VÉ.NÉRABLE FRÈRE, S.U.UT ET BÉNÉDICTION APOSTOUQUE
Dans le temps que, sur tes lettres de plusieurs évéques de France, nous étions plus fortement occup»? que jamais de 1a triste pensée des calamités et des souffrances de vos églises , on nous a remis la lettre affligeante de votre fraternib', qui n’a pas seulement renouvelé notre ilouleur au sujet des maux que souffre la religion, mais qui aigrit nos plaies en les retouchant. Que rnau([ue-t-il , en effet, il l’état présent de vos affaires, pour être aussi déplorable qu’il puisse être? L’autorité spirituelle de l’figlise est anéantie; elle n’a presque plus rien qui soit tenu pour saint et inviolable, ni dans les choses, ni dans les personnes. Le corps même île .lésus-Christ (ce n’est qu’en tremblant que nous écrivons ceci) est livré A la volonté arbitraire et à la passion des magistrats. Ces excès sont bien atroces et bien dignes de nos larmes. Cependant, il nous reste
> Ce bref, dont nous donnons ici un extrait , ainsi que plusieurs autres qui suivront, adressés aux ovéqiios do Viviers, do (îrciuibic, de .Sarlat, se trouvent en latin dans le But Inire de Clément XIII, t. ii , p. 4Î8, 430, 4S4; et t. m , p. to. — La traduction française , dont nous nous servons , parut en 1764.
DOCUMENTS. CHAP. IV
après Dieu un juste niotif de confiance : c’est le concert unanime de presque tous les évêques de France, c’est votre union avec le siège de saint Pierre ofi nous sommes assis , e’est enfin le zèle dont votre lettre me témoigne que vous êtes tous tellement enflammés, que vous faites profession d’être disposés à perdre vos biens*, et la vie même , pour la défense de la religion. Cette fermeté d’àme que Dieu exige de nous, nous fait naître en même temps une espérance certaine de la victoire. Combattez , dit-il, jusqu'à la mort pour la justice , et Dieu triomphera pour vous de vos ennemis.
11 est vrai que dans tout comkvt, il s’élève toujours queli]ue crainte dans l’ilifie. Aussi , quiconque aspire ii un heureux succès doit-il commencer par la Imnnir, et par se mettre bien avant dans l’esprit que rien n’est plus dangereux que la crainte du danger; car ceux qui craiynent les frimnts, dit ri'icritnre, verront la neitje fondre sur eux. C’est pourquoi , il est alisolument indispensable de travailler à soustraire le tivssaint et très-auguste corps de Jésus -Christ à des affronts presque jourualiei's. Que faire, me direz-vous? Failt's tout ce que Dieu vous inspirera pour enqM'cher que cela n’arrive , et que Jésus-Christ ne soit livré pres.pie comme un captif entre les mains de ses ennemis, au prix d’une fortune temporelle que nous voulons retenir et conserver.
Votre fraternité n’ignore pas que ce n’est point par des voies humaines et ordinaires qu’ont été jetés les fondements de la foi catholique, et que la religion chrétienne s’est répandue poi’ tout l’univei's. Pareillement il est des occasions où nous devons empltiyer des moyens extraordinaires pour la défenilre. Nous souhaitons tous la paix , cela est vrai ; mais il est nécessaire que nous déployions toutes nos forces, pour arracher cette paix à nos ennemis malgré eux. Nous aurons bien des travaux à endurer; il faudra bien s’exposer à des dangei's en très-grand nombre et très-considérables. Mais il n’est rien à quoi nous ne devions être prêts pour l’hounour de celui qui n’a pas dédaigné de s’otl'rir comme une v ictime
pour nos péchés, et de subir le ti-ès-cruel et trés-infâme supplice de la croix, pour nous soustraire à la puissance des ténèbres. Nous sommes de plus obligés , par une raison particulière , de maintenir son honneur à quelque prix que ce soit, nous qu’il a choisis par une bonté spéciale pour être les ministres et les dispen.sateurs des mystères de Dieu. Nous n’ignorons pas, vénérable frère, que, vu l’amour »jue vous portez à Jésus-Christ, toutes vos pensées se sont toujours tournées vers cet objet, et que vous n’a^ ez rien négligé pour mettre la très-sainte Eucharistie h l’abri de cette indigne profanation.
Quant à vos autres sujets de plainte sur l'expulsion des clercs réguliers de la société de Jésus , sur l’éducation de la jeunesse confiée à des hommes dont la foi et les mœurs ou ne sont pas assez éprouvées ou même ne sont pas exemptes de soupçon , sur le danger auquel sont exposés les jeunes gens qui se destinent à l’étude des lettres de voir leur àine infectée du poison de l’erreur, sur le silence des mi.ssions , sur ce que les fidèles s’approchent rarement du Tribunal de la pénitence et du banquet sacré; nous pressentions tous ces maux et beaucoup d’autres encore , lorstjue nous écrivimes à ce sujet, il y a plus de 19 mois, un bref en réponse à plusieurs évêques de France, nos vénérables frères assemblés à Paris...
Extrait du bref de Clément XIII à Joseph de Morel de Mons^ évêque de Viviers. (13 décembre 1763.)
Vos lettres que nous avons reçues depuis trois mois sont remplies des mêmes plaintes dont plusieurs évêques de France nous avaient déjà fait part, touchant le triste état de l’Eglise gallicane; et d’autres évêques continuent encore à noms écrire tous les jours à ce sujet. Cette suite nombreuse de lettres, qui se succèdent les unes aux auti-es, fait pour ainsi dire retentir à nos oreilles un cri continuel et journalier qui nous oillige
DOCUMENTS. CUAP. IV.
jour et nuit. Notre aiQiction , notre accablement est d’autant plus grand, que nous ne pouvons donner pour le présent que des larmes à votre douleur.
Vous vous plaignez avec la plus grande amertume de la destniction de la société de Jésus , destruction qui a été consommée dans un clin d’œil , sans aucun sujet légitime , et môme contre l’attente des ennemis qui lui faisaient la plus cruelle guerre. Événement tout à fait nouveau, incroyable, inouï , amjuel on peut appliquer ces paroles du prophète : dations, regardez et voyez; soyez saisies de surprise et d’étonnement : une chose vient de se passer de nos jours, que jiersmne ne croira lorsqu’il C entendra raconter. Cette société d’hommes distingués par leur piété et leur doctrine a été détruite dans un temps où cet accident vient le plus mal à propos. Car jamais la religion chrétienne n’a été plus violemment attaquée par les traits des impies; jamais l’hérésie jansénienne ne s’est déchaînée avec plus d’audace contre l’Église catholique. Que n’ont point à craindre paj' conséquent les pasteurs sacrés, depuis la dispersion de ceux qui combattaient contre ces ennemis avec toute la force et le courage ptjssibles ?
Dans cette affliction générale, vénérable frère, vous avez une raison spéciale de ressentir plus vivement que les autres les malheurs dw temps, d’autant (jue votre sollicitude pastorale s’exerce en des lieux d’où l’hérésie île Calvin a été presqu’entièrement bannie par les travaux de cette sociéh*, et simtout du B. François Régis. Vous voyez avec douleur que les sources pures où la jeimesse puisait les lettres, les bonnes mœurs et l’amour de la religion, lui sont fermées désormais; et qu’on a chargé du soin de l’instruire des hommes dont on ne connaît pas suffisamment la doctrine et les mœurs , et auxquels pour cette raison, jamais un père de famille prudent ne confiera l’éducation de ses enfants. C’est ce qu’envisageaient parfaitement ces sages magistrats qui, dans lespariements, ont fortement résisté à ceux de la faction opposée , pour conserver un corps si utile à l’Église. Entre ces
magistrats, votre frère s’est acquis dans le parlement d’Aix une grande gloire, au jugement commun de tous les gens de bien.
Nous-mêmes nous avons prévu longtemps auparavant tous les maux que vous déplorez, et c’est pour en préserver l'Église , que nous avons imploré le secours du roi trèschrétien , que nous lui avons adressé les brefs les plus pressants, et que nous avons aussi écrit fort au long plusieurs évêques de France, nos vénérables frères , assemblés à Paris il y a 20 mois, prur traiter des affaires temporelles de leurs églises. Nous nous persuadions (pie la religion du prince viendrait au secoure d’une société qui a produit des fruits si abondants dans l'Église de Dieu, et (]ue les prières de tant de pieux évêques seraient un grand poids pour déterminer le roi à la protéger. Mais ni la lionne volonté du roi , ni les vifs empress(*ments de la famille royale, si recommandable par sa piété, ni le jugement honorable (pie ces religieux pn'lats ont porté de la compagnie de Jésus, ni les efforts d’un grand nombre de magistrats d’une vertu et d’une sagesse distinguée n'ont au’vi de rien : Dieu l’a permis ainsi. Ce Dieu grand dans ses conseils, incompréhensible dans ses pensées , cjui tient toujours les yeux ouverts sur toutesles démarches des enfants d’Adam , /wur rendre à chacun selon ses voies et selon le fruit de ws <r«rre« , a voulu éprouver ses serviteure, et les exposer aux railleries des impies et de ceux qui ont des mauvais sentiments sur la foi catholique, afin qu’ils servent l'Église de Dieu dans l’esprit d’une humilité plus parfaite.
Au reste toute notre confiance est en Dieu qui blesse et qui apporte le remède, qui frappe et dont la main guérit la plaie (pi’elle a faite, qui dissipe les projets des méchants afin qt^iis ne puissent achever ce qiéils ont commencé. Mais quoiqu'il ne paraisse pas que les forces humaines puis.sent remédier efficacement à ces maux, et que Dieu se soit peut-<'‘tre réservé de les guérir par une voie extraordinaire, afin que personne ne dise, c’est à moi cpie vous êtes redevables de ce bienfait;
DOCnCENTS. CHAP. IV.
mais que tous confessent et publient d’une seule voix : cette révolution est l’ouvrage de la droite du Très-Haut
Extrait du bref de Clément XIII à Jean de Caulet, évêque de Grenoble. (4 avTÜ 1764.)
... Il est nécessaire dans tous les temps d’écarter, autant qu^il se peut, tout scandale, de quelque nature qu’il puisse être. Mais c’est surtout contre celui aucjuel les catholiques sont aujourd’hui exposés, qu’il était iudisjiensable de les prémunir; et pour cet effet nous croyons, vénérable frère, que vous avez publié à propos les écrits que vous nous avez envoyés. Autant que nous en avons pu juger en parcourant rapidement ces trois volumes, n’ayant pas assez de loisir pour les lire av ec plus de réflexion, nous avons vu que vous embrassiez tout ce qu’il y a d’essentiel dons cette affaire, et que vous réfutiez avec une grande force et une grande abondance de raisons, les frivoles calomnies de la partie adv erse.
C’est pourquoi, nous vous rendons, vénérable frère, de singulières actions de grâces, non pas tant en notre nom, pour le présent que vous nous avez fait de ces avantages, qu’au nom de l’Église universelle que vous avez si utilement servie... Nous vous conjurons encore, vénérable frère, vous et les évêques vos collègues, d’empécher qu’on admette A la parlicipatioa du corps de Jésus-Christ, ceux qui refusent impudemment de se soumettre à la constitution apostolique Unigenitus. Car nous sommes persuadé que cette sacrilège profanation est la cause de tous les maux qui ont fondu en si peu de temps sur ' l’église gallicane. Nous nous promettons de l’ardeur de votre zèle, que vous ne négligerez rien piur en engager d’autres dans les bons sentiments où vous êtes. 11 serait triste que l’Église fût privée des fruits qu’elle a droit d’attendre de lumières aussi pures et aussi étendues que les vôtres. Nous prions Dieu qu’il vous remplisse de son saint esprit, qu’il
donne par là une nouvelle force à voü’e constance épiscopale, cl un témoignage, etc....
Bref de Clément XIII au cardinal de Luynes.
Dileclo filio nosfro tit. S. l'homœ in Parione S. II. E. Presb.
Card. de Luynes Archiep. Senonensi Clemens P. P. XIII.
Pervenerat ad nos cum instructione pastorali venerabilis IratrisChristop&ori Archiepiscopi Parisiensis gravissimus quidam ruinor, in superioii Lutetiæ curia, atrocia in ilium et sacra consilia concipi. Quid hoc rei sit jam non amplius intelligebamus, utdum.laxatis impietatis frœnis, libertini et Ecclesiæ hostes, connivente laicali potestate, vciienatis probrosisque scriplis regnum istud complere non desinunt, (juibus Apostolica Sedes et episcopalis ordo, «eterique sacri ministri, et universæ Ecclesiæ divina auctoritas et potestas, uno verbo calholica religio sacrammque reriim sanclitas, vel audacter impugnatur , vel conlumeliosis dictis aut amaris irrisionibus impudenter proscinditur et illudilur; interea ab eadem sæculaiâ potestate adversus eos , qui religionem susceperint defendeiidam, ac polissimum contra episcopos, quoi-uin pra'cipure sunt partes Jesu Christi lidem \el suo ipsorum sanguine profundendo tucri, asperrirna et acerbissima quæquc deliberem lur. Qua enim in re (sic enim nobiscum animo reputamus) pecravit archiepiscopus Parisiensis, aut quod Umtum adinisit facinus , ut vulgo omnes metuant, ne a Parisiensi curia magnum illi sit eveiiturum malum? Vidit per suum gregem impune volitare iinpietatem,sibique coinmissas oves a multo lempore fartas esse iu rapinaiu et in devoralionein omnium bestiarum agri, quod in auimæ suæ pernicieiu diutius dissiniulare non ptjtuit ; easque reducere volens et salutari pabulo nutrire, pastnralem edidit iustructioiiem , summæ quidem) ut sunt ejus mores, lenitalis plenam; (jua; taiiien leuilasuihil
DOCUMEXTS. CllAr. IV.
thitrohit de rationum rolwre, tiuil)us commiiiiitam Eeelesiæ fulein, ejuajue sacroüanctain poteslatcm strenue piopugnat. Neminem esse pulamus, modo sit Paiietæ mntris Eecleçiæ, qui egregium Doique zelo flagrantem Antislitem in ea rc jxK^sit jure reprehen lere, nisi i’orlc laici velint catholici esse iiominis simulque centeiidere sil)i,non episcopis, iloeendiv nim pifpulorum sacra ru mque curaiidarum rerum inumis a ebristo Uoinino demandatiim , qui solos apostolos alloquebatur, cum dixit ; Qui vas audit, me audit; cl sicul misit me /laler et ego mitio vos.
