doctrine... p (Coll. Lay.)
A une autre extrémité de l’Europe, l’évêque de Corin reui dait compte en ces termes, au pontife suprême, de l’état des aUaires en Espagne et en Portugal :
« J’ai reconnu clairement que l’enfer, pour exciter cette tenq)ête, s’est servi d’hérétiques et d’autres eiuiemis jurés de l’Église, et que lu but de leuis elforts est non-seulement de détruire la compagnie de Jésus, niais encore û’abulir entièrement toute la religion catholique. Les v illes maritimes de Porr tugal sont les plus infectées de cette contagion des hérêtiques; du là elle a commencé à so répandre dans le reste do ce royaume et voudrait porter ses ravages jusipie dans les autres pays. Quelques (lopulations do mou diocèse commençaient déjà à en être atteintes, mais les missions que j’ai fait faire par des jésuites, et les autres remèdes que j’ai appliqués à temps, avec toute la diligence dont j’ai été capable, non-seu-
liquc dans 1c nord de l'Eumpc, Adolphe baron de Ilærde, écrirait an pape,
1 la date du 4 mai , en parlant des calomnies répandues contre les jésuites : i> Il n'est personne, pourvu qu'il jn^'C sainement el prudciniiteul des choses, qui ne soit forcé de rcconnailre, dans ce déluge de libelles répandus contre les défenseurs lélés de la foi et de la religion catholique, l'œuvre et l'artifice ilu prince des ténèbres, une couipiration ourdie dans ce siècle instruit et pervers, pour attaquer indirectcincut cl par des voies détournées la nacelle de Pierre, et, s'il leur était permis , pour la détruire et l'engloutir au fond des abîmes. » Lettre de l'évéque de Flaviopolis in partibus à Clément XIII. (Colt. y. G.) — On rapprdle au lecteur que les pièces accompagnées des indications suivantes: Coll. F. G.,CuH. La/j., lUM. de Flesselles , clc., sont inédites.
8 BOCCJCEfîTS. CHAP. I.
Ipment ont am'ti^ les progrès du mal , mais l’ont entièrement dissipé. Votre légat, en Espagne, est instruit de toutes ces choses et il pourra les faire savoir à Votre Sainteté... » (Coll. V. G.)
L’archcvèrpie de Turin , cardinal Itovero , déjà cité dans cet ouvrage , disait encore :
a Je ne puis cacher l’intérêt que je prends aux affaii-es des jésuites dans les conjonctures déplorables où ils se trouvent; mais je m’intéres.se encxjre davantage à ce qui regarde F K glise et la religion catholique. Les dangers qui les menacent deviennent de jour en jour plus pressants et se multiplient à proportion que les ennemis de la compagnie réussissent dans leius projets, et qu’on les lai.sse impunément se livrer A toute sorte d’excès contre elle. On découvre aisément quel est leur but en attaquant cette compagnie... » Et plus loin : « Parmi les bienfaits que j’ai reçus du Seigneim pour l’honneur de qui je suis prêt à faire le sacrifice de ma vie, je compte le ïèle ardent qu’il m’inspire dans la cause présente des jésuites, qui n’est autre, en effet, que la cause commune de F Eglise de Dieu... » (Coll. V.G.)
Le 17 du mois de juin 1759, l’archevêque d’Auch, en France, versait dans le cœur du père commun des fidèles ses plaintes avec ses prières :
« Très-saint-père, écrivait-il, de nouveaux orages se joignent a ceux dont l’Église est si tristement agitée ; depuis longtemps attaquée avec audace, elle a maintenant la douleur de voir ses défenseurs les plus zélés être en butte à toutes sortes de calomnies et d’outrages. C’est l’aflligeant spectacle que présente à ses yeux la cruelle persécution qui vient de s’élever contre la compagnie de Jésus, compagnie qui nous est infiniment chère, en qui nous ne trouvons rien de répréhemible, et que nous jugeons au contraire recommandable à tous égards. Il nous parait absolument nécessaire de remédier promptement à un si grand mal... Mais comme la persécution n’est point ressente dans les bornes de la France ou du Portugal, et qu’il n’y a point de lieu où elle ne fasse ressentir ses