‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 63 sur 89 · VISITE DES JÉSUITES DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

VISITE DES JÉSUITES DE BOLOGNE

vinces vénitiennes et lombardes , leur pays natal , en les faisant escorter jusqu’à la frontière. Les autres, qui étaient des États de l’Église , il les fit conduire dans les maisons de leurs familles.

L’auteur de l’histoire du pontificat de Clément XIV, avec une merveilleuse assurance, affirme que tout cela n’est que mensonge et calomnie , soutenant que ces jeunes gens ne furent jamais tentés, et (]u’on ne leur fit aucune violence. J’ai sous les yeux (leux -lettres écrites par eux, une de la villa même du séminaire , l’autre de Kolo , près de Modène , où tous se réfugièrent plus lard. Que le P. Theiner veuille écouter comment ils racontent l’afi’aire. Le premier écrit : « Outre les preuves qu’avec l’aide de Dieu nous avons données de fermeté et de constance d’âme , dans les épreuves particulières que beaucoup d’entre nous ont eu à soutenir de la part de ces PP. NN., ceux-ci nous fournirent hier une nouvelle occasion de les montrer. Le P. N. N. et le P. N. N. sont arrivés de la ville en voiture et avec les livrées archiépiscopales , pour nous persuader que nous sommes tous obligés d’obéir aux ordres de Son Éminence , en nous sécularisant de notre propre gréÿ nous avertissant que notre rébellion porterait préjudice à nos fibres, et exposerait à une ruine terrible nos parents et nousmêmes, sans nous garantir de la honte de nous voir arracher l’habit avec violence,, lis nous assurèrent avec serment avoir vu le bref ; mais sommés par nous de jprer que le bref exige véritablement que nous quittions la compagnie, ils s’embarrassèrent et ne le firant point. Us ont dit ces choses et beaucoup d’autres semblables à quelcpjes-uns en particulier ; ensuite impatientés d’entendro dé tous les mêmes sentiments de constance et de fermeté , ils les ont répétées à tous ensemble ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a mis de telles paroles sur les lèvres, que nous avons réussi à faire rougir et à confondre nos tentateurs mêmes. Quant à la menace faite, et dont nous attendons bientôt l’exécution, nous nous sommes préparés et animés à résister autant que nous le pourrons. Si nous devons

DOCllCEN'TS. CHAP. IX.

céder à la force, nous vous protestons que nous sommes dépouille's de l’babit religieux ùwifis nobis, et par violence. Nous sommes fermes et constants dans notre vocation. Déjà, à cette heure, nous avons gagné de telle façon les cœurs de nos soldats , qu’ils sont tous pour nous, et pourront eux-mêmes être nos témoins. » Ensuite , parlant des sept qui partirent availt les autres, il ajoute : a Tous les sept ensemble, avec beaucoup de courage et de fermeté, résistèrent aux ordres du capitaine d’ôter eux-mêmes l’habit religieux ; de sorte que celui-ci fut enfin obligé de le leur faii-e arracher du dos par les soldats, b Enfin, un de ces sept écrivant de Rolo, où ils étaient alors tous réunis, dit : «Tous nous attendons la première occasion j>our mettre à l’abri notre vocation tant combattue , et pour nous voir revêtus de nouveau de ces habits que les soldats nous arrachèrent du dos , au milieu de nos larmes et des leurs. C’était vraiment touchant de voir et d’entendre ces pauvres gens nous demander mille fois pardon de ce qu’ils étaient forcés de faire. Us nous baisèrent mille et mille fuis les mains, protestant qu’ils rendraient témoignage de notre résistance et de notre fermeté. Un d’eux entra dans ma chambre pendant que je m'habillais en abbé ; et après avoir pris et tendrement baisé le crucifix qui me pendait au cou , il me pria et supplia de lui donner une commission quelconque pour les sept qui étaient restés séparés de nous. Je lui dis de raconter à mes compagnons tout ce qui nous était arrivé; de les encourager à agir comme nous, et de ne céder qu’à la violence. 11 leur rapporta tout, et nos compagnons agirent précisément comme nous. » Telle est la*teneur de cette letti-e.

S’étant débarrassé des étudiants de rhétorique et de philosophie avec la violence qui a été rapportée , et dont on ne peut sans amertume lire le douloureux récit, le cardinal continua, sans faiblir, son mode de procéder. Il paratt que son dessein fut de tourmenter ces religieux au point de les faire* se soustraire volontairement à tant d’épreuves. Et, si tel était son but, il l'obtint enfin. Il avait suspendu ces pères de

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