Sed nimirum id contenditur, ut cpiscopi taceant; etChiâsli sponsœ criiniiii datur, si crudelibus cruentisque percusKi vulneribus vel exiguain ac pene intermortuam ejulantis emiserit vücein. Verum nos, qui per lioc sileiitium, quo excepiinus et patienter tulimus gra\issimas plngas , spe quadam adhuc lactati siiiuus futurum ut iuimicorum aniini adversus nos et Ecclesiain incensi , paulatim aliquando del'ervescerent, cum jam pt'rspeximus haud ita bonum hactenu» silentii nos secutos esse consilium, et extremi illiusmomenli cogitatione veliementer perterrel'acti, cum ad summi judicis vivorum et mortuonim tribunal mis sisti oportebit, ne tune durissimum illud uobis ipsis exprobrai'e debcamus : Vm mihi quia tafui , apostolicam demuin auctoritatem acceptam a Christü, humanis omnibus lenitatis etprudentiæ consiliisjara exbausiis, exeremus. Prnpter .Sim non tacebimus, nec quiesccmuspropter Hierusnkm. Quisquanuie jure nospossit reprebendere, quoi! elHcaciora meditemur fanto malo a'Ibibere rciiiedia, qui lenissiinis quibusque hactenus usi morbum ipsum quodammodo aluimus, et usque adeo corrolioratum dob'mus, ut ex ipso episcopatus online homines exfiterint, qui saiculari potestati Ecclesiarn invadenti partim plauscrunt, partim etiam suam operam pnebueriint, partim se, ijuod cernèrent oculis, non videre simularunt’ Quamquam hi quidem sunt paucissimi ; cœteris Episcopis omtiibiis lantam indignifafein iniquis. sinio aiiiiuo jierl'erenlibus; sed (amen inde tidelibus oblalu est
adco gravis offensio, ut ex isto regno eeleriori in dies gradu catliolica religio recedere \ideatur. Jure igitur \ erba Jobi possumus usurpare : Nonne dhsimnlavi? Nonne silui? Nonne quievi? Et ecce venit super Ecdesiam gravier indignatio, ut prope jam sit, cuin sanctuarium acervus lapidum fiet, si dissi[K*ntur etiam lapides sanctuarii. Et tacuiinus, etsiluimus, et patientes fuimus : sicut parturiens tandem loquemur.
Hæc et alia hujusmodi cum mente revolverimus, tristissimus nobis allatus est nuncius; meiiioratuin arclûeiiiscopum ab Ecclesiæ sjK^nsæ suæ avulsum esse complexu, et procul al) eajussum abire exulatum; quo nuncio visum est nobis acerrimo ([uasi inorsu premi cor nostrum. Quis eiiim, si humanitatis et justitiæ sensum liabeat quantumvis exiguum, non doleat ab Ecclesia sua siiigularibùs virtutibusornatum Antistitem abstrabi , veteris sanctiinoniæ et disciplina) episcopnlis exemplum , et homini illi crimini dari (juod sponsam suam ab iniinicis defenderit , qiUKl eain a venenatis sensibus imbil)endis prohibuerit, quod pro suo denique in cam amore nihil reliqut sibi fecerit ad eam lutandam et conservandain incolumem t
Nos igitur qui meinorati archiepiscopi calamitatem existimamus cum universæ Ecclesiæ vestræ clade conjiinctam, fidem jurisjurandi tuam , dilectc fili noster , et religionem , qua nobis et beatissimo apostolo Petro in accipienda sacra pru’pura, sancte promisisti, te eatbolicam Ecdesiam vcl prol'undcndo sanguine defensurum, nunc maxime requirimus» tibique in virtutc sanctæ obedientiæ injungimus et man lainus, regem Christianissimum ut adeas eiwi Dei fiducia , et silentii quasi repagula a multo tempore optimo principi circumjeda sacerdotali libertate perl'ringas. Primogenito Ecclesiæ Filio, quem omnino nescium existimamus, quo sancta ejus mater bxdesia devenerit miseiiariun , pra'seutissimum cominonstrato periculum; ne propediem a suo regno extorrcin deploraturus sit eatbolicam religionem; universæ calbolicæ Ecclesiæ indignissiiuiun et lU'seran luin esse
BOCCMENTS. ClIAP. IV.
spectaculum, potentissimum regcm eo reductum essm, ut hominem sibi carissimum ab e.vitio, quod ei parant illi ipsi, qui rcgiæ potestati ætpio ac cæteri subjecti sunt , non aliter potuerit eripere, quam jubendo ilium abire in exilium; eumdemijue rcgem iuU-rca in sutnina ver?ari ægritudine, quod alx'sse ab lücclesia sua cjusque desiderium cogatur pati innocentissimuspiissimus(jucsacerdos, qui pro regii tliruni firmitudine, pro regis incolumilale, proregia' fainiliæ salute Deo preces offert assiduas, qui ideo venit in summum discrimen, quod dcpellere cojietur coortam adversiis Eexlesiæ navim atrocissimam tempestatem , cujus denique in sanctissimis Ecclcsiæ decretis divinisque juribus defendendis fortitudinem abjuc constantiam vel ipsi ^ eteres illi , qui eadein religionis causa ad omnes dimicationes sese objecerunt , si reviviscerent, mirareutur; et hoc acerbissimum spectaculum in manu demum esse ipsius regis ab Ecclesiæ catbolicae oculis removere, si paululum vim polestatemque suam velit exerere.
Hæc régi loqucre, dilecte fili noster, cujus ad aures hune sermonem accidere gralum oporlct ; tantum illius est erga cathülicxim religionem sludium,tantus in archiepiscopuin amor! Ad banc operain tam piain, tamque præclaram, cæteros gallicanes S. R. K. cardinales cxdlcgas tuos tibi esse volumus socios et adjutores, quibus in hanc rem simik's harum lilleras siuibimus. Magna profccto est omnium Aeslrum laus et gloria, si conjunctis olliciis et stuiüis id elficiatis, ut membmtus archiepiscopus ex bac flamrna, (jua non tam ipse quam universa gallicana conflagari videtnr Ecclesia , Deo vobis opitu* lante,evadat incolumis. Tibique, dilecte fdi noster, a Deo precantes, ut voci tuæ det vocem ^irtulis, paterni nostri animi affectu et cbaritate præcipiia apostolicam beneilictionem peramauter impertimur.
Datum Romæ, die 8 februarii 17tii, Fontificatus nostri anno sexto.
( Coll. V. G.
ÀCTES t>Z$ ÉVÊQUES D£ FRÀNCK.
Bref de Clément XIII à Félicien Bocon de la Merlière, évêque dC Api.
Litteras tuas accepimus zclo Dei et catholicæ fiilei conservandæ studio flagrantes, omnibusquc virtutum omnium episcopalium notis insignes, quibus litteris gravissimas gallicanæ Ewlesiæ vestræ ærumnas apud nos Iralemitas tua conqueritur. Has Ecolesiæ vestræ olades suis etiam ad nos litteris deplorabundi complures alii coepiscopi fratres sunt prosecuti , singulis fere quibusque malis commeinorandis; qtiorum in jhnsenianam hæresim, ejusque pertinacissiraos sectatores jure conferunt culpam. Atque illius quidem sectæ opéra, innumeris(|ue fraudibus et dolis eo prope modum deducta res erat, ut décréta, quibus gloriosissimi prædecessores iiostri errores Baii , Jansenii et Quesiielli solemniter perculerunt, quasi obsolevisse viderentur. Cujus hæreticæ fraudis, cum nos gallicani plures episcopi moniiissent, sic illis respondimus, ut dubitare possit nemo, quæ sit nostræ in retinendis propugnandisque prædecessorum nostrorum decretis, ac præsertim dogmatica congtitutione Unigenitus et encyclica fel. rec. Benedicti XIV, firmitas et iuvicta constantia. Ac de jansenianorum et quesnellianorum causa jamdudum jugulata quid nos existimemus, dilucide. in litteris nostris, quibus sin* gulis ad singulos eosdem episcopos subinde respondimus, eo luculentius exponere studuimus, quo periculosius quam cœteri catholicæ veritatis hostes, jansenianorum factio nobiscum hélium gerit , (juæ non aperta vi , ut illi , sed per cuniculos firmissima apostolicæ sedis et universalis Ecclesiæ scita conantur subruere. Hos animi nostri sensus nullibi videmur, quam in litteris nostris, quas ad ven. fratrem archiep- Aquisextiensem nuperrime dedimus , luculentius aperuisse : qui cum sit ejusdein , in (pia episcopatuni geris , provinciæ me* tropolitanus, etquod caput est, cum optiine vesfrum uterque
to
D0CÜM£NTS. CHAP. IV.
(le his rebus sentiatis, facile easdem tecura litteras noslrai communicabit.
Porro episcoponim est, iwsttjuam audierint nostrani , suam ipsoruin qu(x[ue vocem extollere, et pessimas jahsenianorum arles quibus grassantur ad fidem catholicam cxscindendam, verbis et scripto lidelibus coinmonslrare. Elsto , hobetem jamdudum , et, quod scribis , per crebras appellationes tanquam ah abusu , detritum gestarc vos gladium spiritualem , ut in hoc cum novatoribus gravissimo bello nihil illo gladio sit inutilius. Esto pcriculosissimum esse vel digitum, ut ais, vertere ad spiritualem Eiïclesiæ defeudendain jurisdictionem, metueudumque vehementer, ue ejusdem Ecxlesiæ iuiinici , viribus nunc prævalidi, atrociora in eam congerant mala. Sed nulla lUKjuam esse potest aut locorum aut temporuiii ratio , qua episcopus excusetur quominus p<jpulo sibi concrcdito paratos monstret insidias, ubi sedentes hostes occasionem aucupantur, qua ilium a sanctæ matris sinu possint avellere. Bonus paslor animam suam dat pro ovibus suis : ac si strenuc se hostibus ad resislendum objiciat, non diifitemur fieri posse, ut prælium excitetur atrocius, et, percusso pastore, grex fiat iu deprædalionem omnium bestiarum. Sed pastor ccrte animam suam tune liberaverit. Contra si gregem per nietum deserat falsamve prudentiam , ipse et animæ sua? et animarum suœ lidei commissarum proditor fiet. ;Ve retineas verbum, ait Sapiens , in temjmre salulis. Et divus Paulus, cum Timotheura monuisset, futurum tempus cum saaom doctriuam noti sustinebunt, acrein illi vigilaiitiam indicit, ut centuin oculis eos observet, et ut lupos a suo grege avertat. Tu veto, inquit, vigila : in omnibus labora, hoc est omuia mala sustine ; upus fac evangelistæ : Hæc esse débet episcoporuin régula. Et in extremo diserhnine, cum nonnisi rem strenue gerendo reliclus est saluti locus, i|)se sibi turpem deseidoris iiolam inurit, (}ui cessationis suæ causas aüert ex humanæ prudeulia? sensu depromptas.
Videaut primarii pastore.-, qua ratione ven. liater Chrislo-
ACTES UES ÉVÊÜUES UE FKA.NCE.
phorus archiepiscopus Parisiensis pastorale ministerium hoc tcmpore sibi implendum esse existiraaverit, qui lixum illud auimo gereus : E»io firmus in via Domini, et in veritate settsus lui cl sententia, cuin Kcclesiœ l'es in oxtremo vei’sentur discrimine , nullas in defemlenda recta tide acerbitates, nulla etiam graviora [wricula reeusavit. Vœ aulein illis, qui , ut ait ScripiavBi, ixrdiderunl sustinentias, et qui dereliquemnt vins rectos et diverterunt in vias pravas : quod illis plerum(|ue coulingit , qui se veiititant in oinnem ventura et eunt in uinnem viam.
Apposite autem cura a nobis in tuis litteris quæris, quitl nunc facto opus esse existimemus, egregium ilium paslorera tanta cura laude fraternitas tua commémorât, ut quid consüii in his malis capiendum sit, satis assecutus esse videarc. Sane épiscopale robur tibi ncc défait unciuam, nec deest, et excelsitas auimi tui satis eminet in ipsa epistola tua, in qua videmur pastorem perspiccrc, qui ad magni Pastoris ovium Domini nostri Jesu Christi exemplum ad omnes acerbitates pro custodiendo sibi grege tolerandas alacrem animum gérât. Profeclo , qui tuus sit in oves tibi concreditas amor, dertissime conjicere possumus ex impigra cura, qua illas prædicando verbo Dei pascis assidue. Pro qua tua in Deum et proxiinos charitate fraternitatem tuam magnopere amamus, tuisque nos denique orationibus humilitatem nostram commendantes,eximiæ singularisquebenevolentiænostræpignus, apostolicam tibi bencdictionem peramanter impertimur.
Datum Romœ , apud S. Mariam Majorera , sub annulo Piscatoris, die 9 jan. 1765, pontif. nostri anuo VII.
Lettre de Clément XIII à Nicolas Sanchez de Luna, évêque de Noie.
VëNERABILIS FRATER, SALUTEM et apostolicam BENEDlCnONEMi
Jucundæ nobis acciderunt litteræ tuæ, ex quibus perspeximus tuum erga Nos gratissimum animum quod te a Reatinai
SOCt'lUNTS. CHAF. IV.
ad Nolanam Ecclcsiam benignitatc nostra transferre voluerimus. Id et tuonim meritorum gratia libentcr fecimus, et ipsius Ecclesiæ Nolanæ l)ono , cui pastorem in apostolicis laboribiis multa cum laude diu versatum conccssimus.
Idem vel ob eas causas gralum tibi acceptumque esse gaudemus quod isthic salubriore cu-Io tuasque valetudini aptissimo frui poteris, ntxjue Patriim sociefatis Jesii qui Nolai qiiixjue (loinum babeut opéra ac ininisteiiotibi sil carenduin, Cum recenler isthuc adveneris, eos tibi nondum essse plane perspectos , scribis : de iis tamen ex illorum virtutc, quos Rcatœ (Riefi) expertus es, facile conjicis, nihib^ue tibi ab eorum zeloac sedulitate defuturum esse confidis, cum Ixaios similcsque fructus us<|uequaque ex btjna arlwre prodirc necesso sit. Atquc hic impigram illorum in vinea Itomini opcrantiiim rationem sigillatim recenses maximas<]uc ac inmxlibilcs ab eoruindem strcmia pielate, diligeutia ac doctrina constitissc in ilia Realina ditrcesi ulilitatcs, nullo studio, scil rei ipsius vi ac veritatc inductus confiteris.
Quotl quidem judicium de ilia societate tuum plane consentit cum nostro; nec eam in seutentiam teinere nos, sed certo judicio diuturnoque rerum usu ac exjKTieutia de.venimus, mf»joribus(iue in dies ac uberioribus argumcnlis in ea confirmamur.
lix quo primum Palavinæ Ecclesiæ regimen a nobis susceptuni fuit , plurimum eorum iii lidelium sainte procurantla, in pietate ac religiono fovenda , iii divino cuitu augendo propagand«H|ue studium ardoremque multa cum utilitate perspeximus. Ad banc p<,)rro B. Pétri cathedram , üeo sic disponente, evecti, lidclem ac egregiam in sacro ministerio omnibusque charitatis ofliciis eorum operam quotidie experimur.
Sed præter quotidiana ilia ac consueta quibus cxercentur munera, numquam vel alacrioribus ijisis usi sumus, vel opportuniorem nobis præstiterunt operam, quam hujus calamilosissiuii aiini temporc , quo ob aunonæ augustias
undique oa vicis alque oppidis laborantium famé ac pene exsaiiguium liominum millia totam urbem miserabili passiin speclaoulu cummovebaiit. Cum dispersam eam vagantemque congrcj^aro multitudinera, ac certis concludere locis saïudssemus, ubi orania tuendæ vitœ subsidia ac salutis ætemæ præsidia suppeterent ; fœminal^lm quidem omnium in unum oonductarum turbam piorum selectorumipie sœculari clero virorum curœ commisimus (dequibus non est hic dicendi locus , ut , nuUa incommodorum laborisque habita ratione , exempla zeli ac sedulitatis providcrint illustria); [alteram virorum multitudinem PatrumsocietatisJesucharilati, studio atque industriæ regendam dedimus, planeque in eorum soUici* tudine agendique dexteritate , ac in plurima non intennissi laboris contentione , conquievimus.
Cum tôt igitur quotidie præ oculis haberemus apostolicœ in ilia societate virtutis monumenta, cum præclara sciremus ac perpétua prædeccssorum nostrorum de eadem extare judicia, non potuimus, venerabilis frater, non magnoperecominoveri, intimoque percelli doloris sensu ex iis rebus, quas ad illam vexandam pcrtlendamque inimici homines in (lies comminisountur ao tentant, quorum conatus ac consilia quæ non minus in Nos ipsos, ac in Apostolieam banc Sedem , quam in eam sœietatem intentata sunt, (pios hactenus tiabuerint exitus profecto non ignoras, cum tantamm molitionum successibus ingemiscas.
Nos quidem pro nostro munere, (piatenus scilicet in hac temporum asperitate res ipsa postulare nobis videbatur, nihil prætermisimus , rpio eam tantis procellis jactafam ac pene obrutam tueremur, nihil que in posterum, quod fieri per nos poterit, acturi ac conaturi pro rerum opportunitafe non sumus. Quod ut præstare nostræque hujus vohintatis expediendœ exitum alifjuem reperire possimus, Deum Optimum Maximum enixis precibus oramus ac obtestamur, atipie hoc a Iwnis omnibus ; a teque (diam, venerabilis frater, (jui eam nobis societatem impense commendas, maxime petimus ut
DOCUMENTS. CHAT. IV
oonjunoti» una multiplicatisqui^ votis a Dei bonignitato opem in his n-niin (lifTicnltatihus cerlatiin impetrare conti-nilamns.
Interea , dum ojus miaerationes in miilta palitnitia præstoiamur, plurimam ex ilia societate Patribus dia^cesis tuæ utilitatein inserviendi virtutisque exercendœ copiam faciès > ut ea sempcr magis elucere, ac ex ipsis ctiam operibus sanctissima ejus instiluti ratio perspïcue oonstare possit. Reliquum jara est , venerabilis frater, ut quamquam b* in episcopali munere impigrum esse omnesque explere tanti ininisteriL partes non ambigainus , nihilo tamen minus vehementcr horteinur ut semper majora vigilanfiæ tuæ pistoralis documenta exhibcas,nostræ(pie quæ de te plurima est, oxpcctationi plene respondeas. Uemum apost. bened.
Datum Romæ, apiid S. Mar. Maj., IX cal. aug. 17fi4 '.
( Coll. y. G.)
Extrait du bref de Clément XIII , à M, de Montesquiou, évêque de Sarlat. ( 14 novembre 1764. )
. . . Vous pensez juste, vénérable frère, au sujet des clercs réguliers de la compagnie de Jésus , détruits dans presque tout le royaume de France, lorsque vous dites que l’Fglise a reçu une plaie profonde dans le désastre qui leur est arrivé. Les ennemis de la religion ont bien senti qu’il leur serait beaucoup plus facile de détruire l'Église catholique, s’ils venaient une fois à bout de l enverser entièrement cette compagnie, qui lui servait comme de rempart, et qui s’opposait à tous leurs efforts. C’est encoi-e ici qu’on peut bien s’écrier avec le prophète : Tous ses ennemis ont ouvert la bouche contre elle; ils Tant insultée, ils ont grincé les dents , et ils ont dit ; nous l’avons dévorée, voici enfin le jour que nous attendions, nous y sommes , nous le voyons'. Et cependant c’est à cause de
* La (raducUoa do ccUa leUro a paru dans un recueil de piicet en iVH.
ACTES ÉTÊQCES DB FHANCE. * 2QS
nos pédiés ffuo Dieu, dans sa cold-e , permet ce triomphe do ses ennemis; il voit toute leur fm’pur, et tous les complots qu’ils forment contre elle; tout ce que disent et projettent , les jours entiers, ceux qui si élèvent contre elle; il les voit, soit qu’ils se reposent, soit qu’ils agissent, faire de cette compagnie l’oôjet de leur dérision, au grand regret de tous les gens de bien , qui s’écrient avec larmes ; Vos jugements , Seigneur, sont un abîme impénétrable...
11 ne nous reste plus, vénérable frère, qu’à vous féliciter et à donner à votre lèle les grands éloges qu’il mérite. Assurément , nous voyons dans vous , avec une vraie satisfaction , cotte i'ermeté d’f'ime et oette liberté épiscopale qu’aucun respect humain ne peut empêcher de défendre la vérité. Nous n’avons rien de plus à cœur que de voir tous les évêques marcher sur vos traces, et donner des instructions pastorales dans leurs düFérents diocèses , comme vous promettez de le faire incessamment dans le vêtre , sans vous laisser intimider par aucun danger, afin de prémunir les peupb'S confiés à leurs soins , contre les erreurs que les ennemis de la vérité veulent en ce temps, plus ipie jamais, répandre dans KÉglise de Dieu par toute sorte d’artifices et par des fourlieries qu’on aurait peine à croire. Nous vous donnons, vénérable frère, de tout notre cœur, et avec l’affection la plus tendre , la bénédiction apostolique.
Ixttre de l'évêque de Pamiers à l'évêque d' Urgel, lui recommandant les jésuites exilés de France. -
Quantas in Gallia œrumnas religiosi soc. Jesu jampridem patiantur, præsul amplissime, quibusque angustiis promantur novis Parlamentonim judiciis , neminem latere fas est. Eadem procella nosmetipsi jactamiir ; nec non fides apud nos magno in discrimine est. Nihil sane prœtermisimus una cum cœteris venerabilibus fratribus nostris episcopis , ut in populos roalum non irrepat, at tandem ira Del leniatur.
BOCCMENTS. CHAP. IV.
Quamqu&m advei’sus Ecclesiam porte inferi prœvalere Be(]ueant, ccrtosque de illius hostibus, cœlesti ope adjuü tpiumphus nobis iwllicemur; subsidium tamen religiosorutn soc. Jesu non desiderare non possumus ; proprium'enim illis semper fuitjuventutem bonis moribus informare, catholicara doctrinani ubique spargere et tueri; quocirca summo cum muii-ore videmus, præsul amplissime, operarios Ghristi eximios, nusquum magis ncccssarios, nulliiis insuper culpœ reos, imo scientia et pietate commendatos, regno ejici , nisi cum sacrilego juramento pium institutum deserant et abjurent. Acerbissima potius illis mors subeunda est quam (idelibus lugendum dent scandalum , ac religioni dedecus imuBnt. Nostra autein hæc consolalio est, omnes c nostra dimcesi ortos, horrendo scelere liactenus esse vacuos, semperque futures. Tanquam confessarios Jesu Cliristi illos intuemur , prajsul amplissime, et peculiari divinœ pro\identiaî putu spectaculum mundo, angelis et homiuibus factos, ut in hoc impietatis quo vivimus sæculo , lideles serves et rebus humanis superiores Deusostendat. Nostrum est imprimis, prsesul amplissime, taies Christi fiamulos ^ ministros sincero favore prosc(]ui ; quippe sociétés Jesu nuUo non tempore nobis charissima fuit, et quos Amplitudini Vestræ prœsentaraus, veluti fdios diligimus. In diœcesi Urgelensi præsidium et benevolentiam deprecamur , nec inania vota nostra erant apud antistitem Cliristiaiia charitate præstantem , et huic ordini ( sicut non ignorainus) addictum.
Interea, præsul amplissime , pro nata occasione , renovare juvat antiquissimam confraternitatem litterisque consignatam et Ecclesiæ Urgelensi Ecclesiam Appaniiensem uriiri , sorores sunt; almo fiedere, cor uniim et anima uiia in perpetuum faciant utra(]ue unam.
Esinu igitur nostro in complexum vestrum religiosi societatis Jesu transeant, facilem aditum, firmum patrociniuin, patemum eliam amorem obtineant.
Testimoniales litteras manu propria et sigillo nostro muui-
BCLLB APOSTOLieuV.
tas cunctis diœcesanis nustris dei.limus , ut pro quaUtate gradua instituti rationem adimplere valeant, et quasi concives in altéra pati’ia benignius excipiantur. Beati, si ad purtuni quietis appulsi mulestiisquc lil)erati Deo inservire et animarutn saluli sub felici regimine vestro incumbcre possint !
Nunquatn apud Ueum sit immemor nostri Amplitudo Vestra, cujus nec obliviscemur.
Appamii, Die 8 Maii, 1764. ,
H.-V. Episcotos Appauiensis.
BULLE APOSTOLICÜM. — LETTBES DES ÉVÊQUES A CLÉMENT XIII ; RÉPONSES DU PAPE.
§ !•'. — Décret <lu saint ofdco condamnant un libelle publié contre la Bulle Àposlolicum <. (Jeudi 4 septembre 1765.) *
Dès que l’impudence d’un auteur anonyme eut publié en un petit volume, sous une fausse mbritjue, certaines lettres, oCi ce méchant homme, les lèvres couvertes du venin de l’aspic et la plume trempée dans le fiel du dragon, ne craignait point d’attaquer avec une exécrable scélératesse la constitution apostolique commençant ainsi, Apostolicum , et émanée do S. S. Clément XIII, personne ne put échap|per à l’émotion d’un si grand scandale et à la juste colère que devait inspirer une telle audace.
Aussi cette œuvre d’iniquité fut-elle dénoncée par le méconhmtement public et les gémissements des gens de bien à la suprême inquisition générale de Rome; et les éminentissimes et révérendissimes cardinaux de la sacrée congrégation des
' Ce libelle iDtUulé Lettera 1*, S* et 8> inlorno U Bolla AposMieum , a été mit dam Vlndtx romain ( voir l'édition de 1819, p. 17S.)
DOCÜKENTS. CHAP. IV.
rites, spécialement délégués par le saint-siège apostolique auprès des inquisiteurs généraux pour toute la chrétienté, eurent entre les mains ledit volume composé de trois lettres et intitulé : t"; 2* et 3* lettre ou sujet de la Bulle Apostolicum pascendi ^ Dominici gregis mtmus. Naples, 1 765, chez Sébastien Paletti; avec permission. Après mûr examen, ayant reconnu que cet ouvrage a été composé par l’audacieux écrivain dans l’intention de soustraire les personnes simples à l’obéissanoe due au pontife romain, ils ont cru devoir le condamner et défendre, ainsi que par ordre de Sa Sainteté, et en vertu du présent décret, ils le condamnent et défendent, comme tout rempli de propositions et d’assertions eiTonées, fausses, malsonnantes, favorables au schisme, téméraires, calomnieuses, séditieuses et excessivement injurieuses au saint-siège apostolique.
De plus, pour que ces détestables et, fameuses lettres soient ensevelies dans un éternel oubli, et autant que faire se peut, anéanties, les susdits éminentissimes et révérendissimes cardinaux inquisiteurs généraux commandent, par ordre de Sa Sainteté, que sur la place Sainte-Marie sopra Minerva, le onze du mois courant, et en même temps que se tiendra la congrégation du saint office dans le couvent qui y est contigu, elles soient brûlées par la main du Iwurreau, en telle sorte que l’infamie infligée S l’ignominieux écrivain ne puisse jamais s’effacer.
Enfin la même sacrée congrégation prohibe et défend strictement, par ordre de Sa Sainteté, à tout chrétien d’oser, sous aucun prétexte et d’aucune manière, transcrire ou imprimer, faire transcrire ou imprimer, conserver ou lii-e ces lettres proscrites et condamnées , en quelque langue ou version qu’elles soient publiées, ou puissent l’être h l’aienir (ce qu’à Dieu ne plais*'), et cela sous peine d’excommunication, ipso facto, et sans autre déclaration; faisant obligation à tous de les remettre immédiatement à l’ordinaire ou aux inquisiteurs de la perversité hérétique, qui les brûleront ou feront brûler sans délai.
BULLE APOSTOLICUM.
Autre décret du saint-office condamnant un libelle publié contre dirers actes de Clément XIII, et en particulier contre la- Bulle Apoitolicum >. (Jeudi 12 mars 1766.)
Un auteur anonyme , du nombre de ceux qui ont le mensonge sur les lèvres, l’iniquité sur la langue', avec l’intention pcrvci’se de tramer l’erreur et de jeter le scandale dans l’Église , a récemment mis au jour un livre fameux par l’ûnpudence et la calomnie, intitulé : Brefs de S. S. Clément XIII en faveur des BR. PP. jésuites , avec des observations sur ces brefs et la bulle Ajtostolicum. — ■ Venise 1766 , chez Vincent Radici, avec permission des supérieurs,
A peine cette œuvre de malice, que l’auteur a fait précéder d’un avis également pervers , fut-elle dénoncée au saint-office, que s’étant réunie au couvent de Sainte-Marie sopra Minerva, la congrégation des Em. et Rév. cardinaux de la sacrée congrégation des rites, inquisiteurs généraux dans toute la chrétienté contre la pervei'sité hérétique, après l’examen de théologiens spécialement désignés pour cet objet , ayant soumis leurs censures à Sg Sainteté Clément XIII, a cru devoir condamner et défenilre tant l’auw que lesditesoôieruaéions, ainsi qu’elle le condamne et défend , au nom do Sa Sainteté, par le présent décret , comme contenant des propositions et assertions fausses, téméraires, erronées, calomnieuses, scandaleuses, excessivement iiÿurieuses au saint-siège apostolique et à la Sainteté de N. S., contraires aux droits de l’Église et favorables au schisme et à l’hérésie.
Par ces motifs , afin qu’un livre si pervers et si impie soit autant que possible anéanti et que le temps ne puisse elfaccr la honte et l’infamie infligée au nom de ce malveillant écrivain dans la bouche duquel se trouvent toujours la médisance et le mensonge , la môme sacrée congrégation, par ordre,
1 Ce libelle, intitulé Brevi di tua tantita CUmente XIll... colle ottervationi... se trouve aussi dans l'Index romain. (Édition de 1819, p. 4t.}
DOüuireirrs. chap. rv.
comme ci-dessus , ordonne que Icsdites Observationt ainsi que l’avis soient brûlés par la main du bouiTeau sur la place Sainte-Marie sopra Minerva, le 12 du mois courant, pendant que la congrégation du saintrofBce se tiendra dans le couvent contigu à cette place.
De plus, la même sacrée congrégation, par ordre de Sa Sainteté, prohibe et défend à tout chrétien d’oser en aucune manière, et sous quelque prétexte que ce soit, transcrh'e ou imprimer, conserver ou lire ledit livTe prost’,rit par le présent décret, en quelque langue ou version qu’il soit publié, ou qu’il puisse être publié à l’avenir, ce ({u’à Dieu ne plaise, et cela sous les peines énoncées dans l’Index des livres prohibés.
§ t. — I.eUrcs dea éviquea à Clément XIII et réponiea du pape.
Lettre du cardinal Urbain Paracciani à Clément XIII.
Dans un temps où la compagnie de Jésus est injustement décriée dans l’espnt de tant de personnes , et où tous les gens de bien sont fatigués des reproches injurieux qui se renouvellent presque tous les jours contre elle; votre voix, très- Saint-Père , cette voix par laquelle vous confondez la calomnie et relevez l’innocence abattue , est tout ce que cette compagnie et ceux qui lui sont atfectionnés pouvaient entendre de plus agréable et de plus conforme à leurs désirs.
En effet , comme cette voix vient de vous , que nous savons être l’organe des volontés du Seigneur, nous ne l’avons pas regardée connue la voix d’un homme, mais comme celle de Dieu même. Aussi depuis ce témoignage public de votre estime pour cet ordre religieux , les membres de cette compagnie se sont crus abondamment récompensés de tou^ ce ifu’ils ont souffert ; et les gens de bien, (pie le poids de voti'e jugement affermit de plus en plus dons leurs sentiments.
BULLE APOSTOLICUM. 301
ont appris h dédaigner des discoure inventés par la malice et par l’envie.
La joie que j’en ai conçue est si grande, que je me suis cru obligé d’en faire part à Votre Sainteté, à qui j’en suis principalement redevable. Je triomphe et je goi^te le plaisir le plus sensible en considérant que le souverain pontife , non-seulement n’a flétri en aucune manière un ordre que tant d’hommes aveugles et insensés s’efforçaient depuis quelque temps de rendre odieux , mais môme qu’il l’a couvert d’unô gloire immortelle par les éloges qu’il lui a donnés et le témoignage qu’il lui a rendu de la manière la plus authentique.
Que si, de toutes les lettres qui vous ont été écrites en faveur de cet ordre par tout ce qu’il y a de plus recommandable parmi les évêques du monde chrétien, la mienne est la dernière qui vous parvienne , ne croyez pas pour cela que je le cède à personne en aifection et en estime pour les religieux de la compagnie de Jésus. Les liaisons que j’ai entretenues avec eux ont servi à me les rendre plus chers, et mon estime pour eux s’est accrue depuis que je suis en cette ville , et que j’ai connu par ma propre expérience combien Us m’aidaient à remplir les obligations de ma charge.
 peine y a-t-il ici un état ou une condition qui ne recueille de leurs peines , de leur diligence et de leurs soins les fruits les plus abondants. L’enfance et la jeunesse reçoivent l'instruction dans leurs classes; leurs églises et leurs chapelles sont ouvertes à la multitude; il n’y a personne qu’ils ne soient toujours prêts h écouter dans le tribunal tie la pénitence; les malades, les prisonniers , les vierges consacrées à Dieu, tous sont as.surés de trouver en eux l’assistance, le soulagement et les conseils dont ils ont besoin ; de manière que , par leur moyen , nous nous sentons soulagés en grande partie du fardeau que vous nous avez imposé.
C’est pourquoi, très-Saint-Père, continuez à honorer de votre protection une compagnie que tant de vertus en ren-
BOCCJIBSTS. CUAP. IV.
dent digne, et qu’elle puisse toujours se glorüier de vou* avoir pour défenseur et p>ur appui. Us comprendront peutêtre enfin, c-es hommes qui se sont proposé de ternir sa splendeur, que le nouvel éclat dont vous l’avez revêtue est tnip grand pour recevoir aucune alUiration des effoi’ts qu« d’autres mains pourraient faire pour l’obscuivir. Pour moi, prosterné devant vous et liaisant humidement les pieds do Votre Sainteté, je la supplie instamment de m’accorder lili^ râlement et de me réitérer souvent sa Irénédiction apostolique.
Le 1« février 1765.
L’rbai.n, archevêque de Ferma, /iépofue de Clément XIII à l'archevêque de Ferma.
Vénéràdle frère, salut et Bénédiction afostülioue.
Nous avons lu avec un extrême plaisir la lettre de votre fraternité, qui nous apprend le contentement général avec lerpiel tous les gens de bien du lieu où vous êtes ont reçu la tansliiuiion que nous avons donnée en faveur de l’institut de la compagnie de Jésus, et où, prenant sa défense contre ceux qui l’ont malignement attaqué, nous l’avons loué, nous l’avons confirmé, et même, s’il était nécessaire, approuvé de nouveau dans tous ses points, excité à cela pai’ l’éloge que le saint concile de Trente a fait de cet institut, par le jugement qu’en ont porté nos prédécesseurs, et par les prières que les évêques nous ont adressées de tous les pays du monde. Le témoignage que vous rendez, vénérable frère, aux PP. de la compagnie de Jésus qui sont dans votre diocèse, nous a réciproquement causé beaucoup de satisfaction ,et de contentement; nous avons appris avec une sensible joie que, par l’innocence de leur vie , l’intégrité de leurs mœure et le. zèle dont ils Sont einbra.=és pour le salut des âmes, ils retracent la sainteté de cet in.'titul <jue nous avons confirmé, et vous soulagent eu
BULu: APOsToucuu:
grande partie des travaux de l'épiscopat. C’est jwurquoi dans l’exerçice de vos fonctions épiscoiwles , continuez toujours à vous aider de leur ministère , ayant connu par votre propre expérience, ainsi que vous nous le maniiez, les grands avantages qu’ils procurent à votre Église par’ leurs discours, leirrs exemples et leurs travaux apostoliiiues. Nous accordons trèsafTectuensement à votre fraternité , comme une marque de notre bienveillance singulière envers elle, la bénédiction apostolique.
Donné & Rome , à Sainte-Maric-Majeure, sous l’anneau du pécheur, le 13 mars l’an de Notre-Seigneur 17(15, de notre pontificat le septième.
Lettre de l'ardieoèquede Tarrayone à Clément XIII.
Beatissiux Pater,
Quam ego in hac Tarraconensis aidiiepiscopatus sede, in qua immeritum me præter omnem spein opiuienemque meam his ubique difficillimis Cbristiauæ Keipuldicae temporibus, Sauctitas Tua rx>llucavit, erga te profiteor pictatem, erga sanctissimam Christi sponsam religiunem, ea nunc omnino non patitur quin ego tibi gratias agam ex animo maximas, quod nuper amplissimis verbissaUctissimum societatis Jesu institutum ex auctoritate apostolica confii’maveris; Christo vero, qui Tibi eam mentem dederlt, habeam majores. Equidem, Bea-i tissime Pater, cum ego tuam ea de re üullam milii Roma brevissime transmissam, non sine lacrymis legissem, illico ad pedes accedens Jesu Christi e cruCc in effigie pendeutis, omnino oesciebam utrumve illi potius gratularitua ipsius causa, an universœ Ecclesiæ, anJesusocictati? Inea re certe 'fibi justissimum apostolicæ cuju.sdam fortitudinis deberi videliam testimonium, qui uihil dubitavissi-s pro iimocenlin, pro virtute, pro sapientia, pro religioue Jesuijariiiii,al)oiiini iii teirisope,
BOemEKTS. (MAP. IV.
ab Omni hominum auxilib destitutorum, venire contra potenktissimam multorum impiotatem, multorum eüam pcrfidram; Est proferto quod omncs Romanæ Ecclesije filii te' pâtre, te Ponlifice Maximo, te guhernatore, ut in tantis malis tantaquc tempestate gaudeamus : enim non modo te viileamiis in quassata Iteati Pétri naviciila assidue afüxum clavo, suJdatis in r.ælum oculls, contra sævissimos et efTræuatœ impietatis et furentis hæreseos fluctus contendentem , sed eos etiam milites et socios naufragos, qui primi more instihitoijue 8UO in pugna a partibus bonorum descenderint , cumdem te coUigentein , manus iis etiam humanissiine jKirrigentcm aspiciamus. Uici enim vix ptdest , Bealissime Pater, quanto omnium plausu, (juaiito piorum gaudio, quantis optimoriim quoruinquc gratulationi bus sit expectantissimum oraculum tuuin ab omnibus, hic, in Hispania nostra, acceptum, sipaucos eos exceiierimus ((juos non sine magno dolore excipimus) qui cum iiivideant industriæ virtutique Jcsuitarum, impru<leiiter, opinor, latus apertum male sentientium telis dare se non animadvertunt. Tu ^ero, Deatissüne Pater, præsente bonorum consensu , qui te vcluti e cœlo delapsum in medios fluctus suspiciunt, certissimo potestatis testimonio , quæ vox te meritis laudibus anjuatum pr»stontissimis quibusi]ue Romanæ Ecclesiæ pontiiicibus in a-stra feret ; spe deni(jue lirmissima immortalis coronæ quam libi Christus reddet justus judex , quod fortissime suorum causam sociorum sustinueris ; gaude et lœtare ; bonam etiam in partem tccipe hoc ofBcium nostrum , qui gaudium tuum , rpii gaudium universæ Ecclesiæ tuæ, qui gaudium credo triumphantis cum Christo duce Ecclesiæ vehementisâme gaudeamus. Quod si tu , Beatissime Pater, in sanctissiinam Jesu societatem quam tu decreto istotuo non modo salvam , sed iihmortalem etiam, ut mihi polliceor, effecisli, oculos tuos rursus ima mecum convertas, haud scio satis, an ex ea nuno in agendis tibi gratiis elTusa majorem etiam c.\cipias voluptateifi. Uone Deus ! non possum tibi, Baatissime Pat^-, brevi non exponere
hl’LLB APOSTOLICltÜi
aor;
(jiianquam non satis fortassc pnidontcr ago^ Scd credo (me vera Chrisii urget chantas); non iiossum, intjiiam, ♦acerc quixl mihi nuper hic in hac parte acciderit.
Nnper enim, vix dum tuo isto accepte decreto, ad Jesni tamm collegium ut oos qiiain primuin facerem paternæ benoo- Icntiœ tuæ participes, me conlero; ingr«licnti aflïïcre frequentes, nti fnMjuens est haÆ eorum doimis, quæ juvcntiitem in tyrocinio et seminario ad omnein et virlutein et humauitatem informât. Do rccitandum Dullam tiiam; vix illi titulum, vix tuum, démentis XIK nomen, vix argumcntuni audierant , cmn ego ipse vidi, (coinmoveor Simsilnis inlimis etiam umic cum corum vultus recordor) vidi, Deatissime Pater, ah corum omuiiiin oculis lacrymas uliertim eiintes ; paulo post auilivi suspiria, ilivinioris cujusdain voluptatis indicia; ad extremmn tollere in cœlum manus : Christum , Ignatium patrem , Clementem XIII , nie quoque ap* pellarc; sibi invicein, Sanctitati Tuæ gratulari; se denuo Ecclesiæ Romanæ, quæ se in mediis naufragiis tam bénigne respiceret,ad majora naufragia, majoris Dei gloriæ causa, devovere.
Eis ego collacrymans bene de demente XIII, bene de Prælectis Ecxilesiæ, de me bene sperare jubebam : illi contra se * iiihil periculi dicere recusare, rata essent inotlo beati Igi»tii instituta; scirc in societatem Jesu cruci allLxi vocatos esse, velle diristi crucem cum Christo subire. Eos ego solatos ita tliscessi, ut quos antea semper expertus essem du'istianœ Heipublicœ utihssimos, ex eo tempore eosdem prope necessarios creperim haberc.
Quæ si minus tibi , Üeatissime Pater, scripsi prudenter, at benevüle fideliteniue scrilære me judica vi ; itaque eo revertor unde sum digressus : Gratias tibi pro iustitutu societatis Jesu denuo conlirmato et a te laudato, pro patrocinio innocentiæ suscepto, pro testiinonio virtutis et sapientiœ l'eddito , pro bonorum pra*sidio corçoborato, pro ICcclesiæ sainte exjjedita ex animo ago maximas, eaque de causii Ueum precorut Te
306 IK)Cül(£NfS. CILiF. IV.
(liu servet, ad majorem sui nominis gloriam , salvam et incolumem.
Dalum A iclibus feb. 1765. (Coll. Lag.)
La nÇponse de Clément XIII est dans le Bullaire, t. III. — Il en est de même de beaucoup d’autres réponses ou brefs de ce pape qui ne sont pas publiés ilnns cet ouvrage. On peut en voir la liste aux Pièces justificatioes , N° 1, p. 500.
Lettre de l’évêque de Modène à Clément XIII.
La constitution jiar la([uelle Votre Sainteté approuve et coml)Ie il’élogesla comikignie de Jésus ayant éb- publiée dans cette ville et dans ce diocèse, elle y a rempli d’une sainte joie toutes les pei'soimes véritablement zélées pour la gloire de Dieu; elle a consolé bjus les gens de bien, qui depuis longtemps gémissaient de la pei-sécution presque générale qui s’est élevé*e contre tant de vaillants soldats de Jésus-Clu’ist, elle a raffermi ceux (]ui chancelaient et (|ui, parmi tant de jugements si contraires d’une religion qui jusqu’à ces derniers temps avait b)ujours joui de la vénération de tout le monde , ne savaient de quel côté se ranger; elle a relevé le courage de ceux (jui étaient chargés de défendre les intérêts de Dieu et de l’Église , en leur faisant voir qu’ils n’ont iKÛnl à craindre d’êti'e abandomiés aux insultes de leurs ennemis; et si elle n’a pas tout à faitaliatlu, eMe a du moins réprimé en jiartie l’audace des méchants, qui croyaient pouvoir tout tenter impunément contre ceux qui s’opposaient avec le plus de constance à la perversité de leurs projets.
Je ne saurais , très-saint-père , mieux exprimer les elTets produits par la constitution (jue Votre Sainteté a publiée si à propos pour la justification de la compagnie de Jésus, qu’eu disant ((ue ces effets ont beaucoup de ressemblance avec ceux que produisit dans le monde chrétien la fameuse justi-
m’LLE APOSTOLICUM.
licaüon que le saiut pape Jules fit de saint Athanase. J’avoué sincèrement à Votre Sainteté que je ne puis penser à ce trait de l’iiistoüc ecc.lésiastitjue sans retrouver la compagnie de Jésus dans la personne de sjiiiit Athanase, et Votre Sainteté dans celle du saint pape Jules.
Les ariens ne js.)U'aient souHrir la sainte hai’diesse avec laquelle saint Athanase dévoilait leur perfidie ; et tandis qu’une grande partie de ^uni^ ers, et même ce qu’il y a^ait de plus illustre, pliait sous le poids de leur autorité, ils frémissaient de voir (pi’Athanase osât leur tenir tète, et défendre avec un courage intrépide la maison d’fsraèl en danger : quels ressorts ces hérétiques ne firent-ils pas jouci’ pouf le perdre ! que ne tentèrent-ils point ! avec quel soin réjKuidirent-ils partout les calomnies les plus atroces pour noircir sa conduite! Que ne firent-ils point pemr rendre sa doctrine suspecte des erreurs les plus condamnables? que d’artifices n’employèrentils pas pour la décréditer ? pour engager des assemblées illustres à porter des Jugements à son désavantage et pour exciter contre lui l’indigualion des grands, l’aversion des ministres mêmes du sanctuaire , et le mépris et la haine du peuple î Tout l’univers chrétien était alors divisé en deux fractions, par rapport au seul Athanase, et il ne paraissait pas qu’on pût demeurer dans l’indifférence à son égard. Athanase était l’objet des jugements et des discours de tout le monde. Les uns l’exaltaient comme un véritable successeur des apôtres, et l’intrépide défenseur de la véritable Église catholique ; les autres le traitaient publiquement d’hypocrite , de séducteur et d’homme qui pour ses crimes abominables méritait les plus sévères châtiments.
On connaît trop le triste état où de la compagnie de Jésus est maintenant si injustement réduite, pour qu’il soit nécessaire que je trace aucun parallèle entre elle et saint Athanase. J’ose cependant me flatter que Votre Sainteté me i>ennettra de dire que, comme autrefois. Dieu inspira aux évêciues qu’il avait placés dans son Église la pensée de rendre dîms leurs
DOCLMK.STS. CllAP. tV.
assembli-es les plus inagnilirpies témoignages à la saine doctrine et à la piété d’Atlianase , et d’écrire de leui’s difféi’ents diocèses au saint pape Jules, pour le supplier, en ijualité de maître à qui le soin de tous les doctcui’s est confié , de faire entendre sa voix souveraine, jwur instruire et régler l’Église entière; de même de nos jours le zèle paternel des évêques ne s’est pas intéressé avec moins de force à la défense de la compagnie de Jésus. Comme le saint paj>e Jules put écrire qu’il avait reçu de divei-s endroits des lettres en faveur d’AUianase, Votre Sainteté a pu aussi nous apprendre que les évét[iies s’étaient adressés à lui de toutes les parties du monde pour lui recommander la com[wgnie de Jésus : Ex omnibus etc.
Le. vicaire de Jésus-Christ fit aloi's entendre sa voix; il approuva, il loua, il exalta Athanasc, le déclarant digne de son approliation et de celle de toute l’Kglise, et en fit exp»'-dier des lettres qui purent servir de témoignage irréfragable du jugement stniverain qu’il en portait , jugement qui fut accueilli de tous les bons catholiques a^ec des transports de joie; lie sorte qu’au rapport de saint Gn'goirc de Nazianze, Athanasc lui-même fut, en vertu de ces lettres, reçu de nouveau par son peuple d’Alexandrie. Tels précisément ont été, très-saint-jaère , les saints transports que tous les gens de bien ont ressentis en voyant 1a constitution apostolique que Votre Sainteti* vient de publier du liant du trône de Pierre en faveur de la compagnie de Jésus, et ce sera ilans tous les siècles à venir Une éjioque bien glorieuse pour Votre Sainteté, ainsi que l'a été pour le saint pape Jules, son prédécesseur, la justification de saint Athanasc.
L’impression que fit dans le monde chrétien le jugement du saint pape Jules en faveur d’Athanase fut si forte , que plusieurs ariens, de ceux mêmes qui étaient les plus animés contre le saint évêipie, témoignèrent du repentir de la persécution qu’ils lui avaient fait souffrir, ainsi que leurs leftres au saint pontife, tjui nous ont été conservées par saint .Mhanase lui-même, en fournissent un ample témoignage. Mais
BILLE APOSTOLICUM.
leur soumission au chef des pasteurs, et leur réconciliation avec Atlianase ne fut qu’apparente et de peu de durée. Ils excitèrent bientôt après les plus furieuses tempêtes contre le saint évêque ; il n’y eut point d’artifice que leur malice n’employât pour sui'prendre la simplicité de grand nombre de saints personnages, et ils tiouvèrent le moyen d’en séduire plusieurs sous le spécieux prétexte de pi’ocurer la paix et de ne pas tenir toute l’Église en agitation au sujet d’un seul homme. Peu leur ini|)ortait (jue les accusations (pi’ils répandaient contre saint .âtbanase eussent déjà été découvertes et reconnues juridiquement pour de noires calomnies. Ils les renou\elaient et les puliliaient encore a\ec autant de hardiesse, que si c’eût été dt‘S crimes avérés et lécents. Par là ils trouvaient toujoui’s le moyen de tromper la crédulité de quel(jHcs-uns qu’ils attiraient à leur parti ; et augmentant ainsi le nombre des persécuteurs d’.\thanase, et essayant de refroidir le zèle de ses défensem*s, ilsesjéraient jKuivoir enfin compléter leur triomphe par la ruine entière de leur plus morbd ennemi.
Ce souvenir, très-saint-père , et 1a crainte dont je suis saisi que la compagnie de Jésus ne subisse un semblable sort , m’empêche de goûter en esprit tout le plaisir cpie peut et doit produire dans quicomjue est pour la vérité et pour l’Église , la constitution de Votre Sainteté. Je crains les ennemis pervers, mais je crains encore plus les faux amis. Cependant , quoi qu’il arrive, le zèle apostolique de Votre SainU-té me soutient. Le grand Atlianase fut perséciiU-, mais il ne fut jamais opprimé, parce qu’il était alfermi sur cette pierre contre la- ’quelle les portes de l’enfer ne prévaudront jioint. Tant (|uo Votre Sainteté, dirigée et animée jiar l’esprit de Dieu, défendra la compagnie de Jésus, cette comjiagnie sera toujours assurée de l’estime et de l’affection de tous les gens de bien, et jouira de la force qui lui est nécessaire pour procurer la gloire de Dieu et combattre les ennemis de l’Kglise. Tout l’univers a maintenant les yeux tournés sur Votre Sainteté;
DOCtMÈNTS. CHAP. IT.
c’est en elle que la compagnie de Jésus trouve son espérance et son soutien. Pour moi qui ai porté , il y a déjà six ans, au pied du trône de Votre Sainteté mes humbles prières en faveur de cet ordre religieux, je viens maintenant rendre à Votre Sainteté les plus humbles actions de grâces de ce qu’elle a daigné exaucer mes vœux, et la supplier en même temps de mettre la dernière main à l’œuvre de Dieu qu’elle a si glorieusement commencée. Prosterné à ses pi«ls sacrés, j’implore aussi pour moi sa sainte bénédiction.
Ce 12 février 1765.
J.-M. Sedattiki, évêque de Modène.
Béponse de Clément XIII à ! évêque de Modène^
Vénérable Frère, salut et Bénépiction apostolique.
C’est avec un vrai plaisir que nous avons appris, par la lettre de Votre Fraternité, la joie que vous avez ress>entie, vous et tous les gens tle bien qui ont à cœur l’honneur et la réputation de l’Église romaine, au sujet de la Constitution par laquelle nous avons dernièrement confirmé l’institut de la compagnie de Jésus et l’avons mis à couvert des traits de la calomnie. Cette constitution était devenue nécessaire pour ell’acer entièrement la tache dont certaines personnes, animées par la haine qu’elles ont pour le saint-siège, s’elforçaient d obscurcir sa gloire, en l’accusant d’avoir approuvé, comme saint et pieux, un institut qu’elles avaient la hardiesse d'appeler impie. Si quelques-uns, faute de lumières ou par trop de légèreté , s’étaient laissé ébranler par les clameurs tles ennemis de l’Église romaine, et en avaient conçu quebjue doute sur ce qu’on devait penser de cet institut, nous avons maintenant la consolation de les voir affermis dans les mêmes sentiments qu’en ont toujours eus les véritables enfants de l’Église. Il ne vous reste plus, vénérable frère, qu’à protéger une compagnie que vous nous avez recommandée depuis longtemps , et
BUUE AFOSTOLICÜU.
A employer, pour la sanctification des âmes confiées à vos soins, des hommes en rpii la plupart des évêques nous assurent avoir toujours trouvé un zèle ardent à soutenir la foi, joint à la piété la plus fervente. Nous vous donnons Irès-alfectueusement la bénédiction apostolique, comme un gage de notre bienveillance envers vous.
Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, sous l’anneau du Pécheur, le 16 mais, l’an de notre Seigneur 1765, de notre pontificat le septième.
Micu£l-A.\6e Giacomeui.
Bref de Clément XIII d Jean-Joseph Alvaro, évêque de Coria.
(17a\TÜ1765.)
VeNERABILIS FhATER, SALüTESf ET APOSTOLICAM BeNEDICTIONEM.
PerplacueiTint nobis littcræ FraternitatisTuæ,quæ gratissimam Ixinis omnibus istbic accidisse aifenint constitutioncin nostram, quaTridentinæ synoili de instituto soc. Jesu præconio impuisi, et prædecessorum nostrorum secuti judicium, tum episcoporum ex omni natione , quæ sub cœlo est , piecibus excilali, idem institutum adversus ejus obtrcctatores laudavimus, confirmaviinus, et siquidem opns sit , ex integi'o approbavimus. Nos vicissim ex iisdem litteris tuis, ven. frater, non mediociem excepimus voluptatem ; testimonium enim nobis alTerunt , eos ijui ex ilia societatc istbic apud vos sunt , sanctitatem ejus instituti quotl nos confirmavimus, vitæ innocentia , morum integritate, et sauctificandarum anim.irum studio repræsentare , multumque de tuorum episcopalium laborum onere tibi detrahere. F’erge itaque eoriim opéra in episcopali obeundo munere uti, quorum ex vocibus, exemplis et apostolicis laboribus adeo uberes comperisse te scribis ad istam Ecclesiam tuam fructus provenire.
Et Fraternitati Tuœ, eximiæ erga te benevolentiæ pignus, apostobcam benedictiuuem peranuinter impertiraur.
312 DOfil MENTS. CHAP. IV.
Datuni Romæ, apud Saiiclani Mariam Majorera, sub anmilo Piscatoris, die ITaprilis 17üf), pontiticatus iioslri anno septirao.
{Hec. de p. *)
Lettre de P archevêque de Prague « Clément XIII.
Heatissime Pateii ,
Quanti (eccriin, (juanliqiie elinranum fariani laiidaltile societatis Jesu institiituiua Sede Apnsloliea prid(>m collaudatum et approliatuni, Sanditaleni Tiiain facile intclligcre arliitror, cuin etadvei'sario;; hujussacri ordinis senipor moleste tulerim, et exorfæ calamilates hujus optime mérita* societatis .lesu jampridem maxima* curœ mihi fuerint; vol inde cumprimis quixl permapna hucusipic me sollicitudo tenuerit , ne ex hisacerbis, quihns societas bine atque inde premitur inconiniodis, religio fidesque catholica baud facile re[«rabile patiatur detrimentum. '
Rébus bis ila periclitantibus, a SanctitateTua quam optime prospectum fuisse, non sine ingentianimi me'i solatio, intellexi , dura constitutio aposbdica Sanctitatis Tua* nuprr ad me delata fuerit, vigon* cujus, non sine singulari societatis Jesu encomio, ejusdem institutum irrefragabili Sedis Ap<islolicæ judicio denuo approbatnm fuit ; qiuxl dnm lioni omnes, qui bis dnobus sæculis socielatem Jesu in suo foverunt sinu, et per omnia suis indefessis laboribus apostidicis ebristiano orbi (juam maxime utilein experti sunt , gratulantur; id(]ue rnirum in modum Sanctitatis Tua* in societatem Jesu promeritam , clenientissimam propensionein et lienevolenliam una
' Celle lettre et les suitanlcs, qui perlent l'indiration ( Rec. de p.) RiKueil de pièces, ont paru dans un volume iii-lî, ou Collection de pièces pulilices cil Italie dans le courant de rannéc 17fiC. — Ca» lettres ou brefs furent adrcssihi par le pape en réponse aux lettres que les cvèqnes lui avaient écrites pour le remercier de la bulle Aposlolicuni,
BULLE AP03TOLICUM.
meoum in acceptis référant. Tolam ego in Sanctitatie Tua præsidio spem colloco , sub cujus clementi protectione universa societas Jesu ab Ecclesia Dei et a Secte Apostolica quam optime mérita incolumis finnaque ronsistet; de cujue apostolico zelo, atquo indefesso gluriæ Dei propagandœ studio ecclesiæ præserlim meœ Pragensi ilia omnia prœclare polliceor, quæ eadem et societas Jesu in rcgno Bobemiæ, sive in proinovenda animarum sainte, sive in propaganda Dei gloria fructilcuscpie apostolicis colligendis, sive etiam in bærcsuin sedula extirpatione crudieiidaque juventutc, a duobus fere saîculis, numcpiam salis cteprœdicanda, labore ac zelo pi’ajstilit; et mihi, meisque anti'cessoribus in grege mihi concredilo sanctc recte<iue gulwrnando cgrcgiam continuo navavit operam. Quæ porro, ut Deo bcnediceiite, in isto regno Dohemiæ ulæriores in dies animarum accuinulentur fructus , inter devûtissima Dcatorum pedum oscilla implore.
Praga;, Il inaii 171m.
.\ntoxiu8 Petrus, arch. Pragensis.
/iêfxmse de Clément XIll à Antoine de Blankenheim, archevêque de Prague.
VeNERABILIS FrATER , SALl’TEM , ETC.
De societate Jesu ejusque instituto rectc putas, vcnerabilLs frater, nec aliter te soutire æ<juum est, qui oeulis ipse tuis cemis ex clericoruin regularium ejusdem societatis laboribus quantos fructus et utilitates capiat tua ilia diiecesis et universum Dohemiæ regnum. Sed eos in excolenda vinea Domini comités et adjutores Uabere, beneque de iis existimare cum aifirmas, tibi congratuler; id equidem cum pleriscpie episcopis tibi commune est , cpii cum eos videant verbo et exemple in omnibus ordinibus excitare sludia pietatis, idem quod judicat Fraternilas Tua, de iis judicent necesse est. Sed ea causa te amamus, venerabilis frater, in primis
BOCüMBNTS. CHAP. fV.
quod sensu» de hac re tuos apud nos apertissime declarasti , cum datis ad nos litteris vehementer te lætatum esse de* nuntias constitutione nostra , cpia institutum illud , complurimorum prœtlocpssorum nostromm secuti judicium, denuo approbavimus, ejusquc sectalores ab ea invidia quæ eorum virtutes et honorem detrectat vindicavimus.
Profecto nihil ista episcopali libertate tua laude dignius , tuæque justitiœ studio nitiil præclarius, quo incensus pati non potuisti ab insontil)us hominibus, imo etiam de Ecclesûe optime meritis, in sununo eorum famœ periculo, verissimum, giavissimumque teslimonium do eorum innocentia vite , morumquc integritate , tum flagranti zelo Dei et catholicœ religionis studio, desiderari.
Et Fratemitati Tuœ, quam in visceribus gerimus charitatis, apostolicam beuedictionem pcramanter impertimur.
Datum in arce Castri Gaiidulphi, Albanensis diœcesis, die 5 junii t765, pontificatus nostri anno septimo.
(Coll. V. G.)
Bref de Clément XIH à Thomas Del Valle, évêque de Cadix,
( 16 mai 1763.)
VE.VEHAmL(S Feateh, salutem et apostolicam Be.\edictionem.
Quod oppugnatam societatis Jesu existimationem, ojusquo pium institutum atrocibus contumeliis vexatum et malodictis, édita novissime constitutione nostra defendimus, datis ad nos litteris devoti erga nos sludii et oJisequii plenis læfabunda Frnternitas Tua gratulatnr. Peijiioundum gratumqno nobis fuit de ea re tuarum litterarum ofRcium , nostramqiie eo nomine Fratemitati Tuæ proBtemur benevoleutiam. Quod in eamdem soeietatem ejusque institutum, plena manu, congeris laudes , nobis judicium fuit nihil te malevolorum sermonibus commoveri ; sed de rébus personisque ex certo sensu et vero judicore, pietatemque tuam nostro de societate
BULLE APOSTOLICUM. 315
Jesu nostronunque prasdecessorum judicio libentissime assentiri.
Et F'raternitati Tuœ praecipuo cordis aUectu apostolicam benedictionem peramanter impertimur.
Datum Romœ, apud S. Mariam Majorem, sub annulo Piscatoris, die 16 maii 1765, pontif. nostri anno septimo. (Bec. de p.)
Bref de Clément XIII « P évêque de Solsona. ( 19 mai 1765.)
Venerabilis Phatek, salctehet apostolicam Be»edictio\eh.
De constitulione nostra, qua societatcm Jcsu, probris vexa* tam et maledictis, apostolico præconio-laudaviraus, ejusque institutum , seu potius banc Apostolicam Sedem et universam Ecclesiam , quæ illud probnvit et laudibiis extulit, a male* volorum obtrectationibus vindicavimus , recte putat Fraternitas Tua , non potuisse nos silere diufius sine dedecore. Piotatem tuam erga nos summopere amamus, qui accepta constitutione ilia, scribis, incredibili te aflectum esse lætitia, nobisque litteris, devolissimi tui in banc Sacram beati Pétri apostoli Sedem obsequii et revercntiœ plenis, grahilaris, per eamdem constitutionem nostram amotum esse omne scandalum , quod simpliciore ingenio bominibus et banim rerum parum intelligcntibus, bujus Sancbe Sedis æque inimici ac memoratæsocietatis, objecerant. Tuum vcro est, ven. frater, clericos ejusdem societatis sedulo admoncrc ut pei’secutiones, quas bactenus perpessi sunt , atquc etiam nunc patiuntur, in sui et proximorum utiütatem convertant. Id autem conseijuentur, si co tlagrantiorjbus an<mis ad Dei gloriam et ad animanim œternam salutem prociu'andam incumbant, quo sanior illis bæc tempestas coorta est et ati-ocior. Et Frat. Tuœ benevolentiœ nostræ pignus , intime nostri cordis affectu , apostolicam benedictionem peramanter impertimur.
Datum Romœ, sub annulo Piscatoris, die 19 maii 1765, pontificatus nostri anno septimo. (Bec. de p.)
IXXnJMEXTS. CKAP. tv.
Bref de Clément XIII à Isidore de Carvajal, évêque de Cuença.
Venerabii-is Frater, salctbm et apostolicam Benebictionem.
Ex litteris Fraternitatis Tuœ intelleximus societatem Jesu ctiam apud vos sulûnvisam factam esse , propter falsascriminationes illas oblatas inale\ dlos(jue si'rmones, qiiibus nefaria huminuni faclio, omnilnus instmda ilolis et artibus, Eor.lesiæ et hujus Apostolicæ Sedis inimica, simpliciorum aures referit. Qui se decipi passi sunt, mirum est non animadvertisse, non tam oppugnari eam societatem quam ipsam Ecclesiam et Apostoliciun Se<lem. Ipsum enim institutum a prædecessoribus nostris ajiprobatum, et universæ Ecclesiœ præconio in Tridentina synodo ccillaudatum , homines, quibus nulla est erga Ecclesiam rc\ erentia, nullus Apostolicœ Sedis puilor, ausi sunt impudentibus maledictisproscindere. Quam ob rem quililMit, cui non nihil sana* mentis sit, facile existimare poterat , qui societati Jesu sunt inimici , cos<lem esse hostes qui cum Ecclesia uni^ersa a multo tempore l>ellum gerunt. Magnnm voro consolationem nobis attulerimt litterœ tuæ , vencrabilis frater, quibus nos certiorcs facis, constitulione nostra qua institutum ejusdem soeietatis , prædecessorum nostrorum secuti judicium , denuo approbavimiis, et novo apostolicœ auctoritatis nostræ roboie cx>nfirmavimus, reconciliatum esse societati Jesu quidquid existimalionis isthic amissum erat. Jucundissimum piœterea nobis accidit, quod scribis, religiosos viros impigre , ut solent^in vinea Itomini operari', partim juventutem religione et bonis ai’tibus crudiendo, partim christianæ doclrinæ elementa rudibus tradendo, partim confessionibiis excipiendis, et per spiritualia exercitia tidelibus, vel in viam Domini retrahendis, vel in ea retinendis , et in universum , verbo et exemple ctiristianum populum ad studia pietatis excitando. Habere te, vencrabilis
BULLE AFOSTOLICUU.
frater, ad sanctificaudas animas tibi commissas r>jusmo<li socios et adjutores ,'Fra terni tati Tuæ gralulamiir, libiquc gralum gerimnsaniinuin quwl snsceptam ex inemorata constitutioiic lætitiam tuam nobiscum volueris commiinicarc. Tibique, intiino nostri cordis affectu , apostolicam benedictioneni perainanter impertiinur.
Datuin Romœ, apud Sanctam Mariam Majorem, sub annulo Piscatoris, die 22 maii 1765, pont, nostri annoscpt. {lî. de p.)
Bref de Clément XII ! à V évêque de Turaçmw. (22 mai 1765.)
Venerabilis Frater, sahitem et apostolicam Benedictionem.
Occurrerunt nobis gratulabundœ litteræ tuæ, testes illius lætitia*, qua te tuamque diœcesim, ut scribis, noslra perfudit de «æietate Jesu constitulio. Ilia cnim pium ejusdem sociclatis institutum a pluribus præilecessoribus nostris approliatum, et a Tridentina Synoilo laudatum, ipsi efiam laudaiido, et denuo approbando, conlirmaniloque , atrocem ab Aposbilica Sede et imivcrsa Fcolesia, hominum nihil Deum timentium injuriam propulsa\imus; qui dum odium in clericos regulares meinoratœ societatis expleant sunm, quid dicont quidve faciant nihil jænsi unquam habuerunt aut habent. DupliciU-r Deus orahdus , venerabilis frater , primum ut eorum amaritudiuem divinæ charitatis suæ dulcediuc leniat; deindc religiosisex eadem societafe viris /.elum roburque animi exaugeat, ut ad pia opéra, in ipiibus sanctificandai'um animorum causa assidue versantur, alacriores tiant in dics. Tuæ vero Fralemitati persuasum esse maxime volumus, hoc tuo gratulationis officio apostolicum animum nostrum valde tibi essedevinctum, oui prœcipuæ benevolentiœ nostræ pignus, omni animi nostri aflectu, apostolicam Benedictionem peramaiiter impertiinur.
Uatum Romæ, a[>ud Sanctam Mariam Majorem, sub annulo Piscatoris, die 22 maii 1765, pont, nostri annosi'pt. [H. de p.)
ÜOCÜMENTS. CHAT. IV.
Bref de Clément XIII à l’évêque de Vdladdid. (8 juin 17G5. )
VENERADILiS FrATER, SALUTEM ET APOSTOLICAM BESEDICTIOSEM.
Acccpisse te scribis coustitutionem nostram, qua coniplurium prædecessoruin noslroruin secuti judicium, sociclatis Jesu iustitutum cfnifirmavimus, te<pie inagnopere lœtatum esse , quod caliginem simpliciorum hoininum mentibus ab ejusdcm societatis inimicis ofTusam, ea conslitutio apud vos omnüio dispulerit. Doinde multa de iis qui illud prolileutiuinslilutum, deque eorum pietate divinique cultus, et gloriæ studio copiose disseris, eoriimque diligentiam, strciiuitatem assiduamque curain in vinea Doinini exrolenda comineinoras. Magnam proptcrea nobis consolationem attulerunt luæ itidem, et complurium ‘venerabilium fratruin nostrorum Episcoporum litterœ, ([uaruin tcstiinonio relunditur honünum maledioorum improbitas, et illi socielati , per hos annos atrocibus jactatæ maledictis, sua manebit apud justitiæ et veritatis amantes prajclara existimatio. InU*rea l)eo gi-atulamur homines (jui ita suo in eam societatem otlio indulgent, ut eâin vel cum Ecclesiæ detrimento et hujus Apostolicæ Sedis dedecore et probro eversam maxime velint , non id apud piissimos Hispaniœ populos assecutos esse quod intenderant , nec potuisse , clericorum regularium ejusilem societatis labefacta falsis absurdisque criminationibus fama , ab eorum disciplina lideles avertere. Tuum igiturest, vencrabilis frater , quos egregios et impigros in Ecclcsia Dei operarios comperisti, eos ad sanctificandas animas tuæ curæ commissas, tiln comités et adjutores adciscere. Et Fraternitati Tuæ , omnis cordis affectu , l)eue\ olentiæ erga te nostræ pignus , apostolicam Benedictionem peramanter impertimur.
Datum Romæ, apud 8. Mariain Majorem, sub annulo Piscatoris, die 8 jiiiiii t7ü“i, p<-.nt. nostri anuo sept. {Bee. de p.)
BULLE AFOSTOUCUH.
Bref de Clément XIII à l’évêque d’Urgei.
(8 juin 1765.i
Vekebabilis Fratee, salutem et apostolicam Benedictionem.
Excepisse te læto anime conslitutionem nostram, qua piuin socictalis Jesu institutum lauda^ imus, novoque apt>stolica; auctoritatis nostræ robore confirmavimus, ex tuis litteris liljentissiine inlcllcxiinut;. lllud vero nobis omnium gratiss^imum accidit, quod scribis, ea constitutione malevolorum homimun in eamdem societatem Jesu nonnibil repressam apud vos esse malediceutiam. Mirimi in Hispania,ubisemper maxime floruif vera pietas et religio, plus \aluisse cujus(jiiam de inemorato instituto judicium, quam Itomanorum pontificum auctoritas et Ecclesiæ univers® testimonium. Ad episcoporum gallicauoruin seuitentiam , qui haud ita pridem institutum illud Ecdesiæ iK'rutile censuerunt atquc l'rugiferum, gauderaus etiam Hispanorum episcoporum præclai’um accessisse judicium , quorum plerique, datisad nos litteris, constitutionem , quam supra dixünus, nol)is sunt gratulati, et commenioratis clericoruin regularium societatis Jesu pluriinis in Ecclesiam meritis, in eo Jætantur quod ilium ordinem atrocissimorum criminum falso insimulatum et maledictorurn mole oppressum, sublevare studuimus et erigere. Te vero, veneiabilis frater, ictjuum est, quos in litteris tuis lantopere laudas, corum suscipere pati'ocinium, cum prœsertim multis, ut scribis, in spiritalem tuœ dicecesis utililatem subeundis lalx)ribus, optime de Urgelensi Ecclesia tua meriti esse videantur; tibiijue, eximiœ erga te benevolentiæ nostræ pignus, apostolicam benedictionem peramanter impertimur.
Datum Romæ, apud Sanctam Mariam Mtqorem, sub annulo Piscatoris, die 8 junii 1763, ponti6catus nostri anno septimo; (Bec. de p.)
HOCUMESTS. ciur. if.
Brff de Clément X/If à l'évêque de 7'éruel.
(8 juin 17Gj.)
Veneradilis Fbateii, salltem et apostoucaji IIenedictionem.
S<H’ietati'm Jcsu, ot ante liosquiiiijupannoÿafe Nobiscommenilalam mt'ininiinus, cl mine, qiioil constitiitione no?tra ab iiijuriis et conliimeliis, quilnis al) hominibiis pariun Deum tiinentlbus jadala est, et jaclalur, vintlieatain esse lætaris, gauilemus. (Juwl eade rc nobis pratias apis, pratiilarc potins Deo, qui eam nobis dederit meutein, ut a tidelil)us anvdirenuu’ gravissiiuum seandalum,qui si inpcuiopaulo sint iiifirmiore, de Ecclesi® sapieutia et judicio dubitare potuisseiit; et sidiutius taeuissemus, e silentio nostro arpuinentuni cajiere prædecessores nostros atque ijisani Kcclesiam malt- fidelibus consuluisse, eum tam inalefica' siK’ietati pra'cipuam sacri niinisterii parlem tribuerint. Sed eosdem prædecessores nostros , cum institutum illud coniproba\erunt, rein utileiu gessissc Proliant non minlo fraternitatis tnæ, sed plurirnoruin etiam venerabilium fratruin episeopoi-uni tesliinonia, ipii datis ad nos litterissancle affîrmani suas diiereses ex ea societafe ul)cres fructus inapnasijue utilitates perciptire. Cadorum in Domino confidimus, qui Hcclesiæ obseijuentes lilii sunt, ubi apatur quid de siKÛclate Jesu debeant existimare, non aliis quam summo Ecclcsiæ capiti priinariisque pasUnibus aures suas præbituros. Tu vero, venerabilis frater, faeilo ut (|uos fîdeles et iinpigros in excidenda vinea Domini opei-ai'ios collaudeis, tuo etiam patrocinio tueare ; et Fralmiilati Tuai, intimo nostri cordis eÆèctu, apostolicam lajnedictionem peramanter impertimur.
Datum Koinæ, apud Sanclain Mariain Majorem, siib annulo Pisoatoris, die 8 junii, anno 17üj, pontiticatus nostri aimo septimo. {Hec.de p.)
BVLLK APOSTOUCON.
Bref de Clément XIII à Augustin Manrique, évêque d’ Oviedo.
VeHEHABILIS Frater, salutem ët apostoucab Benedictiokem,
Quam grata accidorit Fratomifati Tiiænostrade institutosocietalis Jtsii con^titutio, vol o\ ipsi# verissimis et juslissiiniü laudibus intclligi potest, quas eidem tribuis societaü. Et saue tam multa, tam præstabilia in direcesi tua illi clerici regulares, tam strenue et iinpigre, ul scribis, obcunt munera, utnemini mirum esse debeat, quod eos in litteris tuis a l Nos datis tantopere laudaveris. Cœtcrum, maguopere gaudemus Ulos moribus esse cum institut! sui disciplina consentaneis, et juvcntulc religione lKinis(pie artibus instruenda, verbo Dei prædicando, sacramentis adininistiandis, uno verlx), populos ad pietalis studia eicitando, maJevolos sermones lalsissimas(|ue critiiinationes, ab huminibus eoruin societaü ml'ensisper invidiam in omnes partes callidissime dissipatos, refellere. Tibi vero, venerabilis frater, non estcur eam societatem tibi commendemus, quæ ex litteris tuis apparet tibi esse cx)mmendatissiroa; et Fratemitati Tuœ, intitno nostri cordis affectu, apostolicam bene* dicUonem peramanter impertimur.
Datum Homœ, apud Sanctam Mariam Majorem, sub annulo Piscatoris, die 8 junii i765, pontif. nostri anuo sept. {B. de P.)
Bref de Clément XIII à saint Alphonse de Liguori, évêque de Sainte- A gathe-des-Goths * .
C’est avec un bien grand plaisir que nous avons lu la leltn*. par laquelle vous nous faites part (ce dont nous étions per-
I Par ce bref, le pape répond à une lettre que le saint éréque lui âTait écrite pour le féliciter de la Bulle Apoito/icurn. Cette lettre a paru dans t'ourrege au chap. iv, p. 1A4. — Ces deux pièces ont déjà été puÛiées dans les Mémoires sur la Vie et la congrégation de saint Liguori , I. U, I. lit , p. 195 et suiv.
DOCUMENTS. CHAP. rv.
suadé d’ailleufS) de la vive satisfaction que vous éprouvez, au sujet de notre constitution apostolique en faveur du pieux institut dé la compagnie de Jésus. Nous avons aussi vu avec une singulière satisfaction que vous professez envers cette société des sentiments conformes aux éloges signalés que beaucoup d’autres évéques, nos vénéraliles frères, nous ont aussi exprimés par leurs lettres. Nous nous plaiSoiis infiniment à voir en vous cet amour de la justice, cette grandeim d’àme et cette liberté si digne d’un évêque, qui, vous élevant au-dessus de tout respect humain, vous font publier coiu’ageusement ce que vous pensez touchant la compagnie et ses défenseurs. C’est avec la plus grande affection que, vous tenant embrassé dans le sein de notre charité, nous vous donnons, vénérable frère, notre bénédiction apostolique.
Lettre de F rédéric-Gvillowne de Westphaien , prince-évèque d’HUdesheim, à Clément XIII.
Sanctissime Pater,
Quemadmodum Patres de societate Jesu , singulari amore ac benevolentia dignos, ac de re catholica summe meritos esse nnmquam non judicavi ; ita mihi semper cordi fuit eosdem, propter strenuos atque indefessos eorum pro incremento fidei catholicæ susceptos labores, ut omni aflcctu et favore prosequerer.
Vere proinde vulnerat animum meum gravis ilia lempestas, qua quotidie acerbius illos agitari, et in terris etiam catbolicis malevolorum obtrectationibus pene obrui dolenter accipio. Crevit mea inde concepta amaritudo tanto magis, quo propius hæc a sectariis atque a liberioris vitæ hominibus excitata fala, non tam ordinem de re catholica et bono publico optime meritum quam ipsam Sedein Apostolicam et univeream religionem catholicam, pene subntere velle videntur.
BILLE ATOSTOUCl’M. 333
Seil Sanctitas Vestra, ut suis, pro apostolica sollicitudine, niuiquam (le^sse|>alitur partüms; ita lianulem hic tjuain solertissiinc ailvigilare et malignis conatitms se velut murum œueum opponere voluisse maxime gaudeo. Non enim obscdnun est quairt præclara sinl Patrum illorum in rempublicam catholicam mérita, et pra-primis iii pusillum gregeni dicrceseos meæ cui me præesse Sanctitas Vestra clementissime voluit. Pars si([ui(lem dia-cesis liujus apostolico eorum zelo potissimum débet illam quam habet rcligionispuritatem,quain media inter sectarioriiin moliminaservarunt fideles, et adhuc servant intactam. Perspicio etiamnum lal)ores eorum indefessos : in sede nimirum confessionali ad expiandos pcenitentes, in cathedris pro habendis concionibus; apud ægrotospro dis{K>nendis ad ielicem mortem animabus; apud vinctos in carc&iribus, inca vernis apud pauperes ; in scholis apud rudes, et apud orphanos in orphanotrophio suntfre<]uentissimi. Kl propterea sacra missio i|Liam per dia-cesim meam habent, sacræ item sodalitates seu virorum seu mulierum quibus præsuut , et reliqua eorum pia oflicia loquuntur fruchis quotidie in ndigionem et bonum pnl>li«um uberrime exinde promanantes. Quœ cum ita sint, summo mihi solatio fuit , cum ad me perferelwitur Sanctitatem Vestram laudabile , pium sanctumque eorum institutum ab Ecclesia toties approliatum , voce ex Sede saiicti Pétri cmissa, contra male volosobtrecta tores denuo approbare ac confimiare, ac toti mundo integritatem et sanctitatem ejusdem clementissime testificari voluisse. Gau* dium desuper, dum laudatos Patres, Deo fideles et Exxîlesiæ utiles in œrumnis suis gravissimis a Sanctitate Vestra subievatos lego, tantum penes me sèntio, ut oelare istud per præsentes, simulque intermittere haud potuerim quin Sanctitatem Vestram {«“n^uafti humillime exorelti ut laudatissiinam Jesu societatem sibi porro commendatissiinam habeat , eamdemque contra quoscumque adversariorum insultus et machinas deinceps paterne tueri, ac apostolica, quæ JesuChristi est, auclorilate palam munire vel maxime velit; quod cum
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DOCUMENTS. CU^P. m
opto ac eSlagito ad sanctoruni pedum osculo provolutus ad cineres usque, summa cum veneraüone perenno.
8 julü 1765.
Wilhelm, de Westphalen , episc. Hildesim. {Coll. V. G.)
Bref de Clément XI H d I évêque de Zamora. (10 juillet 1765. )
Venerabilis Frater, salutbm et apostolicam Benedictio.vem.
Redditæ sunt nobis iittene, quæ tuum erga justitiam stu> dium et amorem , debitanuiue huic sanctæ Sedi Apf«tnlicæ pium societatis Jesu institutiim a pluribus piæ mcinoriæ prædecessoribus nostris, et novissima etiam constitutione nostra apprubatum conflrrDatutnque collaudas. Moxinias etiam recenses, quæ ab eodcm institut© ad Ecclesiain proficiscuntur utilitates, propterea quod clerici regulares , qui Ulud profitentur, majorum suorum premendo vestigia , moruiH iutegritate, laboribusciue pro Ecclesia Dei singulari zelo suscipiendis, plane exliibeant quklquid eis præcepit ejus societatis pai'ens et conditor. Quod gravissimum de eorum virtutibus testimonium tuum cum iis plane congruit, quæ per occasionem memoratæ nustræ constitutionis nnbis scripserunt complures alii venerabiles l'ratres episcopi , itidein ac Fraternitas Tua gratulantes nobis, quod atrocibus contumeliis ^t maledictis/falsisque ciiminationibus jactatos religiosos viros , et de re catholica optime meritos, prope jam jacentes ercximus, eorunique tutati sumus optimam famam quam eorum* inimici, œque ac Ecclesiæ et sanctæ hujus Âpostolicæ Sedis, nuUo Hon tempore studuerunt atterere. Eos interea Fratemitati Tuæ magnoperecommendamus, quamquam luu* qui in litteris tuis apparet in eos amor, tuaque de eorum virtute opinio milia commendatione videtur egere. Tuarum vero quais de ea re nobis dedisti litterarum olRcium grato libentique animo accepimus, quo nostiam benevoleiitiam libi
SCLLE AFOBTOUCÜM.
oondliasti majorem in modum, cujns testem interea Fraterni' tati Tuæ aposlülicam benedictionem peraraauter impertimur.
Datum Romœ, apud Sanctam Mariam Majorera, sub annule Piscatoris, die 10 julii 1765, pontif. nostrianno 8*. (R. de P.)
Lettre de Simon-Nicoiaa de Froberg, prince-éoêgue de Bâle, à dément XIII.
Beatissixe Pateb,
Quamquam inter tôt egregias virtutes, quas in sacrant SancUtatis Vestrœ personam divina manus largissime eirudil, persuasum semper habuerim, nullam aeque supremo pasture dignam esse, ac providam illam sollicitudinem, qua abEccler sia Christi, fidei et custodiæ suœ concredita, omnia quæ in ruir nam animanun suboriuntur scandala nunquam non removero adiiititur; id tamen clarius intellexi et jucundius expertus sum, quando sapientissimani 8anctitatis Vestrœ constitutionem pervolvi, qua nuper ad compescendas injusias ac irreli^ giosas voces de regiouc in regionem late diffusas, per quas institutum societatis Jesu asperrimis contumeliis dilacerabat^, probroque et ignominia ultra mudum afliciebatur, illud ipsum apostolica auctoritate deuuo appvobare, nrmiustjue constat bilire dignata est. Hanc equidem , Beatissime Pater, serio meeum perpeudens, ita mUii videbar affectus^. ut Reipoblicœ Cbristianœ maximopere proficuum fore reputarem prælaudatam societatem, inimicis ac iniquis hisce tempuribus, spéciale apostolicœ benevolentiæ argumentum palam obtinuisse, dum ipsa sub Omnipotentis Dei protectione, adjuvautibus prœdecessoribus Sanctitatis Vestrœ, ac religiosissim» principibus cunctisque populis christianis omni ope adnitentibus, ad summum catholicœ religionis incrementum, tum' proprii splendoris ac gioriæ l'astigium, pervenisse dignoscebatur. Prœterquam enim quod perenne hoc pontificiœ beni-
D0CÜÏE5TS. CHIP. IT,
gnitatis auctoritatisqne testimonium novum supradictœ societatis alumnis honorificentiæ munus impertiatur, commune Chriatianœ rei bonum in eo præcipue procurât ac proraovet, quod gravissimam ab Ecclesia Ghristi diyique Pétri cathedra injuriam propulset , ofTeirsionis ac scandali petram confringat, fluctuante? animos erigat, incautosque præmuniat, ipsasque radicum a tanto malo missarum fibras, ne latius serpemt, amputet evellatque. Magnum profecto , Beatissime Pater, etiam salubri apostolicœ auctoritatis e\iK>rimento solatium accÆilit acerbi?simo dolori , (piem cum universo orJiiii episcoj>aH ex animo patior, quod religiosi viri, qui Ghristi fidclibus laboriosissimæ non minus ac ulierrimæ institutionis minis» terium, fidei(jue catholic® strenuum defensionis præsidium œ<juo studio ubique præstiterunt, et tôt diœcesibus (quibus, et mea pari infclicissimi eventus nexu pro majori parte annumeranda est) omni episcoporum reclamatione posthabita, immiscricorditer fuerint avulsi. Sane horum operam diœcesi meæ Basileeusi apprime ulilem tum sæpe prædecessores mei agnoverunt, tum etiam ego ipse non una in re expertussum, adjectis ex parte eorumdem perspicuis in cathedram banc episcopalem obsequii et observemtiæ argiuneiitis, ac recurrentibus per omne tempus mutuis erga illos episcopedis araoris ofBciis ac significationihus.
Quapropter ad tantæ obligationis debitum erga Sanctitatem Vestram omnes m hac rerum necessitudine obstringimur, lit erectis in cœlum manibus, uberes profiteamur misericordiarum Patri gratias, quod ditficillimo tempore suscita verit sibi in suprema Ecclesiœ suæ procuratione Pontificem fidelem , qui in c-ommuni animaruiu consternatione , quasi tubam exaltet vocem suam , et opponat murum pro domo Israël. Spero equidem,tpi(xl manusDomini eritcum Sanctitate Vestra, nec irrita fiet spes mea, quia in patema Dei providentia, in ipsius causœ justitia, necnon in tam pii Poutificis vigilantia et constaiitia iimititur. Gonfisus proin in Divinœ misericordiæ thesauris, ex ea certum omen habeo aliquando
BCUE APOSTOLIOCII.
fiiturum ut iidem principes christiani, quorum religioni inimici homines in tantum obrepsisse conspiciimtur , ut quœsitis mendacii coloribus pium ac laudabile sæpe dictæ societatis institutum crimini ac flagitio verterint, rei veritati mellus cognita, alia cousilia aliamque mentem iuduant. Intérim vero Oinnipotentem Deum , in cujus manibus corda regum versantur, et per cpem quocumque voluerît inflectuntur, enixissimis precibns obsecrare atque implorare'non desinam quatenus spiritum sapientiæ, pietatis justitiæque in ipsüs effundat, eosujue suis benedictionibns ac gratia iüustrans doceat paternis Sanctitalis Vestræ cohortatinnibus intentam semper aurem prætere, Chiistique Ecclesiain a prœsenti tribulatione penitus libcrare. Quævis ego Kanctitati Vestræ omnia prospéré cum assiduo divinœ gratiæ inorainento apprecans, ad sacras ejusdem pedes, quos devote deosoulor provolutus, cum striclissima ao 61iali observantia inviolabiliter perseverare gestio.
H juin 1765.
Nicolaüs de Frobero, episc. Basileensü.
Bêponse du pape à l’évêque de Bâle.
VeNERABILIS FrATER, SALUTEif et APOSTOUCAJf BeSEDICTIONEM.
Oolorem nustmm, ex ea calamitate qnæ percutit societatem Jesu oonceptum , magna ex parte lenierunt litteræ Fratemitatis Tuœ , quîD satis ostendunt quanto sacram banc beati Pétri Sedem prosecpiare studio et reverentia, quantoque amore justitiam et vcritatem colas. Prolixe cnim cumulateque pium societatis Jesu iustitutum a pluribus piœ memoriæ prædecessoribus nostris, et novissima etiam constitutione nostra approbatum confirmatumque collaudas. Maximas etiam recenses, quœ ab eodem institulo ad Ecclesiam proficiscuntur utilitates, propterea quod clerici regulares qui illud proiitentur, majorum suorum premendo vestigia, morum
bocumknts. chai. nr.
integritatâ laboribusque pro Ecclesia Dei singnlari eelo euecipiendis, plane exhibeant quidquid eis præcepitejus societatis parens et conditor. Quod gravis»imura de eomm virtutibus lestimonium tuum cuin iis plane congruit , quæ per occasiunenv raernoratœ constitutionis nostrœ uobis scripeerunl complures aKi venerabiles l'rati'es episcopi ; ilidem ac Fraternitas Tua noble gralulautes, quod atrocibus cuntuntelÜB et maledio'tîft, falsisque criminationibue jactatos religiosos viros, et de re catbulica optiine mei'Hus, pi'ope jam jacentes ereximus, eorumque tutati sumus optimam famam, quam eomm iniinici œque ac Ecclesiœ et sanctœ hujus Apoetobca: Scdis uullo non tempore atterere etuduemnt. Eos interea Fraternitati Tuœ magnopere eonuneudamus, quamquam tune , qui in litteria tuieapparet in eosamur, tuaque de eomm virtute opinionulla oommendatione videntur egere. Interea Deum enixe preoamur, venerabilie i'rater, ut eorum inimioi ament aliquando quos oderunt (Gypriani martyris utimur verbie); diligant illos quibus injustis obtrectationibus invidebant; bonos iinitentur, si eectari possuut; si sectari non possuut, collætentur saltem et gratulentur melioribus. Tuarum vero, quas per occasionem memoratœ nostræ constitutionis ad nos dedisti litleramm ofBoium , grato libentique animo accepimus, quo nostram benevolentiam tibi conciliasti majorem in modum, cujus testem interea Fraternitati Tuœ apostolicam benedictionera peramauter impertimur.
Datum Romœ, apud S. Mariam Majorem, sub annnio Piscatoris, die 24 augusti 4765, pontif. nostri anno oct. (B. de P.)
Lettre de Raimond-Antoine de Strasoldo, évêque (T Eickstadt , à Clément XII l,
Beatissihe Pater,
Post huiniilima sacrorum peduin oscula , paratissimam ,^nb|eclionem. ,
BULLE AFOSTOLICUM,
Quod Sanctitas Vestra, pro 8ua crga Ecclesiam universalem sibi crcditam paterna vigiiuntia, operariorum ia bac viuea Doniiai pro majore Dei gloria, auitnarum salute, catbulicœtjuc religionis defensionc et increraento, indefesse ac iideliter laborantiuin (socielateni Jesu Eidcni, pro inea et diœcesis meæ parte, aliquot abhiuc annis juncta cum aliis Kit. Ordiuariis opéra, demissisüime comniendatam iiitelligo) patrocinium clemcutissime suscipere, atque institutuin hoc a suis B. Mem. Antecessoribus, pro mcritis tautopere depraxlicatuin, sua, id est, apostolica supremi in terris aniinarum pastoris aucturitate, ad currentis bujus auui iuitiuni præclaru iuter eucouüa de novo conlb-mare, et validissimucn hune Pontiliciæ dcclaratiouis clypeum quibusvis adversantium insultibus opponere dignata sit : grates quas possnni, et me siagularissiniasexinde debere profitcor, rependo huiuiilimas ; simulque me, ecclesiam Eistetteusem, meæ curæ commissum, atque pro bujus spiritualibus einolumentis laudabilissimo zelo sese impendere pergentes prædictos societatis viros Souctitatis Vestræ puleruæ protectioui gratüs<iue quam enixissime ilerato conuuendans, l'epetito beatormu osculo, ea, qua summum Cbristi iu terris vicarium decet permaneo reverentia, etc.
• ÜieSl jubil765.
Raymu-Sdcs Antonics, £’t*te«en5w. (Coll. V. G.)
Extrait de la lettre pastorale de Joseph Zaluski , évêque de Kimo, par laquelle il publie dans son diocèse la Bulle Apostolicum de Clément XIU'. (17C5.)
Fratres, filiique mei in Deo charissimi, singulari Dei pro-
* Le même évêque de Kiow avait déjà écrit, en 1760, à Clément XIII en faveur des jésuites ; voir sa lettre ci-dessus, chap. m, p. 169. — Voir aussi •ui pièces justificatives àù l'ouvrage, n° I, § 1, p. 198, la liste des évêques qui , d'après le manuscrit 66* de ta collection f'alenti-Gonzaga , ont ^rit
DOCCÎIENTS. CHAP. IV.
videntiœ tribuamus necesse est , quod bis temporibus , quando oorrupti ac extra legum repagula enunpentes ipsorum quoque orthodoxorum mores commuoem ^amdam vitœ licentiam præ se fenmt ; dum capitales fidei catbolicæ hostes sanctissima legislatoris Nostri Christi Domini instituta convellentes, contra sacrum sociomm Jesu ordinem horrendam excitanint procellam; tum maxime Caput universæ Ecclesiœ, et S. Pétri successor pontifex maximus, féliciter atque utinam ad plurimos annos gubemaculis rei christianæ prœsidens, solemui decretü,- sive Butta, religiosam, et ad lucrifaciendas animas Deo dicatam familiam , secundum antiques autecessorum suoruin Romanorum pontilicum ac sæpe repetitas 'confirmationes , denuo conftrmare et approbare dignatus est : quo anxigantes ecclesiasticarum legum violatores rubore insigniter sufFimdit, qui status sui sœcularis limites superbe egressi, impies et sacrilegas manus ad thuribulum audent extendere, in iisque viris divini cultus augendi ardorem restinguere, qui a pâtre suo Iguatio iu Deum ac proximnm amoris flamma succensi sunt. Hanc tantam perversorum ejusmodi hominum improbitatem, acerbissime ferentium, quod Jesu societas palam acriterque pro Ecclesiœ fidei integritate se illis objiciat, in quailli labefactanda disturbandaque magno conatu élaborant, ut revinceret ruboremque eis incuteret, ad hæc ut palam faceret veritatem illius sententiœ ad eos pertinere : mentita est iniquitas sibi : dum eorum alii socios Jesu criminantur, quod a prœscripta legibus suis vivendi ratione aberrent; contra alii ,
pour féliriter Clément XIII de la Bulle Apottolicum : on y compte cinquante et un évêques, dout vingt-trois sujets du roi d'Espagne, dix-neuf Espagnole et quatre Américains; dix-sept lUilirne, six Allemands, trois Polonais et deux Français. Il faut y joindre l'assemblée du clergé de France de 1765; cette assemblée, composée de trente et un membres , auxquels vinrent s'unir par une adhésion expresse quatre-vingt-quinie évêques du royaume, présenta au roi Louis XV, dans le sens de la Bulle Apostolicum, une requête que trèsprobablement avaient inspirée aux prélats français le xèle et la fermeté iné> branlabte du pontife romain.
BILLB AP0STOUCC3I.
quod æquo reli^osius legibus suis adhæreaiit ao obtempèrent; re ac nomine Clemens, totius cbristiani orbis pontifex , Clémens, iiiquam, hujus nominis XIII, supra memoratam bullam per totum christianum orbem publicam fecit, quam nos eo majore studio ac voluntate, Christi fldelibus curæ nostne commissis evulgamus , quod non communes solum aliis prœsulibus, verum etiam peculiares ad id nos causœ permoveant... (Recueil de pièces, 1760.)
Extrait d’un discours de F évêque de Bayeux, prononcé le février 1 765 , devant les évêques de la province de Rouen , réunis pour élire leurs députés à rassemblée générale du clergé de 1765».
C’est nîglise elle-même qui réclame aujom-d’hui notre zèle et notre sollicitude, et pouvons-nous la lui refuser, surtout dans un temps où les chefs d’Israël sont réunis pom* conférer ensemble et se communiquer réciproquement leurs lumières sur les dangers où se trouve exposée l’arche sainte, et concerter les moyens de réparer les brèches du sanctuaire?
<;)u’il serait fâcheux, Messeigneurs, que cette assemblée qui fait les espérances du vrai catholique , et presque la seule ressource qui nous reste , se passât, comme la précédente, sans donner des marques éclatantes de son amour pour la saine doctrine, de son éloignement pour l’erreur et de son courage poxu- défendre les droits saciés du saint ministère !...
Après avoir rappelé les attaques des philosophes incrédules et les entreprises arbitraires des tribunaux séculiers , le prélat continue :
Je dois encore vous parler, Messeigneurs, des instructions de MM«" les évéques d’Angers et d’Alais : vous savez de
> Let exiraiu que l’on reproduit ici dn discours de l'Sséque de Bajeux serviront k faire apprécier l'esprit qui animait les assemblées provinciales du clergé de France eo 1765, et per une conséquence légitime et nécessaire , Vatsemblée générale qui eo fut le résultat et le fruit.
DOCUMENTS. GBAP. IV.
quelle manière elles ont été reçues dans le public, dans le olergé et même dans plusieurs assemblées provinciales. Ces ouvrages si peu dignes d’un évêque, si contraires aux sentiments de presque tous les évêques de France, si favorables aux maximes des parlements , si iqjurieux à une société de prêtres et de fidèles ministres de l’Église que noue regrettons tous les joui-s et dont la perte est irréparable , ont déjà mérité le blâme et l’animadversion du souverain pontife ; ne serait-il pas convenable que les évêques assemblés en témoignassent publiquement leur mécontentement? Us donneraient au père commun des fidèles des marques de leur union et de leur fermeté à défendre les di oits de l’Église , et à maintenir la saine doctrine. Car vous savez , Messeigneurs , que ces instructions ne tendent à rien moins qu’à renouveler ime doctrine condamnée par plusieurs papes et par le clergé de France; qu’à attribuer à la société des jésuites ime doctrine qu’elle n’a cessé de combattre ; qu’à leur attribuer le recueil affreux d’assertions que lem's ennemis et ceux de l’Église ont accumulé et composé à loisir pour la perdre ; qu’à mettre au rang des assertions criminelles des sentiments autorisés par l’Église et soutenus dans toutes les écoles , et enfin qu’à louer et approuver les arrêts injustes des parlements qui ont osé regarder comme impie un institut formé par un saint, loué par un concile général, confirmé par près de vingt papes, protégé par tous les souverains , et canonisé par le témoignage de tous les évêques. Comment les parlements peuvent-ils s’arroger le droit de connaître de la validité des vieux , de l’utilité d’un corps religieux , de la morale , et de la doctrine qui s’y enseigne ? Tous ces objets ne sont-ils pas de la juridiction des évêques , et de leur compétence seule , et ne devons-nous pas regarder les arrêts des juges séculiers comme autant d’entreprises et d’usurpations sur l’autorité de l’Église? Après cela , Messeigneurs , un évêque a-t-il bonne grâce d’abandoBuer les droits de son corps , de trahir les devoirs de son caractère, de se séparer de ses conti^res, pour se ranger du cêté de ceux
BULLE APOSTOLICUM.
qui font une pieiTc ouverte à l’É^lipe et à ses ministres , surtout après les ü*moignages authentiques que le corps épiscopal assemblé par ordre du roi avait donnés à Sa Majesté, et qu’avait adoptés Msf l’évéque d’Angers lui-même?...
Grand nombre d’évêques, h l’exemple de Mp l’archevêque de Paris, ont élevé leurs voix, et réclament hautement contre toutes ces entreprises. La crainte, le respect humain, la politique n’ont pu retenir leur zèle. Pressés par les devoirs de leur conscience, ils se sont montrés dignes de l’épiscopat, en défendant hardiment le dépôt sacré dont ils sont dépositaires. Ils ont instruit leurs peuples , et protesté contre toutes les usurpations des tribunaux séculiers. Eh! pouixjuoi donc,Messeigneurs, ne suivrions-nous pas de si beaux exemples, tandis que nous avons la même cause à défendre, et la même obligation à parler? Si j’ai gardé le silence jusrpi’à présent, c’était, Messeigneurs et Messieurs, dans l’espérance que ma réclamation, faite dans cette assemblée et portée à l’Assemblée Générale, serait plus authentique et plus solennelle, parce qu’elle sera fortifiée par l’avis uniforme de tous les évêques et de tous les députés de second ordre de cette province. Toujours unis de sentiments avec le souverain pontife, nous ne nous écarterons jamais des vrais principes sur lesquels notre religion est fondée. Mais ce n’est pas encore assez pour des évêques qui, chargés par le devoir de leur caractère de combattre les ennemis de l’Église , et de soutenir les ilroits de la saine doctrine, ne peuvent garder un silence honteux. Peuvent-ils voir tranquillement la religion prête à se perdre sans venir à son secours? Et dans quel temps peuvent-ils le faire avec plus de succès, que lorsqu’ils se trouvent assemblés soit dans les provinces, soit dans la capitale? Un grand nombre d’autres provinces ont déjià donné des preuves de leurs sentiments, en chargeant expressément leurs députés de porter leurs plaintes à l’Assemblée Générale, et même en blâmant et désapprouvant tous les objets dont j’ai l’honneur de vous entretenir...
J’ajouterai, Messeigneurs, que, ne pouvant ignorer la façon
DOCDUEN'TS. CHAP. tV.
de penser du souverain pontife , qui nous est manifesUie par les différents brefs adress*is à plusieurs de nos eonfrères , et même à MM*" les évêques d’Angers et d’Alais, je pense ([ue nous devrions en témoigner notre reconnaissance au souverain pontife, si digne par ses vertus d’être assis sur la chaire de saint Pierre et de gouverner l’Église.
Pour moi, Messeigneurs, vous voye» ma façon de penser et ce que ma consciencÆ m’oblige de vous dire. Je déclare dev ant Dieu et devant cette assemblée, que je proteste contre toutes les entreprises des parlements sur l’institut des jésuites , sur l’administration des sacrements , et sur tout ce qui n’est pas de sa compétence... ( liecueil de piècet, 1765. )